Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur email

publié dans Revue Grain de sel le 21 juin 2012

L’essor des produits dérivés du manioc en Afrique de l’Ouest

fannygrandval

Agroalimentaire - AgroindustrieManiocProduits locaux

La production de manioc a connu une hausse importante ces 30 dernières années, en partie dynamisée par le secteur de la transformation en plein essor. Une grande diversité de produits transformés, par voies traditionnelles ou industrielles, existe et leur développement s’accompagne de technologies et de politiques performantes.

L’Afrique est le premier producteur de manioc au monde. Les principaux pays producteurs sont le Nigeria (35 % de la production africaine totale et 19 % de la production mondiale), la République démocratique du Congo, le Ghana, la Tanzanie et le Mozambique. Entre 1990 et 2004, la production de manioc en Afrique de l’Ouest a doublé, atteignant 60,8 millions de tonnes en 2010, dont 37 millions au Nigeria (Source Faostat).
Au-delà des avantages de ce produit en termes de techniques culturales, notamment depuis l’adoption de variétés améliorées résistantes aux ravageurs, le manioc revêt un fort potentiel nutritionnel et est un moyen de lutte contre l’insécurité alimentaire dans la région.
Dans de nombreux pays africains, on estime que 70 % du manioc produit sont transformés.Ce taux de transformation est dû à la périssabilité des tubercules qui se dégradent 3 à 4 jours après la récolte. La gamme de produits qui en découle est diversifiée.
Aujourd’hui, en Afrique de l’Ouest, en particulier au Nigeria, Bénin, Ghana et Sierra Léone (pays d’études en référence) le développement de la culture du manioc et l’essor des systèmes de transformation alliant processus traditionnels, semi-industriels et industriels en font une filière à fort potentiel pour l’ensemble de la sous-région

Le manioc : une diversité de produits traditionnels et manufacturés

En première position, le gari. Le gari (semoule) est le produit à base de manioc le plus consommé et commercialisé. Il est obtenu en plusieurs étapes dont les plus importantes sont la fermentation et la torréfaction. Les micro entreprises agro-alimentaires rurales apprécient sa bonne durée de conservation et la forte demande des consommateurs. Le gari peut concurrencer le riz d’un point de vue de la praticité et du prix sur les marchés urbains et ruraux. De plus, son potentiel d’expansion au Sahel est important car il est économique en temps de cuisson (et donc en bois de chauffage, coûteux dans ces régions) notamment par rapport aux céréales qui y sont traditionnellement consommées (maïs, sorgho, mil et riz).

Le fufu, pâte obtenue à partir des tubercules bouillis, pilés et fermentés, est largement consommé dans l’est et au sud-ouest du Nigeria, au Cameroun, et dans d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest comme le Ghana et la Sierra Leone. C’est le produit le plus consommé après le gari. Récemment, l’utilisation de farine de fufu instantanée est devenue populaire du fait de sa facilité de préparation, sa durée de conservation élevée, sa taille compacte et sa commodité de stockage.

D’autres produits à base de manioc entrent dans l’alimentation des africains de l’Ouest. Le lafun est de la farine de manioc séchée et fermentée qui est par la suite transformée en une pâte ferme, mangée avec de la sauce. Le tapioca est un produit granulaire fait à base d’amidon de manioc gélifié. Les étapes de transformation sont très exigeantes en main-d’oeuvre ce qui rend le produit très cher. Il est consommé dans de nombreuses parties d’Afrique de l’Ouest, trempé ou cuit à l’eau, avec ou sans sucre et lait. L’attiéké (couscous de manioc fermenté) est préparé à partir de pulpe de manioc fermentée et cuite à la vapeur. L’attiéké frais est habituellement vendu sur les marchés locaux. Il existe aussi une forme déshydratée, semblable à du couscous. L’attiéké est un plat typique ivoirien et son processus traditionnel de production, est bien connu et largement répandu dans la sousrégion. Son commerce est florissant partout dans les milieux urbains de la Côte d’Ivoire au Bénin

Cossettes de manioc (ou « chips » de manioc séché). C’est la façon la plus économique de conserver le manioc. Ce produit est surtout populaire dans les zones de savanes où le séchage au soleil est plus facile que dans les zones humides et forestières. Les modes de préparation et de consommation varient : réduit en poudre, cuisiné en kokonte au Ghana, il s’adapte aux goûts et habitudes de consommations locales. Le process est essentiellement manuel et offre un certain potentiel pour la mécanisation dans le court et moyen termes.

HQCF (High quality cassava flour) ou farine de manioc de haute qualité. Le développement de la HQCF est une clé du succès de la transformation du manioc ces dernières années, principalement au Nigeria où elle est devenue le moteur de sa transformation industrielle. La farine est utilisée brute ou entre dans la composition de produits de boulangerie. Depuis les années 1990, avec l’amélioration du procédé grâce aux partenariats avec la recherche (IITA), la panification à base d’HQCF a augmenté.

L’introduction de l’amidon dans les industries du Nigeria a transformé le potentiel agro-industriel du manioc. Utilisé comme ingrédient dans les produits alimentaires manufacturés (aliments pour bébé, confiserie, alcool) et dans l’industrie non alimentaire (colle, adhésif, colle à papier, amidon pour textile, etc.), il est aussi largement utilisé comme agent épaississant dans les soupes et pour la lessive. De façon plus traditionnelle, l’amidon de manioc est utilisé dans d’autres pays (Sierra Leone et Bénin par exemple), notamment pour rigidifier les vêtements ou être consommé sous forme de tapioca.

manioc
manioc
Les femmes de Manchie au Ghana torréfient le gari sur des fours améliorés

Le développement technologique des équipements de transformation du manioc. Que ce soit au Nigeria et au Ghana, pays plus avancés sur les technologies et procédés industriels, ou au Bénin et en Sierra Léone, on note des améliorations importantes de la transformation du manioc à des degrés divers, tant au niveau domestique que commercial. L’introduction d’équipements de transformation pour la plupart des étapes de traitement (râpes, presses, séchoirs) a réduit la pénibilité du travail, libérant ainsi du temps pour les femmes (majoritaires dans l’activité) investissant alors d’autres activités génératrices de revenus.

Les équipements les plus modernes sont développés au Nigeria qui a une très nette longueur d’avance sur ses voisins. Les entreprises agro-alimentaires à différentes échelles foisonnent. Ainsi, la plupart des micro et petites entreprises agro-alimentaires sont impliquées dans la production d’aliments traditionnels ou de produits intermédiaires, comme les cosettes, la HQCF, ou l’amidon. Des moyennes entreprises, proches des grands sites de production et gérées par des entrepreneurs locaux, transforment le manioc en HQCF, amidon et fufu de haute qualité pour l’export, (cas de l’entreprise Peak Products Ltd, Abeokuta). Enfin, les usines agroindustrielles (par exemple Nigerian Starch Mills in Ihiala, Anambra State) sont les principales industries fournisseurs de l’amidon de haute qualité aux industries manufacturières telles que Cadbury et Nestlé. Il convient de noter toutefois que ces industries nigérianes ne transforment encore qu’une très petite partie de la production du pays.
Au Ghana, deux catégories d’opérateurs se partagent le marché de la transformation du manioc en gari : d’un côté les MPEA, aux mains de femmes transformatrices individuelles ou organisées au sein de groupements, proposent une grande offre artisaartisanale qui approvisionne le marché en continu avec de faibles volumes unitaires de production. Ces MPEA font aujourd’hui face à de nombreux défis tels que le coût élevé des équipements de transformation et l’accès au crédit.
De l’autre, les Petites et moyennes entreprises (PME) possèdent des équipements semi-industriels qui leur permettent de traiter des volumes plus importants et de conditionner leurs produits (emballage et marketing). Elles vendent leur production sur l’ensemble du territoire, notamment dans les supermarchés. Il s’agit entre autres de Neat Fufu, un des leaders sur le marché ghanéen. Ces PME développent des circuits de vente à l’export et doivent aujourd’hui trouver aussi des stratégies pour affronter la concurrence importante sur le marché local.

Politiques, recherche et technologies : un trio gagnant. Depuis les années 2000, des politiques favorables (surtout au Nigeria mais aussi au Ghana) ont dynamisé le secteur de la transformation du manioc en produits dérivés notamment via l’appui à la transformation (équipements mais aussi incitations à l’utilisation de produits dérivés du manioc dans l’industrie agro-alimentaire locale), l’appui à la recherche (sur les variétés de manioc productives et résistantes mais aussi concernant le développement d’équipements améliorés), au développement de services de conseils (cf. encadré), etc. Au Bénin et en Sierra Léone, les gouvernements annoncent des directives similaires mais rien de concret n’est en place pour le moment.

Au Ghana : l’État s’est pleinement engagé dans la filière manioc
Le Gouvernement ghanéen soutient depuis de nombreuses années la transformation du manioc à travers des structures comme Gratis ou le Food Research Institute (FRI). Mise en place par un projet en 1995, la Fondation Gratis a pour objectif de diffuser les technologies de transformation au plus grand nombre. L’installation de Rural technology service centres dans toutes les régions du pays a permis de créer un réseau de professionnels de la transformation : les artisans peuvent suivre des formations pour la création d’outils adaptés aux filières de transformation. Le FRI assure également une diffusion des pratiques technologiques via des plateformes expérimentales de transformation où il accueille les petites transformatrices pour des mini-stages.

Cet article est rédigé sur la base d’une part de la publication suivante : Successes and challenges of cassava enterprises in West Africa: a case study of Nigeria, Bénin, and Sierra Leone, L.O. Sanni, O.O. Onadipe, P. Ilona, M.D. Mussagy, A. Abass, and A.G.O. Dixon IITA, CFC, 2009 ; et d’autre part de la compilation de données issues d’une mission de terrain au Ghana effectuée par Camille Dijon (camille. dijon@gmail.com), dans le cadre de l’étude sur les technologies de transformation des filières vivrières locales en Afrique subsaharienne, encadrée par le Cirad, et des résultats d’une mission du Gret réalisée dans le cadre d’une étude sur les métiers porteurs dans l’agroalimentaire, financées toutes deux par l’Agence française de développement..

Restez informé⸱e !

Abonnez-vous à nos publications et bulletins pour les recevoir directement dans votre boîte mail.

Autres articles qui pourraient vous intéresser

Vous lisez un article de la publication "58 : Valorisation des produits locaux : face aux défis, une diversité de solutions".

Au Sénégal, promotion du sésame via la formation professionnelle
Caroline Amronm

Le développement de la filière sésame pose la question de sa promotion auprès des sénégalais, le produit n’entrant pas traditionnellement dans les habitudes de consommation. L’Ugan s’associe aux centres de formation professionnels afin de promouvoir son utilisation dans l’enseignement des métiers de la restauration. Situation au Sénégal : Pourquoi introduire une nouvelle culture ? Voilà plusieurs années que le sésame a attiré l’attention du gouvernement sénégalais et ce pour plusieurs raisons : ses avantages agronomiques (faible demande en…

Lire PDF
Le potentiel de développement des micro et petites entreprises agro-alimentaires
Cécile Broutin, fannygrandval, patrickdelmas

Si elle ne prend pas en compte le secteur de la transformation qui la connecte aux marchés, l’agriculture vivrière commerciale ne sera pas en mesure de relever les défis de sécurité et de souveraineté alimentaires des pays ouest-africains. Tour d’horizon du potentiel du secteur agro-alimentaire et des effets de leviers à activer pour son développement. Le rôle de l’agriculture vivrière commerciale est essentiel pour dynamiser les marchés locaux et prémunir les populations contre les hausses des prix alimentaires…

Lire PDF
Valoriser une céréale traditionnelle africaine, le fonio
Djibril Dramé, Famoï Béavogui, Jean-François Cruz

Le fonio est certainement la plus ancienne céréale cultivée en Afrique de l’Ouest. Malgré de bonnes qualités nutritionnelles, sa valorisation a longtemps été freinée par la pénibilité de sa transformation artisanale. Des recherches récentes ont permis de mécaniser plusieurs étapes de sa transformation pour mieux le valoriser. Dans la cosmogonie du peuple Dogon, au Mali, la graine de fonio, appelée pô, est considérée comme «le germe du monde ». Le fonio (cf. encadré) donne des grains minuscules, de…

Lire PDF
Introduction aux enjeux de valorisation des produits locaux en Afrique de l’Ouest
Cécile Broutin, fannygrandval, patrickdelmas

Si le fort potentiel de contribution de l’agro-alimentaire au développement économique et social a été démontré, ce secteur demeure confronté à de nombreuses contraintes aussi bien techniques que liées à l’environnement des services nécessaires à son essor. Autant de défis à relever pour valoriser les produits locaux. La part des produits locaux et régionaux dans la consommation urbaine des pays ouestafricains est importante, et le panier de la ménagère dans cette région est suffisamment diversifié pour constituer un…

Lire PDF
Les transformatrices de céréales du Faso en réseau
Philippe Ki, fannygrandval

De nombreuses transformatrices du Faso se sont constituées en réseau national avec l’appui de l’Aprossa. Elles ont en commun la recherche de la qualité, et unissent leurs efforts pour relever le défi de la distribution. Au Burkina Faso, tout comme chez ses voisins sahéliens, l’explosion démographique des centres urbains et le changement des modes de vie entrainent de nouvelles demandes et exigences des citadins concernant leur alimentation. Ils sont non seulement à l’affût de produits de qualité mais…

Lire PDF
Les transformateurs de fruits du Bénin plaident pour un soutien de l’État
Dieu-Donné Alladjodjo, sjnounagnon

Dieu-Donné Alladjodjo est président d’une coopérative et Directeur général de PromoFruits Bénin, une société créée par la coopérative pour gérer l’unité industrielle de transformation de l’ananas en jus IRA vendu en cannettes. Il nous parle ici de son parcours et nous dévoile quelques conseils. 23 Joachim N. Saizonou : Avant d’être Directeur général de la société PromoFruits Bénin, vous avez commencé comme producteur d’ananas. Pouvez-vous nous présenter votre parcours ? Dieu-Donné Alladjodjo : Originaire de Sékou, dans la…

Lire PDF
Investir dans les boissons naturelles, les pistes artisanales à explorer
Cécile Broutin

En Afrique de l’Ouest, si la transformation industrielle en jus naturels est souvent considérée comme la meilleure possibilité de valorisation des fruits, d’autres pistes de production de boissons locales via des procédés artisanaux améliorés ont le vent en poupe et sont à explorer. Grain de Sel : Pouvez-vous nous présenter un aperçu de l’offre et de l’appréciation par les consommateurs des jus naturels locaux disponibles sur les marchés ouest africains ? Cécile Broutin : Les données sur la…

Lire PDF
Des membres d’Inter-réseaux agissent sur le thème de la valorisation des produits locaux
Inter-reseaux

Les actions des membres institutionnels d’Inter-réseaux sur le thème de la valorisation des produits locaux sont nombreuses et variées. De la publication d’articles spécialisés, à la capitalisation d’expériences, en passant par la mise en oeuvre de projets de développement ou l’animation de débats, en voici un échantillon. PROJET L’Iram et la valorisation du Jatropha pour les besoins énergétiques iram Le projet vise à développer une filière courte d’huile de Jatropha en production paysanne, afin d’alimenter l’électrification et les…

Lire PDF
Face aux défis de la valorisation des produits locaux, une diversité de solutions
Inter-reseaux

La première partie de ce dossier tente de planter le décor de l’état du marché et de la consommation alimentaire en Afrique de l’Ouest d’une part, du secteur clé de la valorisation des produits locaux que constituent les micro et petites entreprises agro-alimentaires (MPEA) d’autre part, puis des différentes catégories d’enjeux et défis à relever pour une valorisation effective et efficace des produits alimentaires locaux à destination des consommateurs ouest-africains. Si les politiques publiques ouest-africaines et les politiques…

Lire PDF
Des membres d’Inter-réseaux agissent sur le thème de la valorisation des produits locaux
Inter-reseaux

Les actions des membres institutionnels d’Inter-réseaux sur le thème de la valorisation des produits locaux sont nombreuses et variées. De la publication d’articles spécialisés, à la capitalisation d’expériences, en passant par la mise en oeuvre de projets de développement ou l’animation de débats, en voici un échantillon. Projet L’Iram et la valorisation du Jatropha pour les besoins énergétiques Le projet vise à développer une filière courte d’huile de Jatropha en production paysanne, afin d’alimenter l’électrification et les services…

Lire PDF
Perspectives, limites et éléments de débats concernant la valorisation des produits locaux
Cécile Broutin, Sébastien Subsol, fannygrandval, patrickdelmas

Au regard de l’ensemble des informations et expériences rassemblées dans ce dossier, et suite au bilan dressé dans l’article précédent, voici quelques perspectives, éléments d’analyse, pré-requis relevés quant au thème de la valorisation des produits locaux. Quelles perspectives pour le développement des micro et petites entreprises agro-alimentaires (MPEA) ? Les perspectives de la demande alimentaire sont favorables au développement du secteur agro-alimentaire (extrait étude MSU). Dans la sous-région ouest africaine, il existe un important marché pour les filières…

Lire PDF
Enjeux de la filière huile de palme en République de Guinée
Floriane Thouillot, Jacques Koundouno, Kerfalla Camara, Pierre Ferrand

Ces dernières années, la République de Guinée a connu une extension rapide des surfaces plantées en palmiers améliorés. L’arrivée prochaine en production de ces dernières, avec pour conséquence d’importantes quantités d’huile de palme produites, fait peser d’importants enjeux sur le développement de cette filière. L’huile de palme est la première huile produite, consommée et échangée en Afrique de l’Ouest. Toutefois, cette production est de plus en plus menacée par les importations d’huiles de palme asiatiques et les autres…

Lire PDF
Inter-réseaux et ses membres s’investissent au Burkina Faso pour la valorisation des produits locaux
Inter-reseaux

Dans le cadre du programme « Promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest » porté par le Comité français pour la solidarité internationale (CFSI) et la Fondation de France (cf. interview page 45), la Confédération paysanne du Faso (CPF), le Gret et Inter-réseaux se mobilisent depuis fin 2011 au Burkina Faso pour conduire un projet pilote de renforcement des stratégies d’acteurs valorisant les produits locaux en lien avec les consommateurs urbains. Ce projet vise à identifier, capitaliser,…

Lire PDF
Ce que les expériences de terrain nous enseignent
Cécile Broutin, Sébastien Subsol, fannygrandval, patrickdelmas

Suite à cette revue d’un échantillon d’expériences et d’initiatives de valorisation des produits locaux en Afrique de l’Ouest et dans d’autres pays du continent, voici un bilan des enseignements que l’on peut en tirer, au regard des défis introduits à la page 12. Sur le thème de la valorisation des produits locaux, et des stratégies possibles à mettre en oeuvre pour mieux connecter les acteurs des filières agro-alimentaires aux marchés, voici, au regard des défis énumérés préalablement, quelques…

Lire PDF
Rova, pour des produits laitiers de qualité accessibles à tous
Kasprzyk Marta, Randriamahaleo Alexandre

À Madagascar, la consommation moyenne de lait est bien inférieure aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (5 contre 60 kg/habitant/an). L’union de coopératives laitières Rova a décidé de relever le défi en produisant et commercialisant des produits de qualité destinés au marché local, et accessibles aux différentes catégories sociales. Professionnalisation des éleveurs et commercialisation de produits de qualité, tels sont les objectifs de Rova qui développe des services en amont (appui technique et conseil aux producteurs)…

Lire PDF
Le beurre de karité à la conquête des marchés locaux
Azara Nfon Dibié, Martine François, fannygrandval

_ Avec près de 20 ans d’existence, l’Association Rimtereb Som et sa « petite soeur », la marque « Takam Cosmétiques », ont bel et bien réussi à investir aujourd’hui le marché local du Burkina Faso pour la vente de produits cosmétiques au karité. Retour sur le parcours de leur responsable, Martine Kaboré, une femme entreprenante. Lorsqu’elle créa Rimtereb Som en 1994, Martine Kaboré avait en tête de rassembler des femmes veuves et nécessiteuses autour d’activités génératrices de…

Lire PDF
Comprendre la demande des villes pour valoriser les produits locaux
Cécile Broutin, fannygrandval, patrickdelmas

Ces dernières décennies, la croissance démographique rapide des villes d’Afrique de l’Ouest a entraîné l’essor d’un véritable marché pour des produits locaux diversifiés et de plus en plus transformés. Présentation illustrée des caractéristiques de cette consommation alimentaire urbaine en pleine mutation. D’après les statistiques des Nations unies, la population urbaine en Afrique subsaharienne (ASS) atteint aujourd’hui environ 313 millions d’habitants, soit 37,6 % de la population totale. Si l’Afrique de l’Ouest ne comptait que 15 % d’urbains en…

Lire PDF
Nourrir les villes par la production familiale locale
Jean-baptiste Cavalier

Suite aux émeutes de la faim de 2008, le Comité français pour la solidarité internationale (CFSI) et la Fondation de France se sont associés pour lancer, en 2009, un programme de renforcement de l’agriculture familiale en Afrique subsaharienne, recentré depuis 2010 sur l’Afrique de l’Ouest. Présentation de cette initiative. Grain de Sel : Quels sont les appuis que le programme « Promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest »apporte aux acteurs du développement rural ? Jean-Baptiste Cavalier…

Lire PDF
Réintroduire des produits délaissés : les légumes feuilles
Marine Raffray

Longtemps restreint à l’autoconsommation, le légume feuille est devenu un produit destiné au marché pour de nombreux producteurs kenyans ayant bénéficié de soutiens spécifiques. Ceux-ci touchaient en particulier à l’organisation collective et à la recherche de débouchés. Retour sur les enseignements de cette expérience Les légumes feuilles sont un produit à double avantage : ils sont peu exigeants en termes d’itinéraire technique et sont vendus à des prix abordables pour les populations les plus vulnérables. Leurs bienfaits nutritionnels…

Lire PDF
L’essor des produits dérivés du manioc en Afrique de l’Ouest
fannygrandval

La production de manioc a connu une hausse importante ces 30 dernières années, en partie dynamisée par le secteur de la transformation en plein essor. Une grande diversité de produits transformés, par voies traditionnelles ou industrielles, existe et leur développement s’accompagne de technologies et de politiques performantes. L’Afrique est le premier producteur de manioc au monde. Les principaux pays producteurs sont le Nigeria (35 % de la production africaine totale et 19 % de la production mondiale), la…

Répertoire des acteurs-témoins mobilisés pour cette publication

enda graf Enda Graf Sahel Objectif de la structure : appui aux initiatives populaires et aux politiques publiques Thèmes d’expertise : appui au développement des micros et petites entreprises agro-alimentaire (MPEA) Contact : BP: 13069 Cité Millionnaire, grand Yoff, Dakar. Tél. : + 221 33 827 20 25 Fatou Ndoye Fatou N’Doye Fonction : coordinatrice du Pôle agro-alimentaire à Enda Graf Sahel Spécialité : sociologue fatouassndoye@yahoo.fr Pape Seck Pape Seck Fonction : chargé de programme Filières agricoles et…

Lire PDF
Soutenir les initiatives des exploitations familiales et des petites entreprises à la conquête des marchés urbains
Bénédicte Hermelin, Freddy Destrait

À l’horizon 2025, les 15 pays de la Cedeao compteront prés de 400 millions d’habitants. Ce contexte de très forte croissance démographique s’accompagne déjà actuellement d’un développement urbain sans précédent qui risque de bouleverser les rapports villes – campagnes en particulier au niveau de la répartition spatiale des populations en faveur des villes. Ce scénario pose des problèmes de sécurité alimentaire dans la mesure où les « urbains » sont des importateurs nets de produits alimentaires. Par ailleurs,…

Lire PDF