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publié dans Revue Grain de sel le 3 janvier 2018

« Le sentier du berger » : la transhumance a-t-elle un avenir ?

Gidéon Vink

PastoralismeEntretienRevue - Bulletin

Vous lisez un article de la publication "Le pastoralisme a-t-il encore un avenir en Afrique de l'Ouest ?".

Dans son documentaire « Le sentier du berger », Gidéon Vink a suivi plusieurs familles peules pratiquant un élevage pastoral. Dans cet entretien il interroge le devenir des pasteurs alors que leur mode de production semble en crise, voire, en disparition.

Grain de Sel : Le documentaire commence par évoquer la sainte trinité du pasteur « la vache, la femme et le peul », la vache est en premier. Comment expliquez- vous cette importance de l’animal ?
Gidéon Vink : La trinité fait partie d’un ensemble de contes mythiques qui expliquent la genèse du peuple peul. Ils décrivent l’identité d’un peuple d’éleveurs où les animaux sont la raison d’être et de vivre du berger. C’est son univers, son existence. Dans de nombreux cas, le Peul élève son troupeau, mais pas pour le revendre. En dehors de certaines pratiques sacrificielles ou sociales comme des fêtes, le pasteur n’abat pas un animal pour la nourriture de la famille.

GDS : Le film a cette phrase à propos du rapport du pasteur à ses animaux, « les vaches sont leurs coépouses ». Le rapport pasteur – bétail est si fort ?
GV : La phrase vient d’un poème ironique qui dépeint les particularités de l’éleveur peul avec humour. Il évoque les femmes peules qui se plaignent que leurs maris n’aient plus d’yeux que pour leurs vaches. Au-delà de l’exagération littéraire, il est vrai que le troupeau fait partie de la famille. Il donne l’identité et le prestige à l’éleveur qui a un lien presque intime avec ses animaux.

GDS : Vous définissez la transhumance comme « le déplacement saisonnier d’un troupeau en vue de rejoindre une zone où il pourra se nourrir ». La définition porte d’avantage sur la bête que sur l’homme. C’est un choix délibéré ?
GV : L’homme est au service du bonheur de la bête et pas l’inverse. L’éleveur ne pense pas à lui-même mais à son troupeau. Ses propres désirs sont moins importants. Quand le troupeau a soif, il faut aller chercher de l’eau, quand le troupeau a faim, il faut aller à la recherche des pâturages. La vie du pasteur tourne autour de ces principes simples. En retour, le troupeau lui fournit tout ce dont il a besoin : un statut social, le prestige dans sa communauté, le bonheur et surtout du lait et des revenus.

GDS : Y a-t-il une crise du mode de vie pastoral et pourquoi ?
GV : Le mode de vie pastoral n’est pas seulement en crise, il est en voie de disparition. La façon des Peuls de pratiquer l’élevage (la transhumance), devient de plus en plus compliquée, avec la démographie croissante. Les champs ne suffisent plus pour nourrir tout le monde et les terres jadis réservées au pastoralisme sont annexées pour l’agriculture. Le phénomène de l’agrobusiness pose aussi problème. Des dizaines de milliers d’hectares de terres sont achetées et clôturées pour y développer des activités agricoles. Les «pistes de bétail» sont interrompues et les bergers sont forcés de faire des détours de dizaines de kilomètres pour avoir accès aux zones de pâturages. Puis, avec la désertification, les troupeaux sont obligés de migrer vers le Sud qui est plus fertile mais plus orienté vers l’agriculture. Il existe aussi des raisons socioculturelles comme la difficile scolarisation des enfants nomades et l’hésitation des jeunes peuls à se lancer dans une vie de berger transhumant sans garanties économiques et sécuritaires.

GDS : Le rôle de la famille est prégnant dans le reportage. Le pastoralisme coïncide-t-il avec un certain rapport familial ?
GV : Le pastoralisme se transmet de père en fils comme un héritage. Ce n’est pas un choix de métier ou de carrière. Avec la modernité, le jeune peul va à l’école, voit d’autres métiers, se confronte à des modes de vie souvent plus aisés que ceux de sa famille. Les rapports familiaux sont donc forcément en train de changer. Dans la famille où nous avons filmé par exemple, le père a choisi de scolariser ses deux premiers fils pour leur permettre de choisir d’autres métiers, et les enfants suivants vont l’aider dans l’élevage. Petit à petit, avec les difficultés de la transhumance, les éleveurs comprennent qu’ils doivent s’adapter.

GDS : Le pasteur semble confronté à un dilemme quand il s’agit de la scolarisation de ses enfants. Veut-il que le pastoralisme perdure de génération en génération ?
GV : C’est un couteau à double tranchant. Comme le métier ne nourrit plus son homme, le pasteur fonde aussi son espoir sur ses enfants scolarisés qui peutêtre pourront mieux s’en sortir dans d’autres types d’activités et ainsi venir en aide à la famille. Mais en envoyant ses enfants l’école il se prive de ses successeurs. Un enfant scolarisé et instruit sera moins enclin à suivre son père dans une vie de pasteur…

GDS : On a parfois l’impression que la transhumance est subie. Il y a cette phrase « on aurait aimé rester chez nous si on avait eu la possibilité de bien s’occuper de nos bêtes sur place ». Qu’en est-il ?
GV : La transhumance est subie mais elle est nécessaire à la survie du troupeau. C’est une activité qui est pénible, dans laquelle l’éleveur se met en danger. Il dort dehors, sous la pluie, il est sous le soleil toute la journée et dans le froid la nuit. Il parcourt tous les jours de longues distances et se fait chasser par les habitants des zones qu’il traverse. Ce qui est intéressant c’est que la transhumance est une sorte de rite de passage pour que le jeune homme montre son sens des responsabilités et son sérieux. Celui qui réussit la transhumance et revient sain et sauf à la maison, plusieurs mois après, avec son troupeau en bonne forme, mérite le respect de toute la famille. Après quelques années de transhumance, il va à son tour laisser ce long et pénible voyage à ses jeunes frères qui à leur tour peuvent montrer de quoi ils sont capables.

Gidéon Vink lors du tournage du documentaire, dans un campement peul près de Sapouy au Burkina Faso
GDS : La seconde partie du documentaire revient sur la dimension sécuritaire du pastoralisme et sur les conflits auxquels les pasteurs sont confrontés face aux agriculteurs.
GV : Les conflits entre éleveurs et agriculteurs ont toujours existé. Ils font même parti des conflits les plus vieux du monde. Ils étaient déjà mentionnés dans l’Ancien Testament avec les deux frères, Caïn et Abel, un agriculteur et un éleveur qui se sont disputés et l’un a tué l’autre. La métaphore oppose un mode de vie nomade à un mode de vie sédentaire. Les deux rentrent souvent en conflit car ces deux modes de vie, mobile et immobile, ont des exigences différentes. Le pasteur veut de l’espace et la liberté d’aller où il veut pour le bonheur de son troupeau. L’agriculteur lie son existence à une partie de terre précise qu’il va travailler de longues années. Les conflits deviennent de plus en plus récurrents et de plus en plus visibles. La modernité, la démographie croissante, la pression foncière contribue à une situation de plus en plus tendue. Il faut ajouter à cela un désintérêt de la politique pour prendre ce problème à bras de corps. Peu de mesures sont prises pour éviter ce genre de conflits.

GDS : Le documentaire explique que la communauté peule est mal vue car ses activités de production sont différentes. Est-ce une explication suffisante aux conflits intercommunautaires ? Peut-on parler d’instrumentalisation ?
GV : Je ne sais pas s’il faut parler d’instrumentalisation car instrumentalisation par qui ? Au profit de qui ? Chacun est dupe, tout le monde victime. C’est vrai que les Peuls sont souvent vus comme les victimes dans ce genre de conflit mais c’est aussi parce qu’ils sont vulnérables. C’est un peuple dispersé, pas très organisé. Le berger parle souvent mal la langue des zones traversées et ne se mêle pas trop dans la vie sociale des autres. Il est et reste donc un éternel « étranger », un « intrus ». Dans le film, l’exemple de la première famille montre qu’on peut résoudre une partie du conflit par le dialogue. Le père de famille des pasteurs est bien intégré dans le village et il est actif dans la mosquée du village. Il parle couramment leur langue et a demandé à l’imam de faire des plaidoyers en faveur d’une transhumance apaisée.

GDS : La conclusion du documentaire est assez pessimiste, « la transhumance n’a plus de beaux jours devant elle ». Qu’en est-il de l’avenir de ce mode de vie ?
GV : Je crains qu’à long terme, la transhumance disparaisse. Des modes d’élevage plus adaptés à la « modernité » vont reprendre sa place, des systèmes sédentaires. On peut le regretter car avec la disparition de la transhumance c’est aussi une partie de leur identité culturelle qui s’en va. Aux Peuls nomades devenus sédentaires de se battre pour préserver ou adapter leur culture !

Gidéon Vink (gideonvink@gmail.com) est un réalisateur et producteur néerlandais, installé depuis plus de 15 ans au Burkina Faso. Il y a créé une association de défense des droits humains à travers le cinéma.

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