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publié dans Revue Grain de sel le 17 janvier 2008

Boom des cours mondiaux de céréales : feu de paille ou début d’une nouvelle ère ?

Hervé Guyomard

CéréalesVolatilité et flambée des prix

Vous lisez un article de la publication "40 : Migrations interafricaines, une richesse pour le continent".

Depuis le milieu de 2006, nombre de matières premières agricoles ont augmenté de manière spectaculaire. Pourquoi ? Quels scénarios d’avenir envisager ? Hervé Guyomard porte un regard analytique sur l’évolution des marchés céréaliers, puis il apporte un éclairage sur les évolutions actuelles, et donne quelques éléments de prévision à moyen terme.
En une année, de septembre 2006 à 2007, le cours mondial moyen du blé tendre Soft Red Winter (SRW) Free on Board (FOB) B a crû de 112 euros par tonne, passant de 133 à 245 euros par tonne (+ 84 %). Sur la même période, le cours mondial moyen du blé tendre de haute qualité Hard Red Winter (HRW) du Golfe du Mexique a crû de 87 euros par tonne, passant de 163 à 250 euros par tonne (+ 53 %). Depuis lors, les prix du blé ont légèrement décru. Il n’est pas moins vrai que les prix mondiaux du blé tendre, plus généralement des céréales ainsi que d’un grand nombre de matières premières agricoles ont augmenté de façon très importante depuis le milieu de l’année 2006. Cette augmentation spectaculaire n’a pas été vraiment anticipée : les prévisions établies fin 2005 misaient sur des perspectives de prix agricoles « relativement positives », expression utilisée à cette date par la Commission européenne. D’où deux interrogations. D’abord, que s’est-il passé ? Ensuite, que va-t-il se passer demain ? En centrant l’attention sur les céréales, blé et céréales secondaires, une première analyse fine du passé permet quelques prospectives.

1980-2005 deux décennies de relative stabilité du marché mondial des céréales. Contrairement à une idée souvent répandue, le marché mondial des céréales est moins dynamique que bon nombre d’autres marchés agricoles (Commission européenne, 2006) C. Entre 1980-82 et 2000-02, la consommation mondiale de céréales (riz exclu) a augmenté d’environ 1 % par an (de 1 070 à 1 319 M t). La production mondiale de céréales a connu une évolution similaire, passant de 1 090 M t en 1980-82 à 1 300 M t en 2000-02. Deux points méritent ici d’être soulignés. D’abord, le fait que la croissance de la consommation mondiale fut plus faible que celle de la population ce qui signifie que la consommation de céréales par tête a diminué sur la période 1980-82 à 2000-02. Ensuite, le fait que la croissance des rendements fut plus forte que celle de la production. Cela implique que les surfaces mondiales emblavées en céréales ont diminué sur la période 1980-82 à 2000-02. Quant aux échanges de céréales (riz exclu), ils ont fluctué aux alentours de 200 M t par année, cinq acteurs assurant l’essentiel des exportations : les États-Unis, suivis, dans un ordre variable selon les années, par l’Union européenne (UE), le Canada, l’Australie et l’Argentine.
Le marché du maïs, plus dynamique que les autres, largement dominé par les États-Unis pour les exportations. Le marché mondial du maïs fut plus dynamique que celui des autres céréales, avec une croissance régulière de la consommation et de la production à un rythme annuel de 2 % et un accroissement des surfaces cultivées. Après une baisse sur la première décennie 1980-90, les échanges mondiaux de maïs ont cru sur la décennie suivante de sorte qu’ils s’élevaient à

nouveau à 80 M t au début de ce siècle. Les États-Unis sont, de loin, le premier exportateur de maïs avec une part annuelle du marché mondial qui a fluctué entre 50 et 75 % pendant la période ici considérée. De ce seul chiffre, on comprend aisément que toute modification de l’équilibre offre/demande sur le marché américain du maïs (par exemple sous l’effet d’une demande à des fins énergétiques) aura des répercutions importantes. Sur les échanges mondiaux de maïs, sur le prix mondial de celui-ci et, par le jeu des substitutions à l’offre et à la demande entre les différentes grandes cultures, céréales et oléagineux. Étant donné l’importance de celles-ci dans le coût des rations animales, une telle évolution aura des répercussions sur les cours de l’ensemble des matières premières agricoles. Le marché du maïs à l’importation est moins concentré même s’il est dominé par le Japon, suivi par la Corée du Sud, puis d’autres régions et pays (UE, Canada, Égypte, Iran, Malaisie, Mexique).
Le marché du blé, plus important en quantité. Relativement au maïs, les échanges mondiaux de blé représentent une part plus importante de la consommation par rapport à la production mondiale, soit 17 % en 2000-02. Le marché mondial du blé à l’exportation est dominé par les États-Unis, suivis par le Canada, l’UE, l’Australie et l’Argentine. Sur la période ici considérée, 1980-82 à 2000-02, les exportations communautaires de blé ont diminué. En effet, la réforme de la Politique agricole commune (PAC) de 1992 a permis, c’était l’un de ses objectifs premiers, d’augmenter les usages de blé domestique dans les rations animales européennes. De plus, l’Accord agricole de l’Uruguay Round de 1994 a amoindri les possibilités de recourir à l’arme des subventions à l’exportation (les restitutions) pour combler l’écart entre le prix intérieur européen et le cours mondial. Comme dans le cas du maïs, le marché mondial du blé à l’importation est moins concentré que celui à l’exportation : les deux principaux importateurs sont le Japon et le Brésil, suivis par l’Egypte, l’Algérie, l’Iran, la Corée du Sud, l’Indonésie et le Maroc.

2005-07 : que s’est-il passé ? Le dynamisme relativement faible des marchés mondiaux des céréales de 1980 à 2005 explique la relative atonie des cours mondiaux de ces produits sur cette période (avec néanmoins de fortes variations inter annuelles, essentiellement liées aux chutes de production dues aux accidents climatiques). Comment alors expliquer la hausse des cours mondiaux de céréales qui démarre au début de l’année 2006 et qui s’est amplifiée à compter du 4¨trimestre, de sorte qu’au cours de cette année, les prix à l’exportation du maïs et du blé en provenance des États-Unis ont augmenté de respectivement 66 % et 30 % par rapport à 2005 (Commission européenne, 2007) ? Cinq facteurs au moins sont à prendre en compte : les conditions climatiques défavorables, la faiblesse des stocks mondiaux, la croissance économique mondiale soutenue, la demande de céréales à des fins de production de biocarburants (bioéthanol) et les comportements spéculatifs de détenteurs de capitaux. Les deux premiers facteurs ont eu pour effet de diminuer les quantités disponibles, les deux suivants ont augmenté la demande et le dernier a contribué à amplifier le mouvement à la hausse des cours mondiaux de céréales.
La fréquence des crises induites par les conditions climatiques défavorables pourrait augmenter à l’avenir sous l’effet du changement climatique. De même, quelques chiffres suffiront à illustrer la faiblesse des stocks mondiaux de céréales. Les stocks mondiaux de blé, qui oscillaient aux alentours de 200 M t au début de ce siècle, ont diminué à 165 M t en 2001-02, puis à 127 millions de tonnes en 2002-03, ils sont stables à 130 millions de tonnes sur les quatre années suivantes. Les stocks mondiaux de maïs, qui avaient atteint plus de 170 millions de tonnes les deux années 1997-98 et 1998-99, ont diminué sur les quatre années suivantes (à cette date, ils s’élevaient à 104 M t), ils se sont stabilisés à 130 M t les trois années suivantes, mais ont à nouveau fortement décru en 2006-07 où ils n’étaient que de 92 millions de tonnes. Certes, les stocks mondiaux de blé et de maïs ont déjà été plus bas, par exemple en 1994-95 et en 1995-96, mais la part des stocks sur les besoins de consommation n’a cessé de se dégrader depuis le début de la présente décennie pour atteindre aujourd’hui un niveau historiquement bas de 13 % environ pour le blé et de 20 % environ pour le maïs (Commission européenne, 2007, d’après le Food and Agricultural Policy Research Institute, Fapri, 2007). Cela signifie que le recours aux stocks pour satisfaire la demande sera demain plus difficile qu’il ne l’a été depuis le début de la décennie. Au cours de cette période, le recours aux stocks a été utilisé, en particulier, pour répondre aux besoins additionnels en maïs pour la fabrication de bioéthanol aux États-Unis. Depuis 2006, ce pays est le premier producteur de bioéthanol au monde (il a, à cette date, dépassé le Brésil où le bioéthanol est à base de canne à sucre)D. Il est clair que la croissance des utilisations de maïs domestique pour la fabrication de bioéthanol aux États- Unis est un facteur de la hausse des cours mondiaux de maïs, plus généralement de céréales, sur les années 2005 à 2007. Du côté de la demande a aussi joué la croissance économique mondiale, notamment dans les pays en développement où elle fut particulièrement élevée sur la période ici considérée : entre 2004 et 2006, le Produit intérieur brut (Pib) réel a augmenté de 9 % entre 2004 et 2006 dans le groupe des pays asiatiques en développement (groupe qui inclut la Chine et l’Inde) ; sur la même période, le Pib réel des pays d’Afrique subsaharienne a cru de 6 %. En 2007, la croissance économique mondiale devrait encore augmenter de plus de 5 % en moyenne.
Au total, les évolutions « négatives » de l’offre et « positives » de la demande ont réduit l’offre disponible (production et stocks) par rapport à la consommation totale, alimentaire et non alimentaire, provoquant l’envolée des cours mondiaux de céréales. Cette situation de tension sur les marchés mondiaux de céréales, de façon plus générale sur les marchés mondiaux de produits agricoles, est-elle durable ou seulement conjoncturelle ?

Et demain ? On se risquera ici à pronostiquer que les prix agricoles mondiaux resteront élevés à moyen terme, au moins sur la prochaine décennie. Ceci pour trois raisons majeures. D’abord, parce que les stocks mondiaux de produits agricoles, notamment de céréales, sont aujourd’hui très bas. Ensuite, parce que la croissance économique mondiale devrait rester élevée, plus de 4 % en moyenne dans les pays développés et plus de 6 % en moyenne dans les pays en développement selon Von Braun (2007)E. Enfin, du fait de la demande en biocarburants. Bien que l’on revoie à la baisse les bénéfices environnementaux des biocarburants de première génération, les investissements d’ores et déjà réalisés seront, selon toute vraisemblance, exploités.

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