The content bellow is available only in French.

publié dans Revue Grain de sel le 24 juin 2010

Être leader, un sacrifice ?

Ahmed Ouayach/Boukary Ouangraoua/ecasardghana/Elisabeth Atangana/Jean Coulibaly/Jean-Paul Meinrad/Mariam Sow/Moacir Klein/Seynabou Ndoye

Leaders paysan.ne.sOrganisations de producteurs et de productrices

Vous lisez un article de la publication "50 : Coup de projecteur sur les leaders paysans".

La question de la prise en charge des leaders revient de façon récurrente au sein des OP et soulève des débats importants entre membres et leaders. Qu’en est-il en réalité ? Pourquoi cette question est-elle fondamentale ? Qu’en disent les leaders ?

Les leaders paysans, quel que soit leur niveau d’engagement dans les OP — villageois, régional, national, sous-régional — consacrent une partie importante de leur temps à la gestion de leurs organisations : suivi des activités et encadrement des salariés, participation aux réunions statutaires, formation, rencontre des partenaires, etc. Ce travail, contrairement à celui des salariés, n’est pas rémunéré. Les leaders, élus, sont, comme dans l’ensemble des associations, des bénévoles. Mais leur engagement prend parfois une ampleur considérable et la question de la prise en charge de leurs frais et/ou de l’indemnisation du temps qu’ils consacrent à ces activités peut alors se poser.

La famille, un soutien indispensable au leader. L’entourage du leader joue un rôle primordial pour la réussite de ses activités, et les membres de sa famille sont contraints de se montrer particulièrement compréhensifs vis-à-vis de son engagement. Moacir Klein, leader brésilien, témoigne ainsi : « Ma famille est essentielle en tant que support, appui et encouragement pour le développement de mes fonctions. Quand je me rends disponible pour l’association, ma famille fait un effort supplémentaire pour compenser mon absence ».
Jean-Paul Meinrad, leader français, va plus loin et souligne l’importance du partage des convictions avec sa femme : « Avec mon épouse d’origine vigneronne et militante de la Jeunesse agricole catholique féminine, nous avons partagé le même idéal et la même conviction. Elle n’a pas hésité à suivre des formations en gestion et en techniques agricoles pour pouvoir suivre les travaux durant mes absences. Malgré la charge des enfants et les tâches ménagères, elle enfilait les bottes et conduisait le tracteur ! En marge, elle participait activement aux réunions de groupes d’agricultrices. Elle a été d’un soutien sans faille, me remontant le moral quand je revenais tête basse après des réunions décevantes. Sans la complicité des épouses, aucun “leader” n’existerait ! »
Le leader s’arrange en général pour être présent au moment des gros travaux et des récoltes, et laisse oncles, cousins, frères ou enfants gérer le reste des tâches quotidiennes sur l’exploitation. C’est le cas de Jean Coulibaly, leader malien : « Pour cultiver, les enfants sont là. Le gros de mon travail, c’est de donner les conseils. Là où je suis le plus présent, c’est dans les champs que j’ai commencé à cultiver en zone irriguée, 3 ha dans le casier de l’Office du Niger à M’Bewani. Dans la zone irriguée, je suis vraiment dans mon champ, avec le manoeuvre, du repiquage à la récolte, dès que j’ai un moment ».

Des surcoûts liés à l’absence du leader sur son exploitation… Tous les leaders n’ont cependant pas à disposition une main d’oeuvre familiale suffisante pour s’occuper de leurs cultures et/ou troupeaux, et nombre de leaders ont recours à de la main d’oeuvre salariée pour pallier à cette absence. Ahmed Ouayach, leader marocain, a par exemple fait le choix de recourir à des employés qualifiés pour gérer complètement son exploitation : « Pour toute mon exploitation, je m’arrange pour déléguer. Il y a des agronomes qui s’occupent de mes affaires, ce qui m’aide beaucoup ».
Pour King David Amoah, leader ghanéen, les choses ne sont pas aussi simples, et même si le recours à des salariés agricoles lui permet de continuer à exploiter, il dénonce les pertes et mauvaises négociations liées à son absence : « Il y a des fois, il faudrait que je sois là pour négocier la vente de mes produits mais je ne suis pas là donc les gens viennent et achètent à n’importe quel montant. Ensuite, il y a tous les problèmes de vols : les gens qui viennent récolter mes citrons en cachent une partie ; pour un arbre par exemple, ils vont dire qu’ils en ont récolté seulement 50, alors que je sais bien qu’il y a plus de 50 fruits sur un arbre. Comme je ne suis pas là pour superviser, je perds beaucoup. Une fois où je n’étais pas là, les ouvriers sont venus et ont dit qu’ils avaient travaillé 5 jours alors qu’en fait ce n’était que 2 jours… En fait, s’il n’y a pas en permanence quelqu’un pour surveiller, vous pouvez être sûr de vous faire avoir ».

… mais une faible prise en charge par les OP. Le temps passé hors de son exploitation a donc un coût : celui des frais engagés pour le recrutement d’éventuels salariés, mais aussi celui des pertes occasionnées par une gestion inadaptée, une vente mal négociée, une mauvaise récolte ou encore un défaut de surveillance. Et c’est en grande partie pour compenser ces surcoûts que la majorité des leaders demandent à leur OP une indemnité ou une prise en charge.
Cette prise en charge peut se faire en nature – les membres de l’OP passent alors chacun un peu de temps sur l’exploitation du leader pour l’aider dans ses travaux agricoles — ou, plus fréquemment, sous forme d’indemnités. Mais les OP ont peu de ressources financières propres : celles qui sont à vocation syndicale ont en général des difficultés à recouvrir les cotisations des membres et celles à vocation économique ne dégagent pas toujours des ressources pour assurer leur fonctionnement. Les financements venant de l’extérieur — partenaires, bailleurs — étant le plus souvent dédiés aux activités de l’OP mais non à sa vie associative, les fonds disponibles pour la prise en charge des leaders sont très limités. Ahmed Ouayach raconte que, « à la Confédération, il n’y a pas du tout de prise en charge [des leaders]. Les budgets sont utilisés pour faire fonctionner l’équipe technique. Cela ne veut pas dire qu’on n’a pas d’argent, en fait on a de l’argent mais pas suffisamment pour tout ça ».

Des leaders aux visions contrastées. Est-il nécessaire ou non de compenser financièrement le temps que les leaders consacrent à leurs OP ? À l’extrême, faut-il aller jusqu’à les rémunérer ? Sur ces questions, les leaders eux-mêmes ont des avis assez contrastés liés notamment à leur propre vision de leur niveau d’engagement.
Par exemple, selon Elisabeth Atangana, leader camerounaise, la prise en charge est une nécessité pour permettre au leader d’avoir un certain niveau de vie. Selon elle, « le leader ne doit pas être pauvre. Il doit être quelqu’un de digne, quelqu’un qui a une décence, quelqu’un qui peut être un exemple pour attirer les autres. Car vous ne pouvez pas attirer les gens si vous-mêmes vous êtes pauvre ! Nous sommes d’ailleurs en train d’introduire des mécanismes pour arriver à relever le niveau de vie des leaders ».
Alors que pour King David Amoah, s’il faut « donner une indemnité pour tout le travail que l’on fait », celle-ci ne doit avoir pour vocation que de dédommager le leader, pas de le rémunérer : « Je ne pense pas qu’il faille rémunérer les leaders, leur donner seulement une indemnité serait mieux. Je pense que si vous commencez à les payer, cela va engendrer des problèmes ». La nuance n’est pas anodine dans la mesure où l’indemnité correspond à une contrepartie visant à compenser les pertes liées à son absence, alors que la rémunération équivaut à un paiement pour un travail réalisé.
Jean Coulibaly, leader malien, va dans le même sens en soulignant qu’il ne s’agit pas pour lui de demander un salaire, mais un complément : « Pour la prise en charge par l’OP, au début, on avait 2 000 FCFA par jour quand on allait en mission ou en réunion. C’était vraiment peu. Il arrivait qu’on rentre avec des dettes, on faisait rétrograder la famille. Maintenant, on a 10 000 FCFA par jour et le remboursement des frais de transport. On peut payer nos frais et faire vivre un peu la famille avec le reste. Mais il faut comprendre que ce sont d’abord nos récoltes qui assurent la vie de la famille. Tu ne peux t’en occuper seulement avec ce que te rembourse l’OP ».
La nécessité de prendre en charge, ou tout du moins de rembourser les frais engendrés par les activités de l’organisation, récolte l’adhésion des leaders. Pourtant, dans les faits, cela ne se produit pas systématiquement. King David Amoah précise : « Quand je suis appelé au bureau, que j’y reste la journée entière, que je travaille, on devrait prendre soin de m’apporter un repas et même un peu d’essence pour les trajets. Mais actuellement, si vous allez au bureau, pas de repas, pas de café, vous pouvez rester toute la journée, avoir faim, appeler la secrétaire et lui demander d’acheter quelque chose à manger, mais c’est avec votre argent ».

Des dérives possibles. Si une majorité des leaders paysans, à l’image de King David Amoah ou de Jean Coulibaly, vivent essentiellement de leur exploitation, il ne faut pas oublier que certains d’entre eux, n’ayant jamais eu d’exploitation ou l’ayant abandonnée progressivement par manque de rentabilité, vivent réellement des indemnités, per diem et autres avantages que leur apportent leurs organisations ! Et même sans aller jusqu’à cet extrême, on rencontre des leaders qui tout simplement profitent de leur situation de responsable pour s’enrichir, améliorer leurs conditions de vie et celles de leur famille par la construction de maisons, l’investissement sur leur exploitation, etc. Ces situations ne sont cependant pas plus fréquentes dans le mouvement paysan que dans le reste de la société, et ne reflètent pas une généralité. À l’inverse, la non prise en charge des frais des leaders peut également entraîner des dérives, ceux-ci se retrouvant alors tentés de se servir eux-mêmes dans les ressources de l’OP pour subvenir à leurs besoins et aux surcoûts engendrés par leur fonction.

Au-delà des indemnités, d’autres sources de valorisation pour les leaders. L’enjeu principal est bien celui de permettre aux leaders de vivre dignement sur leurs exploitations familiales, tout en passant une bonne partie de leur temps en dehors de celles-ci. Mais leur prise en charge peut être mal perçue et provoquer des jalousies ou des malentendus au sein des organisations. Elle peut être source de conflits internes pour plusieurs raisons. Premièrement, la prise en charge ne s’applique pas nécessairement à tous les élus d’une OP, alors que tous y passent du temps, dans différentes proportions. Ensuite, dans certains cas, cette prise en charge peut susciter des comportements opportunistes de la part de membres, plus motivés par les indemnités que par l’OP, ses activités et plus largement le développement de leur communauté. Enfin, il ne faut pas oublier le fait que certains leaders passent une partie importante de leur temps à négocier des per diem avec les partenaires financiers. La question de la prise en charge financière des leaders doit donc être bien réfléchie, pour que celle-ci soit équitable à la fois pour les leaders et pour l’organisation elle-même.
Mais, au-delà de la stricte prise en charge financière des leaders, ceux-ci bénéficient d’avantages moins évidents qui compensent souvent les aspects contraignants de leurs engagements. Pour Seynabou Ndoye par exemple, « il y a les voyages à travers l’Europe, qui ne rapportent presque rien financièrement mais qui, pour moi, sont quelque chose ! »
D’autres leaders ont pu, pendant le temps de leurs mandats, développer leur exploitation grâce aux contacts, informations, formations et autres avantages que leur ont conféré leur fonction. C’est le cas de Jean Coulibaly qui, de son côté, a pu bénéficier d’avantages en nature grâce à ses responsabilités au sein de l’AOPP : « Je peux dire que c’est parce que je suis leader que j’ai pu avoir de la terre dans la zone de l’Office du Niger. Si j’avais été un petit paysan sans responsabilité, j’aurais souffert. Là, ils n’ont pas osé me refuser, ça aurait fait trop de bruit. Ce n’est sans doute pas normal mais j’en ai profité ».
Mariam Sow, coordinatrice de projets au Sénégal, rappelle aussi le caractère gratifiant de la position de leader en termes de reconnaissance sociale : « La personne éprouve du plaisir à être leader, donc dès l’instant où ça lui fait plaisir, cela compense ! Dès l’instant où ça contribue au développement de la personne, où ça lui donne un statut au niveau de sa localité, je crois qu’on peut dire que c’est une rémunération. Et puis un leader peut aussi profiter des activités, peut être amené à voyager, à découvrir d’autres pays. Par exemple, un paysan qui a galéré dans la vie des organisations paysannes et qui vient en France, c’est une chance pour lui ! Et découvrir qu’il est capable de parler devant tous les types de publics, c’est valorisant ! » Un avis que partage Boukary Ouangraoua, formateur à l’Inades au Burkina Faso : « Il y a des avantages à être leader : on est souvent en atelier, on est souvent sollicité, on est au courant de tout, et rien que de détenir l’information, cela fait qu’on occupe une place stratégique ! »

Ainsi, même si le quotidien du leader est compliqué, même si les indemnisations et les prises en charge sont souvent jugées insuffisantes, la fonction de leader apporte beaucoup sur le plan intellectuel, social, culturel et parfois même matériel. Et il ne faut pas oublier non plus qu’au-delà de ces avantages et inconvénients, la fonction de leader est avant tout un choix !

Pour en savoir plus sur les leaders interrogés et leurs OP, vous pouvez consulter leurs présentations et les versions complètes de leurs interviews.

Restez informé⸱e !

Abonnez-vous à nos publications et bulletins pour les recevoir directement dans votre boîte mail.

Autres articles qui pourraient vous intéresser

Vous lisez un article de la publication "50 : Coup de projecteur sur les leaders paysans".

Appel à contributions

Ce numéro a permis à une vingtaine de leaders paysans africains, sud-américains, asiatiques et européens de témoigner de leur vécu, de leur expérience et de leur vision. Mais les leaders qui s’expriment ici sont essentiellement des leaders de niveau régional ou national, voire sous-régional, mais peu de représentants d’organisations villageoises ou départementales. Nous n’avons également pas pu collecter l’avis des membres des OP sur leurs responsables. Vos témoignages pour apporter d’autres points de vue et contribuer au débat…

Lire
Actualités d’Inter-réseaux

Bulletins de veille et site Internet La diffusion des bulletins de veille électroniques (BDV) continue deux fois par mois. À noter la parution des quatre derniers BDV thématiques : Transformation et consommation des produits locaux ; Quels instruments pour la régulation des marchés céréaliers en Afrique de l’Ouest ? ; Politiques foncières rurales ; Capitalisation d’expériences dans le développement international. Vous pouvez les retrouver en ligne, et vous abonner au BDV à : www.inter-reseaux.org. Nous prévoyons de mettre…

Lire PDF
Grain de Sel : déjà 50 numéros!

Cinquante numéros de Grain de sel, c’est beaucoup si on se réfère à la diversité des thèmes traités, à la richesse des apports des contributeurs, à la pertinence des dessins humoristiques. Mais 50 numéros, c’est peu si l’on songe à l’importance du travail d’information, aux multiples sujets à couvrir, aux témoignages à recueillir, aux débats à lancer… Ce cinquantième numéro est important par le sujet abordé : les leaders paysans face à leurs difficiles responsabilités au service des…

Lire PDF
Un mouvement paysan en attente d’une gouvernance exemplaire
Mamadou Cissokho

Dans la période qui a suivi les indépendances, le mouvement paysan ouest-africain se résumait à un système « prêt-à-porter » de coopératives sous tutelle des États. Il y avait alors un lien très fort entre les structures paysannes et les gouvernements. Dans les années 70/80, plusieurs phénomènes importants ont permis l’émergence d’un autre modèle de structuration. Une crise environnementale (la grande sécheresse) a accéléré l’exode rural. Les programmes d’ajustement structurel, en diminuant les moyens des États, ont réduit…

Lire PDF
Donner la parole aux leaders paysans

Ce numéro spécial de Grain de sel est consacré aux leaders paysans des organisations professionnelles agricoles, en particulier ouest-africaines. Mais qu’entend-on précisément par « leader paysan »? La dénomination de « leader », telle qu’elle est utilisée dans l’intégralité de ce numéro, est un terme emprunté à l’anglais et généralement employé pour désigner une personne à la tête d’un groupe, qui en porte les responsabilités et en est le porte-parole. Par prolongement, la notion de « leader paysan…

Lire PDF
Les leaders interrogés : qui sont-ils ?

Afrique Bénin Après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur agronome zootechnicien, Lionel Guezodje s’est installé comme exploitant en polyculture-élevage dans la commune de Zogbodomey. Il s’est alors impliqué dans la vie des organisations paysannes (OP) locales, puis a progressivement pris des responsabilités au niveau national. Il est, depuis 2002, secrétaire général de l’Association nationale des aviculteurs du Bénin (Anab), et, depuis 2007, secrétaire général de la Fédération nationale des unions de producteurs (Fupro) et président du comité de contrôle…

Lire PDF
Les leaders interrogés : d’où viennent-ils ?

Cet article présente la localisation géographique de l’ensemble des leaders paysans présentés dans l’article précédent intitulé « Les leaders interrogés : qui sont-ils ? » Voici un aperçu du fichier joint: Pour chaque leader, sa fonction et le nom de son organisation sont exposés. Son adresse e-mail est également disponible.

Lire PDF
Le leader et sa base : comment mieux la représenter ?
Elisabeth Atangana, Faliry Boly, Herman Kumara, Jean Coulibaly, Moacir Klein, Ousmane Tiendrébeogo, Rigoberto Turra, Seynabou Ndoye, damimif, potaljama

Les leaders paysans sont souvent critiqués pour leur éloignement progressif des préoccupations de ceux qui les ont élus. Si nous n’avons pu recueillir la vision des producteurs membres des organisations paysannes (OP), les leaders se sont largement exprimés sur leur perception du lien qu’ils tissent avec eux et sur les stratégies qu’ils adoptent pour l’entretenir. Les membres des OP à la base sont souvent déconnectés des débats régionaux ou nationaux, du fait des contraintes quotidiennes qui les empêchent…

Lire PDF
Quelle place pour les femmes dans le leadership des OP ?
Bernadette Ouattara, Bio Goura Soulé, Boukary Ouangraoua, Djermakoye Maidanda Hadja Maimouna, Fatouma Mahamane Sidi, Maha Hussein Feraigon, Mariam Sow, Raquel Copa de Justo, Seynabou Ndoye, damimif

Si les femmes sont aujourd’hui plus impliquées dans les OP, pourquoi ne sont-elles pas plus intégrées dans leurs instances ? Quelles formes de blocages rencontrent-elles ? Si elles ne sont pas visibles, cela signifie-t-il pour autant qu’elles ne participent pas aux prises de décisions ? Quelques témoignages et éléments de réponses. Les femmes sont aujourd’hui plus impliquées qu’auparavant dans les OP et parfois même majoritaires au niveau des organisations de base. Mais elles sont encore peu présentes dans…

Lire PDF
Élus et salariés d’OP : quelle complémentarité, quelles difficultés ?
Elisabeth Atangana, Gérard Andriamandimby, Jean Coulibaly, Rigoberto Turra, Tom Anang Odu

Les leaders d’OP ne peuvent diriger seuls, ils ont besoin d’appuis et de conseillers que sont les salariés. Mais les relations entre eux sont complexes. Quelle complémentarité y a-t-il entre les fonctions des uns et des autres ? Quelles difficultés rencontrent-ils ? Regards croisés d’un salarié et de leaders paysans. Entretien avec Gérard Andriamandimby, directeur du Réseau Soa à Madagascar Grain de sel : Quel est votre rôle en tant que directeur du Réseau Soa ? Gérard Andriamandimby…

Lire PDF
Être leader paysan : un processus d’apprentissage permanent
Elisabeth Atangana, Faliry Boly, Jean Coulibaly, Mamy Rajohanesa, Mariam Sow, Moacir Klein, Rigoberto Turra, Seynabou Ndoye

Face aux responsabilités croissantes qui incombent aux leaders paysans, leur formation dans divers domaines est de plus en plus indispensable. Si la question « peut-on former au leadership ? » reste largement débattue, les leaders d’aujourd’hui partagent avec nous leurs méthodes d’apprentissage, du scolaire au terrain. Les leaders paysans, et en particulier ceux d’envergure nationale ou internationale, ont de plus en plus à négocier avec les représentants des pouvoirs publics, les bailleurs de fonds et les institutions internationales….

Lire PDF
Les OP et leurs partenaires : maintenir le dialogue et savoir refuser
Bernadette Ouattara, Bio Goura Soulé, Jean Coulibaly, Patrick Delmas

À l’interface entre les OP et leur environnement, les leaders paysans ont, parmi leurs fonctions principales, celles de représenter leurs membres et de dialoguer avec les partenaires techniques et financiers. Comment s’acquittent-ils de cette mission, alors même que les relations entre OP et partenaires sont souvent complexes ? Dans le contexte des programmes d’ajustement structurel des années 90, beaucoup d’OP se sont développées pour combler les vides laissés par les États, avec l’appui de structures extérieures : financement…

Lire PDF
Leaders paysans et politiques: entre opposition, complicité et partenariat
Ahmed Ouayach, Faliry Boly, Jean Coulibaly, Rigoberto Turra, Samba Gueye, Seynabou Ndoye, Sibiri Jean Zoundi, tressapoulou

Les leaders paysans, meneurs des négociations entre leurs OP et l’État, ont un fort rôle à jouer pour aller vers un développement agricole de leurs pays. Quelles relations les leaders entretiennent-ils avec les États ? Quels sont les risques de récupération politique ? Comment établir un véritable partenariat gagnant-gagnant ? « Nous, paysans sénégalais, savons que notre premier partenaire est l’État, car il a pour rôle de mettre en oeuvre les politiques de développement ». Seynabou Ndoye, leader…

Lire PDF
Être leader, un sacrifice ?
Ahmed Ouayach, Boukary Ouangraoua, Elisabeth Atangana, Jean Coulibaly, Jean-Paul Meinrad, Mariam Sow, Moacir Klein, Seynabou Ndoye, ecasardghana

La question de la prise en charge des leaders revient de façon récurrente au sein des OP et soulève des débats importants entre membres et leaders. Qu’en est-il en réalité ? Pourquoi cette question est-elle fondamentale ? Qu’en disent les leaders ? Les leaders paysans, quel que soit leur niveau d’engagement dans les OP — villageois, régional, national, sous-régional — consacrent une partie importante de leur temps à la gestion de leurs organisations : suivi des activités et…

Comment faire place à une nouvelle génération de leaders ?
Ahmed Ouayach, Amadou Mossi, Bernadette Ouattara, Boukary Ouangraoua, Elisabeth Atangana, Faliry Boly, Jean Coulibaly, Mamy Rajohanesa, Mariam Sow, Raquel Copa de Justo, Rigoberto Turra, Seynabou Ndoye, Soumana Ladan, ecasardghana, oradeltogo

On reproche souvent aux leaders paysans de conserver leurs fonctions sur de trop longues périodes, dépassant parfois leur mandat. Outre les problèmes de gouvernance que cela peut engendrer, c’est aussi un facteur qui bloque l’émergence de nouveaux leaders dans les organisations et peut constituer une menace pour leur pérennité. Les leaders des organisations paysannes (OP) africaines ont tendance à rester longtemps en place pour de multiples raisons : parfois sous la pression de l’entourage, par intérêt pour les…

Lire PDF
Le leader paysan : des qualités contradictoires à concilier ?
Ahmed Ouayach, guezolionel, oradeltogo, potaljama

Les membres des OP et leurs partenaires attendent souvent beaucoup d’un leader : qu’il soit représentatif de sa base, qu’il maîtrise le contexte national et international ainsi que les sujets à débattre, qu’il ait été élu de façon légitime, etc. Mais les leaders peuvent-ils et doivent-ils réellement concilier toutes ces qualités ? La majorité des petits producteurs africains ont des revenus très faibles, sont peu instruits et habitent dans des zones rurales souvent difficiles d’accès. Cette situation ne…

Lire PDF
La gouvernance collective : une solution ?
Souleymane Traoré, fpfd2002, tressapoulou

Au travers des nombreux témoignages recueillis tout au long de la construction de ce numéro spécial, force est de constater que le leader paysan d’aujourd’hui a de nombreux défis à relever. Les membres des organisations paysannes (OP) et les leaders paysans eux-mêmes nous ont décrit l’ampleur des qualités nécessaires pour faire face à l’étendue de leur mission. À cela s’ajoutent les rôles que les partenaires voient comme étant rattachés à la fonction de leader pour pouvoir répondre à…

Lire PDF
Grain de sel n°50 : Coup de projecteur sur les leaders paysans – témoignages sur leur vécu et leur vision

_ SOMMAIRE Grain de Sel : déjà 50 numéros Grain de Sel : déjà 50 numéros! Éditorial Un mouvement paysan en attente d’une gouvernance exemplaire Donner la parole aux leaders paysans Donner la parole aux leaders paysans Les leaders interrogés : qui sont-ils ? Les leaders interrogés : qui sont-ils ? Les leaders paysans : d’où viennent-ils? Les leaders interrogés : d’où viennent-ils ? Le leader et sa base : comment mieux la représenter ? Le leader et…

Lire