Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur email

Vous lisez un article de la publication "44 : Les organisations interprofessionnelles".

Certaines régions de Côte d’Ivoire seraient-elles en passe de prendre modèle sur le Brésil en matière de foncier rural ? À l’heure où les investisseurs se bousculent pour acheter des terres où planter des forêts d’hévéas, la question se pose. Si l’hévéa est une chance pour les petits agriculteurs familiaux, ils ne sortent pas gagnants de cette concurrence sur la terre.

« LES GROSSES VOITURES tournent constamment à la recherche de forêts » . À l’orée d’un village de Côte d’Ivoire, on imagine bien les lourds véhicules 4×4 climatisés circulant sous le regard inquiet de ce vieux paysan, faisant vivre sa famille de 2 ou 3 ha de cacao et 1 ha de maïs. Originaire des savanes de la Côte d’Ivoire, il est arrivé il y a 30 ans dans le Sud, la zone forestière, l’eldorado de l’époque, et il craint d’être chassé ou de ne plus trouver des terres à louer pour ses cultures vivrières. Comme lui, des milliers de paysans commencent à s’inquiéter sérieusement du soudain appétit des cadres ivoiriens pour la terre, qui achètent des lots de 20, 50, 100 ha. Il y a 20 ans, ce phénomène était encore rare. En 1986, un grand planteur malaisien, nous demandait à combien s’achetait la terre en Côte d’Ivoire. Lorsqu’on lui répondit « l’équivalent de 90 euros l’hectare de forêt vers 1980 et de 140 euros en 1985 », il resta bouche bée. Nous ne vivions pas dans le même monde. À notre place, face au formidable retour sur investissement d’une agriculture commerciale avec un accès aussi facile à la terre, il aurait acheté des centaines d’hectares… Certes, déjà à cette époque, quelques cadres du régime Houphouët appliquaient ce principe, un peu sur le cacao, plutôt avec le palmier à huile, financé par des projets de l’État. Mais le phénomène restait localisé, autour de quelques usines d’huile de palme.

Aujourd’hui, surtout depuis 2005, des milliers de cadres ivoiriens se précipitent sur la terre. Ils commencent par les régions les plus accessibles, en particulier à proximité d’Abidjan, mais le phénomène s’étend sur toute la zone forestière. En ce moment, c’est l’engouement pour l’hévéa, qui connaît un boum spectaculaire. Dans une Côte d’Ivoire trop longtemps dépendante du cacao, la diversification vers une culture comme l’hévéa est une bonne chose. De nombreux petits planteurs de cacao y voient d’ailleurs leur seule porte de salut. Pour de nombreux employés et cadres d’Abidjan, c’est aussi une retraite améliorée qui se dessine avec les cours du caoutchouc. Un journal d’Abidjan en fait récemment sa première page : « Les planteurs du dimanche, enseignants, médecins, gendarmes, cadres d’entreprise, tous préparent leur retraite dans des plantations » ¹, preuve que le phénomène est désormais bien connu et a priori plutôt positif pour le pays. Mais ce boum du caoutchouc n’attire pas seulement des enseignants ou des gendarmes. Il attire aussi les plus hauts cadres du régime, de l’armée et du secteur privé, qui achètent des centaines d’hectares. Le phénomène prend donc une toute autre ampleur.

La concentration foncière, sur un modèle brésilien ? Dans certains villages que nous étudions, à moins de 100 km d’Abidjan, le rétrécissement des terroirs villageois est impressionnant. Parfois, les plantations de cadres encerclent littéralement les villages. À la prochaine génération, on aura inévitablement des paysans sans terre, probablement forcés de louer leur force de travail aux « planteurs du dimanche ». Au-delà d’un problème d’équité, cette nouvelle pression foncière qui s’exerce aux dépens de l’agriculture familiale peut devenir inquiétante pour l’équilibre social du pays, déjà mis à mal ces dernières années.

Pourquoi cette concentration, pourquoi surtout depuis 2005 ?

Le triplement du prix du caoutchouc. D’une certaine façon, c’est l’illustration locale d’un processus universel, récemment rappelé par Marcel Mazoyer à propos de la crise alimentaire mondiale : « Quand les prix agricoles montent, ce ne sont pas forcément les petits producteurs qui en profitent le plus. Les hauts cours vont surtout entraîner (comme en 1973-78) un afflux massif de capitaux nomades vers les forêts amazonienne, indonésienne et maintenant congolaise » ². On pourrait donc ajouter à la liste « les dernières forêts ivoiriennes », encore que par chance, dans le cas de l’hévéa, le phénomène est plus « écologiquement correct ».

L’aboutissement de la déforestation de la Côte d’Ivoire. La forêt n’est pas indiquée pour l’hévéa qui craint les maladies transmises par les racines des gros arbres de la forêt naturelle. Les jachères dégradées par plusieurs années de culture du café et de cacao sont donc plus recherchées que la forêt. Or aujourd’hui en Côte d’Ivoire, les forêts ont été balayées par plusieurs décennies de migrations cacaoyères, caféières, sans oublier l’industrie du bois elle-même. L’essentiel du marché foncier porte donc aujourd’hui sur les « jachères ».

Le prélèvement de la rente cacao par l’État et les bas prix de la terre. Les cadres bien informés se constituent des domaines avant que les paysans ne réalisent la valeur de l’hectare de jachère. Depuis 20 ans, le prix de la terre a stagné en monnaie courante et s’est donc effondré en monnaie constante. En 2008, la jachère se vend encore à 150 euros par hectare, l’ordre de grandeur de 1985 ! On observe une hausse limitée, avec un prix autour de 220 euros, là où les cadres sont le plus actifs : ils profitent de la paupérisation des planteurs de cacao et de leur manque chronique de trésorerie, en partie liés à l’excès de taxation par l’État de la filière cacao.

La crise, la guerre, et les nouveaux cadres du régime. La crise ivoirienne a joué un rôle. Deux « nouveaux types » de « cadres investisseurs » émergent dans les années 2000. D’une part la crise et la guerre génèrent des revenus pour nombre de gradés militaires et paramilitaires. Partis de peu ou pas d’épargne avant 2002, ils peuvent soudain réinvestir le pactole accumulé entre 2003 et 2005. D’autre part, les cadres des institutions de la filière cacao profitent beaucoup de l’aubaine du caoutchouc, à titre privé. L’opacité de gestion de ces institutions du cacao est notoire. Certains dirigeants sont en prison.

Le verger de cacaoyers en cours de reconversion en hévéa ? La voie semble tracée (ici le jeune hévéa entouré d'un cercle d'engrais, sous les cacaoyers)  © F. Ruf (Cirad)
Le verger de cacaoyers en cours de reconversion en hévéa ? La voie semble tracée (ici le jeune hévéa entouré d’un cercle d’engrais, sous les cacaoyers) © F. Ruf (Cirad)

Les risques.

Manque de terre pour les cultures vivrières et l’agriculture familiale. L’agriculture familiale a besoin d’une ou deux cultures de rente, comme le cacaoyer et l’hévéa, pour acquérir un niveau de vie décent. Mais au moment précis où les prix des denrées alimentaires explosent dans le monde, y compris en Côte d’Ivoire, la concurrence sur la terre ne vient plus de leurs propres cultures de rente mais de celles des cadres. Cette concurrence cause un préjudice à la production vivrière, non seulement marchande, mais aussi destinée à l’autoconsommation des familles.

Paupérisation particulière des autochtones. Certains migrants peuvent craindre de se faire chasser par des autochtones qui veulent vendre ou revendre des terres à des cadres, mais à moyen terme, les principales victimes de ce processus sont les autochtones eux-mêmes. Un premier signal particulièrement révélateur de leur paupérisation est la perte de leur monopole de la location de terres. Au moment où location de terres devient pour eux une précieuse source de revenus, ils doivent les partager avec les premiers migrants venus des savanes, mais aussi avec ces migrants « d’un nouveau type », venus des villes, que sont les cadres. Par ailleurs, il est peu probable que les autochtones aient un jour les moyens de racheter les terres qu’ils vendent aux cadres. Contrairement à ce qu’escomptent certains autochtones bien naïfs, les cadres ne se feront pas chasser. Ils prennent toutes leurs précautions pour obtenir des papiers validés par les sous-préfectures. L’intéressement des sous-préfets aux transactions consolide le processus.

Encore des atouts pour l’agriculture familiale

Le faible professionnalisme de certains cadres. Bien des cadres ne connaissent rien à l’agriculture et font reposer l’avenir de leurs plantations sur les épaules d’un « manager ». Comme toute agriculture d’absentéiste, le phénomène n’est pas sans danger pour le propriétaire et l’avenir de sa plantation.

La culture de l’hévéa démystifiée pour l’agriculture familiale. Progressivement, les paysans se rendent compte que l’hévéa peut devenir une culture de petit planteur, pas nécessairement réservée aux « grands ». L’hévéaculture est démystifiée ou, pour reprendre le terme d’un planteur, « dédramatisée ». Cette « dédramatisation » s’est faite grâce à la diffusion du savoir des plantations industrielles, par le canal de la main d’œuvre formée dans ces grandes plantations, mais aussi par les innovations paysannes spécifiques.

Innovations paysannes et stratégie du « coût zéro ». Autour de 2000, les meilleurs experts pouvaient raisonnablement penser que la filière caoutchouc allait s’effondrer faute de crédit pour aider les paysans à investir dans une plantation d’hévéa coûteuse. C’est finalement l’inverse qui se produit. Progressivement, l’information gagne. Le nombre de jeunes maîtrisant le greffage des plants s’accroît. C’est un des ponts cruciaux dans le développement de l’hévéa. Cette forme de diffusion de l’information contribue à abaisser les coûts du greffage, donc de l’investissement. Par ailleurs, comme pour le cacao il y a 30 ou 40 ans, les planteurs se mettent à innover, inventant de nouvelles techniques pour se procurer du bois de greffe bon marché.

Des opportunités non dénuées de risques. L’intégration directe et plus massive des cadres dans l’agriculture

  • aujourd’hui principalement à travers l’hévéa – présente certains avantages pour le pays et peut-être même parfois pour l’agriculture familiale au plan de la taxation et de l’ouverture des frontières à la main d’œuvre. En effet, en tant que planteurs, les décideurs ont intérêt à réduire la taxation et ouvrir les frontières, et dans une certaine mesure l’agriculture familiale peut en profiter.

Mais les inconvénients et les risques de cette conquête de terres par les cadres pèsent lourd. Même si en 2008, cette nouvelle pression se traduit par une augmentation encore limitée du prix des terres, de 150 à 220 €/ha, même si la location des terres pour les cultures vivrières tourne encore autour de 30 €/ha, ou 40 €/ha pour un bas-fonds propice au riz, on perçoit les prémices d’une inflation sur les prix de la terre, tant à la location qu’à l’achat, et des risques de conflit social accrus.

1. Fraternité Matin, Régions n°6, janvier 2008.

2. Trois questions à Marcel Mazoyer, Le Nouvel Observateur, 8-14 mai 2008, p. 10.

Dans le cadre du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) et de l’UMR innovations, l’auteur anime un programme de recherche sur les innovations techniques et sociales dans les grands pays producteurs de cacao. Il s’agit notamment de comprendre les processus et les enjeux de la diversification vers d’autres cultures telles que l’hévéa ou le palmier à huile. La Côte d Ivoire, premier producteur mondial de cacao, mais amorçant un véritable boum du caoutchouc, est un des terrains les plus importants de ce programme.

Restez informé⸱e !

Abonnez-vous à nos publications et bulletins pour les recevoir directement dans votre boîte mail.

Autres articles qui pourraient vous intéresser

Vous lisez un article de la publication "44 : Les organisations interprofessionnelles".

L’agriculture africaine sous les projecteurs : deux rencontres organisées à Paris fin 2008

Alors que la crise alimentaire mondiale ouvre de nouvelles perspectives pour l’agriculture africaine, la Présidence française de l’Union européenne (PFUE) a pris l’initiative de réunir le 8 décembre, des ministres d’Europe et d’Afrique subsaharienne, des bailleurs de fonds, des producteurs mais aussi des banques et des opérateurs économiques autour d’un Forum de haut niveau sur le financement des investissements pour l’agriculture en Afrique subsaharienne. Le lendemain, un débat s’est concentré sur la politique agricole régionale de la Cedeao…

Lire PDF
Vie du réseau GDS 44
joelteyssier

Quelques rencontres, parmi tant d’autres… Les 28 et 29 janvier 2009 s’est déroulée la deuxième édition de « La journée du paysan » à Niamey (Niger). Inter-réseaux Développement rural était présent aux côtés de la Plate-forme paysanne du Niger (PFPN) et de ses partenaires. Cette année, la PFPN a donné à l’événement une dimension internationale en invitant d’autres plates-formes paysannes de la région, de même que des partenaires européens et canadiens. Trois platesformes d’Afrique de l’Ouest étaient ainsi…

Lire PDF
Kiosque GDS 44

École aux champs. Pour une démarche de communication. Hugues Dupriez « École aux champs » se veut un outil de travail à l’usage des acteurs du développement rural, aidant à comprendre le monde paysan, avec ses contraintes et les connaissances et expériences qu’il a accumulées. Adoptant un point de vue critique sur les relations de savoir et de pouvoir dont sont victimes les paysans africains, cet ouvrage cherche à fournir des éléments pédagogiques et méthodologiques pour soutenir leurs…

Lire
Repères : Éclairage sur les agrocarburants
La rédaction de GDS

Auteur: Sarah Bouziri, la rédaction de Grain de sel gds@interreseaux.org Raréfaction du pétrole, hausse des prix du baril et réchauffement climatique ont accéléré le développement des agrocarburants. Mais, du fait de la hausse des prix agricoles et d’un bilan environnemental discutable, ces derniers sont aujourd’hui de plus en plus décriés. Qu’en est-il précisément et quels sont les enjeux ? Éclairages… Une petite place dans les énergies Dans le bouquet énergétique global, on trouve 35 % de pétrole contre…

Lire PDF
Coton : une crise de plus pour une filière qui était déjà mal en point…
Hadj Lakhal

L’année 2008 a été celle de toutes les incertitudes pour le négoce du coton. À l’instar des autres matières premières, le marché a connu des mouvements incessants pour, finalement, tomber dans « la déprime » lors du dernier trimestre. En dépit de la volatilité des cours entre janvier et août, la filière pouvait, mutatis mutandis, entretenir certaines illusions quant à une évolution favorable des choses. Et patatras ! Entre le mois d’août avec une moyenne mensuelle de l’indice…

Lire PDF
Initiatives et réflexions d’acteurs autour de la vidéo pour le développement
Loic Colin, Nadjirou Sall, Souleymane Ouattara, alothore, vtitep

De multiples organisations d’agriculteurs, ONG, projets, services agricoles, chercheurs, utilisent aujourd’hui l’outil vidéo, pour diffuser de l’information, partager des expériences, sensibiliser sur un problème, promouvoir leurs activités, faire entendre leur voix…Les modes de faire et les démarches de ces acteurs diffèrent en fonction notamment de : Qui demande la vidéo ? Qui la finance ? Qui décide de son contenu ? Qui fait les prises de vues) ? Qui visionne l’ensemble des scènes filmées et donc décide quels…

Lire PDF
Une Plate-forme riz pour des concertations constructives
Faliry Boly, Patrick Delmas

La Plate-forme nationale des riziculteurs du Mali est officiellement née le 19 janvier 2008. Pour autant, cette jeune structure a fait preuve de maturité, se donnant le temps de la construction pour mieux défendre les intérêts de ses membres et devenir le cadre de concertation incontournable des OP rizicoles maliennes. Article rédigé à partir d’une note de Patrick Delmas (Afdi AO) en ligne sur notre site : www.interreseaux.org/article.php3?id_article=2775, complétée par un entretien de la rédaction avec Faliry Boly,…

Lire PDF
Pour aller plus loin et participer aux échanges : Un Groupe de travail Inter-réseaux sur les OIP
joelteyssier

Si les organisations interprofessionnelles (OIP) suscitent aujourd’hui de l’intérêt de la part de nombreux acteurs (professionnels des filières agricoles, États et partenaires au développement, etc.), force est de constater que leurs expériences restent mal connues, faiblement analysées et peu partagées. Devant ces constats, il est apparu important d’ouvrir un espace de réflexions collectives sur la thématique des OIP, autour d’expériences concrètes. Pour cela, un Groupe de travail thématique sur les OIP est animé par le secrétariat exécutif d’Inter-réseaux,…

Lire
Diversité, enjeux et conditions de succès des organisations interprofessionnelles
Cécile Broutin, Guillaume Duteurtre, joelteyssier, lliagre

Après plusieurs années de fonctionnement, que peut-on dire aujourd’hui des organisations interprofessionnelles existantes en Afrique de l’ouest ? Constituent-elles des modèles à encourager ? Après avoir examiné les organisations interprofessionnelles (OIP) dans leur diversité, nous soulignerons leurs facteurs de réussite et nous discuterons de leur capacité à participer, à côté de l’État, aux fonctions de régulation des marchés agricoles et alimentaires. Des dispositifs interprofessionnels variés en fonction des filières et des contextes En Afrique subsaharienne, on peut distinguer…

Lire PDF
En France, des interprofessions différentes adaptées à leur contexte
afdicentre

Les interprofessions en France sont nées de la mobilisation des producteurs agricoles, dans des filières et des contextes variés. Cet article présente trois exemples venant illustrer leur diversité. Les interprofessions agricoles « à la française » sont un type très spécifique d’organisation de filière. Elles ont souvent valeur de référence en Afrique de l’Ouest, mais on oublie parfois qu’elles sont le fruit d’histoires et d’engagements d’acteurs des filières, et en particulier des producteurs, dans des circonstances souvent difficiles….

Lire PDF
Préparer les organisations paysannes à mieux investir les OIP
Daouda Diagne

Au Sénégal, la Fongs – Action paysanne, fédération rassemblant 31 associations paysannes (et plus de 150 000 membres), mène des actions à différents niveaux afin de préparer les producteurs et leurs organisations à mieux s’impliquer dans les dynamiques interprofessionnelles. Depuis le désengagement de l’Etat sénégalais des filières agricoles dans les années 90, plusieurs organisations interprofessionnelles (OIP) ont vu le jour, certaines plutôt impulsées par les autorités publiques (sur les filières riz, arachide, etc.), d’autres nées de la volonté…

Lire PDF
La Plate-forme de concertation et de pilotage de la filière riz, base pragmatique et progressive d’une interprofession
benz, ojenntreyer

En juillet 2005, la Plate-forme de concertation et de pilotage de la filière riz (PCPRiz) a été créée à Madagascar. Cette instance de suivi, concertation et pilotage de la filière, bien que manquant de moyens à sa création, s’est assez vite imposée dans le secteur rizicole malgache.Madagascar a vécu en 2004-2005 une sérieuse crise sur son marché du riz, suite à une combinaison de facteurs physiques et monétaires, internes et externes : cyclones, estimation erronée de la production…

Lire PDF
Le CICB, une interprofession utile et nécessaire pour les producteurs ?
cicb, tressapoulou

Malgré les difficultés du Comité interprofessionnel des filières céréales et niébé du Burkina Faso (CICB), les producteurs de céréales ne souhaitent pas enterrer cette interprofession. Pourquoi ? Quels intérêts trouvent-ils dans cette organisation ? Entretien avec Soumaïla Sanou, président du CICB et Bassiaka Dao, président de la Confédération paysanne du Faso (CPF) Grain de sel : Pouvez-vous présenter brièvement le CICB ? Soumaïla Sanou et Bassiaka Dao : Le Comité interprofessionnel des filières céréales et niébé du Burkina…

Lire PDF
Dans la vallée du fleuve Sénégal, différentes histoires interprofessionnelles autour de la tomate industrielle et du riz
Amadou Abdoulaye Fall, Saliou Sarr

Alors que l’expérience interprofessionnelle de la filière tomate industrielle est présentée comme un succès, celle du riz laisse plus sceptique. Une même zone de production, les mêmes producteurs et leaders paysans, les mêmes idées et ambitions… et pourtant deux organisations bien différentes. Pourquoi ? Une Success story du comité « tomate industrielle » ? La culture industrielle de la tomate a été introduite au Sénégal en 1969. Dès cette époque, une entreprise franco-sénégalaise, la Société de conserves alimentaires…

Lire PDF
Les organisations interprofessionnelles en Afrique de l’Ouest, des réponses à la libéralisation
Cécile Broutin, Guillaume Duteurtre, joelteyssier, lliagre

Qu’entend-on par organisation interprofessionnelle ? Comment ces organisations sont-elles apparues, sous l’impulsion de quels acteurs, dans quelles filières et pour répondre à quels enjeux ? Quelles sont les réalités actuelles de ces organisations en Afrique de l’Ouest ? Présentation et analyses. On assiste depuis 15 ans à l’émergence de nouvelles organisations dans les filières agricoles africaines. Les interprofessions, cadres de concertation, comités interprofessionnels ou tables filières, sont autant de formes d’organisations dites « interprofessionnelles » qui sont apparues…

Lire PDF
Introduction dossier GDS 44
joelteyssier

En Afrique subsaharienne, les organisations d’acteurs au sein des filières agricoles – entre autres, les organisations interprofessionnelles -, se multiplient ces dernières années et suscitent un fort intérêt de la part des acteurs économiques des filières, des décideurs politiques et des partenaires au développement. Présentées par certains comme des outils efficaces permettant d’organiser les marchés, de structurer les filières et de faciliter les relations entre les acteurs privés et les pouvoirs publics, les expériences des organisations interprofessionnelles (OIP)…

Lire
OGM, du Mali au Burkina Faso, quels enjeux ?
asamake, legilea

Où en est-on avec les OGM en Afrique de l’Ouest ? Alors que le Mali adoptait une loi sur la biosécurité controversée en novembre dernier, le Burkina Faso a introduit le coton OGM. GDS donne la parole à A.-F. Samaké, membre de la Copagen et A. Legile (AFD), qui a assisté au forum coton OGM organisé à Ouagadougou (Burkina Faso). Entretien avec Assétou Founè Samaké, asamake@ml.refer.org, biologiste généticienne à l’Irpad, membre de la Coalition pour la protection du…

Lire PDF
L’État au secours de la production rizicole au Burkina Faso ?
Patrick Delmas, guenguere_armel

Le « programme d’urgence pour la sécurité alimentaire » du gouvernement burkinabè comprenait un gros volet de soutien à la production rizicole. À l’heure de la commercialisation du riz, les débats apparaissent. Pas facile de satisfaire producteurs et consommateurs, en fixant un prix non prohibitif et rémunérateur… Le riz fait partie des habitudes alimentaires du Burkina (25 kg par habitant et par an) surtout en milieu urbain (50 kg par personne et par an). La croissance de la…

Lire PDF
Des subventions aux intrants stimulent la production au Malawi
Dyborn Chibonga

En 2005, le Malawi a appuyé ses petits producteurs par la fourniture d’intrants à prix subventionnés. La production a atteint 3,6 Mt de maïs, soit plus du double des besoins du pays. La communauté internationale, après s’être montrée sceptique, constate et admire les résultats. Cette médaille a-t-elle un revers ? Entretien avec Dyborn Chibonga, dchibonga@nasfam.org, secrétaire exécutif de l’Association des petits producteurs du Malawi (National Smallholder Farmers’ Association of Malawi, Nasfam). Plus d’information: www.nasfam.org Grain de sel :…

Lire PDF
Grain de sel n°44 : Les organisations interprofessionnelles

En Afrique subsaharienne, les organisations d’acteurs au sein des filières agricoles – entre autres, les organisations interprofessionnelles -, se multiplient ces dernières années et suscitent un fort intérêt de la part des acteurs économiques des filières, des décideurs politiques et des partenaires au développement. Présentées par certains comme des outils efficaces permettant d’organiser les marchés, de structurer les filières et de faciliter les relations entre les acteurs privés et les pouvoirs publics, les expériences des organisations interprofessionnelles (OIP)…

Lire
L’invitée de Grain de sel : Salimata Diarra
Salimata Diarra

Salimata Diarra est présidente de l’Association des consommateurs du Mali (Ascoma) depuis sa création, en 1991, ascoma70@yahoo.fr. Elle était de passage à Paris à l’occasion de la conférence « Défi alimentaire mondial, la contribution des sociétés civiles organisées » par le Conseil économique, social et environnemental français et le Comité économique et social européen. Grain de sel : Qu’est-ce que l’Ascoma ? Salimata Diarra : L’Association des consommateurs du Mali (Ascoma) est la première du genre au Mali….

Lire PDF
Editorial : Difficultés de prise en compte des contre pouvoirs
La rédaction de GDS

Grain de sel souhaite partager avec vous sa préoccupation relative à deux événements récents qui illustrent une dégradation des relations entre pouvoir et société civile. Au Cameroun, Bernard Njonga, président de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic), directeur des publications de La Voix du paysan était interpellé le 10 décembre 2008 par la police au cours d’une manifestation contre la corruption. Interrogé puis placé en détention, il devait rester enfermé 24 heures. Son crime ? Avoir…

Lire PDF
Présentation et actualité d’Inter-réseaux (GDS44)

Les opinions exprimées ne reflètent pas nécessairement celles d’Inter-réseaux, mais celles des auteurs. Les photos, quand elles ne sont pas créditées, sont de la rédaction, de même que les articles non signés. Photo de couverture : © H. David-Benz Tous les articles sont libres de droit. En cas de rediffusion, merci de faire figurer la mention « © Grain de sel » et de nous envoyer une copie de la publication. Grain de sel est imprimé sur du…

Lire PDF
Présentation et actualité d’Inter-réseaux

Les opinions exprimées ne reflètent pas nécessairement celles d’Inter-réseaux, mais celles des auteurs. Les photos, quand elles ne sont pas créditées, sont de la rédaction, de même que les articles non signés. Photo de couverture : © P. Delmas (Afdi). Tous les articles sont libres de droit. En cas de rediffusion, merci de faire figurer la mention « © Grain de sel » et de nous envoyer une copie de la publication. Grain de sel est imprimé sur…

Lire PDF
Editorial : Hausse des prix : pour le meilleur et pour le pire ?
La rédaction de GDS

Hausse des prix : pour le meilleur et pour le pire ? Longtemps nous avons hésité entre titrer notre dossier sur la « hausse » des prix ou sur leur « volatilité ». Après le pic des prix début 2008 sur les marchés internationaux, on assiste à une baisse. Après des prix records, le baril de pétrole est en chute libre. Dans de nombreux pays, les récoltes, dopées par les bonnes conditions climatiques et les programmes d’urgence, s’annoncent…

Lire PDF
Les défis de l’agriculture à moyen terme
Bruno Vindel

Les spectaculaires augmentations des prix des produits agricoles ont relancé les débats sur la sécurité alimentaire mondiale et les inquiétudes sur la capacité de la planète à nourrir une population croissante. Au-delà des mesures prises actuellement pour conjurer la crise, qu’en sera-t-il réellement à terme ?À l’horizon de 2030, les principales forces motrices de la question alimentaire et agricole mondiale sont multiples : accroissement démographique mondial, changement climatique, questions énergétiques, transition alimentaire ¹ dans les pays émergents, règles…

Lire PDF
L’invité de Grain de sel : Moussa Para Diallo
fpfd2002

Moussa Para Diallo est un des leaders paysans ouest africains les plus aguerris et respectés (coauteur, avec Jean Vogel de L’Afrique qui réussit. Éd. Syros, 1996). Il est, depuis 1992, président de la Fédération des paysans du Fouta Djallon. Il nous a consacré une heure lors d’un passage à Paris (15/09/08), entretien mené avec la participation de Mamadou Kourahoye Diallo, responsable commercialisation. Grain de sel : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Moussa Para Diallo : Je…

Lire PDF
Le « Pourghère » ou Jatropha, agrocarburant d’avenir ?
Les équipes siège et antenne pays (Mali et Bénin) du Geres

A l’heure où nombre d’acteurs dénoncent un engouement aveugle pour les agrocarburants, loin des plantations industrielles, le Geres expérimente la culture du Pourghère dont un usage adapté pourrait répondre aux besoins des paysans africains sans menacer leur sécurité alimentaire. Cet article vous inspire ? Écrivez-nous à gds@inter-reseaux.org.De nombreux pays (en Amérique latine, Asie, aux États- Unis, en Europe) ont adopté des politiques ambitieuses de développement des agrocarburants, impliquant généralement des modes de production à échelle industrielle. Ainsi, l’Union…

Lire PDF
Côte d’Ivoire : la terre de plus en plus chère
François Ruf

Certaines régions de Côte d’Ivoire seraient-elles en passe de prendre modèle sur le Brésil en matière de foncier rural ? À l’heure où les investisseurs se bousculent pour acheter des terres où planter des forêts d’hévéas, la question se pose. Si l’hévéa est une chance pour les petits agriculteurs familiaux, ils ne sortent pas gagnants de cette concurrence sur la terre.« LES GROSSES VOITURES tournent constamment à la recherche de forêts » . À l’orée d’un village de…

Poser les bonnes questions, inventer de nouvelles réponses pour des politiques agricoles adaptées et efficaces
Ibrahim Assane Mayaki

L’actualité est là pour nous le rappeler : l’agriculture est un des grands enjeux du 21ème siècle. L’augmentation des prix des produits alimentaires dans le monde, due en grande partie à leur raréfaction, vient rappeler soudain que la planète doit maîtriser sa consommation et sa production. Auparavant, les famines semblaient réservées à l’Afrique, aux pays en conflit, aux zones victimes de catastrophes climatiques. Désormais la rareté menace pratiquement tous les pays, y compris les plus riches. D’un autre…

Lire PDF