The content bellow is available only in French.

publié dans Revue Grain de sel le 5 septembre 2009

L’Afrique subsaharienne arrivera-t- elle à nourrir ses habitants ?

Jean-Claude Devèze

Vous lisez un article de la publication "46-47 : Répondre aux évolutions alimentaires, un défi majeur pour l’élevage africain".

De nombreux ouvrages et colloques traitent des problèmes cruciaux de l’alimentation de la population mondiale, de la nécessité de consacrer plus d’attention à cet enjeu majeur et donc de faire du développement agricole une priorité, en particulier en Afrique. Un point de vue sur ce sujet pour continuer ce débat…

L’afrique subsaharienne est la région du monde où la part de la population agricole est, en proportion, la plus importante (près des deux tiers), mais où la ration alimentaire par personne est la plus faible en calories (2392 kcalories/j/hab, alors que les pays de l’OCDE sont à 3900 kcalories/j/hab) ainsi qu’en protides et en lipides. C’est aussi la région où la population devrait augmenter le plus fortement, passant de 700 millions en 2003 à 1,6 milliard en 2050. Pour faire face à la fois à cette augmentation de population et à une amélioration de la ration alimentaire à un niveau correct de 3000 kcalories/j/hab, la production agricole devrait être triplée d’ici à 2050. Alors que les leaders paysans africains militent pour conquérir leur souveraineté alimentaire, des travaux de prospective mettent en doute la capacité des agricultures subsahariennes à mieux nourrir leur population dans les prochaines décennies.
Ainsi deux scénarios ont été élaborés par la prospective Agrimonde, conduite par le Cirad et l’Inra. Dans un premier scénario, la croissance économique est privilégiée aux dépens de l’environnement et, dans un deuxième scénario la recherche d’un développement durable (utilisation de moins d’engrais que dans le premier) et d’une diminution des pertes le long de la chaîne alimentaire de la récolte à la consommation sont mises en avant.
Dans les deux hypothèses, l’Afrique subsaharienne en 2050 serait en déficit alimentaire, mais de façon plus importante dans le deuxième scénario.
Par rapport aux autres régions du monde, l’Afrique subsaharienne, comme l’Amérique latine, se caractérise par des surfaces cultivables importantes encore disponibles et par des surfaces irriguées faibles.
Agrimonde estime, en 2000, les surfaces cultivées en Afrique subsaharienne à 202 millions d’hectares et la FAO évalue à 22% la part des surfaces cultivées par rapport aux surfaces cultivables ; une bonne part de ces surfaces cultivables actuellement non cultivées sont fragiles et doivent être protégées. Les rendements en équivalent blé, pour comparer les calories disponibles par hectare, sont estimés à 1 tonne en Afrique subsaharienne, soit trois fois moins que ceux des régions du monde les plus productives (ces dernières étant souvent près d’atteindre un seuil difficile à dépasser sans remise en cause des équilibres d’écosystèmes déjà mis à mal dans trop de cas).
En Afrique subsaharienne, malgré des zones excédentaires en produits vivriers et malgré le dynamisme des agricultures périurbaines, la balance commerciale des produits agricoles pour l’alimentation est déficitaire pour des produits essentiels comme les céréales, l’huile, le poisson, la viande d’animaux à cycle court et le lait. Si la balance commerciale entre importations et exportations de produits agroalimentaires est légèrement excédentaire, cette région s’adapte difficilement à la demande urbaine de produits plus faciles à cuisiner et peine pour augmenter les échanges régionaux.
La question qui est posée, après les émeutes de la faim de 2008, est celle du risque de nouvelles crises alimentaires et de l’augmentation de la part des africains mal nourris du fait de l’augmentation rapide de la population et de la stagnation de la production, en particulier au niveau des rendements en céréales et tubercules. Ceci est d’autant plus inquiétant que la crise économique en cours, les menaces de crise climatique, la dégradation de certains écosystèmes surexploités et le manque d’intérêt de trop de responsables politiques confortent actuellement les prévisions pessimistes concernant l’Afrique subsaharienne. Comment sortir du pénible contraste entre les multiples beaux discours sur la nécessité de promouvoir les agricultures africaines et la faiblesse des résultats des actions engagées pour y parvenir ?
Dans cette région où le potentiel d’augmentation de production est important, il s’agit de maîtriser l’utilisation d’une abondante énergie solaire, d’une eau à la disponibilité aléatoire et de sols souvent difficiles à cultiver. Ce ne sont pas les solutions techniques qui manquent, allant de l’emploi de plus d’engrais à la mise en place de nouveaux systèmes de production agro écologiques ; ce sont les conditions de leur mise au point et de leur mise en oeuvre qui doivent être réunies.
Comment appuyer les agricultures familiales subsahariennes ? Comment promouvoir en leur sein le capital humain disponible, sachant que celui-ci est actuellement gaspillé faute de mise à disposition de possibilités de formation et d’innovation, et d’un environnement social, économique et réglementaire favorable ?
Ceci ne nécessite-t-il pas avant tout une volonté politique africaine forte, et pas seulement au niveau gouvernemental, pour promouvoir des politiques publiques réellement concertées, nationales et régionales ? Les priorités ne doivent-elles pas être choisies avec les organisations agricoles, mais aussi avec les autres acteurs, dont les consommateurs urbains ? La « ténacité » ne doit-elle pas être le maître mot pour permettre que les modalités mises au point avec les acteurs concernés soient ensuite appliquées dans la durée ?
Même en cas d’augmentation substantielle de la production vivrière de l’Afrique subsaharienne, au vu de la diversité des situations et des aléas multiples, les échanges agricoles seront toujours nécessaires entre zones excédentaires et déficitaires régionales. L’enjeu est la régulation de ces échanges en période de prix bas comme élevés ; ceci nécessite de mettre en place des mécanismes de stabilisation des prix, de stockage et de protection, à envisager à différentes échelles, mais en priorité au niveau régional.
D’après tous les prévisionnistes, il est illusoire de compter sur de fortes augmentations des prix agricoles en Afrique subsaharienne, vu la pauvreté des populations urbaines, pour permettre aux agriculteurs familiaux d’investir sur leurs exploitations. Ceci renvoie à la nécessité de transferts financiers en leur faveur et d’investissements publics pour améliorer leur environnement économique et social, à l’exemple de ce qui a été fait et est encore fait dans le cadre des pays de l’OCDE. Le débat porte sur la nature et les montants de ces transferts, sur leur origine, sur la maîtrise de leur mise en place, sur leurs conditions et sur leur compatibilité avec les doctrines libérales actuellement dominantes. Pour sortir de ces débats par le haut, un rôle majeur revient aux responsables africains qui doivent créer un climat de confiance vis à vis de ceux qui les soutiennent financièrement, mais aussi et surtout vis à vis de leurs mandants en rendant crédible leurs politiques et leurs projets.

Restez informé⸱e !

Abonnez-vous à nos publications et bulletins pour les recevoir directement dans votre boîte mail.

Autres articles qui pourraient vous intéresser

Rural tourism development, between dreams and realities
Mascha Middelbeek

Livelihood diversification has become an important issue in rural areas for farmer organizations, donors and developing countries governments. Not surprisingly, since global surveys suggest that non-farmer sources account for 30-45% of average rural household income with the majority coming from local rural sources rather than urban migration . One popular non-farm sector, both in rural areas in developing as in western countries – is tourism development. Rural tourism has potential to combine economic development and acknowledgment of rural…

Lire
Entretien avec Dodo Boureima (version longue)
Dodo Boureima

Grain de sel : Pour répondre à la demande croissante en produits animaux, on entend de plus en plus parler de la nécessité d’une « révolution de l’élevage ». Qu’est ce que cela signifie ? Est-elle nécessaire selon vous et comment doit-elle être menée ? Dodo Boureima : Il y a quelques années encore, le pastoralisme, qui est le système d’élevage dominant en Afrique, était ignoré et banalisé. Mais aujourd’hui, on assiste de plus en plus à une…

Lire
Entretien avec Issoufou Daré (version longue)
idare

_ GDS : Quelles sont les actions et les politiques mises en place par l’Uemoa pour répondre au défi de la croissance de la demande en produits animaux ? Issoufou Daré : L’Uemoa a mis en chantier un certain nombre de programmes qui permettront à terme d’accroître la production animale. La première des initiatives que nous avons prise est de faire en sorte de réduire la mortalité et la morbidité des troupeaux en luttant contre les maladies qui…

Lire
Entretien avec Tamini Josué (version longue)
Tamini Josué

GDS : On parle de plus en plus de révolution de l’élevage. Est-elle nécessaire ? Si oui, en quoi consiste-t-elle selon vous ? Tamini Josué : Nous pensons effectivement qu’il faut une révolution de l’élevage pour pouvoir répondre à la hausse croissante de la demande en produits animaux. Pour nous, la révolution de l’élevage consiste à pouvoir augmenter la productivité à travers l’amélioration génétique, à faciliter les conditions d’accès à l’alimentation du bétail de sorte qu’elle soit disponible…

Lire
Un nouveau regard sur les relations élevage et environnement
Bernard Faye

Selon un récent rapport de la FAO , l’élevage est rendu responsable de bien des désordres environnementaux, allant de la dégradation des parcours à l’émergence de nouvelles maladies dangereuses pour l’homme en passant par la désertification, la pollution par les effluents et la contribution à l’effet de serre, sans parler de la participation des produits animaux aux risques sanitaires d’origine nutritionnelle, à tel point que seuls fruits et légumes sont aujourd’hui recommandés pour un meilleur bien-être. Pourtant, cette…

Lire
Qualité et risques des denrées alimentaires d’origine animale
Bassirou Bonfoh

Déterminants de la qualité et de la sécurité sanitaire des denrées animales et d’origine animale En Afrique subsaharienne, l’offre et la demande croissante en protéines animales (viandes, lait, œufs et produits dérivés…) entraînent des changements dans les habitudes alimentaires et contribuent de façon significative à modifier les systèmes de production et de distribution des Denrées animales et d’origine animale (DAOA). La qualité et le prix y apparaissent comme les principaux facteurs de compétitivité sur les marchés formels et…

Lire
Accès au marché et commercialisation de produits agricoles

Accès au marché et commercialisation de produits agricoles. Valorisation d’initiatives de producteurs et enseignements d’une démarche de réflexions collectives. Groupe de travail « Accès au marché et commercialisation de produits agricoles » Présenté par A. Lothoré, P. Delmas. Inter-réseaux, CTA, AFD, 2009, 160 p + annexes Recension par Dominique Gentil : En Afrique subsaharienne, les paysans rencontrent des difficultés pour vendre leurs produits agricoles et en tirer un revenu : manque de débouchés, prix peu élevés et volatils,…

Lire PDF
Entre nous GDS 46-47

Inter-réseaux se mécanise… Inter-réseaux a réalisé en avril 2009 un bulletin de veille (BDV) thématique sur un sujet remis au goût du jour par l’actualité : la mécanisation agricole. Avec la crise alimentaire, des initiatives pour mécaniser les opérations culturales, améliorer la productivité du travail et augmenter la production ont fleuri dans tous les pays d’Afrique subsaharienne. Mais au-delà des déclarations des autorités ouest-africaines, qu’en est-il réellement ? Où vont les nombreux tracteurs indiens et chinois ? Quelles…

Lire PDF
L’Afrique subsaharienne arrivera-t- elle à nourrir ses habitants ?
Jean-Claude Devèze

De nombreux ouvrages et colloques traitent des problèmes cruciaux de l’alimentation de la population mondiale, de la nécessité de consacrer plus d’attention à cet enjeu majeur et donc de faire du développement agricole une priorité, en particulier en Afrique. Un point de vue sur ce sujet pour continuer ce débat… L’afrique subsaharienne est la région du monde où la part de la population agricole est, en proportion, la plus importante (près des deux tiers), mais où la ration…

Vers une plateforme panafricaine des organisations paysannes
Mamadou Cissokho

Grain de sel : Pouvez vous présenter la plateformepanafricaine des organisations paysannes ? Mamadou Cissokho : La Plateforme panafricaine des organisations paysannes n’existe pas encore officiellement, elle est en cours de création. Elle fait suite au processus de structuration des organisations paysannes (OP) en Afrique, qui a débuté avec la naissance du Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest (Roppa) et d’autres réseaux dans les régions africaines — la Fédération des agriculteurs est africains…

Lire PDF
Kiosque GDS 46-47

Nourrir le monde, vaincre la faim Sylvie Brunel Dans un livre destiné d’abord aux futurs professeurs, l’auteure, géographe, aborde sans tabous ni idées reçues les problèmes de l’alimentation et de la population croissante de notre planète. Elle rappelle que ce n’est que lorsque le monde craint de manquer de nourriture qu’il se préoccupe de l’agriculture vivrière. Dans les situations de paix, rares sont ceux qui se préoccupent des malnutris. Pire, la légitime vague des préoccupations écologiques risque d’ancrer…

Lire PDF
Repères : La définition du Tarif extérieur commun de la Cedeao : le pari du moyen terme
Anne Wagner

La décision d’étendre le Tarif Extérieur Commun (Tec) de l’Union économique monétaire ouest africain (Uemoa) aux États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao B) a été prise par les Chefs d’États et de Gouvernements de la Cedeao le 12 janvier 2006. La définition d’une protection tarifaire commune aux frontières de l’espace Cedeao est une étape importante de l’approfondissement du processus d’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. La région dispose du potentiel de…

Lire PDF
Développement du tourisme rural, entre rêves et réalités
Mascha Middelbeek

Depuis quelques années, le tourisme rural semble représenter une réelle opportunité de diversification des revenus en milieu rural. Comment les paysans peuvent-ils s’intégrer dans le développement de ce tourisme ? Comment les accompagner dans cette démarche ? Un point de vue de l’organisation Agriterra. Les organisations paysannes, les bailleurs de fonds et les gouvernements des pays en développement s’intéressent de plus en plus à la diversification des moyens de subsistance dans les zones rurales. En effet, plusieurs enquêtes…

Lire PDF
L’élevage africain, source possible d’une révolution alimentaire attendue ?
Philippe Lhoste

L’élevage ouest africain parviendra t-il à nourrir une population en constante hausse ? Le chemin à parcourir est encore long, mais les initiatives sont nombreuses et encourageantes pour permettre aux éleveurs de répondre à ce défi. Les institutions internationales attiraient fortement notre attention, à la fin du XXème siècle, sur les évolutions très rapides de la consommation et de la production animales, avec une étude prospective qui a fait date : « L’élevage d’ici 2020 : la prochaine…

Lire PDF
Quel avenir pour le pastoralisme ? Des acteurs s’expriment…
Dodo Boureima, Tamini Josué, idare

Le pastoralisme est le système d’élevage dominant en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Quand on envisage son avenir et sa capacité à répondre à une demande en viande en hausse constante, les avis divergent… Trois interviews, trois points de vue, illustrant la complexité de cette problématique. Entretien avec Dodo Boureima Grain de sel : Qu’est ce que le pastoralisme ? Dodo Boureima : Le pastoralisme est un système de production basé sur la mobilité des éleveurs et…

Lire PDF
Développer la pisciculture en Afrique tropicale humide pour renforcer la sécurité alimentaire
Isabelle Hanquiez, moswald

La pisciculture est un secteur important de l’économie rurale en Afrique tropicale humide. Nécessitant peu de moyens de production, elle pourrait contribuer considérablement à l’alimentation des populations. Alors que la demande en produits animaux ne cesse d’augmenter au niveau mondial, en Afrique une stagnation voire une diminution de la consommation de protéines d’origine animale par habitant est un cas fréquent : dans maints endroits, les faibles niveaux de consommation engendrent des carences nutritionnelles sévères. Selon la FAO, en…

Lire PDF
Enjeux et contraintes des filières porcines en Afrique de l’Ouest
Vincent Porphyre

En Afrique de l’Ouest, les cheptels porcins connaissent des croissances de l’ordre de 5 à 10 %. Bien que pratiqués majoritairement de façon extensive, on assiste toutefois à une certaine intensification des systèmes de production, se heurtant à des contraintes d’ordre économique, environnemental et sanitaire. L’élevage porcin est en pleine expansion en Afrique de l’Ouest, avec selon les pays des croissances des cheptels de l’ordre de 5 à 10% (FAO, 2007). La production de viande de porc en…

Lire PDF
Contraintes et défis de l’aviculture en Afrique de l’Ouest : Cas du Bénin
guezolionel

L’aviculture est un secteur en plein essor en Afrique de l’Ouest. Au Bénin, grâce à l’accompagnement des autorités, on assiste au développement de cette filière, qui fait toutefois face à de nombreuses contraintes, liées notamment aux conditions d’accès au crédit, à la concurrence des importations et aux enjeux fonciers. L’aviculture en Afrique de l’Ouest est une activité complexe dont l’importance varie d’un pays à l’autre. Au Bénin, pays de plus de 7 millions d’habitants, deux grands types d’aviculture…

Lire PDF
La fête du mouton, des moutons pour la fête. Enjeux économiques de la Tabaski au Sénégal
Olivier Ninot

La Tabaski ou fête du mouton donne lieu à une grande effervescence sur le marché ovin au Sénégal. Durant cette période, où la consommation de viande de mouton atteint des pics exceptionnels, on assiste au développement d’une véritable « économie de la Tabaski », à laquelle les autorités étatiques portent une attention particulière. L’Aïd El Kabir, appelé Tabaski en Afrique de l’Ouest, est un événement majeur au Sénégal et dans les autres pays sahéliens. La « grande »…

Lire PDF
Nord Cameroun : pour une utilisation concertée des ressources entre pasteurs sédentarisés et agroéleveurs
Aimé Landry Dongmo, Philippe Lhoste

Au Nord Cameroun, la sédentarisation des pasteurs et l’introduction de l’élevage chez les agriculteurs ont entraîné des conflits sur la gestion des ressources et des espaces agropastoraux. Pour y remédier, l’accompagnement des producteurs avec des instruments innovants de gestion et de valorisation de la biomasse s’avère nécessaire. Comme dans diverses régions d’Afrique subsaharienne, la population va doubler au Nord Cameroun dans les 20 prochaines années. Accroître la production est désormais urgent pour répondre à la demande croissante en…

Lire PDF
Les systèmes de collecte du lait en Afrique de l’Ouest : échec ou espoir ?
Cécile Broutin, Guillaume Duteurtre, djibydia

Après l’échec de l’industrialisation laitière en Afrique de l’Ouest, de nombreuses mini laiteries se sont développées avec plus ou moins de réussite et ont permis une meilleure valorisation de la production locale. Mais celles ci ont besoin d’améliorer leurs dispositifs de collecte et de distribution pour être plus performantes. Depuis les années 90, les filières laitières sont une des priorités des programmes de développement de l’élevage en Afrique de l’Ouest. Pourtant, les grands projets industriels des années 60…

Lire PDF
Consommation urbaine de viandes en Afrique de l’Ouest : l’exemple de Dakar
Andrien Mankor

En Afrique de l’Ouest, les habitudes alimentaires des populations sont en pleine mutation, surtout en zone urbaine. Dans la mégalopole de Dakar où le marché de la viande est en pleine explosion, on assiste depuis quelques années à un changement dans les modes de consommation des produits d’origine animale. Sous l’effet conjuguée de l’urbanisation, de la croissance des revenus et des nouvelles attentes socioculturelles des populations, on assiste, dans les pays du Sud, à l’émergence d’une demande croissante…

Lire PDF
Afrique de l’Ouest : la révolution de l’élevage aura-t-elle lieu ?
Guillaume Duteurtre

Le secteur de l’élevage en Afrique de l’Ouest est à un tournant. Diversification des systèmes alimentaires et croissance de la population se joignent pour doper la demande en produits animaux. Des mutations qui questionnent la capacité des systèmes d’élevage locaux et des filières à s’adapter à une demande exigeante. Depuis 50 ans, l’essor des villes africaines a induit une transformation profonde du modèle alimentaire. Comme dans les autres pays en développement, le secteur de l’élevage a été particulièrement…

Lire PDF
Introduction du dossier

L’élevage joue un rôle central dans les économies ouest africaines : il contribue à près de la moitié du PIB agricole (en incluant la traction animale et la fumure organique) et constitue une source importante d’emplois et de revenus. Cette région se caractérise aussi par un faible apport dans l’alimentation humaine des produits d’origine animale. Avec une croissance annuelle estimée à 4%, la demande de produits d’origine animale est appelée à augmenter en Afrique subsaharienne, et notamment en…

Lire PDF
Des conventions locales pour gérer ensemble les ressources naturelles ?
Philippe Lavigne-Delville

Comment gérer durablement des ressources naturelles soumises à des pressions croissantes ? Avec des règles partagées, légitimes et appuyées par des instances locales et par l’État. Les « conventions locales » peuvent être des outils pour cela, permettant de concilier règles coutumières et règles de l’État. À certaines conditions… La compétition croissante sur l’espace et les ressources naturelles, les carences des dispositifs de régulation, provoquent une surexploitation des ressources et des conflits : les réserves forestières sont défrichées,…

Lire PDF
Le commerce des produits agricoles à Nouna : au-delà des prix
Quentin Stoeffler

La région de Nouna au Burkina Faso connaît ces dernières années d’importants changements dans les conditions de commercialisation des produits agricoles. Culture emblématique de ces évolutions, le sésame en dit long sur les blocages de la zone ainsi que sur les décisions et attentes des producteurs. Nouna, décembre 2008. Les récoltes viennent de s’achever dans les villages entourant cette petite ville enclavée à l’Ouest du Burkina Faso. Les agriculteurs engrangent leur mil et leur sorgho, ainsi que les…

Lire PDF
Enjeux et défis de l’introduction des agrocarburants au Burkina Faso
Elodie Hanff, Garance Faugère, Joël Blin, Nathalie Weisman, marie-helenedabat

Au Burkina Faso, les ressources énergétiques sont rares, et l’énergie importée coûte cher du fait de l’enclavement du pays. Dans ce contexte, le développement de la culture d’agrocarburants ne pourrait-elle pas être un levier pour le développement du pays et de son agriculture ? Le renchérissement de l’énergie fossile entraîne, pour les populations du Sud, une perte de compétitivité ainsi qu’une augmentation du coût de la vie. Soucieux de sa dépendance énergétique et de l’augmentation de sa facture…

Lire PDF
L’invitée de Grain de sel : Edwige Botoni
Edwige Botoni

Edwige Botoni est experte en gestion des ressources naturelles, chargée du suivi des conventions environnementales au Comité permanent inter États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (Cilss, www.cilss.bf). En 2009, le Cilss a publié un rapport intitulé « la transformation silencieuse de l’environnement et des systèmes de production au Sahel : Impacts des investissements publics et privés dans la gestion des ressources naturelles » : www.cilss.bf/ spip.php?article58 Grain de sel : Vous venez de publier un…

Lire PDF
Editorial : Vers une réhabilitation de l’élevage ?
Ludovic Larbodière

Les productions animales semblent revenir au goût du jour dans les débats. Est-ce dû à la crise alimentaire, aux statistiques alarmistes de la FAO sur la faim et la malnutrition ? Peu importe, on revient aux solutions simples, aux valeurs sûres et on ne peut que s’en réjouir. Car il est temps de reconnaître que l’élevage peut jouer un rôle central pour relever les grands défis auxquels sont confrontés les pays du Sud : l’insécurité alimentaire d’un milliard…

Lire PDF
Grain de sel n°46-47 : Répondre aux évolutions alimentaires, un défi majeur pour l’élevage africain

L’élevage joue un rôle central dans les économies ouest africaines : il contribue à près de la moitié du PIB agricole (en incluant la traction animale et la fumure organique) et constitue une source importante d’emplois et de revenus. Cette région se caractérise aussi par un faible apport dans l’alimentation humaine des produits d’origine animale. Avec une croissance annuelle estimée à 4%, la demande de produits d’origine animale est appelée à augmenter en Afrique subsaharienne, et notamment en…

Lire
Actualité d’Inter-réseaux (GDS46-47)

_ Idrissa Moumouni Idrissa Moumouni, Plate-forme Paysanne du Niger Conseil d’administration d’Inter-réseaux Il s’est réuni le 16 juin 2009. Le débat a principalement porté sur la question suivante : « Comment améliorer les outils d’Inter-réseaux (site internet, Grain de sel, bulletins de veille électroniques, groupes de travail) et leur synergie pour augmenter leurs diffusions et leurs impacts ? ». Des tentatives intéressantes de liens entre ces supports ont été notées : un bulletin de veille sur la mécanisation…

Lire PDF