The content bellow is available only in French.

publié dans Revue Grain de sel le 8 septembre 2009

Entretien avec Issoufou Daré (version longue)

idare

_ GDS : Quelles sont les actions et les politiques mises en place par l’Uemoa pour répondre au défi de la croissance de la demande en produits animaux ?
Issoufou Daré : L’Uemoa a mis en chantier un certain nombre de programmes qui permettront à terme d’accroître la production animale. La première des initiatives que nous avons prise est de faire en sorte de réduire la mortalité et la morbidité des troupeaux en luttant contre les maladies qui entraînent des pertes d’animaux et de production. C’est ainsi que nous avons engagé une réforme en profondeur de la législation sur les médicaments vétérinaires des pays de la zone Uemoa, dont l’objectif est d’améliorer la qualité des médicaments mis en circulation dans la zone UEMOA. Dans la plupart des pays, il existe des dispositifs d’importation ou d’autorisation de mise sur le marché des médicaments vétérinaires qui ne sont pas assez performants, faute de moyens. La réforme consiste, en mutualisant les ressources et les capacités disponibles dans les Etats membres, à faire en sorte que ce soit le niveau régional qui gère le dispositif de mise sur le marché des médicaments vétérinaires dans la zone Uemoa et le contrôle de leur qualité. Ce dispositif est organisé autour du Comité régional du médicament vétérinaire, institué depuis 2 ans, qui examine les dossiers de demande d’autorisation de mise sur le marché des médicaments. Les premières autorisations régionales de mise sur le marché de médicaments (AMM) vétérinaires seront délivrées par la Commission de l’UEMOA avant la fin de l’année ou au plus tard au tout début de l’année 2010.
L’UEMOA vient d’adopter également un texte réglementaire communautaire sur la sécurité sanitaire des animaux, qui organise notamment la police zoosanitaire. L’objectif étant d’instaurer un territoire sanitaire unique pour l’ensemble des huit Etats membres.
Ensuite, il faut résoudre le problème de l’alimentation des troupeaux. Pour le moment l’Uemoa n’a pas un chantier spécifique pour l’alimentation du bétail à l’échelle régionale. Il faut savoir qu’en vertu du principe de subsidiarité, un certain nombre de politiques, notamment la question de l’alimentation des troupeaux, sont du ressort des États.
Troisièmement, il est nécessaire d’améliorer le potentiel génétique de nos troupeaux. Par exemple, il faut définir des stratégies aussi bien nationales que régionales permettant d’améliorer la fécondité des troupeaux, en rabaissant notamment l’âge de la première mise bas. Pour faire passer ces réformes, il est impératif d’impliquer étroitement les producteurs et autres opérateurs du secteur de l’élevage. C’est pourquoi l’UEMOA appuie l’émergence d’associations professionnelles bien organisées et représentatives. Au niveau national, il y a des esquisses d’organisation d’éleveurs aussi bien dans les filières de ruminants que dans les filières à cycle court. Il faut que ces organisations nationales se regroupent au niveau régional en créant des réseaux, des associations régionales, avec lesquels la Commission peut dialoguer dans la définition et la mise en œuvre des politiques adaptées. L’Uemoa a appuyé dans ce sens la mise en place de la Confédération des fédérations nationales de la filière bétail et viande des pays membres de l’Uemoa (Cofenabvi) et de l’Union des organisations des filières avicoles de l’Uemoa (Uofa). Des systèmes de financement adaptés à la spécificité du secteur agricole en général, et de l’élevage en particulier, sont nécessaires pour accroître les investissements dans le secteur. Pour ce faire, l’Uemoa a créé le Fonds Régional de Développement Agricole (FRDA), dont les activités démarreront en 2010. Il est aussi nécessaire d’améliorer le fonctionnement du marché régional en construction dans l’espace UEMOA, en mettant à la disposition des opérateurs économiques des information sur les marchés (disponibilités, prix, etc.). A cette fin, l’UEMOA vient de mettre en place le SIAR (Système d’information agricole régional).
L’amélioration de la compétitivité des filières est une autre préoccupation de l’UEMOA, qui vient d’élaborer un système d’aide à la décision, qui est un dispositif de suivi des évolutions des filières nationales fondé sur la connaissance de variables techniques et économiques. Ce système permet de réaliser des simulations d’impacts et des propositions de mesures alternatives sur les évolutions du marché, de la demande et de la production, etc.

GDS : Le pastoralisme, système d’élevage dominant dans l’espace Uemoa, fait l’objet de nombreuses controverses. Comment l’Uemoa prend-t-elle en charge la problématique de l’élevage pastoral ?
ID : C’est bien connu, le système le plus important dans notre région est le système d’élevage extensif et transhumant. Ce sont des systèmes relativement rigides qui ne s’adaptent pas très facilement à l’évolution du contexte agro écologique et des marchés régionaux et internationaux. Un autre problème est celui de l’accès aux ressources naturelles surtout transfrontalières. Ces systèmes d’élevage posent ainsi d’énormes difficultés interétatiques d’accès aux ressources partagées, qui s’amenuisent progressivement. Autant la transhumance nationale pose relativement moins de problèmes, autant celle transfrontalière est sources de contraintes majeures.
Au niveau national, la transhumance s’observe surtout dans les pays sahéliens. Ces pays sont généralement dotés de ressources et d’espaces importants qui ne peuvent être valorisés que par l’élevage. En outre, il existe dans ces zones une densité démographique relativement faible. La concurrence entre agriculture et élevage est donc moins exacerbée. Par contre, au niveau régional, le mouvement des troupeaux est transfrontalier, des pays sahéliens en direction des pays côtiers. Dans ces pays d’accueil, on observe depuis quelques années des transferts progressifs de troupeaux par la sédentarisation de certains pasteurs sahéliens. Il en résulte une concurrence sur des espaces fourragers dédiés à l’élevage, entre l’élevage transhumant et les troupeaux sédentarisés.
Cette concurrence est amplifiée par la réduction des espaces fourragers du fait de l’extension des cultures vivrières et de rente comme le coton, dans la plupart des pays côtiers. Il se pose donc un véritable problème de cohabitation entre les populations sédentaires dont l’accroissement des productions agricoles passe par l’augmentation des surfaces cultivées, les animaux des pasteurs sédentarisés et les animaux transhumants. Il en résulte très souvent des conflits sanglants qui amènent certains pays côtiers à prendre des mesures restrictives fortes à l’encontre de la transhumance transfrontalière, et ce en violation du principe de la libre circulation des biens et des personnes en vigueur dans les espaces Uemoa et Cedeao. Il faut donc réfléchir à cette problématique (occupation de l’espace, gestion agroécologique et climatique, liberté de circulation) et analyser les mesures adéquates à prendre, par exemple la relecture les textes communautaires en vigueur (CEDEAO, CEBV) qui sont aujourd’hui peu ou pas appliqués.

GDS : Malgré les solutions apportées par l’Uemoa dans sa Politique agricole (Pau) et la Cedeao avec le certificat international de transhumance (CIT) notamment, les conflits entre agriculteurs et éleveurs perdurent. Pourquoi ?
ID : Les textes de la Cedeao qui réglementent la transhumance transfrontalière datent des années 70/80, à un moment où l’occupation de l’espace ne posait pas autant de difficultés. Ce sont les mêmes textes, y compris les CIT, qui régissent toujours la transhumance transfrontalière en Afrique de l’Ouest.
Ces textes sont aujourd’hui dépassés. Le contexte a totalement changé : les pistes à bétails, les zones d’accueil, etc. qui avaient été identifiées à l’époque n’existent pratiquement plus maintenant. Le CIT n’est souvent même plus disponible dans les pays. Avant c’était la CEBV, puis la Cedeao qui les mettaient à la disposition des États. Maintenant, ce sont les États qui doivent prévoir dans leur budget les ressources financières pour la confection et la distribution de ces CIT dans les postes transfrontaliers. Dans la réalité, il n’existe pratiquement pas de CIT au niveau de certains pays.
Au niveau de l’Uemoa, l’objectif affiché était d’entreprendre une réactualisation de toutes les données sur la transhumance transfrontalière au niveau des pays membres, et d’en tirer des conclusions pour redéfinir de nouvelles stratégies adaptées de gestion de la transhumance transfrontalières, y compris au besoin l’élaboration d’une législation communautaire. Étant donné que la Cedeao se proposait d’engager un processus similaire avec l’appui du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, nous avons convenu finalement d’entreprendre une initiative commune en y associant le CILSS et les organisations professionnelles du secteur de l’élevage. Le point de départ de cette initiative commune a été le Forum sur l’élevage organisé à Niamey en début 2009. Il s’agit à présent de mettre en œuvre les recommandations de ce Forum. Mais la problématique de la transhumance est une question très complexe et difficile à résoudre, qui combine à la fois des enjeux démographiques, fonciers, politiques et sociaux. Il ne faut donc pas penser que l’on pourra du jour au lendemain régler la question. Nous allons l’analyser en profondeur, et voir quelles dispositions appropriées peuvent être prises, en tenant compte de la réalité du terrain d’aujourd’hui et des évolutions prévisibles.

GDS : Quelles sont les mesures concrètes prises par l’Uemoa pour mettre fin aux tracasseries douanières et administratives afin de fluidifier davantage le commerce régional ?
ID : Normalement, au regard des textes en vigueur, le problème ne se pose pas puisqu’au franchissement des frontières, on a qu’à présenter une simple carte d’identité, un certificat zoosanitaire ; il n’y a pas de droits de douanes pour les produits animaux et végétaux. Pour les producteurs informés de ces textes, le problème des tracasseries semble moins se poser.
Mais il faut reconnaître que les tracasseries sont une réalité. Une attention toute particulière est accordée à la résolution de ce problème par les plus hautes autorités de l’Union.. Entre autres mesures, a été mis en place un Observatoire des pratiques anormales, lequel scrute tout ce qui se passe sur nos routes transétatiques. Les informations collectées sont analysées et diffusées à travers les médias. C’est donc un moyen d’informer les populations, mais également d’indexer les axes routiers et les pays où les mauvais comportements et pratiques sont légion. L’Uemoa a également mis en place des postes de contrôle juxtaposés qui permettent de faciliter le transit entre les différents pays. Il est prévu d’en installer plusieurs sur les axes routiers inter-Etats stratégiques. Par ailleurs, des séminaires d’information des leaders d’opinion sont régulièrement organisés dans les Etats afin d’informer les populations et notamment les opérateurs économiques sur les textes en vigueur.
Ce sont autant de mesures qui permettront progressivement de mettre fin à ces tracasseries et pratiques anormales tout au long de nos frontières.

GDS : Le Burkina Faso, a affirmé récemment vouloir promouvoir le commerce de la viande crue. Au niveau de l’Uemoa pensez-vous que cette option soit la solution pour développer le commerce régional en produits animaux ?
ID : L’idéal serait qu’en Afrique de l’Ouest, la commercialisation de la viande prenne le pas sur celui du bétail sur pied. Cette option valorise au mieux le potentiel et les ressources du secteur de l’élevage, en créant plus de valeur ajoutée pour les pays exportateurs. Elle réduit en outre les tensions sur l’accès aux ressources pastorales, notamment transfrontalières. Elle est donc à encourager, mais il n’est pas certain que l’on puisse y parvenir de manière rapide. Cela implique en effet d’énormes investissements physiques (abattoirs modernes) et en équipements (camions et entrepôts frigorifiques, etc.). Plus encore, les opérateurs économiques du secteur, doivent s’organiser individuellement ou en association pour faire face aux énormes efforts et réformes que cela suppose : information/formation sur les normes de qualité et d’hygiène, maîtrise totale de l’amont de la filière (production d’animaux de qualité en toute saison), régularité de la fourniture au client, accès au financement, etc.
Il faudra en effet que le flux de fourniture de viande se fasse de façon continue, régulière et en qualité, en toute saison. Avec les systèmes de production extensive, on observe généralement un flux de transfert de viande de bonne qualité en saison pluvieuse, avec une certaine régularité, mais durant la saison sèche, ce flux ralentit considérablement parce qu’il y a moins de disponibilités de bétail sur les marchés et les animaux sont de mauvaise qualité, en raison de l’insuffisance et de la mauvaise qualité des fourrages. L’un dans l’autre, il faut donc trouver les moyens d’encourager et d’intensifier l’embouche dans nos pays, d’assurer un approvisionnement régulier en animaux des centres d’embouche, de faciliter l’accès au financement et surtout de promouvoir l’émergence d’opérateurs économiques en mesure de prendre en charge toutes ces questions. Nous sommes justement en train de voir à l’Uemoa si nous pouvons apporter dans ce sens des appuis spécifiques à des opérateurs économiques et à des pays en tenant notamment compte de certains avantages comparatifs.

Restez informé⸱e !

Abonnez-vous à nos publications et bulletins pour les recevoir directement dans votre boîte mail.

Autres articles qui pourraient vous intéresser

Vous lisez un article de la publication "46-47 : Répondre aux évolutions alimentaires, un défi majeur pour l’élevage africain".

Rural tourism development, between dreams and realities
Mascha Middelbeek

Livelihood diversification has become an important issue in rural areas for farmer organizations, donors and developing countries governments. Not surprisingly, since global surveys suggest that non-farmer sources account for 30-45% of average rural household income with the majority coming from local rural sources rather than urban migration . One popular non-farm sector, both in rural areas in developing as in western countries – is tourism development. Rural tourism has potential to combine economic development and acknowledgment of rural…

Lire
Entretien avec Dodo Boureima (version longue)
Dodo Boureima

Grain de sel : Pour répondre à la demande croissante en produits animaux, on entend de plus en plus parler de la nécessité d’une « révolution de l’élevage ». Qu’est ce que cela signifie ? Est-elle nécessaire selon vous et comment doit-elle être menée ? Dodo Boureima : Il y a quelques années encore, le pastoralisme, qui est le système d’élevage dominant en Afrique, était ignoré et banalisé. Mais aujourd’hui, on assiste de plus en plus à une…

Lire
Entretien avec Issoufou Daré (version longue)
idare

_ GDS : Quelles sont les actions et les politiques mises en place par l’Uemoa pour répondre au défi de la croissance de la demande en produits animaux ? Issoufou Daré : L’Uemoa a mis en chantier un certain nombre de programmes qui permettront à terme d’accroître la production animale. La première des initiatives que nous avons prise est de faire en sorte de réduire la mortalité et la morbidité des troupeaux en luttant contre les maladies qui…

Entretien avec Tamini Josué (version longue)
Tamini Josué

GDS : On parle de plus en plus de révolution de l’élevage. Est-elle nécessaire ? Si oui, en quoi consiste-t-elle selon vous ? Tamini Josué : Nous pensons effectivement qu’il faut une révolution de l’élevage pour pouvoir répondre à la hausse croissante de la demande en produits animaux. Pour nous, la révolution de l’élevage consiste à pouvoir augmenter la productivité à travers l’amélioration génétique, à faciliter les conditions d’accès à l’alimentation du bétail de sorte qu’elle soit disponible…

Lire
Un nouveau regard sur les relations élevage et environnement
Bernard Faye

Selon un récent rapport de la FAO , l’élevage est rendu responsable de bien des désordres environnementaux, allant de la dégradation des parcours à l’émergence de nouvelles maladies dangereuses pour l’homme en passant par la désertification, la pollution par les effluents et la contribution à l’effet de serre, sans parler de la participation des produits animaux aux risques sanitaires d’origine nutritionnelle, à tel point que seuls fruits et légumes sont aujourd’hui recommandés pour un meilleur bien-être. Pourtant, cette…

Lire
Qualité et risques des denrées alimentaires d’origine animale
Bassirou Bonfoh

Déterminants de la qualité et de la sécurité sanitaire des denrées animales et d’origine animale En Afrique subsaharienne, l’offre et la demande croissante en protéines animales (viandes, lait, œufs et produits dérivés…) entraînent des changements dans les habitudes alimentaires et contribuent de façon significative à modifier les systèmes de production et de distribution des Denrées animales et d’origine animale (DAOA). La qualité et le prix y apparaissent comme les principaux facteurs de compétitivité sur les marchés formels et…

Lire
Accès au marché et commercialisation de produits agricoles

Accès au marché et commercialisation de produits agricoles. Valorisation d’initiatives de producteurs et enseignements d’une démarche de réflexions collectives. Groupe de travail « Accès au marché et commercialisation de produits agricoles » Présenté par A. Lothoré, P. Delmas. Inter-réseaux, CTA, AFD, 2009, 160 p + annexes Recension par Dominique Gentil : En Afrique subsaharienne, les paysans rencontrent des difficultés pour vendre leurs produits agricoles et en tirer un revenu : manque de débouchés, prix peu élevés et volatils,…

Lire PDF
Entre nous GDS 46-47

Inter-réseaux se mécanise… Inter-réseaux a réalisé en avril 2009 un bulletin de veille (BDV) thématique sur un sujet remis au goût du jour par l’actualité : la mécanisation agricole. Avec la crise alimentaire, des initiatives pour mécaniser les opérations culturales, améliorer la productivité du travail et augmenter la production ont fleuri dans tous les pays d’Afrique subsaharienne. Mais au-delà des déclarations des autorités ouest-africaines, qu’en est-il réellement ? Où vont les nombreux tracteurs indiens et chinois ? Quelles…

Lire PDF
L’Afrique subsaharienne arrivera-t- elle à nourrir ses habitants ?
Jean-Claude Devèze

De nombreux ouvrages et colloques traitent des problèmes cruciaux de l’alimentation de la population mondiale, de la nécessité de consacrer plus d’attention à cet enjeu majeur et donc de faire du développement agricole une priorité, en particulier en Afrique. Un point de vue sur ce sujet pour continuer ce débat… L’afrique subsaharienne est la région du monde où la part de la population agricole est, en proportion, la plus importante (près des deux tiers), mais où la ration…

Lire PDF
Vers une plateforme panafricaine des organisations paysannes
Mamadou Cissokho

Grain de sel : Pouvez vous présenter la plateformepanafricaine des organisations paysannes ? Mamadou Cissokho : La Plateforme panafricaine des organisations paysannes n’existe pas encore officiellement, elle est en cours de création. Elle fait suite au processus de structuration des organisations paysannes (OP) en Afrique, qui a débuté avec la naissance du Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest (Roppa) et d’autres réseaux dans les régions africaines — la Fédération des agriculteurs est africains…

Lire PDF
Kiosque GDS 46-47

Nourrir le monde, vaincre la faim Sylvie Brunel Dans un livre destiné d’abord aux futurs professeurs, l’auteure, géographe, aborde sans tabous ni idées reçues les problèmes de l’alimentation et de la population croissante de notre planète. Elle rappelle que ce n’est que lorsque le monde craint de manquer de nourriture qu’il se préoccupe de l’agriculture vivrière. Dans les situations de paix, rares sont ceux qui se préoccupent des malnutris. Pire, la légitime vague des préoccupations écologiques risque d’ancrer…

Lire PDF
Repères : La définition du Tarif extérieur commun de la Cedeao : le pari du moyen terme
Anne Wagner

La décision d’étendre le Tarif Extérieur Commun (Tec) de l’Union économique monétaire ouest africain (Uemoa) aux États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao B) a été prise par les Chefs d’États et de Gouvernements de la Cedeao le 12 janvier 2006. La définition d’une protection tarifaire commune aux frontières de l’espace Cedeao est une étape importante de l’approfondissement du processus d’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. La région dispose du potentiel de…

Lire PDF
Développement du tourisme rural, entre rêves et réalités
Mascha Middelbeek

Depuis quelques années, le tourisme rural semble représenter une réelle opportunité de diversification des revenus en milieu rural. Comment les paysans peuvent-ils s’intégrer dans le développement de ce tourisme ? Comment les accompagner dans cette démarche ? Un point de vue de l’organisation Agriterra. Les organisations paysannes, les bailleurs de fonds et les gouvernements des pays en développement s’intéressent de plus en plus à la diversification des moyens de subsistance dans les zones rurales. En effet, plusieurs enquêtes…

Lire PDF
L’élevage africain, source possible d’une révolution alimentaire attendue ?
Philippe Lhoste

L’élevage ouest africain parviendra t-il à nourrir une population en constante hausse ? Le chemin à parcourir est encore long, mais les initiatives sont nombreuses et encourageantes pour permettre aux éleveurs de répondre à ce défi. Les institutions internationales attiraient fortement notre attention, à la fin du XXème siècle, sur les évolutions très rapides de la consommation et de la production animales, avec une étude prospective qui a fait date : « L’élevage d’ici 2020 : la prochaine…

Lire PDF
Quel avenir pour le pastoralisme ? Des acteurs s’expriment…
Dodo Boureima, Tamini Josué, idare

Le pastoralisme est le système d’élevage dominant en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Quand on envisage son avenir et sa capacité à répondre à une demande en viande en hausse constante, les avis divergent… Trois interviews, trois points de vue, illustrant la complexité de cette problématique. Entretien avec Dodo Boureima Grain de sel : Qu’est ce que le pastoralisme ? Dodo Boureima : Le pastoralisme est un système de production basé sur la mobilité des éleveurs et…

Lire PDF
Développer la pisciculture en Afrique tropicale humide pour renforcer la sécurité alimentaire
Isabelle Hanquiez, moswald

La pisciculture est un secteur important de l’économie rurale en Afrique tropicale humide. Nécessitant peu de moyens de production, elle pourrait contribuer considérablement à l’alimentation des populations. Alors que la demande en produits animaux ne cesse d’augmenter au niveau mondial, en Afrique une stagnation voire une diminution de la consommation de protéines d’origine animale par habitant est un cas fréquent : dans maints endroits, les faibles niveaux de consommation engendrent des carences nutritionnelles sévères. Selon la FAO, en…

Lire PDF
Enjeux et contraintes des filières porcines en Afrique de l’Ouest
Vincent Porphyre

En Afrique de l’Ouest, les cheptels porcins connaissent des croissances de l’ordre de 5 à 10 %. Bien que pratiqués majoritairement de façon extensive, on assiste toutefois à une certaine intensification des systèmes de production, se heurtant à des contraintes d’ordre économique, environnemental et sanitaire. L’élevage porcin est en pleine expansion en Afrique de l’Ouest, avec selon les pays des croissances des cheptels de l’ordre de 5 à 10% (FAO, 2007). La production de viande de porc en…

Lire PDF
Contraintes et défis de l’aviculture en Afrique de l’Ouest : Cas du Bénin
guezolionel

L’aviculture est un secteur en plein essor en Afrique de l’Ouest. Au Bénin, grâce à l’accompagnement des autorités, on assiste au développement de cette filière, qui fait toutefois face à de nombreuses contraintes, liées notamment aux conditions d’accès au crédit, à la concurrence des importations et aux enjeux fonciers. L’aviculture en Afrique de l’Ouest est une activité complexe dont l’importance varie d’un pays à l’autre. Au Bénin, pays de plus de 7 millions d’habitants, deux grands types d’aviculture…

Lire PDF
La fête du mouton, des moutons pour la fête. Enjeux économiques de la Tabaski au Sénégal
Olivier Ninot

La Tabaski ou fête du mouton donne lieu à une grande effervescence sur le marché ovin au Sénégal. Durant cette période, où la consommation de viande de mouton atteint des pics exceptionnels, on assiste au développement d’une véritable « économie de la Tabaski », à laquelle les autorités étatiques portent une attention particulière. L’Aïd El Kabir, appelé Tabaski en Afrique de l’Ouest, est un événement majeur au Sénégal et dans les autres pays sahéliens. La « grande »…

Lire PDF
Nord Cameroun : pour une utilisation concertée des ressources entre pasteurs sédentarisés et agroéleveurs
Aimé Landry Dongmo, Philippe Lhoste

Au Nord Cameroun, la sédentarisation des pasteurs et l’introduction de l’élevage chez les agriculteurs ont entraîné des conflits sur la gestion des ressources et des espaces agropastoraux. Pour y remédier, l’accompagnement des producteurs avec des instruments innovants de gestion et de valorisation de la biomasse s’avère nécessaire. Comme dans diverses régions d’Afrique subsaharienne, la population va doubler au Nord Cameroun dans les 20 prochaines années. Accroître la production est désormais urgent pour répondre à la demande croissante en…

Lire PDF
Les systèmes de collecte du lait en Afrique de l’Ouest : échec ou espoir ?
Cécile Broutin, Guillaume Duteurtre, djibydia

Après l’échec de l’industrialisation laitière en Afrique de l’Ouest, de nombreuses mini laiteries se sont développées avec plus ou moins de réussite et ont permis une meilleure valorisation de la production locale. Mais celles ci ont besoin d’améliorer leurs dispositifs de collecte et de distribution pour être plus performantes. Depuis les années 90, les filières laitières sont une des priorités des programmes de développement de l’élevage en Afrique de l’Ouest. Pourtant, les grands projets industriels des années 60…

Lire PDF
Consommation urbaine de viandes en Afrique de l’Ouest : l’exemple de Dakar
Andrien Mankor

En Afrique de l’Ouest, les habitudes alimentaires des populations sont en pleine mutation, surtout en zone urbaine. Dans la mégalopole de Dakar où le marché de la viande est en pleine explosion, on assiste depuis quelques années à un changement dans les modes de consommation des produits d’origine animale. Sous l’effet conjuguée de l’urbanisation, de la croissance des revenus et des nouvelles attentes socioculturelles des populations, on assiste, dans les pays du Sud, à l’émergence d’une demande croissante…

Lire PDF
Afrique de l’Ouest : la révolution de l’élevage aura-t-elle lieu ?
Guillaume Duteurtre

Le secteur de l’élevage en Afrique de l’Ouest est à un tournant. Diversification des systèmes alimentaires et croissance de la population se joignent pour doper la demande en produits animaux. Des mutations qui questionnent la capacité des systèmes d’élevage locaux et des filières à s’adapter à une demande exigeante. Depuis 50 ans, l’essor des villes africaines a induit une transformation profonde du modèle alimentaire. Comme dans les autres pays en développement, le secteur de l’élevage a été particulièrement…

Lire PDF
Introduction du dossier

L’élevage joue un rôle central dans les économies ouest africaines : il contribue à près de la moitié du PIB agricole (en incluant la traction animale et la fumure organique) et constitue une source importante d’emplois et de revenus. Cette région se caractérise aussi par un faible apport dans l’alimentation humaine des produits d’origine animale. Avec une croissance annuelle estimée à 4%, la demande de produits d’origine animale est appelée à augmenter en Afrique subsaharienne, et notamment en…

Lire PDF
Des conventions locales pour gérer ensemble les ressources naturelles ?
Philippe Lavigne-Delville

Comment gérer durablement des ressources naturelles soumises à des pressions croissantes ? Avec des règles partagées, légitimes et appuyées par des instances locales et par l’État. Les « conventions locales » peuvent être des outils pour cela, permettant de concilier règles coutumières et règles de l’État. À certaines conditions… La compétition croissante sur l’espace et les ressources naturelles, les carences des dispositifs de régulation, provoquent une surexploitation des ressources et des conflits : les réserves forestières sont défrichées,…

Lire PDF
Le commerce des produits agricoles à Nouna : au-delà des prix
Quentin Stoeffler

La région de Nouna au Burkina Faso connaît ces dernières années d’importants changements dans les conditions de commercialisation des produits agricoles. Culture emblématique de ces évolutions, le sésame en dit long sur les blocages de la zone ainsi que sur les décisions et attentes des producteurs. Nouna, décembre 2008. Les récoltes viennent de s’achever dans les villages entourant cette petite ville enclavée à l’Ouest du Burkina Faso. Les agriculteurs engrangent leur mil et leur sorgho, ainsi que les…

Lire PDF
Enjeux et défis de l’introduction des agrocarburants au Burkina Faso
Elodie Hanff, Garance Faugère, Joël Blin, Nathalie Weisman, marie-helenedabat

Au Burkina Faso, les ressources énergétiques sont rares, et l’énergie importée coûte cher du fait de l’enclavement du pays. Dans ce contexte, le développement de la culture d’agrocarburants ne pourrait-elle pas être un levier pour le développement du pays et de son agriculture ? Le renchérissement de l’énergie fossile entraîne, pour les populations du Sud, une perte de compétitivité ainsi qu’une augmentation du coût de la vie. Soucieux de sa dépendance énergétique et de l’augmentation de sa facture…

Lire PDF
L’invitée de Grain de sel : Edwige Botoni
Edwige Botoni

Edwige Botoni est experte en gestion des ressources naturelles, chargée du suivi des conventions environnementales au Comité permanent inter États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (Cilss, www.cilss.bf). En 2009, le Cilss a publié un rapport intitulé « la transformation silencieuse de l’environnement et des systèmes de production au Sahel : Impacts des investissements publics et privés dans la gestion des ressources naturelles » : www.cilss.bf/ spip.php?article58 Grain de sel : Vous venez de publier un…

Lire PDF
Editorial : Vers une réhabilitation de l’élevage ?
Ludovic Larbodière

Les productions animales semblent revenir au goût du jour dans les débats. Est-ce dû à la crise alimentaire, aux statistiques alarmistes de la FAO sur la faim et la malnutrition ? Peu importe, on revient aux solutions simples, aux valeurs sûres et on ne peut que s’en réjouir. Car il est temps de reconnaître que l’élevage peut jouer un rôle central pour relever les grands défis auxquels sont confrontés les pays du Sud : l’insécurité alimentaire d’un milliard…

Lire PDF
Grain de sel n°46-47 : Répondre aux évolutions alimentaires, un défi majeur pour l’élevage africain

L’élevage joue un rôle central dans les économies ouest africaines : il contribue à près de la moitié du PIB agricole (en incluant la traction animale et la fumure organique) et constitue une source importante d’emplois et de revenus. Cette région se caractérise aussi par un faible apport dans l’alimentation humaine des produits d’origine animale. Avec une croissance annuelle estimée à 4%, la demande de produits d’origine animale est appelée à augmenter en Afrique subsaharienne, et notamment en…

Lire
Actualité d’Inter-réseaux (GDS46-47)

_ Idrissa Moumouni Idrissa Moumouni, Plate-forme Paysanne du Niger Conseil d’administration d’Inter-réseaux Il s’est réuni le 16 juin 2009. Le débat a principalement porté sur la question suivante : « Comment améliorer les outils d’Inter-réseaux (site internet, Grain de sel, bulletins de veille électroniques, groupes de travail) et leur synergie pour augmenter leurs diffusions et leurs impacts ? ». Des tentatives intéressantes de liens entre ces supports ont été notées : un bulletin de veille sur la mécanisation…

Lire PDF