The content bellow is available only in French.

publié dans Revue Grain de sel le 17 septembre 2014

De la diffusion des SCV à la promotion de la concertation au Cameroun

Depuis 2001, la Sodecoton avec l’appui du Cirad a débuté des actions pour mettre au point et diffuser des systèmes de culture sous couvertures végétales (SCV) adaptés au Nord Cameroun. Entretien avec Oumarou Balarabé, cadre de recherche et développement au sein du Projet de conservation des sols.

Oumarou Balarabé a une formation d’agronome et d’économiste. Il est ingénieur à l’Institut de recherche agricole pour le développement (Irad) et à la Société de développement du coton du Cameroun (Sodecoton).

Grain de sel : Pourquoi a-t-il été décidé de mettre au point et de diffuser des SCV au Cameroun ?

Oumarou Balarabé (OB) : Depuis le milieu des années 90, le ministère de l’Agriculture, à travers la Sodecoton (Société de développement du coton) et avec l’appui du Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), a diffusé des techniques visant à préserver la fertilité des sols et assurer une meilleure conservation des sols : bandes enherbées, cordons pierreux, plantations agroforestières, ouvrages de gestion de l’eau. A partir de 2002, dans le cadre du projet Eau Sol Arbre (ESA) dont l’assistance technique a été assurée par le Cirad, les expérimentations agronomiques sur les SCV ont démarré sur deux sites de création-diffusion, pour mettre au point les SCV, tester leur potentiel, et trier les systèmes les mieux adaptés au milieu. Des parcelles d’expérimentation en milieu paysan ont également été mises en place pour tester l’adaptabilité des SCV au contexte paysan. C’est ainsi qu’on s’est rendu compte que l’adoption des SCV se heurtait à des arrangements coutumiers comme les droits de vaine pâture, et qu’elle nécessitait un troisième niveau d’adaptation, à l’échelle de la communauté villageoise et des terroirs.

Définitions

Les systèmes de culture sous couvertures végétales sont une forme d’agriculture de conservation où le semis est effectué sans labour sur un sol maintenu couvert par l’utilisation de mulch (constitué de résidus des cultures principales et de couverture), de déchets organiques, etc.) et/ou d’association avec des plantes de couverture.

GDS : Pourquoi la vaine pâture a-t-elle constitué une contrainte à la diffusion des SCV ?

OB : La pratique de la vaine pâture permet aux animaux, en particulier ceux des éleveurs nomades, d’avoir accès aux résidus végétaux une fois la récolte terminée. Mais cette pratique n’est durable que dans un contexte de faible pression sur les ressources en sol et en résidus organiques, qui constituent la composante essentielle de restauration de la fertilité des sols. D’autres contraintes peuvent rendre difficile toute diffusion des SCV en Afrique sub-saharienne : les feux de brousse, lorsqu’ils sont mal contrôlés, menacent de détruire les résidus de culture ; l’insécurité foncière n’incite pas les agriculteurs à investir du temps et des moyens dans leurs terres, car ils ne sont pas assurés d’en tirer tous les bénéfices. C’est pour s’attaquer à ces contraintes collectives qu‘une démarche de concertation entre acteurs a été initiée dès 2010 à l’échelle de la communauté villageoise, dans une dizaine de « terroirs tests ».

GDS : Quel était l’objectif de ces terroirs tests ?

OB : Ces terroirs tests ont d’abord permis de réaliser un diagnostic précis de la situation globale : quelles sont les contraintes climatiques ? Les agriculteurs ont-ils accès à des intrants (engrais minéraux, pesticides) ? Comment les communautés sont-elles organisées ? Quels sont les rapports entre agriculture et élevage ? Chaque terroir test était représentatif d’un plus grand ensemble socio-économique. Ensuite, à l’intérieur de ce terroir on a trié des systèmes SCV et des systèmes fourragers adaptés aux besoins des paysans et aux contraintes socio-économiques locales. Parallèlement ont été mis en place des cadres de concertation réunissant des représentants de l’ensemble des composantes sociales (petits et gros agriculteurs, éleveurs, agro-éleveurs, chefs traditionnels, personnalités non agricoles comme des pasteurs ou des imams) et dont l’objet était d’assurer la définition et le suivi de nouvelles règles collectives. Dans le cas de la vaine pâture par exemple, ces cadres de concertation visaient à expliquer qu’il valait mieux ne pas avoir l’ensemble du terroir en vaine pâture mais plutôt avoir des zones de production de fourrage pour les animaux et des zones de culture en SCV sans droit de vaine pâture, des zones de vaine pâture et enfin des zones tampons où la négociation et les accords individuels étaient permis. Des grandes règles (répartition des espaces de pâturages, sanctions en cas de feu de brousse, etc.) sont ensuite adoptées après concertation au sein des grands regroupements d’acteurs (agriculteurs, éleveurs, agro-éleveurs, chasseurs, etc.)

Une équipe du cadre de concertation sur le terrain (© Cirad)

GDS : Comment les différents acteurs ont-ils perçu cette remise en cause de règles comme la vaine pâture ?

OB : Globalement, cette procédure a été bien acceptée. Dans les terroirs d’agriculteurs, elle permet la mise en place des conditions assurant un bon développement des activités d’élevage. Dans les terroirs à dominance d’éleveurs, ces règles ont incité à la mise en place de parcelles fourragères pour répondre au besoin du bétail. Les éleveurs ont compris que ce n’était pas parce qu’on allait mettre un tiers du terroir en conservation que leur bétail allait avoir moins d’aliments, car dans les deux tiers qui restaient, on pouvait produire plus de ressources pour leurs animaux. D’ailleurs, les éleveurs eux-mêmes se sont lancés en premiers dans la production de fourrage, qui s’avère plus bénéfique que la vaine pâture qui implique beaucoup d’efforts de déplacement et des risques de pénalités pour l’éleveur et son troupeau. Avec un quart d’hectare de parcelles fourragères un éleveur produit suffisamment pour alimenter la moitié ou le quart de son troupeau pendant une année. Les experts pensent généralement qu’on ne peut pas diffuser les SCV étant donné la vaine pâture, l’insécurité foncière ou les feux de brousse. Or ces règles entravent le développement agricole de l’Afrique subsaharienne. Tout l’intérêt des SCV, c’est de proposer des solutions techniques permettant de lever ces obstacles. Il est essentiel pour cela de ne pas penser la diffusion des SCV comme une fin en soi, mais plutôt comme un moyen de faire évoluer le mode d’organisation villageois traditionnel pour mieux répondre aux besoins actuels et futurs. C’est l’enjeu de la durabilité !

GDS : Quels ont été les résultats observés dans ces terroirs tests ?

OB : L’un des meilleurs effets des SCV au sein des terroirs a été l’augmentation de la production totale de biomasse. Une meilleure maîtrise des thèmes techniques par les agriculteurs a permis d’obtenir de meilleurs rendements sur les parcelles, ainsi que des économies substantielles sur les charges. Les conflits entre agriculteurs et éleveurs ont fortement diminué. Cette concertation a également permis de mettre en place des conditions de location des parcelles plus adaptées à une gestion durable — des baux à moyen et à long terme — et de mettre en place un mode d’organisation permettant de limiter les feux de brousse. Enfin, particulièrement pour l’élevage, les projets SCV ont permis de diffuser des innovations techniques telles que la culture fourragère.

GDS : Les résultats de ces terroirs tests se sont-ils diffusés à plus large échelle ?

OB : Il n’y a pas de diffusion spontanée par imitation car ce sont des systèmes complexes : la mise au point technique de systèmes SCV nécessite l’introduction des plantes et des semences de graminées et de légumineuses qu’on ne retrouve pas souvent dans ces villages. Il faut également un suivi technique de proximité pour assurer un bon contrôle de la concurrence entre les plantes, et pour l’utilisation des plantes et cultures nouvelles. Il faut dire que, même pour une culture traditionnelle comme le maïs, l’itinéraire en SCV modifie beaucoup les pratiques traditionnelles telles que le nombre et le type d’opérations de sarclage, d’apport d’engrais, de récolte. Tout cela peut être jugé très contraignant pour l’agriculteur au départ, et mérite d’être accompagné. De plus, la conduite même de la concertation nécessite une facilitation et un accompagnement spécifique. On a observé un grand décalage entre ce qui se passait dans ces terroirs tests et ce qui était ensuite diffusé dans les villages. A la lumière de ces résultats, nous abordons maintenant une nouvelle phase de diffusion des SCV, dans le cadre du programme ASGIRAP (Appui à la sécurisation et à la gestion intégrée des ressources agropastorales). Nous allons élargir la zone d’action et travailler avec 200 communes, en prenant comme point de départ non pas seulement la promotion des SCV, mais l’ensemble du processus de concertation. C’est une fois que les producteurs auront travaillé sur l’identification des problèmes et des besoins à affronter qu’on leur proposera et qu’on élaborera avec eux des systèmes adaptés. Cela pourra être des SCV, mais aussi des systèmes d’agroforesterie ou tout autre système visant une intensification écologique des agrosystèmes.

Restez informé⸱e !

Abonnez-vous à nos publications et bulletins pour les recevoir directement dans votre boîte mail.

Autres articles qui pourraient vous intéresser

Vous lisez un article de la publication "63-66 : Agroécologie en Afrique de l’Ouest et du Centre : réalités et perspectives".

Agroécologie : quelles opportunités pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre ?

L’agriculture doit aujourd’hui relever un certain nombre de défis cruciaux : nourrir une population croissante et de plus en plus urbaine, lutter contre la pauvreté et les inégalités et assurer une gestion durable des ressources naturelles et de l’environnement. Pour certains, l’agroécologie représente l’une des réponses les plus pertinentes à ces défis. Le terme n’est pas nouveau puisqu’il apparaît pour la première fois dans la littérature scientifique dans les années 1930. Mais depuis quelques années, il semble connaître…

Lire
L’agro-écologie est la réponse à l’enjeu de produire plus avec moins

Stéphane Le Foll, ministre français de l’Agriculture, expose dans cette tribune en quoi l’agro-écologie constitue selon lui la meilleure réponse aux défis — sociaux, économiques ou environnementaux — auxquels l’agriculture doit aujourd’hui répondre, au Nord comme au Sud. Stéphane Le Foll est ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt en France. Il est à l’origine du projet agroécologique pour la France lancé en décembre 2012 et décliné depuis en de nombreuses actions, avec pour objectif l’engagement…

Lire PDF
L’agro-écologie, un projet politique pour l’agriculture française

Quel est l’objectif du projet agro-écologique en France ? Comment sera-t-il mis en oeuvre concrètement ? Quels enjeux ce projet soulève-t-il ? Dans cet entretien, Guilhem Brun du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt français, aborde en particulier ces questions. Guilhem Brun est chef de projet « agro-écologie et développement de l’agriculture » au sein du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt (MAAF). La version intégrale de l’entretien est disponible sur le…

Lire PDF
L’agroécologie, un concept pour une diversité d’approches

L’agroécologie couvre aujourd’hui une grande diversité de débats et de représentations tant individuelles que collectives. Cet article vise à préciser l’évolution du concept ainsi que les différents registres et pratiques qu’il recouvre dans le monde. Céline Allaverdian est chef de projet (développement agricole et filière) pour le Gret au Myanmar Pierre Ferrand est chargé de projet développement agricole et filière agroalimentaire au siège du Gret à Nogent sur Marne Jean-François Kibler est représentant du Gret au Laos et…

Lire PDF
Agroécologie : une diversité de définitions et de visions

Plusieurs acteurs du développement rural exposent dans cet article leur définition de l’agroécologie. Leurs propos témoignent d’une diversité de visions sur les contours du concept d’agroécologie. Valentin Beauval a été agriculteur en France et consultant pour AVSF, le Cirad, l’Iram, le Gret et le FFEM. Ibrahima Coulibaly est vice-président du Roppa et président de la CNOP. Marc Dufumier est ingénieur agronome et enseignant-chercheur français. Il dirige la chaire d’agriculture comparée à AgroParisTech. Guy Faure est directeur adjoint de…

Lire PDF
Lutte contre la désertification au Burkina Faso : opportunités et contraintes

Dans les pays du Sahel, l’agroécologie recoupe en grande partie les techniques de lutte contre la désertification mises en place depuis les années 60. Cet article est consacré aux opportunités et aux limites de ces techniques au Burkina Faso. Ablassé Bilgo est expert en changements climatiques au centre régional Agrhymet du Cilss à Niamey. Sheick Ahmed Khalil Sangare est assistant à l’Université polytechnique de Bobo Dioulasso. Dasmané Bambara est ingénieur de recherche à l’Institut de l’environnement et de…

Lire PDF
L’émergence de l’agroécologie au Niger

Les ONG et les organisations de producteurs sont aujourd’hui les acteurs les plus actifs dans le développement d’une approche agroécologique au Niger. Mais l’agroécologie comme approche systémique globale appliquée à l’agriculture à l’échelle des territoires ruraux reste encore peu connue des acteurs du développement. Bertrand Mathieu est agronome, consultant indépendant basé au Niger. Adam Mamadou est agronome et chercheur en économie de l’environnement à l’Institut national de la recherche agronomique du Niger (Inran). Hamadou Ibrahim est responsable du…

Lire PDF
Les arbres fertilitaires : base de l’agro-écologie en Afrique ?

L’Association pour la promotion des arbres fertilitaires et l’agroforesterie (Apaf) vulgarise des techniques agroforestières en milieu paysan au Togo, au Burkina Faso et au Sénégal. L’expérience togolaise révèle à la fois un fort potentiel de diffusion de ces pratiques et des obstacles politiques et socioéconomiques importants. L’Association pour la promotion de l’agroforesterie et de la foresterie (Apaf) est une ONG de droit togolais créée par des agronomes, des techniciens et des paysans togolais et belges en 1991. Une…

Lire PDF
Quand une organisation paysanne élabore une politique agro-environnementale

Depuis 2011, l’Union des groupements pour la commercialisation des produits agricoles de la Boucle du Mouhoun (UGCPA/BM) s’est dotée d’une politique agro-environnementale ; ses premiers responsables nous précisent ici ses objectifs. Nonyeza Bonzi est président de l’Union des groupements pour la commercialisation des produits agricoles de la Boucle du Mouhoun (UGCPA/BM). Soumabéré Dioma est secrétaire exécutif de l’UGCPA/BM. Les entretiens ont été réalisés par Jade Productions (réseau des Journalistes en Afrique pour le Développement), une association professionnelle de…

Lire PDF
Les diverses facettes de l’agro-écologie pour l’UNPCB

L’Union nationale des producteurs de coton du Burkina Faso (UNPCB) mène depuis plusieurs années une série d’actions visant à promouvoir des pratiques relevant de l’agro-écologie. Karim Traoré est président du Conseil de gestion de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina Faso (UNPCB). Créée en 1998, l’UNPCB est l’organe suprême des Groupements des producteurs de coton qui ont pour but de faciliter l’approvisionnement en intrants et matériels agricoles, la bonne gestion des crédits, l’augmentation de la production….

Lire PDF
Promouvoir l’agroécologie par la certification bio au Burkina Faso

Le Conseil national de l’agriculture biologique (CNABio) a élaboré une norme burkinabè en agriculture biologique visant à proposer des produits certifiés bio à un prix abordable aux consommateurs nationaux. Cette certification devrait permettre de valoriser et de mieux commercialiser les produits issus de l’agriculture biologique. Christian Legay est agronome. Il travaille au Burkina Faso depuis plus de 30 ans dont 14 ans pour l’ONG Autre Terre qui contribue au développement de l’agroécologie en Afrique de l’Ouest. Le Conseil…

Lire PDF
De la diffusion des SCV à la promotion de la concertation au Cameroun

Depuis 2001, la Sodecoton avec l’appui du Cirad a débuté des actions pour mettre au point et diffuser des systèmes de culture sous couvertures végétales (SCV) adaptés au Nord Cameroun. Entretien avec Oumarou Balarabé, cadre de recherche et développement au sein du Projet de conservation des sols. Oumarou Balarabé a une formation d’agronome et d’économiste. Il est ingénieur à l’Institut de recherche agricole pour le développement (Irad) et à la Société de développement du coton du Cameroun (Sodecoton)….

Acquis et défis de l’agriculture de conservation

L’agriculture de conservation reste encore faiblement adoptée en Afrique de l’Ouest et du Centre (AOC). Cet article dresse un bilan des connaissances sur l’AC et de ses perspectives dans la région, afin d’identifier les possibilités pour la rendre plus accessible aux agriculteurs. Patrice Djamen est agronome et coordonne le Bureau Régional de l’African Conservation Tillage Network (ACT) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Nadine Andrieu, Jean- Marie Douzet et Michel Havard sont chercheurs au Cirad. Innocent Bayala,…

Lire PDF
Pourquoi de nombreuses pratiques agroécologiques de nos anciens ont-elles disparues ?

Ce témoignage retrace les évolutions de l’agriculture française depuis les années 50. Face aux coûts sociaux et environnementaux qui ont accompagné les gains de productivité du sol et du travail, il défend la mise en place de pratiques plus agroécologiques, qui préexistaient souvent avant que ne surviennent les révolutions vertes. Valentin Beauval a été agriculteur de 1981 à 2010 dans un Groupement agricole d’exploitation en commun (GAEC) ayant deux associés en Maine et Loire en France. Sa ferme…

Lire PDF
Quelles contraintes à l’intensification agroécologique ?

Malgré de nombreuses réussites à l’échelle de projets, les pratiques agroécologiques ont du mal à se maintenir dans la durée ou à se diffuser à grande échelle en Afrique de l’Ouest et du Centre. Cet article interroge les facteurs permettant d’expliquer cette situation. Patrick Dugué est chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), au sein de l’Unité mixte de recherche « Innovation et Développement », dont les travaux de recherche porte sur…

Lire PDF
Le Programme Rime-PAMPA : des SCV à l’agroécologie

Une étude a été réalisée sur les systèmes de semis sous couvert végétal mis en place à partir des années 90 par l’AFD et divers partenaires. L’étude invite à adopter une approche plus large et participative. Jean-Luc Chotte et Martial Bernoux sont chercheurs à l’IRD, au sein de l’UMR « Eco&Sols », dont l’objectif est de caractériser les évolutions conjointes du fonctionnement des plantes et du sol sous les effets des changements globaux et des pratiques agronomiques. Christian…

Lire PDF
Regards croisés : quels obstacles à l’agroécologie ?

Plusieurs acteurs d’horizons divers livrent dans cet article leur point de vue sur les principaux obstacles à la mise en œuvre de pratiques agroécologiques à plus large échelle en Afrique de l’Ouest et du Centre. Valentin Beauval a été agriculteur en France et consultant pour différentes structures sur des problématiques de développement rural et d’agroécologie. Ibrahima Coulibaly est vice-président du Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest (Roppa) et président de la coordination nationale…

Lire PDF
Changer d’échelle : expériences du Brésil et d’Amérique centrale

Né au Nicaragua, Campesino a Campesino offre une illustration de pratiques agroécologiques pilotées et diffusées par les agriculteurs. Au Brésil, la mise en place d’une politique nationale d’agroécologie a renforcé la dynamique portée par la société civile. Ces expériences nourrissent la réflexion sur le changement d’échelle de l’agroécologie. Emmanuel Bayle est coordinateur de l’association Agronomes et vétérinaires sans frontières (AVSF) au Brésil, où, avec ses partenaires, AVSF expérimente et soutient la transition des familles paysannes et de systèmes…

Lire PDF
Agroécologie : comment repenser le changement d’échelle ?

Plusieurs programmes ont tenté de diffuser des pratiques agroécologiques à grande échelle, avec peu de succès. Selon Valentin Beauval et Guy Faure, il est nécessaire pour sortir de ces impasses d’abandonner l’approche « diffusionniste » au profit de méthodes intégrant les sciences sociales et reposant sur un partenariat étroit avec les producteurs. Valentin Beauval a été agriculteur dans le cadre d’un groupement agricole d’exploitation en commun (GAEC) de 1981 à 2010 dans le Saumurois en France. Il est…

Lire PDF
Le Groupe de Travail Désertification : une réflexion sur les territoires et l’agroécologie

Le Groupe de Travail Désertification a initié un chantier de réflexion sur le changement d’échelle de l’agroécologie au niveau du territoire. Les premiers résultats invitent à opérer le changement d’échelle pas seulement par la diffusion d’un modèle, mais plutôt par la conception d’un autre mode de développement agricole du territoire. Adeline Derkimba est chargée de programmes Désertification au CARI (Centre d’actions et de réalisations internationales). Elle anime le Groupe de Travail Désertification et y coordonne le chantier «…

Lire PDF
Agroécologie et changement d’échelle : enjeux politiques et sémantiques

Les articles de ce Grain de sel consacré à l’agroécologie en Afrique de l’Ouest et du Centre apportent des éléments de réponse à plusieurs des questions posées en introduction. Ils en soulèvent aussi d’autres, dont les réponses — et ce qu’elles impliquent — restent à définir dans les années à venir. L’agroécologie recouvre en Afrique de l’Ouest et du Centre une diversité de pratiques et de techniques, dont certaines, comme les parcs d’Acacia albida, se sont révélées particulièrement…

Lire PDF
Le Programme pour le Sahel et l’Afrique de l’Ouest en Appui à l’Initiative de la Grande Muraille Verte

SAWAP est l’acronyme anglais pour « Sahel And West Africa Program ». Le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) et la Banque Mondiale se sont associés pour développer le Programme pour le Sahel et l’Afrique de l’Ouest en Appui à l’Initiative de la Grande Muraille Verte. Le SAWAP a été une réponse à l’appel des Chefs d’Etat africains lancés au cours du sommet de Ndjamena en juin 2010 [[http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/06/17/l-afrique-s-engage-pour-la-grande-muraille-verte_1374747_3244.html]] pour s’attaquer aux problèmes de désertification et de dégradation des…

Lire PDF
Les facettes agroécologiques de l’élevage des ruminants en Afrique de l’Ouest et du Centre

Eric Vall, Mathieu Vigne, Jonathan Vayssières et Mélanie Blanchard sont chercheurs au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) en France, au sein de l’Unité mixte de recherche Systèmes d’élevage méditerranéens et tropicaux (Selmet). Mohamadoun A. Diallo et Ida Bénégabou sont chercheurs au Centre international de recherche –développement sur l’élevage en zone subhumide (Cirdes) au Burkina Faso, au sein de l’Unité de recherche sur les productions animales (Urpan), Alasane Ba est chercheur à l’Institut…

Lire PDF
« Plaidons pour l’agroécologie ! »

Laurent Levard est ingénieur agronome, spécialisé en développement agricole. Il travaille depuis 2010 au Gret, principalement sur les questions des politiques agricoles et commerciales, des négociations commerciales internationales et de l’agroécologie. Dans nombre de régions du monde, l’agriculture fait face à une crise écologique plus ou moins marquée. Les rendements agricoles stagnent ou diminuent. D’anciens systèmes de gestion de la fertilité (agriculture forestière, etc.) ont fréquemment disparu du fait de la pression démographique, sans être remplacés par de…

Lire
Agroécologie : un petit tour dans le Mayanda, en République démocratique du Congo

L’agroécologie couvre de nombreux aspects de l’agriculture et intègre les dimensions à la fois écologiques, économiques et sociales.Ces 3 grands piliers en font une discipline complète, jouant sur l’interaction entre l’écosystème et l’homme, cherchant à préserver l’environnement et la biodiversité tout en assurant la productivité agricole et en maximisant les fonctionnalités offertes par les écosystèmes. Le projet de Développement Agricole et Forestier du Mayanda (DAFOMA) du GRET, situé à Boma, en RD Congo a pour but de développer…

Lire PDF
Le SECAAR au Togo : opportunités et limites du compost

Depuis 2012, le SECAAR promeut l’adoption de pratiques agro-écologiques auprès de deux groupements de producteurs au Togo. La production et l’application de compost offre de bons résultats. Sa diffusion se heurte toutefois à un manque de matériaux de compostage et de matériel. Simplice Agbavon est le Secrétaire exécutif du Service chrétien d’appui à l’animation rurale (SECAAR) Il est ingénieur agroéconomiste de formation et est chargé de la coordination des programmes au SECAAR depuis 10 ans. Le SECAAR est…

Lire PDF
L’expérience des Unions de producteurs de niébé au Burkina Faso

Depuis une dizaine d’années, les membres des unions de producteurs de niébé dans la province du Sanmatenga (Burkina Faso) ont testé et mis en œuvre un ensemble de pratiques agro-écologiques. Ils ont été accompagnés par Fert et Accir qui préconisent une approche « à petits pas », s’adaptant aux pratiques des agriculteurs. Marta Kasprzyk est ingénieure agronome et conseillère technique à Fert depuis fin 2008. Fert (www.fert.fr) est une association française de coopération internationale pour le développement agricole…

Lire PDF
Comment co-construire des systèmes de production à base d’agriculture de conservation en Afrique de l’Ouest ?

L’agriculture de conservation (AC) désigne la famille de systèmes de culture où le travail minimal du sol, la couverture végétale permanente du sol et la diversification des cultures à travers les associations et/ou rotations des cultures sont appliqués simultanément à l’échelle de la parcelle. Une étude originale menée au Burkina teste sa faisabilité. En Afrique de l’Ouest (AO), l’augmentation démographique se traduit par une demande accrue en produits agricoles et une saturation des espaces ruraux remettant en cause…

Lire PDF
Le champ école des producteurs : une approche efficace pour l’apprentissage et la diffusion de l’agriculture de conservation?

L’agriculture de conservation (AC) peut constituer une alternative pour tenir le pari de l’intensification écologique de la production agricole en Afrique de l’Ouest et du Centre (AOC). Mais l’adoption de l’AC entraine des changements sociotechniques importants pour les producteurs d’AOC dont les représentations et pratiques agricoles sont majoritairement antagonistes à ses principes (travail minimal du sol, paillage et diversification des cultures). Le défi pour ses promoteurs (recherche-développement) est de mobiliser une approche susceptible de faciliter les processus d’apprentissage…

Lire PDF