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publié dans Revue Grain de sel le 21 octobre 2008

Entretiens avec Moussa Para Diallo et Mamadou Kourahoye Diallo, de la Fédération des paysans du Fouta Djallon

fpfd2002/Mamadou Kourahoye Diallo

Organisations de producteurs et de productricesPomme de terreVolatilité et flambée des prixGuinée

Vous lisez un article de la publication "43 : Hausse des prix agricoles".

Moussa Para Diallo est le président de la Fédération des paysans du Fouta Djallon, et Mamadou Kourahoye Diallo est responsable de la commercialisation de la Fédération des paysans du Fouta Djallon.

Grain de sel (GDS) : Qu’entendez-vous par « agriculture familiale » ?

Moussa Para Diallo
Moussa Para Diallo Moussa Para Diallo (MPD) : Voici ce qu’est pour moi, à titre personnel, l’agriculture familiale : c’est une agriculture qui emploie en première position les membres de la famille qui travaillent pour subvenir aux besoins de la famille. Ils produisent à la fois du maïs, du riz, du fonio, pour que les gens puissent manger à leur faim. Mais peuvent également faire des cultures de rente autour des tapades ou des jardins de case, c’est-à-dire café, petit piment, avocat, orange, etc. que l’on puisse vendre sur le marché pour trouver les moyens d’envoyer les enfants à l’école, de se soigner ou de se loger. Mamadou Kourahoye Diallo
Mamadou Kourahoye Diallo Mamadou Kourahoye Diallo (MKD) : L’Agriculture familiale c’est une agriculture où les gens trouvent de quoi se nourrir et des revenus complémentaires. Ils ne sont pas liés à une agriculture de commerce où on fait une spéculation, et où, lorsque les prix s’effondrent, tout s’effondre… Cela permet à l’agriculteur d’avoir une vie, une sécurité, une assurance. Si ce produit là ne marche pas, cet autre marche. Ce qui ne marche pas, on arrête. Derrière la rente il y a le vivrier, ce qui permet à la famille de vivre. Il n’est pas évident de faire de l’agriculture industrielle dans les montagnes où nous vivons, où les surfaces sont de 5 ha, 10 ha. C’est une région de montagnes essentiellement, si on rentre dans ça on détruit l’environnement, on détruit la nature. Il faut faire une agriculture qui permet à l’homme de vivre mais qui soit respectueuse de la nature et l’environnement.

GDS : Quelle est l’actualité de la Fédération, et pouvez-vous nous parler des perspectives ?

MKD : Le blocage des exportations a mis à l’épreuve la Fédération, ses capacités de lobbying, ses capacités manageriales, ses capacités mêmes de survie. C’est une des décisions les plus dangereuses auxquelles la fédération a dû faire face pendant toute sa carrière. Elle s’est retrouvée avec une production de plus de 2 000 tonnes qu’elle n’a pu récolter dans les champs et elle a perdu près de 2000 t dans les magasins. Elle s’est retrouvée toute seule à dire non, à dire « c’est une mauvaise mesure ce n’est pas comme ça qu’il faut réagir ». C’était une mesure populiste, qui répondait à une volonté des désigner des coupables : sur le coup, on a dit « le méchant, c’est l’agriculteur. L’agriculteur c’est l’affameur du peuple ». Alors que, justement, ce sont les producteurs qui donnent à manger aux gens. Pour bien comprendre ce qui s’est passé, il faut rappeler que la Guinée sort d’un système communiste socialiste où les gens font semblant d’accepter, courbent l’échine. La Fédération a choisi de dire non, on est descendus à Conakry, la bataille n’était pas gagnée d’avance, mais les gens nous ont entendus. On est parvenus à un avenant. Lorsque l’avenant a été signé, toutes les organisations se sont engouffrées dans la brèche. Après chacun a voulu récupérer la victoire, car finalement deux ans après, l’arrêté a été supprimé, sauf pour le riz et les produits pétroliers. Un des enseignements à tirer de cette expérience c’est que désormais les gens vont se méfier de ce genre de mesure, avant de prendre ce type de mesure, les gouvernements vont nous concerter. Cela a aussi montré aux autres organisations professionnelles que l’on peut s’opposer, que l’on peut gagner dans un conflit avec le gouvernement. Au fil du temps la fédération aurait pu perdre sa force initiale, 2007 a montré qu’on avait consolidé nos avantages. Le combat était même plus dur en 2007, car nous avions tous les syndicats contre nous, tous les fonctionnaires de l’État, les 50 000 travailleurs et associés de la classe ouvrière qui disaient « nous on a faim ». Personne n’a cherché à savoir pourquoi « on a faim ». Quand un troupeau avance, s’il s’arrête on tape sur le dernier mouton, on ne tape pas sur celui de devant. Le paysan est le dernier mouton, on dit c’est lui le responsable. La fédération a fait un gros travail pédagogique vis-à-vis de la société civile, en expliquant les conséquences de cette mesure et les méfaits possible. On n’a pas fait comme les syndicats, nous n’avons pas essayé avant tout de lancer les gens dans la rue. On a expliqué aux gens qu’on pouvait résoudre les problèmes par le dialogue. Nous avons fait des démonstrations avec des chiffres, nous avons chiffré les pertes des producteurs. La démonstration était sans appel.

GDS : On parle aujourd’hui d’impact positif de la hausse des prix sur les producteurs. Qu’en pensez-vous ?

MKD : La hausse des prix constitue à la fois un risque et un avantage pour les producteurs. Un risque, si les organisations professionnelles que nous sommes nous ne savons pas profiter de cette hausse. Un avantage parce que cela revalorise le métier de l’agriculture, permettant à l’agriculteur de vendre sa production à un prix acceptable. Mais c’est un risque, le profit peut être récupéré par d’autres, le paysan peut demeurer la personne qui gagne le moins. En profiter c’est d’abord structurer nos filières à la production, supprimer les intermédiaires, arriver à une commercialisation vers les consommateurs, éviter que les prix ne flambent. La fédération travaille sur ces sujets. Elle bâtit un réseau de magasins, elle discute avec le gouvernement et les bailleurs pour avoir des structures solides de stockage, pour réguler les prix sur les marchés, pour permettre aux producteurs de récupérer la marge qui va être générée sur la commercialisation. Les premiers magasins datent de 1996. La structuration a commencé depuis longtemps.

MPD : Je crois que je ne suis pas d’accord avec vous tous. Je pense qu’il n’y a pas de hausse des prix. Au contraire, le pétrole a augmenté le prix des intrants a augmenté, il faut forcément que le prix des produits agricoles suive. Est-ce que maintenant, aujourd’hui, on a fait le calcul pour savoir effectivement si le revenu des producteurs a augmenté ? Je ne sais pas. L’engrais que j’achetais il y a un an ici en France à 300 euros la tonne je l’achète à 650 euros la tonne. Donc il y a problème. Le prix de la pomme de terre l’année dernière c’était à plus ou moins 2000 francs cette année c’était 2500. Les agriculteurs ne sont ni journalistes, ni politiques, ni monde administratif, est-ce qu’on ne veut pas encore leur faire porter le chapeau ?

GDS : Que pensez-vous des récentes négociations commerciales internationales (échec OMC, échec APE) ?

MPD : Je pense que l’on met deux mondes un peu différents sur une même table de négociation. Un fermier de 1000 ha sur une plaine de la Beauce et un fermier burkinabè qui a à peine une daba. Et on leur dit de négocier. Bien sûr, quelques uns disent de résister. On applaudit. Mais on connaît le résultat : quand le paysan africain prend la parole, le fermier américain sort de la salle. Cela veut dire qu’ils n’ont rien de commun, donc que ça n’est pas la peine de discuter. Dans une négociation, nous sommes toujours les parents pauvres, donc ça n’est pas facile à gérer. Selon moi dans ces conditions il importe d’autant plus de se positionner d’abord pour nourrir nos populations. Quand nos gens n’ont plus faim, on peut se retrouver pour discuter. De l’autre côté, au niveau des APE il serait bon que l’on réfléchisse un peu. Après la traire négrière, après la colonisation, vu maintenant nos indépendances entre guillemets, les pays d’Afrique, beaucoup plus liés à l’Europe qu’à n’importe quel autre continent, n’ont même pas de courant ou à manger. Or on leur dit « maintenant il faut encore ouvrir les frontières ». On voudrait laminer le peu d’économie qu’il y a on ne s’y prendrait pas mieux. Je pense qu’il n’est pas mauvais d’y penser sérieusement. On peut toujours négocier, mais ce sont des négociations entre quelqu’un qui s’est réveillé il y a plus d’un siècle et une autre personne qui sort du lit. Tandis que l’un passait son temps à réfléchir l’autre dormait, on peut imaginer le résultat de la négociation. Par ailleurs, il serait bon qu’on ne mette pas que l’économie sur le devant de la scène. Désormais lorsqu’il y a un problème, au lieu de dire « ce sont les États », on dit « c’est les multinationales ». Les multinationales n’ont ni parents ni amis, ils n’ont que le profit. Donc si l’on met ces gens là en négociation avec n’importe quel État, on peut imaginer ce qui va se passer. Il est grand temps – peut-être avant qu’il ne soit trop tard – d’aider les Africains autrement, de réfléchir de façon plus humaine, de ne pas mener des négociations tous azimuts, de ne pas mettre des accords sur tous les produits. Peut-être pourrait-on commencer par un produit il faut aussi penser beaucoup plus à accompagner aussi les OP sur la production, l’économie. Jusqu’à présent, on les a accompagnées sur du social, sur du syndical, et je pense qu’on n’ira pas loin avec. Il faut mieux organiser les marchés et les organisations pour qu’ils soient de véritables acteurs économiques. Pour qu’ils puissent en profiter lorsqu’il y a un marché à portée de main. Il faut penser à appuyer une structure sur la durée, pas juste faire des feux de paille comme on aime bien le faire, comme on est spécialiste en la matière chez beaucoup de partenaires au développement. Aujourd’hui, si je prends le cas de la fédération des paysans du Fouta, si on est un peu plus « solides » c’est dû au fait que la coopération canadienne et la coopération française, des ONG et des fermiers français nous ont accompagnés dans la durée. Ils continuent à nous accompagner et aujourd’hui, on voit les résultats : non seulement les gens on bien de quoi manger mais ils continuent à envoyer leurs enfants à l’école et à l’hôpital quand c’est nécessaire. Quand une organisation prend de l’ampleur il faut l’accompagner. Les accords de partenariats pourraient aider à ce que ces organisations puissent tourner elles-mêmes à la longue.

MKD : Les APE montrent qu’il y a une maturité au niveau de la société civile. Il y dix ans, on peut penser que tous les gouvernements auraient signé sans que personne ne lève le petit doigt. Aujourd’hui, l’État ne peut plus faire ce qu’il veut, que ce soit au Nord ou au Sud. On ne peut plus se retrouver entre gouvernants pour faire un papier. Les organisations de la société civile commencent à mûrir et à dire non. Aujourd’hui pas sûr qu’on aurait pu faire accepter les plans d’ajustement structurel par les sociétés africaines. Parce que ces plans ont déstructuré nos États. La production, la commercialisation ont été déstructurées. Prenez n’importe lequel de nos pays, les structures de production sont complètement laminées et l’État a abandonné. Ça amène à penser la restructuration même de nos États. Il faut accompagner les organisations professionnelles jusqu’à ce que les États se reconstituent.

GDS : La Guinée a-t-elle une politique agricole et quelle est-elle ?

MKD : Il n’y a pas, en Guinée de Loi d’orientation agricole. Il existe bien une lettre de politique agricole, la LPDA, faite par l’État. Ensuite il y a une politique nationale de développement agricole, le PNDA, le ministère de l’Agriculture travaille là-dessus, ils doivent arriver à une LOA. Les OP ont été consultées. L’élaboration est participative. C’est lors de la mise en œuvre que le bas blesse, ça n’est pas dans la conception.

MPD : comme chez vous, cf. rejet du texte sur l’UE par les populations et après le parlement a ratifié. On a vu que le peuple ne voulait pas donc. Mais il est vrai que le peuple parfois c’est pas forcément la meilleure façon de voir les choses car ils n’ont pas toutes les données.

GDS : Quelle est votre position sur les OGM ?

MPD : Une bête qu’on ne connaît pas. Puisque on ne la connaît pas, personnellement, je ne conseille pas aux gens de se lancer dedans. Ça n’est pas une question d’être « pour » ou « contre » mais je ne connais pas et quand tu ne connais pas il mieux vaut aller doucement. Celui qui a à peine de quoi gratter la terre pour se nourrir ne va pas discuter avec celui qui fait le labour avec un tracteur sans chauffeur où tout est réglé. Ma crainte, c’est que si on ne fait pas attention, un jour on va se retrouver sans nourriture parce qu’on aura fait tellement d’inventions qu’on aura inventé ce qui va nous détruire. Il faut aller prudemment.

MKD : Sur les OGM, que sait le paysan de base dans nos pays ? Biotechnologie, ADN, etc. tout ce qu’il sait c’est qu’il a un riz qu’il semait qui marchait bien. Qu’il se retrouve avec un riz dont il ne sait pas d’où il vient et qu’il marche difficilement. Les OGM c’est très loin de nous. Je vais vous donner un exemple que j’ai vécu personnellement. Heureusement que je suis dans un milieu professionnel comme la fédération, sinon j’aurais fait beaucoup de bêtises. Le zéro labour c’est trois composantes : le semi direct, la plante de couverture et la rotation des cultures. Je prends la plante de couverture dans le semi direct. C’est très bien la rotation des cultures, c’est excellent c’est ce que le paysan fait, le paysan l’a fait avant qu’on ne le lui dise, quand il peut. Mais on a inventé à cause de ça les plantes de couverture, une mauvaise herbe. Vous mettez ça dans un milieu ouvert, le paysan n’a pas le temps, la plante fleurit, elle se dissémine, il se retrouve devant une mauvaise herbe qu’il ne connaît pas. Donc il détruit son environnement sans le savoir. Vous introduisez des espèces inconnues dans le milieu et on finit par tout détruire. Parce que le paysan ne connaît pas le danger de ce qu’il a en main. C’est une très bonne chose la plante de couverture dans un système agricole contrôlé, où les gens qui cultivent sont des ingénieurs minimum, où une agriculture vraiment performante. Mais dans une agriculture familiale ou entre la moisson du riz et la préparation des sols pour la patate ça urge, on ne s’occupe pas de la parcelle dans laquelle il y a une plante de couverture. Elle va fleurir, elle va se disséminer, et tout envahir… on n’a plus à manger.

GDS : La pomme de terre est-elle un produit d’avenir ? quelle diversification ?

MPD : La culture de la pomme de terre est une très bonne chose et c’est une culture d’avenir. Elle sert à nourrir une population, lui permet d’avoir des revenus, des semences pour les futures récoltes. Sur l’arrière récolte, on peut faire du riz, du maïs, de l’ arachide et autour on peut planter des fruitiers, des orangers, des grenadiers, des citronniers, des manguiers greffés, un peu de banane etc. Avec ces périmètres aménagés on peut diminuer la coupe abusive de bois pour cultiver, donc on cherche à préserver la nature. En 92 pratiquement personne ne consommait de la pomme de terre aujourd’hui c’est consommé dans les foyers les plus pauvres notamment du côté de Timbi Madina, les gens mangent la pomme de terre le matin le midi et le soir, je pense que c’est une réussite. En termes de production on est passés de moins de 100 t en 1992 à 18 000 t produites aujourd’hui. Il faut accompagner, savoir accompagner cette réussite, stabiliser les gens dans les bas fonds, les périmètres our moins déboiser, trouver des retenues collinaires pour bien irriguer et aussi faire en sorte que la culture se pérennise et que on trouve des magasins de stockage etc. Quand les gens voient leur intérêt ça peut aller très vite.

MKD : Le président est modeste, les tapades sont couvertes de pomme de terre, potentiel 200 000 t de prod, 10 000 ha aménagés, 1 million d’emplois dans le Fouta, autour d’une culture. Au lieu de faire la banane exportée – je n’ai rien contre la banane mais en Afrique de l’Ouest aujourd’hui avec les accords, il n’est pas facile de faire de la banane – si on met tous les efforts dans la production de pomme de terre on aura autant en maïs, en riz, en arachide, et tous les fruitiers qu’on veut. Lutte contre le déboisement ce sont des milliers d’ha que l’on préserve. Des filières sur lesquelles il faut travailler parce que notre marché sous-régional est un marché important. On peut vivre là, on n’est pas obligé de faire les cultures d’exportation qu’on a toujours prônées. Aujourdh’ui on est dans une situation telle que ces gens qui vont devoir quitter ces cultures n’ont d’autre lieu où aller que la migration. Il faut créer d’autres pôles économiques.

S’il y a aujourd’hui un tel engouement sur la pomme de terre c’est parce que la Fédération a su gérer la relation entre transporteurs commerçants et producteurs. Elle a su maintenir l’équilibre pour que les paysans se sentent toujours gagnants. Le jour où ils se sentiront perdants, ils vont arrêter. Il faut un conseil de gestion de proximité, calculer les coûts de revient, pour aller négocier à l’OIP à armes égales.

GDS : La parole au président en guise de conclusion ?

MPD : le rôle d’un président c’est de donner la parole aux autres et de bien les écouter. C’est ça le rôle d’un responsable c’est pas de se mettre en avant, de tout connaître. Au niveau de la fédération, nous avons aujourd’hui suffisamment de maturité pour partager le pouvoir. Ça n’est pas une personne qui décide pour tous, nous décidons ensemble.

Entretien réalisé à Paris le 15 septembre 2008

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