Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur email

The content bellow is available only in French.

publié dans Revue Grain de sel le 30 mai 2007

Microfinance et réduction de la pauvreté : la fin d’un mythe ?

Solène Morvant-Roux

Microfinance

Vous lisez un article de la publication "38 : Demain, encore des jeunes agriculteurs motivés?".

Deux ans après l’année internationale de la microfinance, parmi les concerts de louanges à ce secteur, rares sont les voix qui s’élèvent contre son hégémonie dans le domaine de l’aide au développement. Pourtant, des questions apparaissent çà et là sur l’impact réel de la microfinance… La parole à Solène Morvant, chercheuse.

L’ATTRIBUTION en octobre 2006 du prix Nobel de la paix à Muhammad Yunus et à la Grameen Bank qu’il a fondée constitue le couronnement de dix années de médiatisation intense de la microfinance. « Éradiquer la pauvreté grâce à une approche alternative du capitalisme », la promesse à l’origine de l’émergence de la microfinance il y a plus de trente ans a été réaffirmée par le professeur Yunus dans son discours devant le comité du prix Nobel. Dans cette conception d’un capitalisme bienveillant envers les pauvres qui intervient dans un monde où la pauvreté est exclusivement liée aux défaillances ou à l’incomplétude du marché financier, l’État se trouve marginalisé. C’est aussi le cas de l’aide au développement fondée sur l’assistance, telle que diffusée au sortir de la seconde guerre mondiale et relayée par les ONG. Face au consensus médiatique sur la contribution supposée de la microfinance en matière de lutte contre la pauvreté, les voix discordantes remettant en cause non pas la légitimité de la microfinance mais sa place hégémonique comme outil de lutte contre la pauvreté ont bien du mal à se faire entendre. Pourtant, l’écart entre les promesses et la réalité est considérable, notamment en ce qui concerne le monde rural.

Une offre inégalement répartie. Si l’opposition microfinance rurale et urbaine n’est pas toujours opportune en raison de relations intenses entre les populations des zones rurales et urbaines d’un même pays, force est de constater que l’accès aux services financiers illustre d’importantes inégalités territoriales. La très forte concentration de l’offre de microfinance en Asie, avec une couverture de la moitié des pauvres de cette région ¹, dissimule des disparités nationales très fortes, au désavantage des zones rurales où vit pourtant la grande majorité des pauvres (environ 75 % des pauvres sont des ruraux). En Inde, deux États du Sud (Andhra Pradesh et Tamil Nadu), classés parmi les États les plus riches, concentrent à eux seuls près des trois quarts de l’offre de microfinance ². Au Mexique, une étude du CGAP ³ montre une corrélation négative entre le niveau de marginalisation économique et sociale de l’État et l’offre en services financiers. Ces résultats confirment la situation bolivienne.
La microfinance ne semble donc pas d’emblée bienveillante avec les pauvres comme le prétend le professeur Yunus. La mise en place de services financiers adaptés aux besoins des populations vivant dans des zones rurales reculées marquées par la faiblesse des infrastructures est davantage coûteuse et risquée. Elle implique des efforts particuliers et des innovations multiples pour dépasser les principaux obstacles : l’échange d’informations avec des clients isolés ; la circulation de l’information et sa gestion au niveau de l’institution et enfin les coûts et risques liés au transport régulier d’argent dans des zones reculées et peu denses.

L’intervention publique demeure indispensable au bon fonctionnement du système. Dans ce contexte, l’intervention publique a joué et doit encore jouer un rôle primordial dans l’essor de la microfinance en se positionnant comme le garant d’une certaine équité dans la lutte contre l’exclusion financière. Ainsi, dans de nombreux pays l’État appuyé par des organismes internationaux a incité à un certain rééquilibrage. La volonté de la microfinance de rompre avec la philosophie de l’aide au développement est donc restée limitée : les fonds extérieurs sont substantiels et jouent un rôle crucial puisque la construction d’une véritable intermédiation financière repose largement encore sur des initiatives et fonds publics. La Grameen Bank n’échappe pas à cette situation : entre 1985 et 1996, les subventions cumulées ont atteint 144 millions de dollars (en valeur de 1996), ce qui ferait de la Grameen le plus gros bénéficiaire de l’aide au développement.

Évaluer l’apport réel de la microfinance : un exercice complexe et mal maîtrisé. En référence à la conception de Muhammad Yunus, le capitaliste bienveillant va théoriquement rencontrer des « pauvres entrepreneurs » : il suffirait donc de doter les pauvres en « capital » par le biais du microcrédit pour développer leur potentiel entrepreneurial et vaincre la pauvreté. Les attentes envers la microfinance sont alors immenses.
Ces espoirs sont entretenus par la complexité d’évaluation de l’apport réel de la microfinance pour les populations concernées : la rigueur scientifique exige des procédures d’évaluation coûteuses et longues qui ne répondent pas le plus souvent aux contraintes et besoins des praticiens. Les contextes et modalités d’intervention limitent par ailleurs la portée des comparaisons et rendent difficile toute généralisation. Adoptant une approche macro-économique, une récente étude montre un lien étroit entre l’emploi salarié (et non l’auto-emploi véhiculé par la microfinance) et la réduction du nombre de pauvres en comparant la Chine, l’Inde et le continent africain.
En effet, toutes les analyses d’impact réalisées en milieu rural à partir d’un travail de terrain approfondi aboutissent à des résultats comparables : l’effet du microcrédit sur la création d’activité et l’accroissement des revenus est limité. Le principal effet positif du microcrédit se situe au niveau de la gestion de la liquidité : l’apport en liquidité que constitue le microcrédit permet à de nombreux ménages de réduire le décalage temporel entre les revenus et les dépenses et ainsi de mieux gérer leur budget. En l’absence d’opportunités locales de diversification des revenus, le microcrédit garantit au mieux la continuité de l’activité. Mais il permet rarement d’en initier une nouvelle ou d’accroître les revenus tirés des activités financées si le contexte local (demande solvable) ou global (prix de vente des produits agricoles) n’est pas propice. Dans les zones rurales du Mexique, la migration demeure une stratégie bien plus attractive. C’est pourquoi même dans des zones qui, historiquement, ne sont pas des zones à forte intensité migratoire vers les États-Unis, malgré la présence prolongée d’un dispositif de microfinance, la baisse des cours de vente du café (activité agricole de rente dans cette zone) se traduit par un accroissement très fort de la migration internationale. Le microcrédit est, dans ce cas, utilisé pour financer la migration ou pour faire face aux dépenses de la famille en attendant l’envoi d’argent du membre de la famille émigré.
De même, les taux de remboursements affichés par les institutions de microfinance (IMF) ne sont pas un gage d’impact positif sur les revenus : ceux-ci ne fournissent pas d’information sur la nature productive de l’utilisation du crédit, ni sur les sources de remboursement et encore moins sur le bénéficiaire final du crédit. On constate en effet que le renouvellement du crédit assure dans bien des contextes une partie du remboursement du crédit antérieur. Une autre stratégie courante consiste à multiplier les emprunts soit auprès d’autres IMF soit auprès du secteur financier informel ou du réseau social pour faire face aux échéances de remboursement. Ces stratégies garantissent le remboursement et laissent penser qu’il y a bien adéquation entre le montant prêté et la capacité réelle de remboursement de l’emprunteur, qui accède ainsi à de nouveaux prêts, le plus souvent de montant supérieur. Mais elles risquent de se révéler dramatiques au moment du remboursement final si les emprunteurs n’ont pas les moyens de rembourser et se trouvent en situation de surendettement.

La microfinance seule ne peut lutter contre la pauvreté et les inégalités. Pour autant, la légitimité de services financiers destinés aux pauvres et adaptés à leurs nécessités ne fait aucun doute. Dans des contextes d’exclusion financière touchant non seulement les franges les plus pauvres mais aussi les classes moyennes urbaines des pays en voie de développement, la microfinance a permis de repousser les barrières de l’accès à ces services.
Quand bien même la pauvreté ne serait liée qu’à l’accès au marché financier (occultant les facteurs liés à l’organisation sociale, la répartition des richesses ou les investissements publics), les potentialités de ce dernier à impulser un cercle vertueux s’avèrent limitées.
Les publications récentes mettant en doute les vertus de la microfinance pour réduire la pauvreté et les inégalités auront-elles un jour raison de la force normative des discours qui la présentent comme le remède contre la pauvreté ? Il s’agira à ce moment-là non pas de la remplacer par une nouvelle solution-miracle mais de lui faire porter un objectif plus réaliste, non moins valable : celui de la lutte contre l’exclusion financière que subissent encore les plus pauvres par la provision de services variés et adaptés à leurs besoins (épargne, crédit, transferts d’argent, encaissement des chèques, micro-assurance). En milieu rural, seule une articulation volontariste de la microfinance avec des programmes publics sociaux, sanitaires, éducatifs et une mise en cohérence des politiques commerciales internationales constituera une démarche porteuse de lutte contre la pauvreté et les inégalités.

Restez informé⸱e !

Abonnez-vous à nos publications et bulletins pour les recevoir directement dans votre boîte mail.

Autres articles qui pourraient vous intéresser

Vous lisez un article de la publication "38 : Demain, encore des jeunes agriculteurs motivés?".

Réaction de Alain Maragnani à GDS 38
Alain Maragnani

Je suis très surpris que « Grain de sel », dans son dernier numéro sur l’insertion professionnelle des jeunes, n’ait fait aucune référence au travail d’analyse et de réflexion conduit depuis une quinzaine d’années en collaboration étroite entre les ministères français des Affaires étrangères et de l’Agriculture avec leurs partenaires responsables des formations rurales des pays du Sud, notamment d’Afrique. Outre la réunion de plusieurs groupes de travail et la réalisation de journées d’étude sur les formations rurales,…

Lire
Le programme des petits crédits pour les femmes de la structure d’appui à la MPE (AMIE)

Présentation d’un programme visant à « former les femmes et leurs associations à l’esprit d’entreprise pour les orienter dans les créneaux porteurs, en vu de créer des emplois dans les petites entreprises » aux Comores.

Lire PDF
La communication de masse : force du changement social. Cas de la région du Vakinankaratra
Stefano Etienne

Stefano ETIENNE

Lire PDF
Juventude rural e políticas públicas no Brasil
Repères Changements climatiques : Pour en savoir plus
On en parle…
Inter-réseaux

Produitdoc, le bulletin des matières premières de l’AFD… s’associe à Grain de sel pour une nouvelle rubrique régulière sur les matières premières

Lire PDF
Kiosque
Inter-réseaux

– Regards sur la Terre – 2007. L’annuel du développement durable Sous la direction de Laurence Tubiana et Pierre Jacquet Agroalimentaire et lutte contre la pauvreté en Afrique subsaharienne Cecile Broutin et Nicolas Bricas L’Afrique des inégalités : où conduit l’histoire Denis Cogneau L’exploitation agricole familiale : mythe ou réalité. Cahiers d’agriculture nº15 Coordonné par Eduardo Chia et Patrick Dugué

Lire PDF
Changement climatique. Prévenir. S’adapter. Changer les politiques de développement ?
Hubert Kieken

L’Afrique subsaharienne est très peu émettrice de gaz à effet de serre. Pourtant le continent africain vient d’être désigné comme « le plus vulnérable aux effets prévus du changement climatique ». Ce constat, établi par le Giec, signale l’urgence de la lutte contre le changement climatique en Afrique. Aider le continent à mieux s’adapter en prévision des changements climatiques à venir ? Des choix politiques s’imposent.L’Afrique subsaharienne est très peu émettrice de gaz à effet de serre. Pourtant…

Lire PDF
Des cultures traditionnelles pour pallier la pénurie de manioc
Adeline Nsimire

Meurtries par la famine et la pauvreté, les femmes rurales du Sud-Kivu s’organisent individuellement et collectivement pour trouver des réponses à la pénurie de manioc. Elles recourent à certaines cultures traditionnelles en remplacement de cette plante vulnérable à la mosaïque, un virus qui rend les tubercules rachitiques.LE MANIOC, principale culture et aliment de base de la province du Sud-Kivu, est en voie de disparition dans la région. De vastes étendues sur lesquelles cette culture était souvent pratiquée sont…

Lire PDF
Dynamiser et fédérer les OP du Congo
Jean-Valère Ngoubangoyi

La République du Congo ou « Congo Brazzaville » n’est pas souvent abordée dans GDS. Pour mettre un pied (et surtout un oeil) dans ce pays d’Afrique centrale, nous avons choisi de demander à un journaliste congolais de réaliser un panorama des OP congolaises.LES TROUBLES SOCIO-POLITIQUES et les conflits armés qui ont déchiré le Congo tout au long des années 90 n’ont pas permis aux OP de s’organiser. Depuis 2002, date à laquelle la République du Congo a…

Lire PDF
Les Tic au service des OP
Valérie Koutou

Les organisations paysannes (OP) renforcent la gestion de l’information et de la communication dans la commercialisation de leurs productions. Outre les méthodes « classiques » (radio, télévision, bulletins, etc.), elles s’ouvrent à de nouveaux outils : systèmes d’information sur les marchés, vidéo participative, web, etc.Le forum régional de Bamako, un espace de partage d’expériences et d’apprentissage des Tic pour les OP. Le forum régional organisé par Inter-réseaux à Bamako du 16 au 18 janvier 2007 a fait le…

Lire PDF
Les Maisons familiales rurales au Maroc, un acteur de la formation de plus en plus reconnu
Patrick Guès

On estime à 1 million le nombre de jeunes déscolarisés dans le milieu rural marocain. Apporter une formation à ces jeunes constitue un défi majeur auquel les Maisons familiales rurales (MFR) tentent de répondre, avec l’appui de différents partenaires. Encore peu nombreuses mais mieux structurées, elles viennent de recevoir le soutien opportun de l’État marocain.L’ ÉLOIGNEMENT de l’école du domicile, absence de centres de formation professionnelle, disparités culturelles, programmes inadaptés aux réalités, etc. : les jeunes ruraux marocains…

Lire PDF
Des politiques publiques pour la jeunesse rurale au Brésil
Maria José Carneiro

Le souci de tracer des lignes directrices et formuler des politiques publiques pour la jeunesse est relativement récent au Brésil. C’est à partir du gouvernement Lula que sont apparues des mesures significatives comme la création, en 2005, d’un Secrétariat national de la jeunesse qui vise à élaborer des politiques destinées à la jeunesse. UNE DES INITIATIVES les plus importantes du Secrétariat fut l’institutionnalisation du Conseil national de la jeunesse composé pour 2⁄3 de représentants de la société civile…

Lire PDF
La formation, un problème majeur
Patrick Delmas

À l’origine nous avions souhaité présenter un centre de formation pour jeunes ruraux du Burkina Faso. Mais sur le terrain, difficile de trouver des informations intéressantes sur ces structures. Faute de témoignage parlant, nous vous proposons un tour d’horizon historique sur les aléas de la formation des agriculteurs en Afrique de l’Ouest.IL SEMBLE que depuis les indépendances, les initiatives destinées à former des jeunes agriculteurs se sont succédées, on serait tenté de dire d’échec en échec — on…

Lire PDF
« Nenako ho Tantsaha », collèges agricoles à Madagascar
Colette Ravelomanana, Laurence Tommasino

Offrir à leurs enfants la possibilité de se former de manière professionnelle au métier d’agriculteur, telle était la volonté des paysans à l’origine des collèges agricoles à Madagascar. Fifata, avec l’appui de Fert et du Cneap, a ainsi initié une expérience unique dans ce pays, alliant proximité avec les paysans et professionnalisme.EN 2002, Fifata, accompagnée par Fert, décide de faire de la formation initiale agricole un axe fort de ses activités. Convaincus des limites de l’apprentissage traditionnel, les…

Lire PDF
Pourquoi les jeunes ruraux ne veulent pas rester au village ! Enseignements et initiatives de la Fongs au Sénégal
Daouda Diagne

La concertation entre décideurs publics, acteurs du développement et responsables paysans est la clé d’une amélioration réelle du sort des jeunes paysans. Telle est, en partie, l’analyse de la Fongs, qui, après avoir fait le constat des multiples difficultés que rencontrent les jeunes ruraux au Sénégal, propose des pistes d’action.LA FONGS est un mouvement paysan autonome de près de trente ans d’existence. Elle compte aujourd’hui plus de 150000 membres actifs regroupés dans 32 associations paysannes de dimensions variées…

Lire PDF
« Porque queremos seguir en el campo »
Severine Carmem Macedo

Dans tous les pays d’Amérique latine, on constate un flux permanent de jeunes ruraux vers les grands centres urbains, ou vers les « pays développés». De jeunes agriculteurs argentins, brésiliens et uruguayens ont décidé de s’allier pour défendre leur cause au niveau sous-régional. Un exemple édifiant pour la jeunesse rurale africaine. Entretien avec Severine Carmem Macedo, coordinatrice des jeunes agriculteurs de la Fetraf Grain de sel : Qu’est-ce que la fédération des travailleurs de l’agriculture familiale (Fetraf) ?…

Lire PDF
Angeline Konso, agricultrice et vendeuse de produits agricoles
Martin Nzegang

À 23 ans, Angeline Konso est à la tête d’une grande famille camerounaise de 8 personnes qu’elle entretient grâce à l’agriculture et à la vente des produits agricoles. Une vocation tardive mais bien ancrée chez cette jeune femme qui ne s’est pas arrêtée au premier obstacle, et cultive de belles ambitions… ANGELINE KONSO est née il y a 23 ans à Dziguilao, à 180 km au sud est de la ville de Maroua dans l’extrême nord du Cameroun….

Lire PDF
La jeunesse africaine face à l’agriculture
Moussa Seck

Pour ouvrir ce dossier, nous avons donné la parole à Moussa Seck. Cet agronome qui a dirigé, pendant vingt ans, le département Système et Prospective de Enda Tiers Monde donne un point de vue personnel à la fois global et percutant sur l’avenir des jeunes ruraux en Afrique. Des propos parfois iconoclastes que nous vous livrons sans artifices.IL EST GENERALEMENT ADMIS que plus de 60 % de la population en Afrique vit dans le monde rural malgré une…

Lire PDF
Microfinance et réduction de la pauvreté : la fin d’un mythe ?
Solène Morvant-Roux

Deux ans après l’année internationale de la microfinance, parmi les concerts de louanges à ce secteur, rares sont les voix qui s’élèvent contre son hégémonie dans le domaine de l’aide au développement. Pourtant, des questions apparaissent çà et là sur l’impact réel de la microfinance… La parole à Solène Morvant, chercheuse. L’ATTRIBUTION en octobre 2006 du prix Nobel de la paix à Muhammad Yunus et à la Grameen Bank qu’il a fondée constitue le couronnement de dix années…

La belle de Guinée est-elle menacée ?
Patrick Delmas

La belle de Guinée, produit d’une longue bataille menée par les producteurs guinéens pour développer une production nationale de pommes de terre et se substituer aux importations, vient de se voir frappée d’interdit d’exportation . D’un blocage des importations salvateur à une interdiction d’exportation funeste, l’État guinéen souffle le chaud et le froid. Avant 1990, la production guinéenne de pomme de terre était insignifiante. Les semences locales réutilisées d’année en année apportaient des tubercules de qualité médiocre. Entre…

Lire PDF
Boom du cacao au Ghana, fruit de la libéralisation ?
François Ruf

Effondrée dans les années 80, la production ghanéenne de cacao se rétablit dans les années 90 pour rebondir à partir de 2003. L’économie du pays, bon élève du FMI, se redresse. Bien des observateurs concluent au succès d’une politique de libéralisation progressive et partielle. Mais de multiples autres facteurs entrent en ligne de compte. Le Ghana, à qui la Côte d’Ivoire ravit en 1977le rang de premier producteur mondial de cacao, amorce une politique de libéralisation du secteur…

Lire PDF
L’invité de Grain de sel : Christophe Eberhart
Christophe Eberhart

Grain de sel : En ce début mai 2007, c’est la 7ème quinzaine du commerce équitable en France, quels sont les enjeux cette année en particulier ? Christophe Eberhart : Nous sommes à un tournant important dans l’histoire du commerce équitable. En effet, ce dernier est en train de changer d’échelle. Les volumes échangés prennent de l’ampleur, et les acteurs impliqués se diversifient. Aux côtés de quelques ONG « pionnières » dans le secteur, le label FLO –…

Lire PDF
Les jeunes, bâtisseurs de l’agriculture de demain
Jean-Claude Devèze

Les activités des cinq cent millions de ruraux de l’Afrique subsaharienne sont encore en majorité structurées par des productions agrosylvopastorales aux devenirs incertains. Un des facteurs majeurs des évolutions des campagnes africaines sera la façon dont les jeunes africains considéreront le métier d’agriculteur. Les migrations, nombreuses, de jeunes ruraux vers les villes ou vers l’étranger — avec les risques pris par certains sur des pirogues ou dans la traversée du désert – et les recrutements d’enfants soldats par…

Lire PDF
Actualité de l’Inter-réseaux
Inter-réseaux

Un nouveau secrétaire exécutif Parmi les actualités concernant l’association, une bonne nouvelle : l’arrivée de notre nouveau secrétaire exécutif. Christophe Jacqmin, longtemps directeur du Comité de coopération avec le Laos (CCL), est un gestionnaire de l’économie sociale impliqué dans le milieu des ONG de développement depuis 20 ans. Ayant pris ses fonctions à la fin avril, il s’est rapidement attelé à la tâche, de nombreux chantiers l’attendaient… Un forum, des produits et de nouveaux thèmes En 2006, vous…

Lire PDF
Grain de sel n°38 : Demain, encore des jeunes agriculteurs motivés ?

Actualité d’Inter-réseaux Actualité de l’Inter-réseaux Editorial Les jeunes, bâtisseurs de l’agriculture de demain Gros sel L’invité de Grain de sel : Christophe Eberhart Forum Boom du cacao au Ghana, fruit de la libéralisation ? La belle de Guinée est-elle menacée ? Microfinance et réduction de la pauvreté : la fin d’un mythe ? Dossier : Demain, encore des jeunes agriculteurs motivés La jeunesse africaine face à l’agriculture Angeline Konso, agricultrice et vendeuse de produits agricoles « Porque queremos…

Lire
Changement climatique. Prévenir. S’adapter. Changer les politiques de développement ?
Hubert Kieken

L’Afrique subsaharienne n’est pas émettrice de gaz à effet de serre. Pourtant le continent africain vient d’être désigné comme « le plus vulnérable aux effets prévus du changement climatique ». Ce constat, établi par le Giec, signale l’urgence de la lutte contre le changement climatique en Afrique. Aider le continent à mieux s’adapter en prévision des changements climatiques à venir ? Des choix politiques s’imposent.

Lire PDF