The content bellow is available only in French.

publié dans Revue Grain de sel le 18 octobre 2010

La politique agricole du Nigeria, à la recherche de cohérence dans les cadres stratégiques

Fanny Grandval/Mathilde Douillet

Politique agricole et rurale nationaleNigeria

Vous lisez un article de la publication "51 : Le Nigeria".

Singulier sur de nombreux aspects, le Nigeria ne semble pas faire exception dans la région en matière de politique agricole. Il reste écartelé entre des potentialités importantes, des ambitions immenses et des réalisations aujourd’hui encore insuffisantes.

Au Nigeria, pays le plus peuplé du continent africain et dont la population urbaine s’accroît de manière exponentielle, l’objectif d’autosuffisance alimentaire que s’est donné le gouvernement reste un véritable défi. Dans un pays doté d’une croissance économique relativement rapide, cette ambition ne semble pas irréaliste mais demande encore de nombreux efforts.

Évolutions récentes : de l’interventionnisme à la libéralisation. Les politiques agricoles du Nigeria ont beaucoup évolué depuis l’indépendance du pays. Les années 60 se caractérisent par une forte intervention publique dans l’agriculture, avec la mise en oeuvre au niveau des différents États des orientations des plans de développement définis au niveau fédéral (quatre plans nationaux de développement (National Development Plan, NDP) se succèdent entre 1962 et 1985). Les priorités du gouvernement portent alors sur le renforcement de la production nationale, en particulier au niveau des cultures de rente. Cette période de fort interventionnisme public propulse le Nigeria au rang de premier producteur mondial de caoutchouc, d’arachide et d’huile de palme, ainsi qu’au second pour le cacao.
La période 1970-1986, qui coïncide avec l’exploitation intensive du pétrole, est marquée par le désintérêt des politiques à soutenir l’agriculture. Le fort déclin de la production agricole nationale réduit alors le pays à une dépendance croissante vis-à-vis des denrées alimentaires importées. Suite à l’importante crise alimentaire que connaît le pays en 1976, sont mis en place des programmes tels que « Feed the Nation » (1976-1979) et « Green revolution » (1979-1983). Ils se concentrent sur le renforcement de la production agricole, la fourniture d’intrants subventionnés, le développement communautaire et l’accès au crédit. Ces programmes sont toutefois mis en oeuvre sans cadre d’intervention structurant et transparent, et sans que la succession des gouvernements à la tête du pays n’en assure la continuité.
En 1978, la promulgation de la loi foncière (Land Use Act) marque un tournant historique dans l’histoire de l’aménagement du territoire au Nigeria. La tendance s’inverse ensuite en 1987 avec les Programmes d’ajustement structurel (Pas) qui visent à réduire la dépendance de l’économie nationale vis-à-vis du pétrole et à promouvoir le secteur privé comme moteur de la croissance. En 1998, le gouvernement nigérian porte un renouveau d’attention au secteur agricole. Il se dote d’une politique agricole dont un des objectifs est d’assurer la sécurité alimentaire de la population à travers le développement de la production locale.

L’agriculture au coeur des cadres stratégiques actuels du Nigeria. Depuis la Nouvelle politique agricole de 2001 (New agricultural policy on agriculture), document de référence en matière de politiques agricoles au Nigeria, le gouvernement accorde une ambitieuse place au secteur agricole dans les cadres d’orientations stratégiques. Le document de stratégie de réduction de la pauvreté du Nigeria, « National Economic Empowerment and Development Strategy » (NEEDS II 2008-2011) qui met l’accent sur un développement économique porté par le secteur privé, ainsi que l’Agenda en 7 points7-point Agenda »), cadre de référence pour l’orientation des réformes économiques du pays adopté en mai 2007, sont les documents programmatiques à moyen terme qui doivent permettre d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD 2015) ainsi que la vision 2020 du Nigeria. Cette dernière vise à faire du pays une des 20 premières économies mondiales d’ici 2020, ce qui nécessite, au niveau agricole, de multiplier par 6 la production nationale actuelle.
Le programme national de sécurité alimentaire (National Food Security Programme, NFSP), publié en août 2008 par le ministère fédéral de l’Agriculture et des Ressources en eau, a pour objectif d’atteindre la sécurité alimentaire en assurant la disponibilité et l’accessibilité à tout nigérian d’une nourriture de qualité, tout en faisant du Nigeria un important exportateur alimentaire. Il précise les filières prioritaires (manioc, riz, mil, blé) pour atteindre la sécurité alimentaire et définit des objectifs tout au long des filières dans le but de valoriser la production, notamment en aval, via l’amélioration du stockage, de la transformation et un meilleur accès aux marchés agricoles. Il inclue également l’aménagement de zones irriguées (450 000 ha).
Les cadres stratégiques de NEEDS II et de l’Agenda en 7 points ont été opérationnalisés en programmes à courtmoyen terme : l’Agenda en 5 points pour l’agriculture (« 5-point Agenda »), défini par le ministère fédéral de l’Agriculture et des Ressources en eau, est une feuille de route détaillée dont la mise en oeuvre devrait assurer l’atteinte des objectifs de l’Agenda en 7 points dans le secteur agricole.
Le gouvernement d’Olusegun Obasanjo a également lancé en 1999 des Initiatives présidentielles sur 7 produits agricoles (manioc, riz, huile végétale, sucre, élevage, arboriculture et céréales sèches). Leur objectif est non seulement de dynamiser les exportations agricoles du Nigeria en bénéficiant des accords préférentiels dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et des Accords de partenariat économique entre l’Union Européenne et les pays Afrique Caraïbe Pacifique, mais aussi de profiter du potentiel du marché régional des pays voisins. Si ces mesures ont montré que des investissements dans le secteur agricole peuvent donner des résultats concrets en termes d’augmentation de la production nationale, leur bilan est toutefois plutôt mitigé dans la mesure où seul le volet « intensification des productions » a été pris en compte, sans tenir compte de l’aval des filières (comme la transformation des produits).
La politique de soutien aux intrants agricoles constitue un élément central de la politique agricole du Nigeria depuis les années 50. Elle consiste principalement à attribuer des subventions publiques pour faciliter l’accès des agriculteurs aux intrants (engrais, semences améliorées, produits phytosanitaires). Le niveau des subventions fédérales a connu une évolution en dents de scie et leurs modalités de mise en œuvre ont été très changeantes. En plus des subventions fédérales, chaque État attribue ses propres subventions aux engrais, variant fortement d’un État à l’autre, tant au niveau des volumes (de 50 à 150 kg par agriculteur) que du taux de subvention (de 10 à 50 %). Toutefois de nombreux agriculteurs ont encore des difficultés à se procurer des intrants de qualité, dans les délais requis et à des prix abordables. Le gouvernement n’a pas encore réussi à mettre en place un système efficace de régulation et de suivi pour répondre aux problèmes de qualité et de fuite des intrants subventionnés au-delà des frontières du pays. Depuis 2008, un système de distribution des subventions aux intrants par coupons est testé dans certains États du pays.


© Centre du riz pour l’Afrique

Ecowap et intégration régionale : où en est le Nigeria ? Le Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA) (le PDDAA constitue le volet agricole du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad), stratégie globale de développement dont s’est dotée l’Afrique en 2001 pour combler le fossé séparant l’Afrique du reste du monde – NDLR), adopté en 2002, sert de cadre d’intervention aux politiques et stratégies de développement agricole pour l’ensemble du continent africain. Il vise à atteindre une croissance annuelle de la productivité agricole d’au moins 6 % et un investissement public dans l’agriculture d’au moins 10 % des budgets nationaux. En Afrique de l’Ouest, la Cedeao a adopté en janvier 2005 la Politique agricole régionale de l’Afrique de l’Ouest (Ecowap) et a élaboré un plan d’action régional 2006-2010. Il prévoit la formulation de programmes nationaux d’investissement agricole (PNIA) dans chaque pays, adoptés par l’ensemble des partenaires du secteur agricole par la signature d’un pacte, ainsi que d’un programme régional d’investissement agricole (PRIA).
Au Nigeria, le « pacte » Ecowap/ PDDAA a été signé fin 2009 et l’élaboration du PNIA a conduit à la définition de la stratégie à moyen terme du Nigeria, la MTSS (Medium term sector strategy) 2010-2012, pour les investissements financés par le gouvernement fédéral mais également les programmes de partenariats à l’initiative des bailleurs internationaux. Les mesures de politiques agricoles du 5-point Agenda sont en accord avec les grandes lignes du PDDAA.

Des politiques manquant encore de cohérence. La politique agricole du Nigeria présente des limites, liées à un manque global de cohérence à la fois dans la continuité des programmes, vis-à-vis des autres politiques sectorielles et dans la mise en oeuvre aux différents niveaux institutionnels.
Les politiques agricoles du Nigeria ont été pendant longtemps peu coordonnées et opportunistes. Certains regrettent le manque de continuité dans les politiques, ainsi que le peu d’analyse des acquis, des succès et des échecs des précédents programmes. Les stratégies sont parfois peu traduites en plans d’action sur le terrain. L’absence d’indicateurs complique le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre des politiques. En termes de cohérence avec les autres politiques sectorielles, peu de liens sont faits avec les politiques de développement rural, d’appui aux petites et moyennes entreprises, de gestion des ressources en eau ou des ressources naturelles. Enfin, au niveau institutionnel, il existe un flou dans la répartition des rôles entre les différents niveaux administratifs en matière de développement agricole. Le partage des rôles entre État fédéral, États et gouvernements locaux notamment ne semble pas optimal, qu’il s’agisse des secteurs d’intervention respectifs, ou du montant des ressources allouées. De manière générale, même si l’on constate une plus grande efficacité des programmes agricoles gérés au niveau des États par rapport à ceux du niveau fédéral, beaucoup déplorent le fait que l’élaboration des politiques agricoles soit descendante (« top-down ») et peu participative.

Cet article a été rédigé sur la base de ressources bibliographiques disponibles sur le site web d’Inter-réseaux : http://www.inter-reseaux.org/ressources-thematiques/ressources-par-pays/article/politiques-agricoles

Le financement public de l’agriculture du Nigeria en quelques chiffres

Un investissement public assez faible…
En 2008, le Nigeria a consacré 4,6 % de son budget fédéral total au secteur agricole. Ce montant reste largement en deçà de l’objectif de 10 % prévu dans les engagements de Maputo signés en 2003.

… mais une part relative du budget d’investissement bien supérieure au budget de fonctionnement
Depuis 10 ans, la part du budget agricole consacrée aux investissements est en moyenne 6 fois supérieure aux dépenses de fonctionnement, aussi bien aux niveaux fédéral qu’étatique.

La répartition des financements entre État fédéral, États, gouvernements locaux et bailleurs de fonds
Les bailleurs de fonds ne financent que 7 % des dépenses totales dans le secteur agricole. La majorité de leurs financements se concentre dans les services de soutien aux producteurs (infrastructure, transformation, financement).
Le reste des dépenses dans le secteur agricole est financé à hauteur de 57 % par l’État fédéral et 43 % par les États. Ainsi, augmenter les financements fédéraux ne suffit pas à améliorer les financements de l’agriculture du pays. Les gouvernements locaux financent également le secteur agricole, mais l’absence de statistiques ne permet pas d’évaluer leur contribution. La coordination des financements au niveau de l’État fédéral, des 36 États et des 774 gouvernements locaux reste difficile à organiser.
La part du budget consacrée par chaque niveau institutionnel à l’agriculture augmente avec le niveau de décentralisation : ainsi, les États consacrent à l’agriculture une part de leur budget plus importante que le niveau fédéral.

Les dépenses dans le secteur agricole sont extrêmement concentrées
Au niveau fédéral, sur les 179 postes de dépenses pour l’agriculture, 3 postes concentrent 81 % des financements. Ils sont destinés : (i) aux marchés d’approvisionnement et de distribution des engrais (43 %) ; (ii) au volet sécurité alimentaire du Programme national de sécurité alimentaire (NFSP) (22 %) ; (iii) à l’achat de céréales pour alimenter le stock national (16 %).
Les budgets sont souvent initialement mal évalués. Dans le cas de l’Initiative présidentielle, il est étonnant de constater que le budget alloué à chaque filière prioritaire est identique.
Les budgets d’investissement disponibles ne sont pas dépensés intégralement. Sur la période 2000-2008, le décaissement moyen du budget d’investissement agricole n’a été que de 62 % (et seulement de 24 % en 2007).

Le développement piloté par les communautés : un instrument durable de réduction de la pauvreté au Nigeria
Depuis 1985, le Fida innove au Nigeria dans la mise en place de programmes de développement utilisant l’approche de « Développement piloté par les communautés » (en anglais Community-Driven Development, CDD). Un projet pilote CDD a d’abord été mis en place dans les années 80 par le Fida dans les États de Sokoto et Katsina. Son succès a donné naissance au programme de développement agricole et rural en 2003, puis au programme de gestion des ressources naturelles en 2005, toujours basés sur les communautés et appuyés par le Fida. La même approche a été intégrée dans le programme de développement « racines et tubercules », qui a permis au Nigeria d’atteindre le premier rang mondial des producteurs de manioc.
La démarche CDD rompt avec l’approche traditionnelle « top-down » (descendante), qui n’a jamais réussi à avoir un impact durable sur les conditions de vie des bénéficiaires, pour une approche plus démocratique, de type « bottom-up » (ascendante) et inclusive. Elle donne le contrôle des décisions et des ressources aux véritables agents du changement dans les communautés rurales, à savoir les organisations traditionnelles, groupes de pairs ou de femmes, unions par produit agricole, etc. Cette approche leur permet de décider librement de leurs actions, et de prendre la responsabilité d’initiatives qui touchent leur vie. Le CDD a ainsi formé des communautés, non seulement à prioriser les infrastructures (approvisionnement en eau potable, installation de centres de santé, construction de routes et d’écoles), mais aussi à les réaliser de façon rentable, transparente et durable. Selon les bénéficiaires, ces programmes leur ont permis de trouver un emploi, de payer les frais de scolarité pour leurs enfants, mais aussi de se sentir utile au sein de leur communauté en participant à leur développement. Les administrations étatiques et locales ainsi que les communautés et villages bénéficiaires de l’approche ont exprimé la volonté d’élargir cette initiative à d’autres régions.
(Par Abdoul Wahab Barry, du Fonds international de développement agricole (Fida).

Restez informé⸱e !

Abonnez-vous à nos publications et bulletins pour les recevoir directement dans votre boîte mail.

Autres articles qui pourraient vous intéresser

Vous lisez un article de la publication "51 : Le Nigeria".

Actualités d’Inter-réseaux
Inter-réseaux

Grain de sel Les thèmes des dossiers des prochains numéros de Grain de Sel (GDS) pour 2011 ont été arrêtés par le conseil d’administration sur suggestions du comité de rédaction. Il s’agit de : les céréales (numéro double à paraître en juin) ; la question du foncier (à paraître en septembre) ; la transformation locale des produits agricoles (à paraître en décembre). Les lecteurs peuvent bien sûr apporter des suggestions ou proposer des articles sur ces différents thèmes…

Lire PDF
Le géant nigérian avide des noix de coco de ses voisins
Ambrose Kwaku, François Ruf, Jérémy Salinier, courbetp

Le Nigeria est généralement vu comme un géant régional capable de dynamiser les économies agricoles des pays voisins. Pourtant, sans politiques publiques adaptées, l’intégration régionale a ses limites. Illustration avec un cas d’école méconnu : la filière « noix de coco » au Ghana. En 1990 lors d’une réunion scientifique, un chercheur montre une carte des productions agricoles en Afrique de l’Ouest, avec une grande tache blanche à la place du Nigeria, illustrant ainsi le manque de données…

Lire PDF
Des engrais à portée de main pour les agriculteurs
Ketline Adodo, bkiger

Afin d’améliorer l’accès des petits producteurs du Nigeria aux engrais subventionnés, l’IFDC a développé un programme de coupons d’engrais, en misant sur un partenariat public privé. Cette initiative connaît un franc succès, même si de nombreuses contraintes sont encore à lever. Haladu Abdu, président de la coopérative d’agriculteurs Jumar Kwari Kamfa Fadama à Wudil dans l’État de Kano, vient de s’acheter deux sacs d’engrais minéraux subventionnés, sur présentation d’un coupon qui a été attribué à chaque membre de…

Lire PDF
Des organisations de producteurs agricoles encore morcelées au Nigeria
Inter-réseaux

Il existe un grand nombre d’organisations de producteurs agricoles au Nigeria, mais peut-on pour autant parler de« mouvement paysan » nigérian ? Entre les grandes faîtières parfois instrumentalisées par le pouvoir et les multiples initiatives locales, les producteurs nigérians cherchent depuis peu le chemin de l’unité. Au Nigeria même si la structuration des organisations d’agriculteurs reste encore faible, on peut distinguer plusieurs grandes catégories d’organisations de producteurs (OP) : les OP à vocation généraliste et de plaidoyer ;…

Lire PDF
Le rôle du Nigeria dans la sécurité alimentaire au Niger
mbadiao

Certains pays enclavés d’Afrique sahélienne ont besoin du commerce transfrontalier pour assurer leur sécurité alimentaire. Qu’en est-il du Niger ? Comment les flux transfrontaliers ce commerce frontalier de produits vivriers en provenance du Nigeria lui permettent-ils d’assurer sa sécurité alimentaire ? Présentation des échanges entre ces deux pays. Sans échanges transfrontaliers de produits de l’agriculture et de l’élevage avec le Nigeria, il est dif- ficile d’imaginer que la population du Niger puisse connaitre la sécurité alimentaire. Étant donné…

Lire PDF
Les enjeux des échanges de produits agro-pastoraux entre le Nigeria et ses voisins
Bio Goura Soulé

Le Nigeria est un acteur incontournable des échanges de produits agro-pastoraux avec les pays de la sous-région. Présentation et analyse de ce commerce intra-régional en Afrique de l’Ouest. Les échanges commerciaux entre le Nigeria et ses voisins, de l’Afrique de l’Ouest (Niger et Bénin) et du Centre (Cameroun, Tchad et Guinée équatoriale) sont intenses et anciens. Du fait de son poids économique (plus de 50 % du Produit intérieur brut de la Cedeao), démographique (un ouest africain sur…

Lire PDF
Le Nigeria, entre exception douanière et politique commerciale régionale
E. Olawale Ogunkola, Inter-réseaux

Le Nigeria se distingue dans la sous-région par une politique commerciale traditionnellement protectionniste. Cette tendance, partiellement remise en cause aujourd’hui, provoque quelques hiatus dans le processus ouest-africain d’intégration régionale. La politique commerciale du Nigeria reste avant tout un outil au service de la croissance du Nigeria, s’inscrivant en cohérence avec les objectifs globaux de développement du pays. Elle est formulée et mise en oeuvre au moyen de lois et règlements, ainsi que de directives édictées par le ministère…

Lire PDF
Des opportunités historiques pour la filière rizicole du Nigeria
J. Manful, adiagne, ibamba, ojajayi-ng

La filière rizicole au Nigeria connaît une période de croissance, en raison notamment de fortes politiques de soutien. Des efforts restent cependant à fournir dans le domaine de l’accès aux semences améliorées et de la qualité, pour que le riz local puisse pleinement répondre aux besoins des consommateurs urbains. Au Nigeria, la filière rizicole locale fait vivre de nombreux producteurs, transformateurs et commerçants. Toutefois, elle ne parvient pas à satisfaire les besoins des consommateurs du pays. Le Nigeria…

Lire PDF
La politique agricole du Nigeria, à la recherche de cohérence dans les cadres stratégiques
Fanny Grandval, Mathilde Douillet

Singulier sur de nombreux aspects, le Nigeria ne semble pas faire exception dans la région en matière de politique agricole. Il reste écartelé entre des potentialités importantes, des ambitions immenses et des réalisations aujourd’hui encore insuffisantes. Au Nigeria, pays le plus peuplé du continent africain et dont la population urbaine s’accroît de manière exponentielle, l’objectif d’autosuffisance alimentaire que s’est donné le gouvernement reste un véritable défi. Dans un pays doté d’une croissance économique relativement rapide, cette ambition ne…

La demande du Nigeria en produits d’élevage : une opportunité pour les pays sahéliens ?
Bernard Bonnet, Bertrand Guibert, Christophe Bénard

Pôle majeur de consommation en produits animaux d’Afrique de l’Ouest, le Nigeria est également un des plus grands pays d’élevage de la région. La couverture de la demande nationale sans cesse croissante et l’accès à ses marchés dynamiques constituent de véritables enjeux économiques, autant pour le Nigeria que pour les pays d’élevage sahélien voisins. Tant par sa démographie que par ses capacités de production animale, disposant de 25% de l’ensemble des troupeaux de bovins de la sous région,…

Lire PDF
Production et consommation vivrières : le Nigeria sur le chemin de l’autosuffisance alimentaire
Inter-réseaux

Doté de ressources naturelles abondantes, le Nigeria jouit d’un potentiel agricole considérable. S’il se place au premier rang des producteurs agricoles de la région, il est aussi le plus grand importateur de produits vivriers de l’Afrique de l’Ouest. En dépit du poids prépondérant des hydrocarbures, le secteur agricole continue de jouer un rôle déterminant dans le développement économique du Nigeria. Il contribue pour environ 36,5 % à la formation du produit intérieur brut de la Fédération et occupe…

Lire PDF
Une vision de l’agriculture et de l’agribusiness au Nigeria
Ndidi Okonkwo Nwuneli

L’agriculture du Nigeria vue par une experte nigériane. Si l’on retrouve à certains égards des situations rencontrées dans des pays voisins, notons le pragmatisme de l’analyse et l’accent porté sur l’esprit d’entreprise, qu’elle soit familiale ou de plus grande échelle. Grain de Sel : Quel diagnostic faites-vous du secteur agricole au Nigeria ? Ndidi Nwuneli : L’agriculture est le secteur le plus important de l’économie du Nigeria. Elle emploie 60 % de la population (dont une part importante…

Lire PDF
Vers une monnaie unique pour les pays de la Cedeao ?
Gilles Dufrénot

Les pays de la Cedeao sont en marche pour disposer d’une monnaie unique à l’horizon de 2020. Un processus dans lequel le Nigeria est appelé à jouer un rôle de premier plan. Si le projet semble faire l’unanimité, « le diable est dans les détails ». Grain de sel : Quelle analyse peut-on faire des monnaies actuelles en Afrique de l’Ouest ? Gilles Dufrénot : La « géographie monétaire » de l’Afrique de l’Ouest subsaharienne est constituée de…

Lire PDF
Une vocation hégémonique en attente de concrétisation
Daniel Bach

Jouissant d’une position privilégiée dans la sous-région, le Nigeria est appelé à jouer un rôle pivot dans l’espace Cedeao. Encore faut-il que les élites et les politiques publiques nigérianes se révèlent à la mesure de cet enjeu. Un poids économique décisif dans la sous-région. À l’intérieur comme à l’extérieur, nul ne conteste plus la vocation du Nigeria à dominer et structurer son environnement sous-régional, tout en jouant un rôle clé au sein des organisations africaines et internationales. On…

Lire PDF
Le géant nigérian, un voisin incontournable
Jean François Sempéré

En raison de son importance démographique et de sa superficie, le Nigeria est presque à lui seul un sous-continent. Son économie demeure l’une des plus dynamiques d’Afrique, affichant en 2009 une croissance du PIB autour de 6 %. Toutefois, la crise internationale a fait sentir ses effets par une baisse significative du prix du baril de pétrole, une raréfaction du crédit et un secteur financier fragilisé par des actifs toxiques. Ces éléments menacent les équilibres macroéconomiques précaires qui…

Lire PDF
Repères sur le Nigeria
Inter-réseaux

Une population importante et divisée. Avec une population supérieure à 150 millions d’habitants, le Nigeria est le pays le plus peuplé d’Afrique. Il rassemble un sixième de la population du continent et la moitié des habitants de la Cedeao. C’est aussi l’un des pays les plus urbanisés du continent, avec au moins 24 villes comptant plus de 100 000 habitants. Le Nigeria présente une grande diversité ethnique, culturelle, linguistique et religieuse. Plus de 250 groupes ethniques composent le…

Lire PDF
Carte agricole du Nigeria
Un Grain de sel « spécial pays »
Inter-réseaux

_ Une fois n’est pas coutume, Grain de sel consacre un numéro exclusif à un pays : le Nigeria. Pourquoi ce choix ? Le Nigeria, c’est à lui seul la moitié de l’Afrique de l’Ouest en termes de population et d’économie. Malgré son envergure et son influence sur l’ensemble des pays voisins, ce pays reste mal connu de la plupart des acteurs du développement rural et agricole francophones (et parfois aussi anglophones), que ce soit au Nord ou…

Lire PDF
Grain de sel n°51 : Le Nigeria. Regard sur le géant agricole de l’Afrique de l’Ouest

Sommaire Un Grain de sel « spécial pays » Editorial Le géant nigérian, un voisin incontournable Repères Carte agricole du Nigeria Repères sur le Nigeria Forum Une vocation hégémonique en attente de concrétisation Daniel Bach Jouissant d’une position privilégiée dans la sous-région, le Nigeria est appelé à jouer un rôle pivot dans l’espace Cedeao. Encore faut-il que les élites et les politiques publiques nigérianes se révèlent à la mesure de cet enjeu. Vers une monnaie unique pour les…

Lire