The content bellow is available only in French.

publié dans Revue Grain de sel le 10 avril 2011

Echos de la recherche internationale sur l’agriculture familiale

Denis Pesche

Recherche agricoleSemences

Pour renouveler les pratiques d’accompagnement et les modes de pensée de l’agriculture familiale, il importe de suivre les résultats de la recherche et notamment celle du monde anglophone. Dans cette interview, Denis Pesche attire l’attention sur certaines zones d’ombres et questionne les argumentaires des ONG de plaidoyer.

Grain de sel: Quel regard porte aujourd’hui la recherche sur l’agriculture familiale ?

Denis Pesche : Je souhaiterais partager quelques doutes et zones d’incertitudes que la recherche met en relief dans la connaissance des exploitations familiales, en m’appuyant sur un numéro récent de la revue World Development, consacré au thème « Quel futur pour la petite agriculture ? » [[Volume 38 N°10, paru en 2010]]. Le terme « agriculture familiale » n’existant pratiquement pas dans le monde anglo-saxon, les débats internationaux sur l’avenir de l’agriculture familiale restent peu audibles, voire ignorés, et se structurent plutôt autour de l’avenir de la « petite agriculture ».
La revue insiste sur l’intérêt renouvelé pour l’agriculture. Il est aujourd’hui reconnu qu’il existe une « fenêtre d’opportunité » pour discuter des questions agricoles. Par contre, la question reste entière sur le type d’agriculture à promouvoir. Elle aborde également la question des liens entre petite agriculture et pauvreté : comme l’a déjà démontré le rapport de la Banque Mondiale de 2008, le fait d’injecter de l’argent dans l’agriculture aurait un effet multiplicateur (ou effet levier) plus grand que dans d’autres secteurs pour lutter contre la pauvreté. La revue s’intéresse aussi à la question de l’évolution des structures : la tendance générale est en effet à l’accroissement des surfaces agricoles moyennes, même si par endroits on assiste à des fragmentations d’exploitations. Enfin, les auteurs de ce numéro insistent sur l’importance des revenus non agricoles dans l’agriculture.
Les articles de cette revue, ainsi que les résultats du programme de recherche RuralStruc [[Le programme Ruralstruc sur les « Dimensions structurelles de la libéralisation pour l’agriculture et le développement rural » est une initiative conjointe de la Banque mondiale, de la Coopération française (Agence française de développement, ministère de l’Agriculture et de la Pêche, ministère des Affaires Étrangères, Cirad) et du Fonds international pour le développement agricole (Fida). Son objectif a été de proposer une analyse renouvelée des processus de libéralisation et d’intégration économique, dépassant la seule dimension commerciale, ainsi que de leurs conséquences sur l’agriculture et le secteur rural des pays en développement.]], mettent en avant quatre points de controverse dans la réflexion actuelle sur l’agriculture familiale.
D’abord, il existe encore beaucoup de flou et d’idées reçues sur la question de l’emploi agricole. Contrairement Contrairement à l’idée un peu générale que l’on peut parfois avoir, des enquêtes montrent que l’agriculture familiale peut être employeur de main d’oeuvre souvent mal payée. Par exemple à Madagascar, les exploitations familiales rizicoles, qui connaissent d’importantes pointes de travail, emploient une main d’oeuvre saisonnière très mal payée. Les agriculteurs familiaux peuvent aussi se salarier : l’image que l’on a de l’agriculture familiale qui serait « autonome » ne correspond donc pas toujours à la réalité. Dans certaines régions où il existe des opportunités d’emplois, certains agriculteurs familiaux, pourtant relativement bien dotés, vont s’employer ponctuellement pour compléter leurs revenus. Cette question du salariat et de l’emploi agricole est encore mal connue et fait l’objet de trop peu de travaux.
Ensuite, la question des revenus non agricoles reste encore controversée. Au niveau mondial, 35 à 40 % des revenus de la petite agriculture seraient non agricoles. Au Sénégal, des travaux récents de la Fongs – Action paysanne mettent en avant trois grands types de zones : des zones à dominante agricole (relativement limitées), des zones de transition et des zones de nouvelles économies, où l’agriculture ne représente que 30 à 40 % des revenus des ruraux. Les réflexions sur les politiques agricoles et sur les revenus agricoles doivent intégrer ces disparités. On manque ici aussi de connaissances et les travaux sur les politiques reposent donc sur des données très limitées.

Un autre point de controverse concerne la question de l’achat / vente de céréales. Dans la rhétorique libérale, le fait que de nombreux agriculteurs soient acheteurs nets de céréales est un argument qui justifie des politiques de bas prix au niveau des marchés domestiques céréaliers. Or l’étude RuralStruc montre qu’au Mali, la majeure partie des exploitations familiales sont à la fois acheteurs et vendeurs : par exemple dans la région de Massina dans l’Office du Niger (région assez ouverte sur le marché), 71 % des exploitations sont acheteurs de céréales et 89 % des exploitants sont également vendeurs de céréales. Les exploitations dans les zones plutôt dynamiques sont généralement à la fois acheteurs et vendeurs de céréales. La posture qui consiste à dire que l’exploitant est acheteur net de céréales est plutôt valide dans les régions plus reculées, mais est loin de refléter l’ensemble des zones agricoles et rurales.
Enfin, la question de l’accès au marché est trop souvent mise en avant comme la solution miracle. On s’accorde à dire que l’avenir des exploitations passe par l’accès au marché. À l’Office du Niger, une des zones maliennes les plus ouvertes au marché, seulement 60 % de la production est mise en marché tandis que 40 % est autoconsommé. Dans des zones plus pauvres comme Tominian, seulement 25 % de la production est mise en marché. L’accès au marché est donc encore loin d’être dominant ; en dehors du coton, les marchés domestiques restent relativement peu structurés et les organisations y ont peu de poids. Par ailleurs, il ne suffit pas d’accéder aux marchés, encore faut-il pouvoir y rester, et dans des conditions satisfaisantes. Cette discussion sur les modalités d’insertion des agricultures aux marchés reste trop souvent réduite à la simple question de l’accès.
Ces questions méritent selon moi d’être creusées, pour affiner les argumentaires sur l’agriculture familiale mais aussi reconnaître, dans certains cas, les limites de cette forme d’exploitation agricole.

GDS : Quel rôle peuvent avoir les organisations de producteurs dans les politiques publiques ?

DP : Pour être un peu provocateur, il me semble que l’idée de « défense de l’agriculture familiale » n’est pas porteuse, car elle a un côté négatif. On devrait plutôt se poser la question de la transformation, voire de la « modernisation » des exploitations familiales. Plutôt que d’être dans une posture défensive, il faudrait réfléchir à quelles sont les étapes et les leviers pour la transformation des exploitations familiales.
Un article de la revue World Development analysant l’économie politique des petits producteurs et leur influence, estime de façon assez juste que, sur la longue période, les petits producteurs ont été peu ou mal défendus au niveau politique. C’est vrai qu’aujourd’hui il existe des organisations qui se sont structurées, et qui sont de plus en plus puissantes et influentes ; mais cet article s’appuie sur des courants de pensée qui estiment que « le changement politique intervient lorsque des coalitions d’acteurs assez larges partagent un système de croyance commun et parviennent à influencer le cadre référentiel des politiques en place ».
Ce point m’amène à penser que, au-delà des OP et des ONG qui les appuient, la logique de plaidoyer devrait associer beaucoup plus largement dans les pays concernés les chercheurs, journalistes, hommes politiques et fonctionnaires. Des avancées importantes du mouvement paysan dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest ont en effet eu lieu quand les OP ont réussi à tisser des liens de complicité avec certains fonctionnaires ou hommes politiques, mais aussi avec des journalistes et d’autres personnes influentes dans la fabrication des opinions. Il faut donc être capable d’avoir un dialogue construit et des alliés au sein de l’appareil d’État, puisqu’en définitive les choses ne se transformeront que lorsque l’appareil d’État au sens large sera convaincu qu’il est bon de les transformer dans le sens évoqué.
Sur les logiques de plaidoyer, il est utile de lire l’ouvrage d’Edgard Pisani, intitulé Un vieil homme et la terre, qui développe un plaidoyer ciblé selon le public. En effet, ce n’est pas le même plaidoyer qu’il faut construire pour un décideur du Nord ou du Sud, ou pour une opinion publique du Nord ou du Sud. Ce point me parait essentiel. L’enjeu actuel est de viser en priorité les pouvoirs publics des pays du Sud, en particulier les ministères des Finances des pays du Sud qui détiennent souvent les clés de la décision par rapport aux politiques agricoles. Le vrai plaidoyer doit donc être construit pour essayer de convaincre les politiques des pays du Sud ; les autres suivront logiquement.

GDS : Quels peuvent être les liens et articulations entre la recherche et les ONG de plaidoyer ?

DP : C’est un vieux « serpent de mer ». Quand je travaillais dans l’animation de réseau, on a souvent essayé de construire des relations entre la recherche et les ONG. Étant aujourd’hui dans le monde de la recherche, je constate que la recherche est de plus en plus soumise à une logique de compétition : les réformes institutionnelles de la recherche et son financement imposent de plus en plus aux chercheurs d’être en compétition « les uns contre les autres ». Cela induit des logiques de spécialisation et de fragmentation. Pour survivre dans un monde régi par la compétition, on se spécialise, on travaille sur sa petite niche. Aujourd’hui, la recherche a ainsi relativement peu de capacités de synthèse et de mise en perspective des travaux conduits ici ou là. Tout est très fragmenté et parcellisé.
La question des temporalités est aussi une difficulté. Le travail de recherche prend un certain temps : on fait des enquêtes, on traite les données, souvent dans des conditions difficiles, etc. C’est une temporalité qui est rarement en phase avec celle de plaidoyer des ONG, où il faut des réponses rapides et immédiates. Par ailleurs, lorsqu’on fait de la recherche, on est censé avoir un certain « doute constitutif », c’est-à-dire que l’on s’interroge, on se pose des questions pour faire avancer la connaissance et générer de nouvelles questions. La logique de plaidoyer est par contre une logique de conviction, de certitude et de simplification (il faut simplifier le discours pour qu’il soit entendu). C’est à mon avis de moins et moins évident de trouver dans la recherche des personnes qui acceptent de jouer ce « jeu » qui n’est pas du tout reconnu dans la carrière d’un chercheur. Néanmoins, la question de l’utilité sociale de la recherche reste très importante et souvent débattue. Les recherches sont conduites le plus souvent avec des soutiens financiers publics et les chercheurs doivent s’interroger sur leurs capacités à apporter à la société des éléments un peu plus concrets que des discussions académiques parfois détachées des enjeux réels. La collaboration entre recherche et ONG peut aller dans ce sens, si chacun sait prendre en compte la spécificité des différents métiers et penser les bonnes articulations.

Cette interview a été rédigée sur la base d’une intervention de Denis Pesche lors du séminaire « Quelles pratiques de coopération pour appuyer les agricultures familiales ? », organisé par la Commission Agriculture et Alimentation (C2A) de Coordination Sud, le 7 décembre 2010 à Nogentsur- Marne (France). Le rapport de l’étude réalisée par la C2A est disponible en ligne :
http://www.coordinationsud. org/spip. php?action=acceder_document &arg=5130&cle=49593314f618d ed91a74d48b9d4dc982&file=pd f %2Fcomment_soutenir_les_ agricultures_familiales_vf_ dec2010.pdf

Restez informé⸱e !

Abonnez-vous à nos publications et bulletins pour les recevoir directement dans votre boîte mail.

Autres articles qui pourraient vous intéresser

Vous lisez un article de la publication "52-53 : Les semences : intrant stratégique pour les agriculteurs".

Actualité d’Inter-réseaux (GDS 52-53)

_ Légende: Rencontre-débat à Ouagadougou autour du Grain de sel no 50 sur les leaders paysans Actualité d’Inter-réseaux Bulletin de veille et site Internet Une charte graphique pour les publications d’Inter-réseaux est en cours de réalisation : les bulletins de veille (BDV) auront donc bientôt un nouveau look ! Une nouvelle série de bulletins de synthèse va prendre la suite des BDV sur la souveraineté alimentaire qui paraissaient depuis 2008. Les premiers numéros seront sur les thèmes suivants…

Lire PDF
Grain de Sel n°52-53 : Les semences: intrant stratégique pour les agriculteurs
Inter-réseaux

Les semences sont essentielles dans les systèmes agricoles. Elles sont la première étape vers la production d’aliments et sont donc cruciales pour assurer la sécurité alimentaire des populations. De leur qualité, leur accessibilité et leur diversité, dépend le succès des agriculteurs dans leurs activités de production. Les semences sont ainsi au cœur de multiples enjeux, et suscitent beaucoup d’attention et de débats, notamment en Afrique. Du fait de la complexité à traiter de façon exhaustive un sujet si…

Lire
Grain de sel vu par ses lecteurs
Ghita Aouami

Pour les seize ans de sa revue Grain de sel, Inter-réseaux a réalisé une enquête auprès de ses lecteurs. Il s’agissait de comprendre en quoi Grain de sel intéresse les lecteurs et de mesurer leur satisfaction sur les aspects formels. En voici les principaux résultats. Grain de sel, la revue d’Inter-réseaux. Vous connaissez majoritairement Inter- réseaux de nom (96 % des réponses), l’association qui publie Grain de sel, mais connaissez très peu l’association en tant que telle et…

Lire PDF
Semences et biodiversité: les grandes déclarations ne suffisent pas!…
Inter-réseaux

En 2001, le Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture (Tirpaa, appelé aussi « Traité des semences ») est adopté par les États membres de la FAO. Entré en vigueur en 2004, après ratification par une centaine d’États (les États-Unis ne l’ont pas ratifié), il vise à soutenir la conservation exsitu et in-situ de la biodiversité cultivée. Il reconnaît la contribution des agriculteurs dans la conservation et la mise en valeur des ressources phytogénétiques. Il…

Lire PDF
L’invité de Grain de Sel: Sylvestre Ouedraogo
Sylvestre Ouedraogo

Grain de sel : Pouvez-vous nous présenter votre parcours, ainsi que votre association Yam Pukri ? Sylvestre Ouedraogo : Yam Pukri est une association basée au Burkina Faso et spécialisée dans la formation, l’information et le conseil en nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Chez nous, la micro-informatique et le réseau Internet sont considérés comme un luxe. C’est pour faciliter l’accès à ces technologies, notamment pour des publics de jeunes ou de ruraux, que Yam…

Lire PDF
Les risques de crise liés à la nouvelle hausse des prix internationaux
Nicolas Bricas

La récente hausse des prix agricoles apparaît pour le moment de moindre ampleur qu’en 2008 dans les risques qu’elle fait courir aux consommateurs. Mais elle intervient dans un contexte de plus grande vulnérabilité de la population. Décryptage. Les prix agricoles internationaux connaissent depuis début 2011 une flambée historique, comparable à celle de 2008. L’indice FAO des prix des produits alimentaires a atteint 236 points contre 213,5 au moment des records de mars et juin 2008. Celle-ci s’accompagne d’une…

Lire PDF
Echos de la recherche internationale sur l’agriculture familiale
Denis Pesche

Pour renouveler les pratiques d’accompagnement et les modes de pensée de l’agriculture familiale, il importe de suivre les résultats de la recherche et notamment celle du monde anglophone. Dans cette interview, Denis Pesche attire l’attention sur certaines zones d’ombres et questionne les argumentaires des ONG de plaidoyer. Grain de sel: Quel regard porte aujourd’hui la recherche sur l’agriculture familiale ? Denis Pesche : Je souhaiterais partager quelques doutes et zones d’incertitudes que la recherche met en relief dans…

Genèse de l’organisation panafricaine des producteurs agricoles
Elisabeth Atangana, Igor Besson, Souleymane Traoré

L’organisation panafricaine des producteurs agricoles (PAFO, de l’anglais Pan African Farmers Organisation) a été créée en octobre 2010 à Lilongwe au Malawi. Mme Atangana, présidente fondatrice, explique le processus qui a engendré la constitution de cette plateforme continentale et indique les grands défis à relever. Grain de sel : Pourriez-vous nous parler de la genèse de la PAFO, que vous présidez depuis fin octobre dernier ? Elisabeth Atangana : Je voudrais d’abord souligner que la création de la…

Lire PDF
Courrier des lecteurs
Loic Barbedette

Commentaires de Loïc Barbedette, sociologue, sur le numéro 50 de Grain de sel consacré aux leaders paysans J’ai eu l’occasion d’échanger avec l’équipe d’Inter- réseaux pendant la préparation du numéro spécial de Grain de sel sur les leaders paysans, et je souhaiterais apporter quelques commentaires pour enrichir la réflexion. « Leader » ou « responsable » ? Un premier point concerne le terme de « leader ». Un « responsable » n’est pas automatiquement un « leader »…

Lire PDF
Tribune: pour un véritable commerce intra-africain
Marc Levy, barisp

Les vertus de l’intégration régionale dans une économie globalisée ne sont plus à prouver, en Afrique comme ailleurs. Pourtant aujourd’hui, pas plus de 10 % des échanges commerciaux du continent africain ne se font entre nations africaines. Présentation de quelques bonnes raisons de promouvoir un véritable commerce intra-africain. Par deux fois en moins de quatre ans, la flambée des prix attaque les pays africains en dépendance alimentaire. Le prix du riz a triplé et celui du maïs a…

Lire PDF
Evolution des dispositifs de services agricoles au Nord-Cameroun
Bourou, michelhavard

Au Nord-Cameroun, les dispositifs de services agricoles se sont fortement diversifiés ces dernières années. Ils s’efforcent de mettre en oeuvre des démarches de plus en plus participatives. Demeurant fragiles en termes de gouvernance et de financement, la question de leur pérennité reste encore posée. Depuis vingt ans, le contexte socio-économique de l’agriculture au Nord-Cameroun (désengagement de l’État, libéralisation de l’économie, responsabilisation des agriculteurs) a entraîné l’évolution des dispositifs de services agricoles. En plus de l’offre traditionnelle de services…

Lire PDF
Introduction du dossier GDS 52-53

LE DOSSIER Les semences: intrant stratégique pour les agriculteurs Les semences sont essentielles dans les systèmes agricoles. Elles sont la première étape vers la production d’aliments et sont donc cruciales pour assurer la sécurité alimentaire des populations. De leur qualité, leur accessibilité et leur diversité, dépend le succès des agriculteurs dans leurs activités de production. Les semences sont ainsi au cœur de multiples enjeux, et suscitent beaucoup d’attention et de débats, notamment en Afrique. Du fait de la…

Lire PDF
Quelques définitions clés pour aborder ce dossier « semences »
Fanny Grandval

Voici présentées les définitions des mots et expressions du dossier « semences » (pages 12- 34) identifiés par un astérisque * Semences La semence est la matière première de l’agriculture. Elle influence fortement le rendement d’une culture. Que ce soit pour une variété paysanne ou de sélectionneur, l’emploi de semences de mauvaise qualité peut entraîner une réduction qualitative et quantitative des récoltes. Dans les schémas des obtenteurs de variétés et des organismes officiels de multiplication, la production de…

Lire PDF
Les semences, un intrant stratégique concentrant beaucoup d’enjeux
Fanny Grandval, Valentin Beauval

Cet article présente l’évolution des dispositifs publics et privés en matière de sélection végétale. Il vise à mettre en lumière, au regard des dispositifs et contraintes existantes dans les pays riches, les enjeux associés à la sélection, la multiplication et la diffusion des semences dans les PED, notamment en Afrique. La semence est un élément stratégique des systèmes de production agricole : sans semences de qualité et adaptées aux évolutions des contextes pédoclimatiques, la survie des sociétés rurales…

Lire PDF
Droits des agriculteurs sur leurs semences: le long chemin entre la conservation in et ex situ
Didier Bazile, Enrique A. Martinez, Harouna Coulibaly

La complémentarité entre les formes de gestions ex situ et in situ pour les plantes cultivées ne fait plus aujourd’hui débat mais l’analyse des savoirs et des pratiques mobilisés dans chacun de ces registres permet de repositionner chaque acteur et sa fonction dans la conservation de la biodiversité agricole. À chacun sa conservation. Si nous nous plaçons sur les enjeux de la conservation de la bioversité à l’échelle mondiale et que nous considérons la question de l’intérêt de…

Lire PDF
Enjeux de la préservation des « semences paysannes » de sorgho en Mauritanie
Mamadou Sow, Yvan le Coq

En Mauritanie, face à un environnement climatique aléatoire et à des conditions de production contraignantes, les producteurs de sorgho cherchent avant tout à préserver une certaine hétérogénéité du matériel végétal pour garantir une récolte au moindre coût, fut-elle de faible niveau. Si la Mauritanie est très largement excédentaire en viande rouge, elle importe en revanche 70 % de sa consommation céréalière. Pourtant, suite au déficit pluviométrique des années 1970-1980, l’État a consenti de très importants moyens pour le…

Lire PDF
OGM, où en est-on ?
Fanny Grandval

Cet article fait un état des lieux de la place des plantes génétiquement modifiées dans l’agriculture mondiale, avec un focus sur le continent africain. Face aux nouveaux enjeux liés aux filières semencières notamment privées, il propose aussi des éléments pour alimenter le débat « OGM et sécurité alimentaire ». L’année 2010 est la quinzième année de commercialisation des cultures « génétiquement modifiées » (GM) sur notre planète. Quelle a été la progression de la mise en culture de…

Lire PDF
Violet de Galmi, après la marque, l’IG !
Fanny Grandval

Éléments introductifs Les informations contenues dans le présent article sont issues d’un entretien avec Moumouni Assane Dagna (m.dagna@yahoo.fr), docteur en développement rural et ingénieur agroéconomiste au ministère de l’Agriculture et de l’Élevage du Niger. Cet article fait écho à celui paru dans la revue Grain de sel nº 45 de début 2009 : Télécharger l’article : « Le Violet de Galmi est-il menacé ? » Nous recommandons au lecteur de lire cet article dans un premier temps afin…

Lire PDF
Sélection variétale au Burkina Faso : un nouveau type de partenariat entre chercheurs et agriculteurs
Gilles Trouche, Kirsten vom Brocke, Nonyeza Bonzi, hocde

Voici une expérience originale de sélection variétale de sorgho, conduite via une étroite collaboration entre chercheurs et agriculteurs au Burkina Faso. Présentation du principe, de la méthode, des résultats et de quelques recommandations. Dans la Boucle du Mouhoun, au Nord-Ouest du Burkina Faso, le sorgho est la culture dominante, surtout pour les exploitations ne cultivant pas de coton et ayant de ce fait peu accès aux engrais. Ces 40 dernières années, des conditions climatiques plus erratiques (sécheresse, début…

Lire PDF
Le Resopp et ses filières semencières : du producteur au producteur
Elodie Bonnefin, Mamadou Mactar Thiam

Depuis 2002, le Réseau des organisations paysannes et pastorales du Sénégal (Resopp), l’un des plus grands réseaux de coopératives rurales du pays, a mis en place un modèle original et audacieux dans la production de semences vivrières. Le Réseau des organisations paysannes et pastorales du Sénégal (Resopp) est un réseau de coopératives rurales au Sénégal qui compte aujourd’hui 6 coopératives, composées de 28 antennes réparties sur l’ensemble du territoire national et représentant plus de 30 000 membres (cf….

Lire PDF
Production et écoulement des semences certifiées dans la zone d’intervention de l’Office Riz Mopti
ahmedbdiakite

L’organisation de la production et de la distribution de semences certifiées dans la zone de l’Office Riz Mopti (ORM) a connu plusieurs évolutions organisationnelles. Un exemple concret de la façon dont les acteurs se sont adaptés aux différentes contraintes. Durant la dernière décennie, suite au désengagement de l’État malien de nombre d’activités liées à l’agriculture lors des Programmes d’ajustement structurels, la production et la distribution des semences certifiées de riz ont connu différentes évolutions dans la zone d’intervention…

Lire PDF
La production de semences dans une filière organisée : le cas du coton au Bénin
Emmanuel Sekloka

Dans un contexte de réformes importantes de la filière coton béninoise, cet article cherche à décrire l’organisation actuelle de la production de semences dans le cadre de cette filière, les acteurs impliqués et leurs rôles respectifs, et à en dégager l’intérêt et les limites. L’Association interprofessionnelle du coton (AIC) regroupe les trois familles professionnelles en charge de la filière coton du Bénin : Les producteurs, désormais réunis au sein de Coopératives villageoises de producteurs de coton (CVPC), les…

Lire PDF
« Accaparement des semences » et nouveaux enjeux en Afrique de l’Ouest
Mamadou Goïta

Cet entretien vise à mettre en lumière les constats, évolutions et positionnements des institutions, comportements du secteur privé, et risques pour les agricultures familiales dans le secteur des semences en Afrique de l’Ouest. Retour sur le point de vue d’un expert du sujet, occupant aujourd’hui une place stratégique au sein de l’Afrique de l’Ouest. Grain de sel : Quels constats faitesvous sur l’évolution du secteur des semences en Afrique ? Mamadou Goïta : La question des semences, au…

Lire PDF
Quelques éléments de conclusion
Fanny Grandval

Au regard des expériences et témoignages rapportés dans ce dossier, quels éléments clés retenir, quels autres aspects du sujet convient-il d’explorer et quelles pistes pour une évolution durable et constructive des systèmes agricoles au Sud, dans un contexte où l’agriculture demeure au centre de tous les débats ? Sélection variétale et biodiversité cultivée : le rôle central des agriculteurs. Comme le constate Didier Bazile, « pour de nombreuses raisons, les champs paysans constituent une “mine d’or” pour la…

Lire PDF