Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur email

publié dans Revue Grain de sel le 31 mars 2010

Le warrantage au Niger, pour renforcer la trésorerie des paysans

Daniel Marchal

Changement climatiqueWarrantageNiger

Le warrantage, ou « crédit stockage », est une technique qui permet aux paysans de mieux valoriser leurs produits agricoles tout en sécurisant le financement rural. Il connaît un franc succès au Niger, où il a été introduit il y a plus de 10 ans.

Au Niger, comme ailleurs en Afrique subsaharienne, bon nombre de paysans sont contraints de vendre leurs produits agricoles au moment de la récolte, alors que les prix sont les plus bas, pour faire face à des besoins impératifs de trésorerie, payer leurs dettes, ou par manque d’infrastructures de stockage. Ils perdent alors l’opportunité de bénéficier de meilleurs prix quelques mois plus tard, ou doivent racheter pour leur consommation les mêmes produits en période de soudure, lorsque les prix sont élevés. Par ailleurs, les institutions financières (IF) sont généralement réticentes à prêter aux petites exploitations agricoles qui disposent de peu de garanties et présentent un niveau de risque important (la production agricole étant fortement dépendante du climat, très variable au Sahel).
Le warrantage (ou « crédit stockage »), introduit au Niger à partir de 1999 par le projet « Intrants » de la FAO, offre aux producteurs la solution suivante : en stockant leurs produits agricoles dans un entrepôt fiable et en les utilisant comme garantie auprès d’une IF, les producteurs peuvent accéder à un prêt de quelques mois au moment de la récolte ; ils satisfont ainsi leurs besoins de liquidité tout en évitant de brader leurs produits.

Le warrantage, un moyen de sécuriser le crédit. Le warrantage « classique » fait appel à un entreposeur agréé (le « warrant »), qui joue un rôle d’intermédiaire entre la banque et le producteur. Au Niger, cette technique a été adaptée aux petits producteurs : le stock est gardé dans des petits magasins au sein même des villages et des organisations paysannes (OP) servent d’intermédiaires entre producteurs et IF.
En novembre-décembre, les OP proposent à leurs membres de stocker une partie de leur production dans un magasin collectif (appartenant à l’OP ou mis à sa disposition). Chaque producteur stocke selon ses moyens et marque ses sacs dans le magasin. L’IF vient contrôler le stock, en vérifie la qualité et la quantité. Le magasin est ensuite fermé avec deux cadenas, un pour l’IF et l’autre pour l’OP. Ce système à double cadenas permet un contrôle du stock à la fois par l’OP et l’IF. La présence du magasin au milieu du village assure la sécurité du stock.
Une fois le stock vérifié, l’IF accorde à l’OP un crédit déterminé en fonction du stock constitué. Pour limiter le risque en cas de chute des cours, le crédit est limité à un pourcentage (80% ou 90%) inférieur à la valeur du stock au moment de la récolte. Le crédit est octroyé pour une durée maximale de 6 mois. Les taux d’intérêt sont relativement élevés et varient de 2 à 2,5% par mois. L’OP redistribue le crédit à ses membres. Certains producteurs l’utilisent pour mener une activité génératrice de revenus (AGR) : embouche, maraîchage, transformation, etc. Pendant toute la durée du stockage, l’IF et l’OP contrôlent régulièrement le stock et le protégent des nuisibles.


Les frais de stockage sont pris en charge par les producteurs. En avril-mai, les producteurs remboursent leur crédit à l’OP (ils peuvent utiliser l’argent des AGR) ; l’OP rembourse l’IF. Le magasin est alors ouvert, et le stock peut être retiré. Il est soit vendu (ventes groupées ou individuelles) à un prix nettement plus favorable qu’à la récolte, soit consommé par les familles des producteurs. Les producteurs peuvent également choisir de vendre le stock pour rembourser le crédit ; dans ce cas, la vente a lieu en présence de l’IF, car le stock n’est jamais libéré avant le remboursement du crédit. En cas de non remboursement à échéance du crédit, le stock est vendu par l’IF pour solder le crédit.
Les avantages du warrantage sont multiples, du côté des producteurs comme des IF. Ce système permet aux producteurs de différer la vente de leurs produits, et donc de profiter de meilleurs prix ; les ventes groupées permettent en outre de meilleures marges de négociation avec les acheteurs. Quand le stock est utilisé pour l’autoconsommation, le warrantage permet de renforcer la sécurité alimentaire des familles, en évitant le rachat à prix fort de céréales bradées à la récolte. Pour les IF, le warrantage permet de s’impliquer dans le financement de l’agriculture en réduisant les risques : la garantie constituée par le stock présente une forte valeur marchande (supérieure à la valeur du crédit) ; elle a un fort degré de « liquidité » (elle peut être facilement vendue sur le marché) et elle est divisible.

Un système en pleine expansion au Niger. Le warrantage s’est rapidement développé dans tout le pays : le financement des produits warrantés est passé d’environ 2 millions de FCFA en 1999 à 246 millions de FCFA en 2002 et près de 600 millions de FCFA en 2009. Aujourd’hui, une dizaine d’Institutions financières décentralisées (IFD) et une centaine d’OP interviennent dans le warrantage au Niger. Trois IFD assurent les trois quarts du volume total des prêts warrantage. Les banques commerciales (comme la Banque régionale de solidarité) commencent également à s’impliquer en refinancant les IFD.
Les produits agricoles utilisés dans le warrantage doivent être facilement stockables et sujets à des hausses de prix intra annuelles régulières et suffisamment importantes (pour au moins couvrir les coûts du crédit et les frais de stockage). La gamme des produits utilisés pour le warrantage est large. Par exemple, les producteurs de la fédération Mooriben stockent 15 produits, les principaux étant l’arachide, le mil, le riz, l’oseille et le niébé. La fédération Sa’a de Maradi met en garantie principalement du souchet, de l’arachide et du mil. À Diffa, les paysans se sont spécialisés dans le poivron séché.
Les pertes liées au stockage sont négligeables. Certains produits comme le niébé sont plus rarement mis en garantie, car ils sont sujets aux attaques d’insectes lors du stockage.
Le warrantage s’est développé dans tout le Niger, depuis Ayorou à l’Extrême-Ouest, jusqu’à Diffa à l’Extrême-Est. Seule la région d’Agadez reste encore timide, du fait de la difficulté d’installation d’IF. Les stocks de produits utilisés comme garanties sont destinés à la vente dans la moitié des cas ; ils servent également de semences (32%) ou de vivres pour la soudure (18%).
Lorsque le stock est vendu, l’argent de la vente connaît de multiples utilisations. Il permet surtout de mieux répartir et d’augmenter la trésorerie des producteurs, pour répondre à divers besoins (sociaux ou économiques), comme le remboursement d’autres crédits, l’achat d’intrants, etc.
Le stockage des produits permet un gain moyen de 19% à 113% en six mois, l’augmentation moyenne (sur 10 ans) des prix des principaux produits vivriers étant de 56%. Ces gains varient fortement d’une année à l’autre, en fonction surtout des niveaux de récoltes du Niger et des pays voisins : en cas de bonnes récoltes, les prix augmentent peu ; en cas de faibles récoltes, les augmentations de prix sont fortes (mais les quantités stockées sont aussi plus faibles). Les distributions d’aide alimentaire ou les ventes à prix modérés pratiqués par l’État, les ONG ou le Programme alimentaire mondial (Pam) peuvent limiter la hausse des prix et compromettre le warrantage. Mais les quantités sont généralement trop faibles pour casser durablement les prix.
Au Niger, le warrantage est souvent pratiqué à titre individuel, l’OP ne servant qu’à gérer le magasin et la relation entre le banquier et les producteurs. Même si les producteurs sont encouragés à pratiquer des AGR pour faciliter le remboursement, ils restent libres de l’utilisation de leur crédit. Cette liberté des producteurs dans l’utilisation du crédit constitue d’ailleurs une des clés de réussite du warrantage au Niger. Elle est rendue possible par la garantie éminemment liquide, divisible et d’une valeur supérieure à celle du crédit.
Si le warrantage a fortement progressé ces dernières années, le volume total stocké dans le cadre du warrantage est aujourd’hui encore faible (total d’environ 5000 tonnes par an, ce qui représente 0,1% de la production nationale). Le warrantage a donc une grande marge de progression au Niger. Aujourd’hui, son développement reste limité par les capacités de gestion et d’organisation des OP et des IF. C’est donc plus à travers des actions de renforcement des capacités de gestion, d’organisation des agriculteurs et de leurs OP et de professionnalisation des SFD, qu’à travers le simple octroi de crédits ou de lignes de crédit, que le warrantage continuera à se développer au Niger.

Le Projet « Intrants » de la FAO au Niger (de 1999 à 2008) s’est intéressé aux problèmes de gestion des intrants agricoles par les petits producteurs, et en particulier : (i) au financement des intrants, en développant le warrantage, (ii) à la distribution de proximité d’intrants, en appuyant les OP à se doter d’un réseau de boutiques d’intrants coopératives, (iii) à l’utilisation rationnelle des intrants, avec la technique de micro dose d’engrais au poquet, (iv) à la concertation paysanne, avec le regroupement des commandes d’intrants, la défense des intérêts des paysans et l’élaboration d’une stratégie d’approvisionnement en intrants pour une agriculture durable au Niger.

Restez informé⸱e !

Abonnez-vous à nos publications et bulletins pour les recevoir directement dans votre boîte mail.

Autres articles qui pourraient vous intéresser

Vous lisez un article de la publication "49 : Agriculture et aléas climatiques : du terrain aux politiques".

Quelle place pour les agricultures paysannes dans la lutte contre le changement climatique ? (supplément)
Frédéric Apollin, Pierril Lacroix

Alors que les agricultures paysannes sont accusées de dégrader l’environnement, leur potentiel en matière d’adaptation et de lutte contre les changements climatiques demeure important. Quel rôle pour les agricultures familiales de demain, promotrices de systèmes de production « écologiquement intensifs » ? A l’iniquité du développement, s’ajoute aujourd’hui l’inégalité de situation devant un changement climatique avéré dont les populations paysannes du Sud sont parmi les premières victimes. Elles dépendent en effet directement des ressources naturelles pour le maintien…

Lire
Le Roppa en action sur le thème des changements climatiques (supplément)
Ndiogou Fall

Entretien de la rédaction avec N’Diogou Fall, président du Réseau des organisations paysannes et es producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest (Roppa) Grain de Sel : Quelle est la vision du Roppa vis à vis du sujet agriculture et aléas climatique ou changement climatique ? N’Diogou Fall : La question de changement climatique ou d’aléas climatiques est devenue une préoccupation universelle. Partout à travers le monde on ressent des phénomènes qui nous confirment que quelque chose est en…

Lire
Editorial : Agriculture et climat : les paysans au coeur de l’action
bretaudeau

L’Afrique subsaharienne a de tout temps été confrontée aux aléas climatiques. Les populations, les États et les organisations régionales sont depuis longtemps conscients de cette menace pour le développement de la région. La création du Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (Cilss) en 1973 a été une des réponses à ce contexte de variabilité climatique pour l’Afrique de l’Ouest. Cette prise de conscience collective a permis également un début de mise en œuvre…

Lire PDF
Quelle perception de la variabilité climatique par les agriculteurs et les éleveurs ?
Christophe Kohonou Didolanvi, Issa Chaïbou

La variabilité climatique n’est pas chose nouvelle pour les paysans et les éleveurs ouest-africains. Ils l’observent depuis plusieurs dizaines d’années. Mais comment se manifeste-t-elle et que font-ils pour y faire face ? Regards croisés d’un agriculteur au Bénin et d’éleveurs au Niger. Entretien avec Christophe Kohonou Didolanvi Grain de sel : Pouvez-vous nous présenter brièvement votre activité ? Christophe Kohonou Didolanvi : Mon nom est Christophe Kohonou Didolanvi, je suis agriculteur sur la commune de Zogbodomè, située à…

Lire PDF
Variabilité et changements du climat au Sahel : ce que l’observation nous apprend sur la situation actuelle
Abdou Ali (Agrhymet)

Quelle évolution du climat observe-t-on ces dernières décennies dans les pays du Sahel ? Comment explique-t- on la variabilité spatiale et temporelle qui s’est manifestée plus ou moins fortement depuis une dizaine d’années ? Que peut-on prédire pour l’avenir ? Le climat d’une période, au sens utilisé dans cette analyse, se réfère aux moyennes et à l’irrégularité de variables telles que la température, la hauteur des précipitations et le vent. L’importance relative accordée à chacune de ces variables…

Lire PDF
Pratiques et stratégies d’adaptation des agriculteurs aux aléas climatiques en Afrique subsaharienne
Philippe Jouve

Confrontés depuis des décennies à des conditions pluviométriques très fluctuantes, les paysans du Sahel ont peu à peu adapté leurs systèmes de production aux risques climatiques. Quelles sont les pratiques et stratégies utilisées pour y parvenir ? Le risque est inhérent à l’activité agricole. Il peut être de différentes natures : économique, avec notamment la fluctuation des prix, sanitaire du fait des maladies et parasites qui menacent les animaux et les cultures, ou climatique. En agriculture pluviale, c’est…

Lire PDF
Techniques de maintien de la fertilité des sols : une révolution silencieuse de l’agriculture sahélienne
Philippe Zoungrana

Face à la variabilité climatique de plus en plus présente au Sahel, les agriculteurs ont développé une palette de techniques d’adaptation. Ces techniques engendrent des augmentations de rendements non négligeables dans ces zones géographiques menacées par la désertification. En Afrique de l’Ouest et au Sahel en particulier, la désertification et la variabilité climatique ont entraîné une baisse des rendements et de la fertilité des sols. Pour s’y adapter, les producteurs ont élaboré une diversité de techniques qui ont…

Lire PDF
Cases de la diversité biologique : les organisations paysannes maliennes anticipent la variation du climat
Salif Foulani

Les organisations paysannes du Mali se sont très tôt senties concernées par la question de la sauvegarde du patrimoine génétique, notamment au regard des risques de l’impact climatique et de l’introduction des OGM dans leurs systèmes de production. Elles tentent de prévenir ces risques via des banques de semences appelées « cases de la biodiversité ». Les populations rurales du Sahel, qui dépendent en grande partie du secteur agricole, sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques et tentent d’adapter…

Lire PDF
L’assurance indicielle, une réponse face aux risques climatiques ?
Damien Lagandré

_ Les catastrophes climatiques peuvent avoir des conséquences désastreuses sur la production agricole et les revenus des paysans des pays du Sud. Depuis quelques années, des expériences d’assurance indicielle sont initiées et offrent des perspectives d’outils financiers de lutte contre les changements climatiques. L’agriculture constitue l’un des secteurs les plus directement menacés par le changement climatique. L’augmentation de la variation des températures et des précipitations modifie profondément l’activité agricole. La rapidité de ces changements menace fortement la résilience…

Lire PDF
Contribution de l’agriculture africaine au changement climatique et potentiel d’atténuation (version longue)
Frédéric Bazin

Les activités agricoles sont souvent pointées du doigt comme étant responsables en grande partie de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre et donc du réchauffement climatique. Si la contribution de l’agriculture et de l’élevage africains à ce phénomène demeure faible, comment son potentiel d’atténuation peut-il être valorisé ? Quelle contribution de l’agriculture africaine aux émissions de gaz à effet de serre ? Les émissions de gaz à effet de serre (GES) mondiales ont atteint, selon…

Lire
Contribution de l’agriculture africaine au changement climatique et potentiel d’atténuation
Frédéric Bazin

Les activités agricoles sont souvent pointées du doigt comme étant responsables en grande partie de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre et donc du réchauffement climatique. Si la contribution de l’agriculture et de l’élevage africains à ce phénomène demeure faible, comment leur potentiel d’atténuation peut-il être valorisé ? Les émissions de gaz à effet de serre (GES) mondiales ont atteint, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), 49 Gt d’équivalent CO² en…

Lire PDF
Filières agrocarburant locales au Mali ou comment miser sur l’avenir des territoires ? (version longue)
bpalliere, mtreboux

Le programme Alterre « Agrocarburants locaux, territoires ruraux et énergie » vise le développement d’une filière locale d’huile végétale de Jatropha curcas, substitut partiel du gasoil consommé localement. En quoi une telle filière participe-t-elle, au delà du développement, à l’atténuation du changement climatique ? Lors du sommet de Copenhague, la Chine a marqué une rupture dans l’approche des négociations climatiques. Plutôt que des engagements de réductions d’émissions de gaz à effet de serre (GES), elle a présenté des…

Lire PDF
Filières agrocarburant locales au Mali ou comment miser sur l’avenir des territoires ?
bpalliere, mtreboux

Le programme Alterre « Agrocarburants locaux, territoires ruraux et énergie » vise le développement d’une filière locale d’huile végétale de Jatropha curcas, substitut partiel du gasoil consommé localement. En quoi une telle filière participe-t-elle, au delà du développement, à l’atténuation du changement climatique ? L’atténuation du changement climatique consiste à réduire les gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère de deux façons : (i) en captant les gaz déjà présents dans l’atmosphère qui seront stockés durablement dans…

Lire PDF
Désertification et changements climatiques au Sahel : des plans d’action nationaux difficiles à mettre en oeuvre
Edwige Botoni, François Tapsoba

Les pays sahéliens se sont dotés ces 15 dernières années de plans d’actions nationaux de lutte contre la désertification et d’adaptation aux changements climatiques, en vue de mettre en oeuvre des actions concrètes pour faire face à ces phénomènes. Qu’en est-il aujourd’hui de leur avancement et de leur efficacité ? Les programmes d’action nationaux de lutte contre la désertification (Pan/LCD) et les Programmes nationaux d’adaptation aux changements climatiques (Pana) sont les instruments de mise en oeuvre au niveau…

Lire PDF
L’agriculture dans le changement climatique, le sujet qui va tout changer !
Patrice Burger

Quelle est la place de l’agriculture dans les négociations sur le climat qui prennent de l’ampleur ces dernières années ? Au lendemain du Sommet de Copenhague, quel bilan tirer de l’intégration des enjeux de développement sous-tendus par l’interaction entre pratiques agricoles et changements climatiques ? Ces derniers 8 mois, l’agriculture a pris une place croissante dans les négociations internationales sur le régime climatique d’après-2012. En juin 2009, un consensus sur l’importance du rôle de l’agriculture dans l’atténuation des…

Lire PDF
Quelles capacités de réponse des sociétés paysannes aux risques et changements climatiques ?
Philippe Jouve

Quelle relation y a-t-il entre les risques et les aléas climatiques ? Si l’on en croit les travaux du Giec , les changements climatiques vont entraîner une augmentation de température dans différentes parties du globe et particulièrement en Afrique. La première conséquence de cette évolution sera un accroissement de l’aridité du climat et une accentuation des aléas climatiques et de leurs conséquences pour l’agriculture. Face à une telle évolution, les paysans d’Afrique subsaharienne peuvent recourir à trois grands…

Lire PDF
L’AOPP et ses coopératives semencières au Mali
sdenoray

Après seulement quelques années d’existence, la filière semencière paysanne de l’AOPP au Mali affiche de bons résultats. Elle a réussi à se positionner aussi bien au niveau d’actions concrètes de production et de commercialisation de semences certifiées en milieu paysan, qu’au niveau de la politique semencière nationale. Depuis sa création en 1995, l’Association des organisations professionnelles paysannes (AOPP) s’attelle à la résolution des nombreux problèmes du monde rural malien. Parmi eux, la production et la commercialisation des céréales…

Lire PDF
Le warrantage au Niger, pour renforcer la trésorerie des paysans
Daniel Marchal

Le warrantage, ou « crédit stockage », est une technique qui permet aux paysans de mieux valoriser leurs produits agricoles tout en sécurisant le financement rural. Il connaît un franc succès au Niger, où il a été introduit il y a plus de 10 ans. Au Niger, comme ailleurs en Afrique subsaharienne, bon nombre de paysans sont contraints de vendre leurs produits agricoles au moment de la récolte, alors que les prix sont les plus bas, pour faire…

La ferme-école Sain, pour former au métier d’agriculteur
Gbenou Pascal, duguepmj

Au Bénin, la ferme-école Sain vise à former de jeunes agriculteurs à des pratiques agricoles intégrées et durables. Véritable laboratoire d’innovations, elle propose un dispositif de formation professionnelle d’une grande qualité technique, ancré dans la pratique et en prise avec les réalités locales. En Afrique de l’Ouest, la crise alimentaire a contribué à faire changer le regard porté sur l’agriculture et certains gouvernements ont des discours volontaristes en faveur des agricultures familiales, au Bénin notamment. Pourtant, dans ce…

Lire PDF
Les mécanismes de marché du carbone : fonctionnement et opportunités pour l’Afrique
Fanny Grandval

Dans un effort commun et à long terme de lutte contre les changements climatiques, la communauté internationale a adopté deux accords clés. (1) La Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), adoptée lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992, est entrée en vigueur le 21 mars 2004. Ratifiée par 194 pays, elle reconnaît l’existence du changement climatique d’origine humaine et impose que les pays industrialisés soient en premier lieu responsabilisés pour lutter…

Lire PDF
Création de revenus par une production durable de café au Kenya
Johannes Woelcke, Timm Tennigkeit

Des coopératives de producteurs de café au Kenya bénéficient d’un financement carbone à travers le Fonds Biocarbone de la Banque mondiale. Le financement rémunère la réduction d’émissions de gaz à effet de serre liée à l’adoption de pratiques de gestion durable des terres agricoles. Dans la région du mont Kenya, le développement économique est étroitement lié au cours du café. Lorsque les cours du café ont chuté en 1997, les paysans ont délaissé les itinéraires techniques recommandés, entraînant…

Lire PDF
4ème de couverture

Inter-réseaux en quelques mots Inter-réseaux Développement rural a été créé en 1996, à l’initiative de personnes engagées dans le développement rural, et avec l’appui des pouvoirs publics français. Ses objectifs sont les suivants : – permettre la participation des acteurs du Sud à la construction des politiques agricoles nationales et sous-régionales, en disposant de moyens de s’informer et d’échanger en réseau sur les enjeux du développement rural ; – animer et renforcer un réseau de réflexions, d’échanges, de…

Lire PDF
Un financement innovant des services agricoles à Madagascar
Gérard Andriamandimby, Philippe Martel, rand_elias

À Madagascar, deux dispositifs complémentaires sont en cours de mise en place pour faciliter l’accès des paysans aux services agricoles : les Centres de services agricoles qui mettent en relation la demande et l’offre de services, et les Fonds régionaux de développement agricole qui assurent leur financement. Madagascar est confrontée à un déficit de financement du secteur agricole : les projets ont des durées limitées et concernent des zones spécifiques ; les financements publics, réduits, sont difficiles à…

Lire PDF
Introduction du dossier

La question du changement climatique est au cœur des débats, tant au niveau des négociations internationales qu’aux échelles plus locales. Les prévisions sont alarmantes : le Giec prévoit que, d’ici à 2100, la température de la Terre s’élèvera de 3°C en moyenne ; l’Afrique pourra perdre entre 25 et 40% de ses habitats naturels ; la montée du niveau de la mer pourra détruire près de 30% de ses infrastructures côtières; les sécheresses et les inondations se multiplieront….

Lire PDF
L’invité de Grain de sel : Jean-Louis Ratsimbazafy
Jean-Louis Ratsimbazafy

Jean-Louis Ratsimbazafy est président du Réseau syndical des organisations agricoles (Soa) à Madagascar. Grain de sel : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Jean-Louis Ratsimbazafy : Je suis issu d’une famille paysanne des hautes terres de Madagascar. J’ai commencé par être enseignant, puis j’ai eu envie de revenir à la terre en espérant mieux réussir que mes parents. J’ai émigré en 1958 à l’est de Madagascar et c’est là-bas que j’ai commencé mon exploitation en faisant du…

Lire
Évolution et défis du mouvement paysan au Cameroun
fongangfouepe

Au Cameroun, le début des années 90 marque une nouvelle ère pour le mouvement paysan, avec l’adoption de lois promouvant la création d’organisations de producteurs véritablement indépendantes de l’État. Quelle est aujourd’hui la situation du mouvement paysan camerounais ? Comment a-t-il évolué ces vingt dernières années ? Au Cameroun, jusqu’au début des années 90, le mouvement associatif rural se caractérisait principalement par des associations rurales traditionnelles, à l’échelle de quartiers ou de villages, avec des objectifs principalement socioculturels….

Lire PDF
Actualité d’Inter-réseaux (GDS49)

_ Bulletin de veille et site Internet Ce trimestre, plusieurs bulletins de veille électroniques (BDV) ont été envoyés à plus de 6 500 personnes. À noter en particulier la parution de deux BDV thématiques sur : les semences et les politiques agricoles. Vous pouvez les retrouver en ligne, et vous abonner au bulletin à : www.inter-reseaux.org. Le site Internet d’Inter-réseaux connaît un franc succès : il reçoit chaque mois plus de 20 000 visites ! Alimenté de nouveaux…

Lire PDF
Code rural du Niger : une gestion décentralisée et concertée du foncier
codrural, pennecjerome

Le Code rural du Niger constitue une expérience novatrice de mise en place d’outils de gestion du foncier et des ressources naturelles en Afrique de l’Ouest. Il se structure autour de commissions foncières à différents échelons, qui constituent des cadres uniques de concertation et de prise de décisions. Le Code rural du Niger est né d’une réflexion sur la question foncière engagée dès les années 80, à travers plusieurs séminaires nationaux, notamment sur les stratégies d’intervention en milieu…

Lire PDF
Grain de sel n°49 : Agriculture et aléas climatiques : du terrain aux politiques
Inter-réseaux

La question du changement climatique est au cœur des débats, tant au niveau des négociations internationales qu’aux échelles plus locales. Les prévisions sont alarmantes et les secteurs de l’agriculture et l’élevage sont souvent pointés du doigt comme étant une cause majeure du réchauffement climatique. Alors que les pays industrialisés ont une responsabilité importante à endosser, le continent africain en fait aujourd’hui les frais et doit faire face à plusieurs enjeux: forte croissance démographique, insécurité alimentaire chronique et baisse…

Lire