The content bellow is available only in French.

publié dans Revue Grain de sel le 17 septembre 2014

L’agroécologie, un concept pour une diversité d’approches

L’agroécologie couvre aujourd’hui une grande diversité de débats et de représentations tant individuelles que collectives. Cet article vise à préciser l’évolution du concept ainsi que les différents registres et pratiques qu’il recouvre dans le monde.
Céline Allaverdian est chef de projet (développement agricole et filière) pour le Gret au Myanmar
Pierre Ferrand est chargé de projet développement agricole et filière agroalimentaire au siège du Gret à Nogent sur Marne
Jean-François Kibler est représentant du Gret au Laos et chef de projet (Gestion des Ressources Naturelles)
Lucie Reynaud est Assistant Technique (développement agricole et agroécologie) pour le Gret au Cambodge
Les conclusions de cet article sont issues d’un chantier de réflexion initié par le Gret en 2010 sur l’agroécologie. Ce chantier a notamment nourri la publication d’un ouvrage en janvier 2013 sur l’agroécologie avec la C2A (Coordination Sud) : Répondre aux défis du 21e siècle avec l’agroécologie : pourquoi et comment ?
L’agroécologie est un terme qui est né dans les années 1930 et qui a évolué à travers divers écoles scientifiques et mouvements politiques. Aujourd’hui, le terme est fortement polysémique et couvre une grande diversité de représentations tant individuelles que collectives. Difficile de s’y retrouver dans ce labyrinthe sémantique ! Voici un petit précis pour y voir plus clair.

L’agroécologie : une science, des pratiques agricoles et un mouvement social

L’agroécologie est née dans les années 30 comme une science qui portait ses analyses sur la conduite de la parcelle. Elle se définit comme l’application de l’écologie en agriculture et porte son analyse sur les différentes composantes (plantes, animaux, sols, climat) et leurs interactions au sein d’un agro-écosystème (un écosystème aménagé par l’homme). Elle est associée à des travaux sur la protection des cultures, la gestion des maladies et ravageurs, la biologie du sol.

Progressivement, le concept évolue et dépasse l’échelle de la parcelle, avec des auteurs comme Miguel Altiéri. Dans les années 80, l’agroécologie devient une discipline scientifique à part entière avec son cadre conceptuel et sa méthodologie. Elle consiste à étudier par une approche holistique les écosystèmes agricoles en intégrant des dimensions sociales, environnementales et économiques. Depuis le début des années 2000, certains experts s’intéressent plus largement aux liens entre producteurs, consommateurs, territoire, société, ressources naturelles et production agricole : l’agroécologie embrasse alors une nouvelle dimension qui est celle du système alimentaire.

Parallèlement à cet élargissement de l’objet d’étude, l’agroécologie est également devenue un mouvement social, principalement via l’essor de l’agroécologie en Amérique Latine et plus particulièrement au Brésil, à partir des années 70, où un mouvement d’agriculteurs et d’ONG se développe en opposition à l’agriculture industrielle capitaliste. L’hoRIZon N°58

Cinq grands principes

En ce qui concerne les pratiques agricoles, l’agroécologie se fixe comme unité d’analyse de base l’agro-écosystème. Le point de référence est la compréhension de la nature afin de l’imiter. De là, découle cinq grands principes :

  • le recyclage de la biomasse et l’équilibre du flux et de la disponibilité de nutriments ;
  • la sauvegarde de conditions du sol favorables pour la croissance des plantes (à travers le renforcement de la matière organique des sols et de l’activité biotique des sols) ;
  • la minimisation des pertes de radiation solaire, air, eau et nutriments (grâce à la gestion de microclimats, à la collecte de l’eau et à la couverture du sol) ;
  • le renforcement de la diversification génétique et des espèces de l’agro-écosystème dans le temps et dans l’espace ;
  • le renforcement des interactions biologiques parmi les composants de l’agro-biodiversité.

Des représentations diverses selon les continents

Le terme agroécologie a été développé au début du XXe siècle en Europe par des chercheurs. De fait, en Europe, ce concept a continué de se développer à l’état de sciences et de techniques. La forme technique et opérationnelle sur le terrain se matérialise majoritairement à travers l’agriculture biologique.

En Amérique latine, l’agroécologie s’est construite sur le rejet du modèle agricole industriel et de la politique agricole de modernisation jugée inappropriée pour les agricultures familiales. Les solutions sont recherchées du côté des agriculteurs, en partant du principe qu’ils possèdent un savoir empirique sur les ressources naturelles. Au Sud, la région est aussi le « berceau » de l’agriculture de conservation qui représente 6 % des surfaces agricoles mondiales. 85 % de ces surfaces sont concentrées aux États-Unis, au Brésil et en Argentine. Si l’agriculture de conservation peut à certains égards se prévaloir de l’agroécologie, la manière dont elle est pratiquée en Amérique du Sud impliquant concentration foncière, recours massif et systématique aux OGM et aux désherbants chimiques est bien loin des principes de l’agroécologie.

En Asie, l’agroécologie se décline notamment dans des systèmes de production précis tels que les Systèmes rizicoles intensifs ou adaptés autour de techniques spécifiques pour la culture du riz ou la lutte intégrée contre les ravageurs qui fut largement diffusée en Indonésie et aux Philippines vers la fin des années 80.

En Afrique, l’agroécologie se développe autour d’approches portées par des mouvements tels que Pelum, un réseau d’organisations de la société civile de l’Afrique de l’Est et Australe, qui mettent en avant la souveraineté alimentaire, la biodiversité, la défense des semences locales et les pratiques de conservation des sols. En Afrique de l’Ouest, les expériences se sont limitées pendant longtemps à des techniques précises telles que l’utilisation du compost, le Zaï, et l’usage d’arbres (parcs de Faidherbia albida…) mais aujourd’hui un nombre croissant d’organisations paysannes envisagent l’agroécologie comme un moyen de défendre et de promouvoir l’agriculture familiale et paysanne et s’emparent de ce concept. L’agroécologie se base alors sur les connaissances locales. Une diversité de techniques sont mises en oeuvre : fumure organique, phytosanitaires naturels (à base de Neem par exemple), paillage ou cultures en cuvette, plantation d’arbres…

Fédérer les écoles

Il existe de nombreuses écoles sous la bannière de l’agroécologie : agriculture biologique, agriculture de conservation, agriculture intégrée, agriculture durable… Malgré les différences, ces écoles contribuent à leur manière à rechercher des alternatives au système agro-industriel dominant et défaillant.

Face à cette diversité d’écoles et de « chapelles », il nous semble nécessaire de rassembler les mouvements vers le même objectif de « transition agroécologique ». Ce concept à vocation fédératrice permettrait aux acteurs promouvant de telles pratiques d’être plus audibles par les politiques et reconnaissables par les consommateurs. Il permettrait à ces acteurs de partager des palettes plus riches et plus nombreuses de pratiques et de connaissances, au sein notamment d’alliances nationales et régionales de partage de connaissances et d’expériences, rassemblant différents acteurs (chercheurs, développeurs, politiques, consommateurs, traders… mais aussi et surtout paysans) de différentes écoles (agriculture biologique, lutte intégrée contre les ravageurs, Système de riziculture intensif, agroforesterie, agriculture de conservation…) et de différents pays.

Définitions

Plusieurs approches peuvent être rattachées au concept d’agroécologie. Si toutes partagent le projet de réconcilier écologie et production agricole, les pratiques varient, notamment en fonction du degré de concessions faites au modèle d’intensification conventionnel. Au-delà de leur diversité, ces concepts ont en commun un refus de l’agriculture conventionnelle et un mouvement vers une agriculture qui tend à utiliser intensivement les capacités spécifiques des écosystèmes.

L’agriculture « conventionnelle » ou communément appelée « agriculture industrielle » : c’est l’agriculture au sens large (comprenant l’élevage) pratiquée principalement dans les pays industriels et les pays émergents depuis la « Révolution verte ». Ces agricultures sont caractérisées par une standardisation des facteurs de production, l’emploi de variétés à haut rendement, l’utilisation intensive d’intrants chimiques, le recours à l’irrigation, à la moto-mécanisation et généralement au crédit.
L’agriculture biologique : au-delà du refus de l’usage des engrais chimiques des pesticides de synthèse et des OGM pour les cultures et des farines animales, des acides aminés de synthèse et du gavage en élevage, elle est fondée sur le respect de l’activité biologique de la nature et en particulier de ses cycles
L’agriculture de conservation : c’est un terme générique qui rassemble les techniques agricoles protégeant le sol de l’érosion et de toutes les formes de dégradation. Trois principes en résultent : le recours à des rotations de cultures et des couverts végétaux, la réduction du travail du sol jusqu’à pratiquer le « semis direct », et la restitution au sol des résidus des cultures.
L’agriculture écologiquement intensive : elle est fondée sur l’idée que les mécanismes naturels, ceux qui sont décrits par l’écologie, peuvent être amplifiés jusqu’à devenir presque exclusifs (ou dominants) en termes de pratiques agricoles. Le concept rejoint le terme, plus ancien, de « révolution doublement verte » destiné à inciter la recherche à investir dans la définition de techniques agricoles et d’élevage à haut rendement, tout en respectant l’environnement.

Ces éléments de définition ont été repris du Bulletin de synthèse publié par Inter-réseaux en septembre 2011 : Agroécologie : où en est-on ?

Restez informé⸱e !

Abonnez-vous à nos publications et bulletins pour les recevoir directement dans votre boîte mail.

Autres articles qui pourraient vous intéresser

Vous lisez un article de la publication "63-66 : Agroécologie en Afrique de l’Ouest et du Centre : réalités et perspectives".

Agroécologie : quelles opportunités pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre ?

L’agriculture doit aujourd’hui relever un certain nombre de défis cruciaux : nourrir une population croissante et de plus en plus urbaine, lutter contre la pauvreté et les inégalités et assurer une gestion durable des ressources naturelles et de l’environnement. Pour certains, l’agroécologie représente l’une des réponses les plus pertinentes à ces défis. Le terme n’est pas nouveau puisqu’il apparaît pour la première fois dans la littérature scientifique dans les années 1930. Mais depuis quelques années, il semble connaître…

Lire
L’agro-écologie est la réponse à l’enjeu de produire plus avec moins

Stéphane Le Foll, ministre français de l’Agriculture, expose dans cette tribune en quoi l’agro-écologie constitue selon lui la meilleure réponse aux défis — sociaux, économiques ou environnementaux — auxquels l’agriculture doit aujourd’hui répondre, au Nord comme au Sud. Stéphane Le Foll est ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt en France. Il est à l’origine du projet agroécologique pour la France lancé en décembre 2012 et décliné depuis en de nombreuses actions, avec pour objectif l’engagement…

Lire PDF
L’agro-écologie, un projet politique pour l’agriculture française

Quel est l’objectif du projet agro-écologique en France ? Comment sera-t-il mis en oeuvre concrètement ? Quels enjeux ce projet soulève-t-il ? Dans cet entretien, Guilhem Brun du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt français, aborde en particulier ces questions. Guilhem Brun est chef de projet « agro-écologie et développement de l’agriculture » au sein du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt (MAAF). La version intégrale de l’entretien est disponible sur le…

Lire PDF
Agroécologie : une diversité de définitions et de visions

Plusieurs acteurs du développement rural exposent dans cet article leur définition de l’agroécologie. Leurs propos témoignent d’une diversité de visions sur les contours du concept d’agroécologie. Valentin Beauval a été agriculteur en France et consultant pour AVSF, le Cirad, l’Iram, le Gret et le FFEM. Ibrahima Coulibaly est vice-président du Roppa et président de la CNOP. Marc Dufumier est ingénieur agronome et enseignant-chercheur français. Il dirige la chaire d’agriculture comparée à AgroParisTech. Guy Faure est directeur adjoint de…

Lire PDF
Lutte contre la désertification au Burkina Faso : opportunités et contraintes

Dans les pays du Sahel, l’agroécologie recoupe en grande partie les techniques de lutte contre la désertification mises en place depuis les années 60. Cet article est consacré aux opportunités et aux limites de ces techniques au Burkina Faso. Ablassé Bilgo est expert en changements climatiques au centre régional Agrhymet du Cilss à Niamey. Sheick Ahmed Khalil Sangare est assistant à l’Université polytechnique de Bobo Dioulasso. Dasmané Bambara est ingénieur de recherche à l’Institut de l’environnement et de…

Lire PDF
L’émergence de l’agroécologie au Niger

Les ONG et les organisations de producteurs sont aujourd’hui les acteurs les plus actifs dans le développement d’une approche agroécologique au Niger. Mais l’agroécologie comme approche systémique globale appliquée à l’agriculture à l’échelle des territoires ruraux reste encore peu connue des acteurs du développement. Bertrand Mathieu est agronome, consultant indépendant basé au Niger. Adam Mamadou est agronome et chercheur en économie de l’environnement à l’Institut national de la recherche agronomique du Niger (Inran). Hamadou Ibrahim est responsable du…

Lire PDF
Les arbres fertilitaires : base de l’agro-écologie en Afrique ?

L’Association pour la promotion des arbres fertilitaires et l’agroforesterie (Apaf) vulgarise des techniques agroforestières en milieu paysan au Togo, au Burkina Faso et au Sénégal. L’expérience togolaise révèle à la fois un fort potentiel de diffusion de ces pratiques et des obstacles politiques et socioéconomiques importants. L’Association pour la promotion de l’agroforesterie et de la foresterie (Apaf) est une ONG de droit togolais créée par des agronomes, des techniciens et des paysans togolais et belges en 1991. Une…

Lire PDF
Quand une organisation paysanne élabore une politique agro-environnementale

Depuis 2011, l’Union des groupements pour la commercialisation des produits agricoles de la Boucle du Mouhoun (UGCPA/BM) s’est dotée d’une politique agro-environnementale ; ses premiers responsables nous précisent ici ses objectifs. Nonyeza Bonzi est président de l’Union des groupements pour la commercialisation des produits agricoles de la Boucle du Mouhoun (UGCPA/BM). Soumabéré Dioma est secrétaire exécutif de l’UGCPA/BM. Les entretiens ont été réalisés par Jade Productions (réseau des Journalistes en Afrique pour le Développement), une association professionnelle de…

Lire PDF
Les diverses facettes de l’agro-écologie pour l’UNPCB

L’Union nationale des producteurs de coton du Burkina Faso (UNPCB) mène depuis plusieurs années une série d’actions visant à promouvoir des pratiques relevant de l’agro-écologie. Karim Traoré est président du Conseil de gestion de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina Faso (UNPCB). Créée en 1998, l’UNPCB est l’organe suprême des Groupements des producteurs de coton qui ont pour but de faciliter l’approvisionnement en intrants et matériels agricoles, la bonne gestion des crédits, l’augmentation de la production….

Lire PDF
Promouvoir l’agroécologie par la certification bio au Burkina Faso

Le Conseil national de l’agriculture biologique (CNABio) a élaboré une norme burkinabè en agriculture biologique visant à proposer des produits certifiés bio à un prix abordable aux consommateurs nationaux. Cette certification devrait permettre de valoriser et de mieux commercialiser les produits issus de l’agriculture biologique. Christian Legay est agronome. Il travaille au Burkina Faso depuis plus de 30 ans dont 14 ans pour l’ONG Autre Terre qui contribue au développement de l’agroécologie en Afrique de l’Ouest. Le Conseil…

Lire PDF
De la diffusion des SCV à la promotion de la concertation au Cameroun

Depuis 2001, la Sodecoton avec l’appui du Cirad a débuté des actions pour mettre au point et diffuser des systèmes de culture sous couvertures végétales (SCV) adaptés au Nord Cameroun. Entretien avec Oumarou Balarabé, cadre de recherche et développement au sein du Projet de conservation des sols. Oumarou Balarabé a une formation d’agronome et d’économiste. Il est ingénieur à l’Institut de recherche agricole pour le développement (Irad) et à la Société de développement du coton du Cameroun (Sodecoton)….

Lire PDF
Acquis et défis de l’agriculture de conservation

L’agriculture de conservation reste encore faiblement adoptée en Afrique de l’Ouest et du Centre (AOC). Cet article dresse un bilan des connaissances sur l’AC et de ses perspectives dans la région, afin d’identifier les possibilités pour la rendre plus accessible aux agriculteurs. Patrice Djamen est agronome et coordonne le Bureau Régional de l’African Conservation Tillage Network (ACT) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Nadine Andrieu, Jean- Marie Douzet et Michel Havard sont chercheurs au Cirad. Innocent Bayala,…

Lire PDF
Pourquoi de nombreuses pratiques agroécologiques de nos anciens ont-elles disparues ?

Ce témoignage retrace les évolutions de l’agriculture française depuis les années 50. Face aux coûts sociaux et environnementaux qui ont accompagné les gains de productivité du sol et du travail, il défend la mise en place de pratiques plus agroécologiques, qui préexistaient souvent avant que ne surviennent les révolutions vertes. Valentin Beauval a été agriculteur de 1981 à 2010 dans un Groupement agricole d’exploitation en commun (GAEC) ayant deux associés en Maine et Loire en France. Sa ferme…

Lire PDF
Quelles contraintes à l’intensification agroécologique ?

Malgré de nombreuses réussites à l’échelle de projets, les pratiques agroécologiques ont du mal à se maintenir dans la durée ou à se diffuser à grande échelle en Afrique de l’Ouest et du Centre. Cet article interroge les facteurs permettant d’expliquer cette situation. Patrick Dugué est chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), au sein de l’Unité mixte de recherche « Innovation et Développement », dont les travaux de recherche porte sur…

Lire PDF
Le Programme Rime-PAMPA : des SCV à l’agroécologie

Une étude a été réalisée sur les systèmes de semis sous couvert végétal mis en place à partir des années 90 par l’AFD et divers partenaires. L’étude invite à adopter une approche plus large et participative. Jean-Luc Chotte et Martial Bernoux sont chercheurs à l’IRD, au sein de l’UMR « Eco&Sols », dont l’objectif est de caractériser les évolutions conjointes du fonctionnement des plantes et du sol sous les effets des changements globaux et des pratiques agronomiques. Christian…

Lire PDF
Regards croisés : quels obstacles à l’agroécologie ?

Plusieurs acteurs d’horizons divers livrent dans cet article leur point de vue sur les principaux obstacles à la mise en œuvre de pratiques agroécologiques à plus large échelle en Afrique de l’Ouest et du Centre. Valentin Beauval a été agriculteur en France et consultant pour différentes structures sur des problématiques de développement rural et d’agroécologie. Ibrahima Coulibaly est vice-président du Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest (Roppa) et président de la coordination nationale…

Lire PDF
Changer d’échelle : expériences du Brésil et d’Amérique centrale

Né au Nicaragua, Campesino a Campesino offre une illustration de pratiques agroécologiques pilotées et diffusées par les agriculteurs. Au Brésil, la mise en place d’une politique nationale d’agroécologie a renforcé la dynamique portée par la société civile. Ces expériences nourrissent la réflexion sur le changement d’échelle de l’agroécologie. Emmanuel Bayle est coordinateur de l’association Agronomes et vétérinaires sans frontières (AVSF) au Brésil, où, avec ses partenaires, AVSF expérimente et soutient la transition des familles paysannes et de systèmes…

Lire PDF
Agroécologie : comment repenser le changement d’échelle ?

Plusieurs programmes ont tenté de diffuser des pratiques agroécologiques à grande échelle, avec peu de succès. Selon Valentin Beauval et Guy Faure, il est nécessaire pour sortir de ces impasses d’abandonner l’approche « diffusionniste » au profit de méthodes intégrant les sciences sociales et reposant sur un partenariat étroit avec les producteurs. Valentin Beauval a été agriculteur dans le cadre d’un groupement agricole d’exploitation en commun (GAEC) de 1981 à 2010 dans le Saumurois en France. Il est…

Lire PDF
Le Groupe de Travail Désertification : une réflexion sur les territoires et l’agroécologie

Le Groupe de Travail Désertification a initié un chantier de réflexion sur le changement d’échelle de l’agroécologie au niveau du territoire. Les premiers résultats invitent à opérer le changement d’échelle pas seulement par la diffusion d’un modèle, mais plutôt par la conception d’un autre mode de développement agricole du territoire. Adeline Derkimba est chargée de programmes Désertification au CARI (Centre d’actions et de réalisations internationales). Elle anime le Groupe de Travail Désertification et y coordonne le chantier «…

Lire PDF
Agroécologie et changement d’échelle : enjeux politiques et sémantiques

Les articles de ce Grain de sel consacré à l’agroécologie en Afrique de l’Ouest et du Centre apportent des éléments de réponse à plusieurs des questions posées en introduction. Ils en soulèvent aussi d’autres, dont les réponses — et ce qu’elles impliquent — restent à définir dans les années à venir. L’agroécologie recouvre en Afrique de l’Ouest et du Centre une diversité de pratiques et de techniques, dont certaines, comme les parcs d’Acacia albida, se sont révélées particulièrement…

Lire PDF
L’agroécologie, un concept pour une diversité d’approches

L’agroécologie couvre aujourd’hui une grande diversité de débats et de représentations tant individuelles que collectives. Cet article vise à préciser l’évolution du concept ainsi que les différents registres et pratiques qu’il recouvre dans le monde. Céline Allaverdian est chef de projet (développement agricole et filière) pour le Gret au Myanmar Pierre Ferrand est chargé de projet développement agricole et filière agroalimentaire au siège du Gret à Nogent sur Marne Jean-François Kibler est représentant du Gret au Laos et…

Le Programme pour le Sahel et l’Afrique de l’Ouest en Appui à l’Initiative de la Grande Muraille Verte

SAWAP est l’acronyme anglais pour « Sahel And West Africa Program ». Le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) et la Banque Mondiale se sont associés pour développer le Programme pour le Sahel et l’Afrique de l’Ouest en Appui à l’Initiative de la Grande Muraille Verte. Le SAWAP a été une réponse à l’appel des Chefs d’Etat africains lancés au cours du sommet de Ndjamena en juin 2010 [[http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/06/17/l-afrique-s-engage-pour-la-grande-muraille-verte_1374747_3244.html]] pour s’attaquer aux problèmes de désertification et de dégradation des…

Lire PDF
Les facettes agroécologiques de l’élevage des ruminants en Afrique de l’Ouest et du Centre

Eric Vall, Mathieu Vigne, Jonathan Vayssières et Mélanie Blanchard sont chercheurs au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) en France, au sein de l’Unité mixte de recherche Systèmes d’élevage méditerranéens et tropicaux (Selmet). Mohamadoun A. Diallo et Ida Bénégabou sont chercheurs au Centre international de recherche –développement sur l’élevage en zone subhumide (Cirdes) au Burkina Faso, au sein de l’Unité de recherche sur les productions animales (Urpan), Alasane Ba est chercheur à l’Institut…

Lire PDF
« Plaidons pour l’agroécologie ! »

Laurent Levard est ingénieur agronome, spécialisé en développement agricole. Il travaille depuis 2010 au Gret, principalement sur les questions des politiques agricoles et commerciales, des négociations commerciales internationales et de l’agroécologie. Dans nombre de régions du monde, l’agriculture fait face à une crise écologique plus ou moins marquée. Les rendements agricoles stagnent ou diminuent. D’anciens systèmes de gestion de la fertilité (agriculture forestière, etc.) ont fréquemment disparu du fait de la pression démographique, sans être remplacés par de…

Lire
Agroécologie : un petit tour dans le Mayanda, en République démocratique du Congo

L’agroécologie couvre de nombreux aspects de l’agriculture et intègre les dimensions à la fois écologiques, économiques et sociales.Ces 3 grands piliers en font une discipline complète, jouant sur l’interaction entre l’écosystème et l’homme, cherchant à préserver l’environnement et la biodiversité tout en assurant la productivité agricole et en maximisant les fonctionnalités offertes par les écosystèmes. Le projet de Développement Agricole et Forestier du Mayanda (DAFOMA) du GRET, situé à Boma, en RD Congo a pour but de développer…

Lire PDF
Le SECAAR au Togo : opportunités et limites du compost

Depuis 2012, le SECAAR promeut l’adoption de pratiques agro-écologiques auprès de deux groupements de producteurs au Togo. La production et l’application de compost offre de bons résultats. Sa diffusion se heurte toutefois à un manque de matériaux de compostage et de matériel. Simplice Agbavon est le Secrétaire exécutif du Service chrétien d’appui à l’animation rurale (SECAAR) Il est ingénieur agroéconomiste de formation et est chargé de la coordination des programmes au SECAAR depuis 10 ans. Le SECAAR est…

Lire PDF
L’expérience des Unions de producteurs de niébé au Burkina Faso

Depuis une dizaine d’années, les membres des unions de producteurs de niébé dans la province du Sanmatenga (Burkina Faso) ont testé et mis en œuvre un ensemble de pratiques agro-écologiques. Ils ont été accompagnés par Fert et Accir qui préconisent une approche « à petits pas », s’adaptant aux pratiques des agriculteurs. Marta Kasprzyk est ingénieure agronome et conseillère technique à Fert depuis fin 2008. Fert (www.fert.fr) est une association française de coopération internationale pour le développement agricole…

Lire PDF
Comment co-construire des systèmes de production à base d’agriculture de conservation en Afrique de l’Ouest ?

L’agriculture de conservation (AC) désigne la famille de systèmes de culture où le travail minimal du sol, la couverture végétale permanente du sol et la diversification des cultures à travers les associations et/ou rotations des cultures sont appliqués simultanément à l’échelle de la parcelle. Une étude originale menée au Burkina teste sa faisabilité. En Afrique de l’Ouest (AO), l’augmentation démographique se traduit par une demande accrue en produits agricoles et une saturation des espaces ruraux remettant en cause…

Lire PDF
Le champ école des producteurs : une approche efficace pour l’apprentissage et la diffusion de l’agriculture de conservation?

L’agriculture de conservation (AC) peut constituer une alternative pour tenir le pari de l’intensification écologique de la production agricole en Afrique de l’Ouest et du Centre (AOC). Mais l’adoption de l’AC entraine des changements sociotechniques importants pour les producteurs d’AOC dont les représentations et pratiques agricoles sont majoritairement antagonistes à ses principes (travail minimal du sol, paillage et diversification des cultures). Le défi pour ses promoteurs (recherche-développement) est de mobiliser une approche susceptible de faciliter les processus d’apprentissage…

Lire PDF