S’appuyant sur des recherches ethnographiques et linguistiques de longue durée menées auprès des Maasai (Tanzanie), des Hamar (Éthiopie) et des Fulani (Sahel), cet article critique la façon dont les cadres climatiques de l’Anthropocène présentent les pasteurs africains soit comme des victimes vulnérables, soit comme des responsables de la dégradation écologique, soit comme des menaces sécuritaires, reprenant ainsi des tropes coloniaux. Les auteurs montrent que les ontologies relationnelles des pasteurs (mobilité, cohabitation multi-espèces, rituels, langue) constituent un savoir socio-écologique alternatif face aux approches technocratiques de la gouvernance climatique, et plaident pour une reconnaissance pleine de la mobilité pastorale et des institutions de réciprocité comme infrastructures d’adaptation légitimes plutôt que comme problèmes à corriger.
Article scientifique, Pastoralism: Research, Policy and Practice, juillet 2026, en anglais