Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur email

publié dans Revue Grain de sel le 4 janvier 2018

Entretien : que faire face à la vulnérabilité pastorale ?

Abdoul Aziz Al Alwaly

PastoralismeRésilienceInterviewRevue - Bulletin

Vous lisez un article de la publication "Le pastoralisme a-t-il encore un avenir en Afrique de l'Ouest ?".

Face aux spécificités de la vulnérabilité pastorale, humaine et animale, des outils et des solutions ont été pensés et instaurés pour accroitre la résilience des acteurs. Quels sont-ils et quel bilan en tirer ?

Grain de Sel : La vulnérabilité des populations pastorales est-elle similaire à celle des agriculteurs ?
Abdoul Aziz Ag Alwaly : Non les pasteurs sahéliens sont sujets à une vulnérabilité qui se distingue de celle des agriculteurs. Cette vulnérabilité est déterminée par une diversité de facteurs, aussi bien économiques que culturels. La vulnérabilité pastorale s’exprime dans un premier temps lorsque les conditions de survivance du bétail ne sont pas assurées (manque de pâturage pour l’alimentation, manque d’eau, risques épidémiologiques). C’est seulement dans un second temps que la survivance du pasteur lui-même est mise en cause.
Une multitude de chocs peuvent conduire un pasteur en situation de vulnérabilité (sécheresses, inondations, accaparement de terres, banditisme, terrorisme, maladie et épidémie animales, actions politiques, etc.). Ces chocs sont souvent globaux et touchent l’ensemble de la communauté pastorale. De fait, une multitude de mesures doivent être mobilisées pour les atténuer. Le problème, c’est que les dispositifs de prévention et de gestion des crises ont longtemps privilégié l’évaluation des déficits céréaliers. Les outils de réponse qui en découlaient reposaient sur des distributions de céréales gratuites, l’appui aux cultures de contre-saison, la distribution de semences… des actions dont ne bénéficiaient pas les pasteurs. Heureusement, c’est en train de changer, notamment grâce au plaidoyer mené par les organisations d’éleveurs.

GDS : Comment peut-on suivre l’évolution de cette vulnérabilité pastorale ?
AA : L’anticipation et l’évaluation de cette vulnérabilité sont complexes puisque le seuil de viabilité pastorale est encore aujourd’hui difficilement mesurable. Il s’agit du seuil en dessous duquel on considère que les exploitations pastorales ne seraient pas viables économiquement, et ne permettraient pas de faire vivre les membres du ménage. Plusieurs critères sont proposés mais ils font toujours débat (taille et composition du troupeau, taille et composition du ménage, autres pratiques génératrice de revenus). Au niveau du RBM, nous sommes en train de tester, dans le cadre d’un projet pilote financé par la Cedeao et ses partenaires, une méthodologie de ciblage adaptée aux ménages pastoraux. Avec l’aide de partenaires spécialisés sur la gestion et la prévention des crises, nous avons défini une méthodologie de ciblage qui nous a permis d’identifier 1 900 ménages vulnérables dont nous allons suivre l’évolution jusqu’à fin 2018. L’impact des chocs et des mesures mises en oeuvre sera également évalué.

GDS : La mobilité est-elle une réponse suffisante à cette vulnérabilité ?
AA : C’est une solution incontournable au Sahel où la disponibilité des ressources est très variable dans l’espace et le temps, mais c’est une solution qui doit aller de pair avec beaucoup d’autres. Il faut faciliter la mobilité, en limitant tout ce qui l’entrave comme l’accaparement des terres ou encore l’obstruction des passages. Selon qu’elles soient bonnes ou mauvaises, les conditions de mobilité vont soit faciliter soit aggraver le règlement des crises pastorales.
Mais la mobilité seule ne suffit pas. Les pasteurs ont ainsi développé d’autres stratégies pour gérer « l’effet domino » des petits chocs et des crises. Depuis plusieurs années, le RBM a par exemple développé un système de veille sur l’état des ressources pastorales ou encore les mouvements des troupeaux.
Ces systèmes permettent d’une part aux éleveurs d’anticiper les zones et les périodes de tensions, d’autre part à leurs organisations de développer des argumentaires utiles pour leur plaidoyer, d’alerter les pouvoirs publics sur les risques de crise, etc.

GDS : Pensez-vous que des « filets sociaux » adaptés aux éleveurs mobiles devraient être mis en place ?
AA : Bien sûr ! Et ils commencent à l’être. Des mécanismes comme la distribution d’aliments du bétail sont par exemple essentiels. En période de crise pastorale, les éleveurs vulnérables cherchent à vendre une partie de leur troupeau pour subsister. L’offre d’animaux excède alors la demande ce qui entraine une baisse du prix de vente. Non seulement, les éleveurs vendent à vil prix mais ils décapitalisent aussi leurs troupeaux. Or, le troupeau c’est la base de la résilience pastorale. Et en reconstituer un peut prendre des dizaines d’années. Ainsi la prévention des crises alimentaires et nutritionnelles en milieu pastoral passe avant tout par la protection des troupeaux.
Aujourd’hui il n’y a pas suffisamment de banques d’aliment du bétail dans la région, ou alors elles sont situées près des agglomérations et non le long des voies de transhumance. On espère que cela va changer avec la Réserve régionale de sécurité alimentaire.
Très peu de services sociaux de base adaptés sont initiés en faveur des groupes les plus vulnérables, notamment les enfants en âge de scolarisation, ou les jeunes désoeuvrés. Les rares services existants ne sont pas fonctionnels, faute de ressources humaines qualifiées et d’équipement minimum. Quelques expériences concluantes existent en Afrique de l’Est et dans d’autres pays du monde, en tout cas des tentatives qui peuvent inspirer des projets viables dans ce sens.

GDS : Quel rôle le RBM a-t-il joué dans la mise en place d’une composante « aliment du bétail » dans la Réserve régionale ?
AA : Le RBM, avec l’appui de l’APESS et du ROPPA, a demandé à ce que soit intégrée une composante « aliment du bétail » à la Réserve régionale de sécurité alimentaire. La Cedeao a reçu favorablement cette demande. Deux orientations ont été retenues : premièrement utiliser la réserve financière pour intervenir en faveur des éleveurs confrontés à des crises pastorales et deuxièmement lancer un projet pilote de mise en place de stocks décentralisés d’aliments du bétail pour en tirer des enseignements pour la conception de la composante physique aliments du bétail de la Réserve régionale.
Le RBM a engagé des travaux centrés sur la conception de cette composante. La Cedeao a financé avec ses partenaires un projet pilote centré sur le renforcement de la résilience des populations pastorales, mis en oeuvre par le RBM. Ce projet a permis de tester les opérations d’approvisionnement des banques d’aliments du bétail et d’en tirer des enseignements. Il a notamment conduit à la définition d’un ensemble de modalités spécifiques appropriées pour les achats publics ou les achats des organisations d’éleveurs financées par des fonds publics nationaux, régionaux ou internationaux. Ces modalités ont été consignées dans un manuel de procédures soumis à la Commission de la Cedeao.

GDS : Pour faire face aux risques de vols, que pensez- vous du regroupement de troupeaux pour la mutualisation de leur garde ?
AA : C’est l’idéal mais le regroupement ne va pas toujours avec les techniques et pratiques rationnelles de gestion des pâturages car il entraine un surpâturage. Le problème, c’est que ce sont des pasteurs eux-mêmes qui sont complices voire instigateurs de cette insécurité. Il s’agit des éleveurs ayant perdu leur cheptel suite aux différents chocs, surtout les jeunes éleveurs désoeuvrés face à des perspectives jugées sombres. Les victimes restent souvent silencieuses, elles n’osent pas dénoncer car elles ne sont pas sures d’être protégées par leur État d’origine.

GDS : Pourquoi ne pas armer les pasteurs alors ?
AA : L’armement n’est pas non plus une solution, ça ne peut qu’empirer l’insécurité ! Beaucoup de pasteurs se sont déjà armés spontanément pour protéger leurs troupeaux mais parfois l’arme en elle-même devient source d’insécurité car elle est si convoitée que d’autres viendront vous attaquer pour la récupérer.

GDS : En ce qui concerne la vulnérabilité liée à la dégradation des ressources naturelles, qu’en est-il des solutions de réhabilitation ?
AA : Il faut penser à des projets structurants d’aménagement de ces espaces, notamment des projets de grande envergure, générateurs d’emplois, de revenus conséquents ou offrant l’accès durable à des services sociaux de base : éducation scolaire, santé, etc. Il y a suffisamment de pluie et de cours d’eau pour permettre des aménagements conséquents. Une solution serait de former les éleveurs à la mise en place de ces aménagements et plus globalement à la protection de leur environnement.

GDS : Ne faudrait-il pas rendre l’accès aux ressources payant ?
AA : Mais les éleveurs payent déjà beaucoup ! Il y a les impôts par tête de bétail versés à l’État, les rançons à différents groupes, l’accès à certaines ressources… Les éleveurs paient déjà pour pas mal de choses (des taxes sur les marchés à bétail, sur les routes d’acheminement du bétail en faveur des forces de sécurité, etc.) même si ce n’est pas formalisé.

Abdoul Aziz Ag Alwaly (agalwaly@yahoo.fr) est coordinateur du Tassaght, organisation paysanne membre du Réseau Billital Maroobé (RBM) et point focal du RBM au Mali.

Restez informé⸱e !

Abonnez-vous à nos publications et bulletins pour les recevoir directement dans votre boîte mail.

Autres articles qui pourraient vous intéresser

Vous lisez un article de la publication "Le pastoralisme a-t-il encore un avenir en Afrique de l'Ouest ?".

Editorial
Inter-réseaux

Place au dialogue ! Source de tous les maux pour les uns, paré de toutes les vertus pour les autres, le pastoralisme alimente les peurs, les fantasmes et les caricatures, mais aussi les espoirs. Deux déclics contradictoires ont replacé les enjeux pastoraux en haut de l’agenda des décideurs et des acteurs ouest-africains et internationaux. Le premier est lié à la crise malienne, avec une profusion d’amalgames douteux entre populations du Nord-Mali, pasteurs, rebelles et terroristes. Les pasteurs seraient…

Lire PDF
Repères
Inter-réseaux

Pastoralisme, agro-éleveurs, ranching… : de quoi parle-t-on ? Principaux cheptels d’Afrique de l’Ouest et du Sahel Les données présentées ci-dessus proviennent de la note précédemment publiée par Inter-Réseaux en partenariat avec le PRAPS, intitulée « L’élevage au sahel et en Afrique de l’Ouest : 5 idées reçues à l’épreuve des faits ». Source : FAOSTAT 2017 * Les chiffres de la FAO sont basés sur des recensements anciens et des estimations de croissance du cheptel. Des études ont…

Lire PDF
Une brève histoire du pastoralisme dans les politiques publiques
Bernard Bonnet, Bertrand Guibert

Une relecture des politiques d’élevage en Afrique de l’Ouest et du Centre souligne l’héritage d’une situation déséquilibrée pénalisant encore l’élevage pastoral et implique la nécessité de poursuivre un dialogue autour d’une vision partagée entre pays sahéliens et côtiers en faveur d’un pastoralisme porteur de dynamisme économique et contributeur à la paix. Cet article propose de retracer les grandes évolutions des politiques concernant le pastoralisme. Une marginalisation des éleveurs transhumants. L’époque coloniale se singularise par une généralisation du partage…

Lire PDF
Comment une commune gère l’élevage : l’expérience d’un maire au Niger
Rhissa Feltou

Les collectivités locales jouent un rôle de plus en plus important dans la gestion des ressources naturelles et dans l’encadrement du pastoralisme. Comment concrètement exercent-elles cette fonction ? Quelles difficultés rencontrent- elles ? Grain de sel : L’élevage est-il une activité importante pour la ville d’Agadez ? Rhissa Feltou : C’est une activité essentielle pour le pays et pour la population d’Agadez qui est en majorité composée d’éleveurs aujourd’hui sédentarisés dans la ville ou à sa périphérie. Ces…

Lire PDF
Terres pastorales au Niger : les éleveurs face à la défense de leurs droits
Nasser Sani Baaré, Serge Aubague

Au Niger, les terres pastorales disparaissent à un rythme affolant malgré les nombreuses lois et instances censées les protéger. Outre l’avancée des terres agricoles, l’essor de grandes concessions privées est en cause. Face à cette menace, les éleveurs ont développé une défense fondée sur l’application de leurs droits. Le Niger est probablement le pays sahélien disposant du corpus juridique et du dispositif institutionnel le plus élaboré pour prémunir les pasteurs contre l’accaparement des terres pastorales. Ceci ne suffit…

Lire PDF
Conflits politiques ou politisation des conflits liés au pastoralisme ?
Blasius Azuhnwi, Jean Huchon, Ken Peter Otieno

La question du pastoralisme ne saurait faire l’impasse d’un sujet sur les conflits, qu’ils soient liés à la gestion partagée des ressources, ou à des considérations plus politiques. Le premier article revient sur les causes et les enjeux des conflits inhérents au pastoralisme et le second offre un regard critique sur les solutions apportées. Conflits liés au pastoralisme : vers un traitement uniquement politique des enjeux ? La gestion des conflits est au centre des attentions lorsqu’il est…

Lire PDF
Les unités pastorales : gérer les ressources à l’échelle de la communauté
Atoumane Kane

Face à la concurrence des agriculteurs et des pasteurs pour les ressources sur un même espace, les unités pastorales ont été envisagées comme une stratégie communautaire de gestion de ces ressources pastorales. L’élevage mobile est le mieux adapté aux conditions écologiques des zones arides et semi-arides au Sénégal, en particulier dans la zone sylvopastorale du Ferlo. Il fait toutefois face à de nombreuses contraintes. Les ressources naturelles se dégradent du fait de la baisse de la pluviométrie, du…

Lire PDF
Laiteries artisanales et industrielles en Afrique de l’Ouest
Inter-réseaux

La multiplication des minilaiteries au Sahel Depuis les années 1990, les minilaiteries se sont multipliées dans les pays sahéliens. Souvent de petite taille (avec une production inférieure à 100 litres/jour), elles s’approvisionnent en priorité auprès des éleveurs dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres. Il existe aujourd’hui plusieurs centaines de minilaiteries au Sahel, mais les volumes collectés demeurent modestes (1 à 2 % de la production laitière régionale). Elles collectent généralement 50 à 250 litres/j. Ces minilaiteries…

Lire PDF
Lait local ou lait en poudre ?
Christian Corniaux

La forte hausse de la demande en produits laitiers en Afrique de l’Ouest a conduit à des importations croissantes de lait en poudre. Les initiatives visant à accroître la collecte de lait local se développent mais restent limitées. Plusieurs options peuvent toutefois être poursuivies pour soutenir les filières locales. Dans un contexte de forte hausse de la demande ouest-africaine en produits laitiers, quels sont les enjeux pour la région ? Quelle sera la place de la production locale…

Lire PDF
Pas de lait local sans industries locales
Nancy Abeiderrahmane

Existe-t-il un modèle de transformation et de collecte du lait dominant en l’Afrique de l’Ouest et du Sahel ? Comment se positionnent les minilaiteries face aux multinationales? Sont-ce des réponses suffisantes face à la demande croissante ? Cet entretien revient notamment sur l’expérience de l’entreprise Tiviski, en Mauritanie. Grain de sel : Quels sont les différents modèles de transformation du lait en Afrique de l’Ouest ? Nancy Abeiderrahmane : La région est vaste mais dans l’ensemble le lait…

Lire PDF
Pays côtiers et sahéliens : quelles relations dans la commercialisation du bétail ?
Bio Goura Soulé, Roger Blein

Quand il s’agit du pastoralisme, les questions commerciales sont rarement étudiées. La mise en marché, le rapport aux filières de production, le rôle des intermédiaires, sont autant d’aspects souvent minorés voire jugés subalternes. Cet entretien vise à aborder les nombreux défis de la commercialisation du bétail dans son ensemble. Grain de Sel : Quelle est la place du bétail dans le commerce régional ? Bio Goura Soulé : Les données relatives au commerce régional sont sujettes à caution….

Lire PDF
Des services vétérinaires privés adaptés à l’élevage mobile
Christian Dovonou

L’élevage mobile ayant une importance majeure en Afrique de l’Ouest, s’assurer de la bonne santé des cheptels revêt une dimension stratégique certaine. Or les services vétérinaires actuels sont inégalement répartis, de qualité variable et souvent coûteux. Le service vétérinaire privé de proximité vise à y remédier. Dans de nombreux pays africains, l’élevage contribue significativement à la richesse nationale et à la sécurité alimentaire et économique des ménages. Il mérite donc de bénéficier de services d’appui adéquats permettant de…

Lire PDF
Élevage extensif, intensif, productif : de quoi parle-t-on ?
Inter-réseaux

Le pastoralisme est un système d’élevage extensif. Contrairement à une idée largement répandue, il est productif. Cette productivité repose sur l’élevage de larges troupeaux sur de vastes espaces : la mobilité permet de tirer profit de ressources souvent gratuites qui varient en quantité et en qualité d’un lieu à l’autre au cours de l’année. Des études des années 1980 montrent que la productivité à l’hectare des systèmes mobiles est même supérieure à celle du ranching aux États-Unis ou…

Lire PDF
Entretien : que faire face à la vulnérabilité pastorale ?
Abdoul Aziz Al Alwaly

Face aux spécificités de la vulnérabilité pastorale, humaine et animale, des outils et des solutions ont été pensés et instaurés pour accroitre la résilience des acteurs. Quels sont-ils et quel bilan en tirer ? Grain de Sel : La vulnérabilité des populations pastorales est-elle similaire à celle des agriculteurs ? Abdoul Aziz Ag Alwaly : Non les pasteurs sahéliens sont sujets à une vulnérabilité qui se distingue de celle des agriculteurs. Cette vulnérabilité est déterminée par une diversité…

Élevage pastoral au Sahel : un bilan carbone à l’équilibre
Alexandre Ickowicz, Cheikh Mbow, Mohamed Habibou Assouma, Philippe Lecomte, Pierre Hiernaux

Dégradation de la végétation des parcours, forte intensité d’émission de gaz à effet de serre…: l’élevage pastoral au Sahel est souvent accusé de nuire à l’environnement et de contribuer au réchauffement climatique. Une approche plus systémique d’un territoire pastoral indique pourtant des interactions bien moins néfastes entre les animaux et leur milieu. Les ruminants contribuent aux émissions de gaz à effet de serre (GES) mais peu d’études ont quantifié et analysé de façon systémique l’impact des ruminants élevés…

Lire PDF
Une histoire politique de la désertification des terres
Diana K. Davis, Tor A. Benjaminsen

Dans la note de lecture du livre de Diana K. Davis intitulé The Arid Lands. History, Power, Knowledge, rédigée par Tor A. Benjaminsen, l’auteur propose une lecture historique de l’instrumentalisation notamment politique de la question de la désertification des terres pastorales. Beaucoup de choses ont été écrites sur les problèmes liés au concept de désertification et à la manière dont le discours sur la désertification est devenu aussi répandu, malgré l’absence de fondements scientifiques. Si les racines coloniales…

Lire PDF
Des transhumances diverses et variables
Inter-réseaux

La mobilité des troupeaux et des éleveurs n’est pas que transfrontalière. Des déplacements quotidiens de quelques kilomètres permettent d’exploiter les pâturages de proximité. Au Sénégal par exemple, les transhumances sont surtout internes. Les voies empruntées par les éleveurs et leurs troupeaux sont dynamiques. Elles évoluent en fonction des opportunités (présence de points d’eau, état des pâturages, liens sociaux) et des contraintes (insécurité civile, crise sanitaire). Certains déplacements sont réguliers, d’autres sont exceptionnels. Au cours des dernières années, les…

Lire PDF
Économies locales : que laissent les transhumants derrière eux ?
Annabelle Powell, Brigitte Thebaud

Une enquête a été menée auprès de 386 familles d’éleveurs mobiles au Sahel pendant la transhumance 2014- 15. À l’encontre de nombreuses idées reçues, elle montre que l’élevage mobile contribue de façon essentielle à l’économie des zones d’accueil. Cette enquête révèle à quel point les transhumances sont devenues difficiles et risquées. Si les circuits de la transhumance ou les conflits qu’elle engendre sont documentés, l’information sur l’apport de l’élevage mobile aux économies locales et à la filière bétail…

Lire PDF
« Le sentier du berger » : la transhumance a-t-elle un avenir ?
Gidéon Vink

Dans son documentaire « Le sentier du berger », Gidéon Vink a suivi plusieurs familles peules pratiquant un élevage pastoral. Dans cet entretien il interroge le devenir des pasteurs alors que leur mode de production semble en crise, voire, en disparition. Grain de Sel : Le documentaire commence par évoquer la sainte trinité du pasteur « la vache, la femme et le peul », la vache est en premier. Comment expliquez- vous cette importance de l’animal ? Gidéon…

Lire PDF
La radicalisation, symptôme d’une crise de la jeunesse pastorale ?
Mirjam de Bruijn

Cela fait plusieurs décennies qu’un fondamentalisme religieux se développe dans la région de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel, notamment auprès des jeunes. Dans quelle mesure les jeunes pasteurs sont-ils la population la plus touchée ? Quelles sont les conséquences du radicalisme sur le futur du pastoralisme et quelles solutions envisager ? Grain de Sel : Y a-t-il une crise du pastoralisme en Afrique de l’Ouest qui conduit les jeunes à se radicaliser ? Mirjam de Bruijn :…

Lire PDF
Entretien : L’éducation contre l’exclusion
Boubakar Barry

Les populations pastorales ont été largement exclues des dispositifs d’éducation et de formation, ce qui a contribué à leur marginalisation socio-économique et alimente les conflits intercommunautaires. Le Programme régional d’éducation et de formation des populations pastorales (Prepp) mis en oeuvre par l’Apess s’attaque à ces enjeux. Grain de Sel : Pouvez-vous expliquer en quoi consiste le programme d’éducation et de formation des populations pastorales en zones transfrontalières (Prepp) ? Apess : Le Prepp est l’aboutissement d’une réflexion lancée…

Lire PDF
Regards croisés : Pour une vision commune de l’avenir du pastoralisme
Abouba Saidou, Amadou Seyni, Christian Berger, Hélène Vidon, Pascal Rouamba

Pression sur les ressources naturelles, explosion démographique, hausse de la demande en produits animaux, aggravation des conflits : le pastoralisme en Afrique de l’Ouest est confronté à de nombreux enjeux. À travers le regard croisé de différents acteurs, cet entretien interroge la viabilité du pastoralisme sur le long terme. Grain de sel : Le pastoralisme sera-t-il en mesure de répondre à une hausse continue de la demande des produits issus de l’élevage ? Christian Berger (Banque mondiale) :…

Lire PDF
Références
Inter-réseaux

Un cycle d’échange et de réflexions sur le pastoralisme Ce numéro de Grain de sel s’inscrit dans le cadre d’un cycle de réflexions et d’échanges animé par Inter-réseaux et qui a impliqué plusieurs membres et partenaires. Il restitue un certain nombre d’éléments de ces réflexions. Nous vous invitons à retrouver sur le site d’Inter-réseaux d’autres produits de ce cycle thématique consacré au pastoralisme. D’autres publications en particulier ont été réalisées par Inter-Réseaux. Il s’agit de la note en…

Lire PDF