The content bellow is available only in French.

publié dans Revue Grain de sel le 31 mars 2010

Techniques de maintien de la fertilité des sols : une révolution silencieuse de l’agriculture sahélienne

Philippe Zoungrana

Agriculture de conservationChangement climatiqueSahel

Face à la variabilité climatique de plus en plus présente au Sahel, les agriculteurs ont développé une palette de techniques d’adaptation. Ces techniques engendrent des augmentations de rendements non négligeables dans ces zones géographiques menacées par la désertification.

En Afrique de l’Ouest et au Sahel en particulier, la désertification et la variabilité climatique ont entraîné une baisse des rendements et de la fertilité des sols. Pour s’y adapter, les producteurs ont élaboré une diversité de techniques qui ont ensuite été relayées et améliorées par la recherche avec l’appui de partenaires techniques et financiers. Ces techniques, reproductibles et maîtrisables par les populations rurales sahéliennes, peuvent s’adapter aux contextes agro-écologiques et sociaux et restent accessibles (avec un minimum de subvention) pour les producteurs à faibles revenus.

Une diversité de techniques et d’ouvrages.

Les cordons pierreux : ce sont des petits murets de 20 cm de hauteur construits dans des sillons (de 10 cm de profondeur et d’une trentaine de cm de largeur) qui suivent les courbes de niveau de la zone à aménager. Les cordons sont tracés tous les 20 à 50 m selon la pente et la pluviosité : plus le terrain est pentu et le climat sec, plus les cordons seront rapprochés. Ils sont très adaptés en zone soudano-sahélienne (jusqu’à 10% de pente). Le coût de leur mise en place (équipement en matériel, location de camion pour le transport des cailloux) varie de 130 euros/ha (aménagement individuel avec pierres à proximité) à 250 euros/ha (aménagement de terres pastorales nécessitant un complément financier ou alimentaire pour la main d’oeuvre).


Tableau: Impact des techniques sur les rendements en grains sur le plateau central du Burkina Faso en 2007 Source : rapport Étude Sahel Burkina Faso (Cilss, 2008)

Le zaï ou tassa : le zaï manuel, parfois appelé tassa, est une pratique traditionnelle. Des trous sont creusés et remplis de fumure sur des terres fortement dégradées (nues, encroûtées ou de glacis). Ces poquets d’une vingtaine de centimètres de profondeur et de 20 à 40 cm de diamètre ont des écartements d’environ un mètre, variables selon la taille des spéculations (sorgho/maïs : 80 × 60 cm, mil : 80 × 80 cm). Ils captent le maximum d’eau de pluie et de ruissellement à l’arrivée de la saison pluvieuse ainsi que les fines particules du sol transportées par les eaux. Le zaï est très adapté en zone nord-soudanienne et sahélienne (pluviométrie de 300 à 800 mm). Sa pratique est très exigeante en main d’oeuvre, en moyenne 40 hommes jours (300 heures) pour un hectare de zaï. Le coût d’aménagement d’un ha est de 75 euros (hors main d’oeuvre) en première année. À partir de la troisième année, le sol dégradé devient moins dur et plus perméable et pourrait être utilisé de manière classique. Une version « mécanisée » de la pratique du zaï existe avec des tracteurs et charrues appropriés.

Les demi-lunes : ce sont des cuvettes en forme de demi-cercle réalisées sur des terrains encroûtés ou bien à l’intérieur de champs en zone aride, généralement sur les terrains de faible pente (inférieure à 3%). Ces cuvettes sont disposées selon les courbes de niveau, en quinconce, pour récupérer le maximum d’eau en la concentrant au pied des plantations et diminuer les effets d’érosion (environ 300 demi-lunes par hectare). À l’intérieur de chaque cuvette, on dépose de la fumure organique pour assurer une croissance optimale des plants et un rendement plus élevé. On plante dans la cuvette en moyenne 20 à 30 poquets. Les techniques de demi-lunes sont adaptées pour la restauration de terrains en zone agricole comme pastorale en région sahélienne et soudano-sahélienne (pluviométrie inférieure à 600 mm ; au-delà, risques d’inondations). Leur coût d’aménagement est de 75 euros/ha, hors main d’oeuvre (acquisition de petits matériels : pic, pioche, pelle, brouette).

Les banquettes : les banquettes sont de grandes cuvettes (environ 80 mètres linéaires) creusées et disposées en quinconce, destinées à récupérer les eaux de ruissellement de grands glacis et à en faciliter l’infiltration en profondeur (réduisant du coup les phénomènes de ravinement et de ruissellement). Ces ouvrages sont adaptés en zone soudano-sahélienne. Cette pratique est très exigeante en main d’oeuvre et le coût est environ de 140 euros/ha.

Les digues anti-sel : cette technique traditionnelle consiste à construire une digue de ceinture (barrage antisel) en terre, dont la hauteur et la longueur sont fonction de la superficie ciblée. Cette digue contrôle le niveau de l’eau et isole le terrain de l’influence de la remontée de l’eau salée. Afin de permettre le lessivage par l’eau douce et d’éviter la rupture de la digue, deux, trois ou quatre zones de passage (drains) doivent être prévus. Ces drains étaient traditionnellement réalisés au moyen de troncs creux. Cette technique a été modernisée par l’utilisation de tuyaux en PVC de gros diamètre, plus résistants et plus durables. Les eaux de pluies lessivent progressivement le sel des couches superficielles en aval de la digue et l’aération du sol est améliorée. Cette technique est très utilisée dans les zones de mangrove du littoral ouest-africain. Elle nécessite beaucoup de main d’oeuvre. Le coût moyen est estimé à 1900 euros par kilomètre de digue, pour un amortissement sur une période de 7 à 10 ans et à partir de la troisième année un rendement à plus de 3 tonnes/ha pour le riz.

L’impact des techniques d’adaptation aux aléas climatiques en chiffres. Au Niger, en 2006, le Cilss a évalué à plus de 250 000 hectares la surface des terres initialement dégradées et récupérées pour usages agricole et pastoral. Au Burkina Faso, les techniques de conservation des eaux et des sols ont concerné environ 300 000 hectares. Selon des études du Cilss, sur un échantillon de 700 unités de production enquêtées, le taux d’adoption de ces techniques était de l’ordre de 53%. Au Niger, les taux d’adoption ont été évalués à 68% pour le zaï et 19% pour les demi-lunes.
Ces techniques ont des impacts environnementaux et socio-économiques importants : atteinte de la sécurité alimentaire via l’augmentation des surfaces cultivables récupérées ainsi que des rendements agro-sylvo-pastoraux, réduction des défrichements de nouvelles terres (associés aux destructions d’habitats pour la faune et la flore) tout en restaurant le couvert végétal, contribution au remplissage des nappes phréatiques suite à une meilleure infiltration des eaux de pluie et augmentation de la production de matière sèche qui contribue à l’alimentation du cheptel.

Obstacles et enjeux du développement de ces techniques. Ces aménagements constituent donc des moyens efficaces pour s’adapter à des sécheresses ou à des pluies torrentielles plus fréquentes, tout en amortissant l’effet des chocs climatiques sur les productions céréalières ou fourragères. Pourtant, leur diffusion et leur adoption se heurtent encore à quelques barrières, telles que : l’importante quantité de main d’oeuvre requise du fait du faible niveau d’équipement et de mécanisation de ces techniques ; le manque de financement structurant pour les petits producteurs ; le besoin en matière organique souvent important pour certaines de ces technologies ; la diminution des investissements et la faible capacité institutionnelle et politique des pays en matière de gestion durable des terres, observées ces dix dernières années en Afrique de l’Ouest.

Pour plus d’informations sur ces techniques : www.cilss.bf/spip.php?rubrique25

La régénération naturelle assistée : l’espoir du reverdissement du Sahel ?
Dans beaucoup de régions du Sahel, les agriculteurs ont investi à plus ou moins grande échelle dans le développement de systèmes agro-forestiers. Ce phénomène s’est surtout produit dans des régions à forte densité de population (« plus de gens, plus d’arbres ») et avec des sols sableux, comme les régions de Zinder et Maradi au Niger et la plaine de Seno au Mali. On y trouve souvent 15 à 20 fois plus d’arbres dans les champs en 2005 qu’en 1975. Au Niger, ce phénomène est spectaculaire : l’échelle de ce reverdissement est évaluée à au moins 5 millions d’hectares. Ces arbres n’ont pas été plantés, mais sont le résultat de la protection et de la gestion de la régénération spontanée par les agriculteurs. On entend par « régénération naturelle assistée » l’ensemble des interventions visant à stimuler, provoquer, protéger et entretenir les repousses ligneuses sur les parcelles. La technique nécessite des formations préliminaires qui ont été dispensées principalement par les ONG à la suite des grandes sécheresses des années 70 et 80. Les effets concrets de ces techniques sont la reconstitution d’un système agro-forestier autochtone voire d’une forêt à moyen terme. Les arbres régénérés assurent un complément de fertilité aux terres en culture ainsi que du fourrage, des fruits et du bois.
Pour plus d’informations, consultez les études :
www.cilss.bf/fondsitalie/download/down/ Rapport %20Synth %E8se_Étude_Sahel %20Final.pdf

Restez informé⸱e !

Abonnez-vous à nos publications et bulletins pour les recevoir directement dans votre boîte mail.

Autres articles qui pourraient vous intéresser

Vous lisez un article de la publication "49 : Agriculture et aléas climatiques : du terrain aux politiques".

Quelle place pour les agricultures paysannes dans la lutte contre le changement climatique ? (supplément)
Frédéric Apollin, Pierril Lacroix

Alors que les agricultures paysannes sont accusées de dégrader l’environnement, leur potentiel en matière d’adaptation et de lutte contre les changements climatiques demeure important. Quel rôle pour les agricultures familiales de demain, promotrices de systèmes de production « écologiquement intensifs » ? A l’iniquité du développement, s’ajoute aujourd’hui l’inégalité de situation devant un changement climatique avéré dont les populations paysannes du Sud sont parmi les premières victimes. Elles dépendent en effet directement des ressources naturelles pour le maintien…

Lire
Le Roppa en action sur le thème des changements climatiques (supplément)
Ndiogou Fall

Entretien de la rédaction avec N’Diogou Fall, président du Réseau des organisations paysannes et es producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest (Roppa) Grain de Sel : Quelle est la vision du Roppa vis à vis du sujet agriculture et aléas climatique ou changement climatique ? N’Diogou Fall : La question de changement climatique ou d’aléas climatiques est devenue une préoccupation universelle. Partout à travers le monde on ressent des phénomènes qui nous confirment que quelque chose est en…

Lire
Editorial : Agriculture et climat : les paysans au coeur de l’action
bretaudeau

L’Afrique subsaharienne a de tout temps été confrontée aux aléas climatiques. Les populations, les États et les organisations régionales sont depuis longtemps conscients de cette menace pour le développement de la région. La création du Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (Cilss) en 1973 a été une des réponses à ce contexte de variabilité climatique pour l’Afrique de l’Ouest. Cette prise de conscience collective a permis également un début de mise en œuvre…

Lire PDF
Quelle perception de la variabilité climatique par les agriculteurs et les éleveurs ?
Christophe Kohonou Didolanvi, Issa Chaïbou

La variabilité climatique n’est pas chose nouvelle pour les paysans et les éleveurs ouest-africains. Ils l’observent depuis plusieurs dizaines d’années. Mais comment se manifeste-t-elle et que font-ils pour y faire face ? Regards croisés d’un agriculteur au Bénin et d’éleveurs au Niger. Entretien avec Christophe Kohonou Didolanvi Grain de sel : Pouvez-vous nous présenter brièvement votre activité ? Christophe Kohonou Didolanvi : Mon nom est Christophe Kohonou Didolanvi, je suis agriculteur sur la commune de Zogbodomè, située à…

Lire PDF
Variabilité et changements du climat au Sahel : ce que l’observation nous apprend sur la situation actuelle
Abdou Ali (Agrhymet)

Quelle évolution du climat observe-t-on ces dernières décennies dans les pays du Sahel ? Comment explique-t- on la variabilité spatiale et temporelle qui s’est manifestée plus ou moins fortement depuis une dizaine d’années ? Que peut-on prédire pour l’avenir ? Le climat d’une période, au sens utilisé dans cette analyse, se réfère aux moyennes et à l’irrégularité de variables telles que la température, la hauteur des précipitations et le vent. L’importance relative accordée à chacune de ces variables…

Lire PDF
Pratiques et stratégies d’adaptation des agriculteurs aux aléas climatiques en Afrique subsaharienne
Philippe Jouve

Confrontés depuis des décennies à des conditions pluviométriques très fluctuantes, les paysans du Sahel ont peu à peu adapté leurs systèmes de production aux risques climatiques. Quelles sont les pratiques et stratégies utilisées pour y parvenir ? Le risque est inhérent à l’activité agricole. Il peut être de différentes natures : économique, avec notamment la fluctuation des prix, sanitaire du fait des maladies et parasites qui menacent les animaux et les cultures, ou climatique. En agriculture pluviale, c’est…

Lire PDF
Techniques de maintien de la fertilité des sols : une révolution silencieuse de l’agriculture sahélienne
Philippe Zoungrana

Face à la variabilité climatique de plus en plus présente au Sahel, les agriculteurs ont développé une palette de techniques d’adaptation. Ces techniques engendrent des augmentations de rendements non négligeables dans ces zones géographiques menacées par la désertification. En Afrique de l’Ouest et au Sahel en particulier, la désertification et la variabilité climatique ont entraîné une baisse des rendements et de la fertilité des sols. Pour s’y adapter, les producteurs ont élaboré une diversité de techniques qui ont…

Cases de la diversité biologique : les organisations paysannes maliennes anticipent la variation du climat
Salif Foulani

Les organisations paysannes du Mali se sont très tôt senties concernées par la question de la sauvegarde du patrimoine génétique, notamment au regard des risques de l’impact climatique et de l’introduction des OGM dans leurs systèmes de production. Elles tentent de prévenir ces risques via des banques de semences appelées « cases de la biodiversité ». Les populations rurales du Sahel, qui dépendent en grande partie du secteur agricole, sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques et tentent d’adapter…

Lire PDF
L’assurance indicielle, une réponse face aux risques climatiques ?
Damien Lagandré

_ Les catastrophes climatiques peuvent avoir des conséquences désastreuses sur la production agricole et les revenus des paysans des pays du Sud. Depuis quelques années, des expériences d’assurance indicielle sont initiées et offrent des perspectives d’outils financiers de lutte contre les changements climatiques. L’agriculture constitue l’un des secteurs les plus directement menacés par le changement climatique. L’augmentation de la variation des températures et des précipitations modifie profondément l’activité agricole. La rapidité de ces changements menace fortement la résilience…

Lire PDF
Contribution de l’agriculture africaine au changement climatique et potentiel d’atténuation (version longue)
Frédéric Bazin

Les activités agricoles sont souvent pointées du doigt comme étant responsables en grande partie de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre et donc du réchauffement climatique. Si la contribution de l’agriculture et de l’élevage africains à ce phénomène demeure faible, comment son potentiel d’atténuation peut-il être valorisé ? Quelle contribution de l’agriculture africaine aux émissions de gaz à effet de serre ? Les émissions de gaz à effet de serre (GES) mondiales ont atteint, selon…

Lire
Contribution de l’agriculture africaine au changement climatique et potentiel d’atténuation
Frédéric Bazin

Les activités agricoles sont souvent pointées du doigt comme étant responsables en grande partie de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre et donc du réchauffement climatique. Si la contribution de l’agriculture et de l’élevage africains à ce phénomène demeure faible, comment leur potentiel d’atténuation peut-il être valorisé ? Les émissions de gaz à effet de serre (GES) mondiales ont atteint, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), 49 Gt d’équivalent CO² en…

Lire PDF
Filières agrocarburant locales au Mali ou comment miser sur l’avenir des territoires ? (version longue)
bpalliere, mtreboux

Le programme Alterre « Agrocarburants locaux, territoires ruraux et énergie » vise le développement d’une filière locale d’huile végétale de Jatropha curcas, substitut partiel du gasoil consommé localement. En quoi une telle filière participe-t-elle, au delà du développement, à l’atténuation du changement climatique ? Lors du sommet de Copenhague, la Chine a marqué une rupture dans l’approche des négociations climatiques. Plutôt que des engagements de réductions d’émissions de gaz à effet de serre (GES), elle a présenté des…

Lire PDF
Filières agrocarburant locales au Mali ou comment miser sur l’avenir des territoires ?
bpalliere, mtreboux

Le programme Alterre « Agrocarburants locaux, territoires ruraux et énergie » vise le développement d’une filière locale d’huile végétale de Jatropha curcas, substitut partiel du gasoil consommé localement. En quoi une telle filière participe-t-elle, au delà du développement, à l’atténuation du changement climatique ? L’atténuation du changement climatique consiste à réduire les gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère de deux façons : (i) en captant les gaz déjà présents dans l’atmosphère qui seront stockés durablement dans…

Lire PDF
Désertification et changements climatiques au Sahel : des plans d’action nationaux difficiles à mettre en oeuvre
Edwige Botoni, François Tapsoba

Les pays sahéliens se sont dotés ces 15 dernières années de plans d’actions nationaux de lutte contre la désertification et d’adaptation aux changements climatiques, en vue de mettre en oeuvre des actions concrètes pour faire face à ces phénomènes. Qu’en est-il aujourd’hui de leur avancement et de leur efficacité ? Les programmes d’action nationaux de lutte contre la désertification (Pan/LCD) et les Programmes nationaux d’adaptation aux changements climatiques (Pana) sont les instruments de mise en oeuvre au niveau…

Lire PDF
L’agriculture dans le changement climatique, le sujet qui va tout changer !
Patrice Burger

Quelle est la place de l’agriculture dans les négociations sur le climat qui prennent de l’ampleur ces dernières années ? Au lendemain du Sommet de Copenhague, quel bilan tirer de l’intégration des enjeux de développement sous-tendus par l’interaction entre pratiques agricoles et changements climatiques ? Ces derniers 8 mois, l’agriculture a pris une place croissante dans les négociations internationales sur le régime climatique d’après-2012. En juin 2009, un consensus sur l’importance du rôle de l’agriculture dans l’atténuation des…

Lire PDF
Quelles capacités de réponse des sociétés paysannes aux risques et changements climatiques ?
Philippe Jouve

Quelle relation y a-t-il entre les risques et les aléas climatiques ? Si l’on en croit les travaux du Giec , les changements climatiques vont entraîner une augmentation de température dans différentes parties du globe et particulièrement en Afrique. La première conséquence de cette évolution sera un accroissement de l’aridité du climat et une accentuation des aléas climatiques et de leurs conséquences pour l’agriculture. Face à une telle évolution, les paysans d’Afrique subsaharienne peuvent recourir à trois grands…

Lire PDF
L’AOPP et ses coopératives semencières au Mali
sdenoray

Après seulement quelques années d’existence, la filière semencière paysanne de l’AOPP au Mali affiche de bons résultats. Elle a réussi à se positionner aussi bien au niveau d’actions concrètes de production et de commercialisation de semences certifiées en milieu paysan, qu’au niveau de la politique semencière nationale. Depuis sa création en 1995, l’Association des organisations professionnelles paysannes (AOPP) s’attelle à la résolution des nombreux problèmes du monde rural malien. Parmi eux, la production et la commercialisation des céréales…

Lire PDF
Le warrantage au Niger, pour renforcer la trésorerie des paysans
Daniel Marchal

Le warrantage, ou « crédit stockage », est une technique qui permet aux paysans de mieux valoriser leurs produits agricoles tout en sécurisant le financement rural. Il connaît un franc succès au Niger, où il a été introduit il y a plus de 10 ans. Au Niger, comme ailleurs en Afrique subsaharienne, bon nombre de paysans sont contraints de vendre leurs produits agricoles au moment de la récolte, alors que les prix sont les plus bas, pour faire…

Lire PDF
La ferme-école Sain, pour former au métier d’agriculteur
Gbenou Pascal, duguepmj

Au Bénin, la ferme-école Sain vise à former de jeunes agriculteurs à des pratiques agricoles intégrées et durables. Véritable laboratoire d’innovations, elle propose un dispositif de formation professionnelle d’une grande qualité technique, ancré dans la pratique et en prise avec les réalités locales. En Afrique de l’Ouest, la crise alimentaire a contribué à faire changer le regard porté sur l’agriculture et certains gouvernements ont des discours volontaristes en faveur des agricultures familiales, au Bénin notamment. Pourtant, dans ce…

Lire PDF
Les mécanismes de marché du carbone : fonctionnement et opportunités pour l’Afrique
Fanny Grandval

Dans un effort commun et à long terme de lutte contre les changements climatiques, la communauté internationale a adopté deux accords clés. (1) La Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), adoptée lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992, est entrée en vigueur le 21 mars 2004. Ratifiée par 194 pays, elle reconnaît l’existence du changement climatique d’origine humaine et impose que les pays industrialisés soient en premier lieu responsabilisés pour lutter…

Lire PDF
Création de revenus par une production durable de café au Kenya
Johannes Woelcke, Timm Tennigkeit

Des coopératives de producteurs de café au Kenya bénéficient d’un financement carbone à travers le Fonds Biocarbone de la Banque mondiale. Le financement rémunère la réduction d’émissions de gaz à effet de serre liée à l’adoption de pratiques de gestion durable des terres agricoles. Dans la région du mont Kenya, le développement économique est étroitement lié au cours du café. Lorsque les cours du café ont chuté en 1997, les paysans ont délaissé les itinéraires techniques recommandés, entraînant…

Lire PDF
4ème de couverture

Inter-réseaux en quelques mots Inter-réseaux Développement rural a été créé en 1996, à l’initiative de personnes engagées dans le développement rural, et avec l’appui des pouvoirs publics français. Ses objectifs sont les suivants : – permettre la participation des acteurs du Sud à la construction des politiques agricoles nationales et sous-régionales, en disposant de moyens de s’informer et d’échanger en réseau sur les enjeux du développement rural ; – animer et renforcer un réseau de réflexions, d’échanges, de…

Lire PDF
Un financement innovant des services agricoles à Madagascar
Gérard Andriamandimby, Philippe Martel, rand_elias

À Madagascar, deux dispositifs complémentaires sont en cours de mise en place pour faciliter l’accès des paysans aux services agricoles : les Centres de services agricoles qui mettent en relation la demande et l’offre de services, et les Fonds régionaux de développement agricole qui assurent leur financement. Madagascar est confrontée à un déficit de financement du secteur agricole : les projets ont des durées limitées et concernent des zones spécifiques ; les financements publics, réduits, sont difficiles à…

Lire PDF
Introduction du dossier

La question du changement climatique est au cœur des débats, tant au niveau des négociations internationales qu’aux échelles plus locales. Les prévisions sont alarmantes : le Giec prévoit que, d’ici à 2100, la température de la Terre s’élèvera de 3°C en moyenne ; l’Afrique pourra perdre entre 25 et 40% de ses habitats naturels ; la montée du niveau de la mer pourra détruire près de 30% de ses infrastructures côtières; les sécheresses et les inondations se multiplieront….

Lire PDF
L’invité de Grain de sel : Jean-Louis Ratsimbazafy
Jean-Louis Ratsimbazafy

Jean-Louis Ratsimbazafy est président du Réseau syndical des organisations agricoles (Soa) à Madagascar. Grain de sel : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Jean-Louis Ratsimbazafy : Je suis issu d’une famille paysanne des hautes terres de Madagascar. J’ai commencé par être enseignant, puis j’ai eu envie de revenir à la terre en espérant mieux réussir que mes parents. J’ai émigré en 1958 à l’est de Madagascar et c’est là-bas que j’ai commencé mon exploitation en faisant du…

Lire
Évolution et défis du mouvement paysan au Cameroun
fongangfouepe

Au Cameroun, le début des années 90 marque une nouvelle ère pour le mouvement paysan, avec l’adoption de lois promouvant la création d’organisations de producteurs véritablement indépendantes de l’État. Quelle est aujourd’hui la situation du mouvement paysan camerounais ? Comment a-t-il évolué ces vingt dernières années ? Au Cameroun, jusqu’au début des années 90, le mouvement associatif rural se caractérisait principalement par des associations rurales traditionnelles, à l’échelle de quartiers ou de villages, avec des objectifs principalement socioculturels….

Lire PDF
Actualité d’Inter-réseaux (GDS49)

_ Bulletin de veille et site Internet Ce trimestre, plusieurs bulletins de veille électroniques (BDV) ont été envoyés à plus de 6 500 personnes. À noter en particulier la parution de deux BDV thématiques sur : les semences et les politiques agricoles. Vous pouvez les retrouver en ligne, et vous abonner au bulletin à : www.inter-reseaux.org. Le site Internet d’Inter-réseaux connaît un franc succès : il reçoit chaque mois plus de 20 000 visites ! Alimenté de nouveaux…

Lire PDF
Code rural du Niger : une gestion décentralisée et concertée du foncier
codrural, pennecjerome

Le Code rural du Niger constitue une expérience novatrice de mise en place d’outils de gestion du foncier et des ressources naturelles en Afrique de l’Ouest. Il se structure autour de commissions foncières à différents échelons, qui constituent des cadres uniques de concertation et de prise de décisions. Le Code rural du Niger est né d’une réflexion sur la question foncière engagée dès les années 80, à travers plusieurs séminaires nationaux, notamment sur les stratégies d’intervention en milieu…

Lire PDF
Grain de sel n°49 : Agriculture et aléas climatiques : du terrain aux politiques
Inter-réseaux

La question du changement climatique est au cœur des débats, tant au niveau des négociations internationales qu’aux échelles plus locales. Les prévisions sont alarmantes et les secteurs de l’agriculture et l’élevage sont souvent pointés du doigt comme étant une cause majeure du réchauffement climatique. Alors que les pays industrialisés ont une responsabilité importante à endosser, le continent africain en fait aujourd’hui les frais et doit faire face à plusieurs enjeux: forte croissance démographique, insécurité alimentaire chronique et baisse…

Lire