Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur email

The content bellow is available only in French.

publié dans Revue Grain de sel le 18 janvier 2019

Le virage entrepreneurial des politiques de sécurité alimentaire depuis 2008

Arlène Alpha

Crise alimentaireSecteur privé et développementBurkina FasoAnalyse, synthèse

La crise de 2008 a conduit à l’émergence et à l’implication croissante du secteur privé (SP) dans les politiques agricoles d’Afrique de l’Ouest. Cet article, à travers une étude de cas sur le Burkina Faso, se demande en quoi cette dynamique rompt avec les politiques antérieures et interroge la capacité du SP à assurer la sécurité alimentaire de la région.

La crise alimentaire de 2008 a amené les États d’Afrique de l’Ouest (AO) à prendre des mesures d’urgence pour soutenir leur offre nationale, être moins dépendants des marchés, et plus profondément, à revoir l’orientation de leurs politiques en faveur de la sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN). Le recours au secteur privé, renvoyant généralement pour les décideurs aux entreprises nationales et internationales pouvant investir en capitaux dans le secteur agricole et alimentaire, est devenu l’élément structurant de ces politiques.

Un changement de paradigme. Lorsque les deux politiques agricoles régionales sont définies au début des années 2000 — la politique agricole de l’Uemoa (PAU) et la politique agricole de la Cédéao (Ecowap) — la vision de la sécurité alimentaire et de la modernisation de l’agriculture qui prévaut repose sur les exploitants familiaux. Il est reconnu que ces acteurs produisent l’essentiel de la production alimentaire régionale et sont en même temps les premiers affectés par l’insécurité alimentaire. Le rôle du secteur privé est alors d’appuyer l’agriculture familiale dans des domaines bien précis en amont et en aval de la production (financement, intrants, transformation, etc.).

En réponse à la crise de 2008, de nombreux États d’AO ont mis en place des politiques de relance de la production agricole, en particulier dans la filière rizicole au travers de subventions aux intrants. Les efforts en matière de politiques publiques ont également porté sur l’opérationnalisation de l’Ecowap à travers les Plans nationaux et le Plan régional d’investissement agricole (PNIA et PRIA), la mise en place d’une Réserve régionale (lire aussi pages 30- 32), puis l’Alliance globale pour l’initiative résilience (AGIR) en 2012.

À l’échelle continentale cependant, l’impulsion donnée aux politiques agricoles et de sécurité alimentaire a été toute autre et s’est fondée sur le secteur privé, comme l’illustre l’initiative Grow Africa du Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA) du Nepad lancée en 2011 avec le Forum Economique Mondial. Cette initiative entend soutenir les entreprises par des mesures incitatives (notamment législatives et fiscales) pour aider ensuite les petits exploitants. Les Chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine ont confirmé cette orientation en s’engageant à créer un environnement favorable à l’investissement privé dans l’agriculture, l’agrobusiness et l’agroindustrie (Déclaration de Malabo, 2014). Dans cette vision, les entreprises apparaissent comme les éléments moteurs des transformations agricoles (mécanisation, irrigation, innovation, rendements, etc.) tandis que les exploitants familiaux prennent davantage le statut de bénéficiaires de ces transformations par des effets d’entraînement.

Une nouvelle vision de la SAN : le cas du Burkina Faso. On retrouve cette vision dans nombre de politiques de pays d’AO. C’est le cas du Burkina Faso, qui a adhéré à la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition (Nasan) du G8 de 2012, s’appuyant elle aussi sur les investisseurs privés pour créer des opportunités économiques (emplois, marchés, contrats, etc.) et ainsi lutter contre la faim et la malnutrition. Le pays a également opté pour le développement de partenariats publics privés au travers des agropôles avec l’appui de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement.

Le Programme national du secteur rural (PNSR) 2011-2015 — correspondant au PNIA du Burkina — affichait une vision équilibrée entre soutiens aux exploitations familiales et à l’entrepreneuriat agricole mais misait sur les entreprises pour dynamiser le secteur agricole. La Nasan est venue amplifier ce mouvement en donnant un coup de projecteur aux mesures visant à encourager les investisseurs privés (par exemple le Code des investissements agricoles) et en renforçant leur poids politique. Dans le même temps, la création de Bagrépôle en 2011 se traduisait par des incitations fiscales et des mesures foncières favorables aux investisseurs et consolidait l’orientation entrepreneuriale des politiques de sécurité alimentaire. L’agrobusiness est ainsi devenu le crédo des autorités politiques pour stimuler la croissance agricole et atteindre la sécurité alimentaire. Dans cette vision, les exploitants familiaux ne sont pas voués à disparaître et à tous se transformer en ouvriers agricoles, mais ils ne sont plus considérés comme les « fers de lance » du secteur agricole.

Un tracteur de maïs à Bagré, symbole de modernisation de l’agriculture

Une réalité contrastée de l’émergence du secteur privé au Burkina Faso. L’appel au secteur privé au Burkina Faso ne s’est cependant pas traduit sur le terrain par une vague d’investisseurs internationaux et nationaux. Le bilan de la mise en oeuvre de la Nasan montre les difficultés des entreprises nationales à respecter leurs engagements d’investissement. Les prévus n’ont pu être entièrement réalisés (problèmes de retard et de financement) et la production agricole s’est heurtée à des contraintes techniques, d’accès à la main d’oeuvre, etc. Il faut aussi souligner que le processus Nasan était avant tout politique et que les engagements ont été pris dans l’urgence, avec la promesse de bénéficier du soutien des pays du G8. Les entreprises internationales ont formulé des engagements très vagues et n’ont pas investi au Burkina Faso pour des raisons diverses (y compris politiques et de sécurité). Les « agrobusinessmen » se sont révélés être des acteurs politiques, issus de l’élite urbaine qui avaient un accès facile au foncier et au capital mais n’étaient pas en mesure d’impulser une dynamique agricole (manque de compétences en agriculture, logiques d’accaparement foncier, désintérêt pour l’agriculture, etc.).

Ce constat ne doit cependant pas occulter l’existence d’un secteur privé en plein développement, constitué de nombreuses petites et micro-entreprises qui se lancent dans l’aviculture par exemple, pour répondre à la forte demande des consommateurs urbains, ou dans des unités industrielles de transformation du riz à Bagré.

Un nécessaire débat de politique publique sur le rôle du secteur privé. La crise de 2008 a constitué un élément de justification du renouveau des politiques agricoles et de la SAN. Le virage entrepreneurial pris par ces politiques s’inscrit dans un contexte post-crise marqué par des ressources publiques sous tension, une forte promotion du monde de l’entreprise (notamment auprès des jeunes), une montée en puissance des entreprises transnationales dans la gouvernance alimentaire et la persistance du paradigme néolibéral comme référentiel global des politiques. Le décalage entre les discours exhortant les investisseurs privés à investir à grande échelle dans l’agriculture et l’agroalimentaire et la réalité du terrain qui, dans le cas du Burkina Faso, rappelle que le dynamisme rural vient principalement des exploitations familiales et des micro-entreprises est frappant.

Or, ces exploitations familiales et micro-entreprises réalisent l’essentiel des investissements agricoles et agroalimentaires et disposent d’atouts non négligeables en termes de flexibilité et d’adaptation face aux risques croissants sur les systèmes alimentaires. Outre l’aspect « miroir aux alouettes » que revêt l’attrait pour les grosses entreprises, celui-ci soulève des enjeux importants en matière d’équité dans l’allocation des soutiens publics entre les différents types d’acteurs privés. L’objectif affiché des politiques entrepreneuriales est d’aider les petits exploitants familiaux mais trop peu d’attention est portée à la parole de ces acteurs et au recueil de leurs besoins dans l’élaboration de ces politiques.

Des exploitants-entrepreneurs ? Les représentants des organisations paysannes au Burkina Faso font valoir que nombre d’exploitants familiaux sont aujourd’hui des entrepreneurs agricoles et, loin de diaboliser les entreprises, voient l’intérêt de leur développement dans le domaine de la transformation par exemple. Certains responsables d’entreprises considèrent que seules les entreprises formelles constituent le secteur privé en mesure de répondre au défi de la SAN, y compris sur le maillon de la production. Plus que jamais, un débat de politiques publiques s’impose sur le rôle respectif des différents acteurs du secteur privé (grandes et moyennes entreprises formelles, micro-entreprises, exploitants familiaux, etc.) au regard des transformations à conduire dans les systèmes alimentaires et sur les soutiens différenciés dont ils ont besoin. Ce débat doit expliciter et reconnaitre l’existence de visions différentes. Sur quels acteurs s’appuyer ? Pour faire quoi ? Dans quelles filières ? Sur quels maillons ? Pour répondre à quels besoins ? Quels défis ? Avec quels arrangements institutionnels ? Quels soutiens, etc. ? Autant de questions à mettre à l’agenda politique des pays d’Afrique de l’Ouest.

Arlène Alpha (arlene.alpha@cirad.fr) est chercheuse au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad). Ses recherches portent sur les processus d’élaboration et de mise en oeuvre des politiques publiques visant la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l’Ouest.

Lire aussi le Bulletin de veille n°343 d’Inter-réseaux sur le secteur privé, et le Bulletin de synthèse n°27, intitulé L’implication du secteur privé dans les politiques agricoles et alimentaires en Afrique.

Sur les agropôles, lire le Bulletin de synthèse n°24 d’Inter-réseaux qui s’intitule Les pôles de croissance agricole : la panacée aux maux de l’agriculture africaine ?

Restez informé⸱e !

Abonnez-vous à nos publications et bulletins pour les recevoir directement dans votre boîte mail.

Autres articles qui pourraient vous intéresser

Vous lisez un article de la publication "N°76 – Dix ans après 2008, l’Afrique de l’Ouest est-elle mieux préparée face aux crises alimentaires ?".

Edito : On a faim ! Dix ans après 2008, l’Afrique de l’Ouest est-elle mieux préparée face aux crises alimentaires ?
François Doligez, Ninon Avezou

L’ampleur des mobilisations partout dans le monde et les émeutes dites « de la faim » qui se sont multipliées au printemps 2008, touchant notamment l’Afrique subsaharienne (Sénégal, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Cameroun) ont surpris les observateurs. Selon la FAO, la hausse des prix en 2007 et 2008 a accru de façon considérable la facture alimentaire des importations céréalières des pays les plus pauvres et aggravé l’insécurité alimentaire des populations. Elle aura eu, toujours selon l’agence onusienne, «…

Lire PDF
Repères : Sécurité alimentaire et nutritionnelle 2008-2018 : permanences et mutations
Inter-réseaux

Sécurité alimentaire et nutritionnelle 2008-2018 : permanences et mutations La sécurité alimentaire et nutritionnelle existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique, social et économique à une nourriture saine dont la quantité consommée et la qualité sont suffisantes pour satisfaire les besoins énergétiques et les préférences alimentaires des personnes, et dont les bienfaits sont renforcés par un environnement dans lequel l’assainissement, les services de santé et les pratiques de soins sont adéquats, le…

Lire PDF
La crise alimentaire 10 ans après, qu’est-ce qui a changé ?
Mamadou Goïta, Nicolas Bricas

Crise de production, signe d’une pénurie alimentaire mondiale, crise spéculative… Différentes analyses (parfois contradictoires) ont été faites de la crise alimentaire de 2008 en Afrique de l’Ouest. Cet article revient sur les facteurs de hausse des prix et plaide en faveur de systèmes alimentaires durables pour que la région ne soit pas confrontée à une nouvelle crise. Une évolution des fondamentaux du marché. Les crises des prix de 2007-08 puis de 2010-11 n’ont pas une cause unique comme…

Lire PDF
Zoom sur l’instabilité des marchés agricoles depuis 2008
Philippe Chalmin (Université Paris Dauphine)

La crise alimentaire de 2008 serait liée, pour certains, à un mouvement spéculatif ayant entrainé la hausse du cours des matières premières agricoles. Pour d’autres, dont l’auteur de cet article, le mouvement de flambée des prix était avant tout imputable à de mauvaises récoltes. Retour sur l’instabilité des marchés agricoles depuis 2008. Il y a dix ans, en juin 2008, se tint à Rome une conférence alimentaire mondiale organisée par la FAO dans le contexte de marchés mondiaux…

Lire PDF
Émergence de mouvements sociaux urbains face à la crise : le cas du Niger
Mohamadou Magha

En 2005, puis en 2008, la hausse des prix des produits alimentaires a entrainé une série de manifestations dans les centres urbains ouest-africains. La structuration de ces mouvements dépend en fait du contexte et de la convergence des intérêts des organisations de la société civile et des politiques. Qu’en retenir au Niger ? Depuis la grande sécheresse de 1969-73, le Sahel est reconnu comme une zone extrêmement vulnérable à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition. Périodiquement, la situation…

Lire PDF
Les politiques agricoles depuis 2008 : entre vulnérabilités et retour à l’agenda
Dr. Ibrahima Hathié

En 2008, face à la hausse des prix des biens alimentaires, les gouvernements ouest-africains ont d’abord pris des mesures immédiates dans le but d’en juguler les effets. Progressivement, des politiques plus élaborées ont été proposées pour prendre en charge les questions structurelles révélées par la crise. Cet article propose une analyse de ces mesures. La crise alimentaire de 2007-2008 a été à la fois un révélateur de la vulnérabilité des pays d’Afrique de l’Ouest et un déclencheur du…

Lire PDF
De nouveaux opérateurs de l’économie rizicole ouest-africaine depuis 2008
Frédéric Lançon, Guillaume Soullier, Patricio Mendez

La hausse du prix du riz en 2008 a contribué au déclenchement de mouvements sociaux importants contre la hausse des prix de biens vitaux et remis le développement rizicole en haut de l’agenda politique. Cet article interroge les implications de cette dynamique en termes de politiques et d’émergence d’acteurs. L’Afrique de l’Ouest importe la moitié de sa consommation de riz (14 % de la ration alimentaire en calories). Le triplement du prix du riz sur le marché international…

Lire PDF
Les agricultures familiales au défi de la crise de 2008
Diery Gaye

La crise alimentaire de 2008 a-t-elle constituée une opportunité pour les paysans ? Une chance de repenser les modèles de production et de consommation, d’aller vers des organisations paysannes mieux structurées ? Diery Gaye propose quelques pistes de réflexions et plaide en faveur de politiques agricoles fortes. Grain de Sel (GDS) : Quel a été l’impact de la crise de 2008 sur les modes de vie des paysans ? Diery Gaye (DG) : La crise a eu une…

Lire PDF
Ce que la crise de 2008 a changé pour les paysans en Afrique
Deogratias Niyonkuru

La crise alimentaire de 2008 a touché les populations les plus vulnérables d’Afrique. Cet entretien donne la parole à un acteur de terrain pour interroger les facteurs, les incidences et les spécificités de cette crise, notamment pour l’Afrique centrale. Grain de Sel (GDS) : Dans votre ouvrage, vous analysez les causes de la pauvreté rurale en Afrique. Comment peut-on expliquer la récurrence des crises alimentaires ? Déogratias Niyonkuru (DN) : Les facteurs de crise n’ont pas beaucoup changé….

Lire
Évolutions du suivi de la sécurité alimentaire depuis 2008 : le cadre harmonisé
Sébastien Subsol

Depuis le début des années 2010, le cadre harmonisé est l’outil de référence pour mesurer le niveau d’insécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest. Il permet d’évaluer les besoins d’assistance alimentaire, de concevoir des plans nationaux de réponse aux crises et de déclencher les interventions de la Réserve régionale de sécurité alimentaire. Le cadre harmonisé a permis de moderniser le suivi de la sécurité alimentaire, basé depuis la fin des années 80 sur le suivi de la campagne agricole…

Lire
Après 2008, faire de la protection sociale un instrument de lutte contre la faim
Mado Evrard Diakité

Les crises successives en Afrique de l’Ouest et au Sahel ont favorisé l’émergence d’initiatives visant à réduire les facteurs structurels de la vulnérabilité des populations à l’insécurité alimentaire et à renforcer leur résilience. Cet entretien revient sur la contribution de la protection Sociale en la matière depuis 2008. Grain de Sel (GDS) : Que recouvre la notion de « protection sociale » en Afrique de l’Ouest ? Et pour le secteur de la sécurité alimentaire et nutritionnelle ?…

Lire PDF
Filets sociaux de sécurité alimentaire au Sahel : où en sommes-nous ?
Ismaël Ardho Boly, Oxfam

Après la crise alimentaire de 2008, et afin de mieux lutter contre l’insécurité alimentaire au Sahel, différents acteurs du développement agricole ont poussé pour la mise en place de filets sociaux de sécurité alimentaire. Cet article dresse un bilan de ces instruments de prévention et de réponse à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans la région. L’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) définit les filets sociaux de sécurité alimentaire (FSSA) comme « des programmes de transfert…

Lire PDF
Quels changements la crise de 2008 a-t-elle impulsés dans la politique des bailleurs de fonds ?
Jean-Luc François, Jean-Philippe Audinet, Philippe Thomas, Stefan Schmitz

La crise alimentaire de 2008 semble avoir redéfinit les modalités de l’aide publique au développement consacrée au secteur agricole, en Afrique de l’Ouest. Il y aurait eu un regain d’investissements dans le secteur de la part des bailleurs de fonds internationaux. Qu’en est-il effectivement, et quelles évolutions peut-on constater dans leurs pratiques depuis ? GDS : Est-ce que l’aide publique au développement en Afrique de l’Ouest a changé depuis 2008 ? Diriez-vous que les donateurs réinvestissent dans l’agriculture…

Lire PDF
L’état du commerce agro-alimentaire en Afrique de l’Ouest 10 ans après la crise
ECDPM, Fabien Tondel, Sayouba Ouédraogo

Le commerce alimentaire en Afrique de l’Ouest a évolué depuis 2008. La région est restée déficitaire pour son solde alimentaire, important toujours plus de denrées, et ses relations avec l’UE et les pays émergents se sont renforcées. Cet article revient sur ces aspects et plaide pour un rééquilibrage des relations commerciales. Bien qu’étant géographiquement éloignée des sources principales de la crise des prix alimentaires de 2008 (voir pages 6-9), l’Afrique de l’Ouest (AO) en a subi les conséquences…

Lire PDF
Entretien avec le Commissaire de la Cédéao : quelles solutions régionales à la crise ?
Cedeao, Sékou Sangaré

Dans un entretien exclusif, monsieur le Commissaire de la Cédéao revient sur l’impact de la crise alimentaire de 2008 sur le renforcement de la politique agricole de la région en faveur de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Il évoque aussi les outils développés pour y faire face, comme la Réserve régionale de sécurité alimentaire. Grain de sel (GDS) : Dans quelle mesure les questions liées à la sécurité alimentaire et nutritionnelle et à la vulnérabilité des ménages sont-elles…

Lire PDF
Regards Croisés : L’Afrique de l’Ouest a-t-elle les moyens de répondre à la prochaine crise alimentaire ?
Diery Gaye, Mahalmoudou Hamadoun, Paloma Duran Y Lalaguna

Dix ans après la crise alimentaire de 2008, l’environnement socio-économique a évolué, de nouvelles préoccupations ont émergé (changement climatique, enjeux sécuritaires) et ont une incidence sur la sécurité alimentaire. Il est alors intéressant de se demander si l’Afrique de l’Ouest est désormais mieux préparée face au risque de crise ? Grain de Sel (GDS) : En 2009, Oliver de Schutter, alors rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, déclarait «…

Lire PDF
Le virage entrepreneurial des politiques de sécurité alimentaire depuis 2008
Arlène Alpha

La crise de 2008 a conduit à l’émergence et à l’implication croissante du secteur privé (SP) dans les politiques agricoles d’Afrique de l’Ouest. Cet article, à travers une étude de cas sur le Burkina Faso, se demande en quoi cette dynamique rompt avec les politiques antérieures et interroge la capacité du SP à assurer la sécurité alimentaire de la région. La crise alimentaire de 2008 a amené les États d’Afrique de l’Ouest (AO) à prendre des mesures d’urgence…