The content bellow is available only in French.

publié dans Revue Grain de sel le 18 janvier 2019

Regards Croisés : L’Afrique de l’Ouest a-t-elle les moyens de répondre à la prochaine crise alimentaire ?

Diery Gaye/Mahalmoudou Hamadoun/Paloma Duran Y Lalaguna

Crise alimentaireAfrique de l’OuestAnalyse, synthèse

Dix ans après la crise alimentaire de 2008, l’environnement socio-économique a évolué, de nouvelles préoccupations ont émergé (changement climatique, enjeux sécuritaires) et ont une incidence sur la sécurité alimentaire. Il est alors intéressant de se demander si l’Afrique de l’Ouest est désormais mieux préparée face au risque de crise ?

Grain de Sel (GDS) : En 2009, Oliver de Schutter, alors rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, déclarait « toutes les conditions sont réunies pour une nouvelle crise alimentaire […] ; la question n’est pas de savoir si elle aura lieu, mais quand ». Qu’en pensez-vous ?

Mahalmoudou Hamadoun (MH) – Cilss : L’éventualité d’une crise est probable pour l’Afrique de l’Ouest (AO) et du Sahel mais la crise de 2008 a permis à la région de tirer des leçons. La question à se poser est de savoir si les dispositions prises par les acteurs sont aujourd’hui suffisantes pour tacler une prochaine crise.

Diery Gaye (DG) – CNCR : La population a conscience que la crise peut arriver à tout moment, or comme dit l’adage, « mieux vaut prévenir que guérir » ! Il faut donc dès maintenant intégrer la force de travail qu’est la jeunesse d’Afrique, ce qui nécessite un travail d’information et de sensibilisation. Les outils de production ne doivent pas être trop pénibles car ce sont ces difficultés qui chassent nos jeunes du secteur agricole.

Paloma Duran y Lalaguna (PD) – OCDE : L’état de crise alimentaire est en quelque sorte une situation permanente au Sahel, mais il existe d’énormes disparités entre le Sahel et le littoral de l’Afrique de l’Ouest. Ce dernier dispose d’un accès plus facile et moins cher à l’importation et à l’exportation de produits alimentaires.

GDS : Quelles sont les nouvelles causes des crises alimentaires depuis 2008 ?

MH (Cilss) : En 2008, la crise était liée à des facteurs conjoncturels comme la hausse des prix agricoles, ou une diminution des productions céréalières notamment (voir pages 6-8). Désormais de nouvelles menaces s’ajoutent comme le changement climatique ou l’insécurité qui gangrène notre espace et concerne l’essentiel de la région (Mali, Niger, Burkina, Mauritanie, Nigéria). Et puis le défi démographique est toujours là, or c’est aux États d’agir en faveur d’une régulation !

DG (CNCR) : Le changement climatique engendre des inondations, des sécheresses qui affaiblissent les systèmes de production et accroissent les pressions sur les rares terres disponibles. Les variabilités climatiques affectent donc les équilibres sociaux (hausse des conflits) et alimentaires (rareté des ressources naturelles, déséquilibres des systèmes d’élevage, etc.), et pèsent sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN).

PD (OCDE) : Mais surtout, en AO, le changement fondamental des dernières décennies est que les ruraux pauvres ne produisent plus l’essentiel de leur nourriture, ils l’achètent sur le marché. En conséquence, l’insécurité alimentaire est liée à la pauvreté et l’extrême pauvreté est rurale. De plus en plus, les plus pauvres ne travaillent pas sur leurs terres, mais gagnent un salaire en travaillant sur celles de quelqu’un d’autre et achètent de la nourriture avec ce salaire. Les crises alimentaires de 2018 sont des crises de prix et d’accès au marché plus que de production.

GDS : Quels sont les outils dont dispose désormais la région pour mieux prévenir les crises ?

DG (CNCR) : A la suite de 2008, la région et les pays, avec l’appui des partenaires techniques et financiers, ont mis au point des outils pour mieux prévenir le risque d’une nouvelle crise. Ainsi, les filets sociaux de sécurité alimentaire (voir page 22) ou encore la Réserve régionale de sécurité alimentaire mise en place sur trois niveaux par l’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation (Araa) (voir pages 30- 32), sont des outils importants. Mais encore faut-il que l’ensemble des acteurs, producteurs et surtout institutionnels, œuvrent pour garantir leur pérennité et que ces outils bénéficient directement aux ayants droits.

MH (Cilss) : La région dispose depuis 1994 d’un dispositif de prévention et de gestion des crises, régulièrement renforcé et amélioré et qui lui permet de ne pas être surprise par les crises. Ensuite, la région a développé des systèmes d’informations sur les marchés (SIM) et sur les stocks disponibles au niveau des pays. Ils servent à mettre à disposition des pays déficitaires les surplus disponibles et ainsi faciliter les échanges et réguler les prix. Cela a abouti en 2012 à la création du réseau des sociétés de gestions des stocks. Et puis, avec des partenaires comme USAID, la région s’est engagée dans un suivi du commerce transfrontalier. La mise en place de corridors au Sahel et en Afrique de l’Ouest a fluidifié les échanges. Par ailleurs, face au défi sécuritaire les outils actuels ne sont pas suffisants.

Enfin, la région a réagi avec l’instauration de la charte de prévention et de gestion des crises (PREGEC) signée en 2011 et adoptée en 2012 ; principal instrument de gouvernance et de suivi des crises alimentaires de notre espace. On trouve aussi le Réseau de prévention et de gestion des crises alimentaires (RPCA), voir pages 18-19. Il s’agit de l’instance ouest-africaine suprême en matière de reddition des comptes par rapport à la gouvernance alimentaire. On ne peut pas dire qu’il n’y aura pas de nouvelle crise mais on essaie de faire en sorte que ce qui est arrivé en 2008 ne puisse plus nous surprendre.

GDS : Depuis 2008, il semble que l’aspect nutritionnel soit davantage pris en compte dans la sécurité alimentaire. Comment expliquer cette évolution vers un concept moins technique, plus « politique » ?

DG (CNCR) : Les initiatives politiques prises à la suite des pics des crises de 2008 et 2010, comme l’initiative AGIR ou Scale Up Nutrition, ont contribué à faire de la malnutrition un problème politique et à établir un lien entre la malnutrition et le développement.

MH (Cilss) : En fait, tout dépend de la prise en charge de la dimension nutrition au niveau institutionnel. Pendant longtemps les questions de nutrition et de sécurité alimentaire n’étaient pas gérées aux mêmes niveaux. La nutrition était traitée par les départements « santé », alors que la sécurité alimentaire l’était par les départements « agriculture » ou « élevage ». Cette distinction au niveau des pays posait des problèmes d’application. Il faut de la synergie et des complémentarités dans les secteurs et les acteurs qui gèrent les questions liées à la SAN. Le Cilss inclus les aspects nutritionnels dans la sécurité alimentaire depuis toujours.

Et puis quand on parle de crise alimentaire dans l’espace Cédéao, l’aspect nutrition vient noircir les données sur la sécurité alimentaire. Les taux de production agricole et d’accès sont bons, mais la nutrition va au-delà de la seule disponibilité, elle comprend des facteurs sociologiques, culturels.

GDS : Selon vous, la crise alimentaire de 2008 a-t-elle permis de réveiller les consciences et d’aboutir à des améliorations significatives de la SAN, notamment pour les producteurs (voir pages 15-16, les réponses de D. Gaye sur ce point) ?

PD (OCDE) : Certainement, la crise a fait prendre conscience aux producteurs du rôle primordial qu’ils jouent dans la société et que par conséquent, ils ne doivent pas être marginalisés, pour leur propre survie et celle des ménages qu’ils nourrissent. Notre organisation a pris des mesures relatives à la contractualisation de certains produits ce qui permet de sécuriser les prix, les revenus et de ne pas laisser les producteurs à la merci du marché. De plus, on a développé des formations et pris des engagements en faveur de la SAN.

MH (Cilss) : En effet, après la crise les organisations paysannes se sont mieux organisées, le Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest (Roppa) a par exemple atteint sa vitesse de croisière en 2008-2009. Elles sont devenues des acteurs qui comptent, qui traitent avec les partenaires techniques et financiers au même titre que les institutions régionales.

PD (OCDE) : Les acteurs à la base, les producteurs, les paysans, savent qu’ils doivent être à l’origine des changements et qu’ils ne peuvent être attentistes en matière de SAN. Les acteurs régionaux comme les partenaires techniques et financiers doivent contribuer à une meilleure prise en compte de la SAN et nous aider à lutter contre le risque de crise alimentaire. C’est un appel à la solidarité mondiale !

MH (Cilss) : La crise a aussi fait émerger de nouveaux acteurs comme le secteur privé agroalimentaire qui, depuis 2010, veut jouer un rôle dans la gouvernance de la SAN (voir pages 26-27). Les investissements des acteurs privés dans l’agriculture sont une opportunité pour nourrir les populations d’AO. On a de nouveaux partenaires aussi, comme la Chine ou le Brésil avec lesquels la région essaie d’avancer dans la mise en oeuvre des politiques.

PD (OCDE) : Et puis dans une certaine mesure la crise a contraint les familles à développer des ressorts de résilience en matière d’agriculture, d’élevage, d’activités commerciales et de services. Certaines de ces stratégies se fondent sur les liens sociaux (les envois de fonds représentent une source majeure de flux financiers extérieurs vers l’AO) et impliquent la mobilité des populations (des migrations saisonnières vers les pays voisins).

GDS : L’AO aura-t-elle les moyens de nourrir l’ensemble de sa population d’ici 2050 ?

PD (OCDE) : En principe oui. Mais sans tenir compte du Nigeria, tous les pays dépendent encore de l’importation pour nourrir leur population, même les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest exportent des matières premières et importent du riz, principalement d’Asie. Aucun pays du Sahel n’est en sécurité alimentaire actuellement.

MH (Cilss) : L’AO continue d’importer car c’est inscrit dans ses pratiques culturelles, ses habitudes alimentaires. Le Sénégal par exemple, produit suffisamment de riz pour nourrir l’ensemble de sa population mais importe malgré tout 1 million de tonne de riz par an. Il faut donc mettre l’accent, non pas sur la production agricole mais sur la productivité de l’espace. Et dans le même temps il faut agir sur la démographie, sinon en 2050 besoins et disponibilités ne seront pas équilibrés. Enfin, sur les 17 États de la région, 9 investissent entre 10 et 15 % de leur budget dans le secteur agricole. Mais comme on dit au Burkina, « c’est bon, mais ce n’est pas arrivé », il faut encore plus d’investissements des États et de la région dans le secteur.

DG (CNCR) : D’autres conditions sont à réunir. La question du foncier doit être prise en compte, les ressources naturelles sont à préserver, la question de l’irrigation nécessite d’être mieux gérée, et les conflits sociaux jugulés pour aboutir à la paix sociale. Il y a un ensemble de facteurs et de mesures à prendre collectivement pour aboutir à des avancées en matière de SAN.

GDS : Comment tendre vers des systèmes de production agricole durables, capables de nourrir l’ensemble de la population ouest-africaine ?

MH (Cilss) : Actuellement, la lutte contre l’insécurité capte l’essentiel des ressources alors que les budgets dédiés à l’agriculture devraient être de 20 à 25 %. Le secteur agricole doit constituer la priorité des investissements nationaux et régionaux face aux défis du changement climatique et de la démographie.

PD (OCDE) : En effet, l’urbanisation va continuer à croître fortement et, par conséquent, la pauvreté urbaine deviendra dominante. Cela signifie inévitablement qu’une population rurale moins nombreuse devra augmenter sa productivité pour maintenir sa production alimentaire à un niveau acceptable, et que les pays devront également importer plus de nourriture. Cette tendance nécessite une augmentation substantielle des investissements dans le secteur du développement rural et agricole. Ainsi, le paradigme de la lutte contre la pauvreté rurale reste attaché à l’objectif d’une agriculture plus productive et d’une chaîne de valeur agricole mieux intégrée.

DG (CNCR) : Oui, pour aller vers des systèmes alimentaires durables il est nécessaire d’atteindre une gestion durable des ressources, en limitant notamment l’utilisation abusive d’intrants chimiques. Cela passe à la fois par une meilleure formation et sensibilisation des producteurs à ces questions, mais aussi par un engagement fort des institutions à investir !

Diery Gaye(dierygaye2005@yahoo.fr) est administrateur du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR), et secrétaire général de la Fédération des producteurs maraîchers de Niayes, au Sénégal.

Mahalmoudou Hamadoun (mahalmoudou.hamadoun@ cilss.int) est coordonnateur du Programme régional d’appui à la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (Cilss).

Paloma Duran y Lalaguna (paloma. duranylalaguna@oecd.org) est directrice de la Division des partenariats mondiaux et des politiques à la Direction de la coopération pour le développement (DCD) de l’OCDE.

Les réponses de Paloma Duran y Lalaguna à cet entretien ont été fournies avec l’appui de Cyprian Fabre, analyste des politiques – Conflit, fragilité, résilience.

Restez informé⸱e !

Abonnez-vous à nos publications et bulletins pour les recevoir directement dans votre boîte mail.

Autres articles qui pourraient vous intéresser

Vous lisez un article de la publication "N°76 – Dix ans après 2008, l’Afrique de l’Ouest est-elle mieux préparée face aux crises alimentaires ?".

Edito : On a faim ! Dix ans après 2008, l’Afrique de l’Ouest est-elle mieux préparée face aux crises alimentaires ?
François Doligez, Ninon Avezou

L’ampleur des mobilisations partout dans le monde et les émeutes dites « de la faim » qui se sont multipliées au printemps 2008, touchant notamment l’Afrique subsaharienne (Sénégal, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Cameroun) ont surpris les observateurs. Selon la FAO, la hausse des prix en 2007 et 2008 a accru de façon considérable la facture alimentaire des importations céréalières des pays les plus pauvres et aggravé l’insécurité alimentaire des populations. Elle aura eu, toujours selon l’agence onusienne, «…

Lire PDF
Repères : Sécurité alimentaire et nutritionnelle 2008-2018 : permanences et mutations
Inter-réseaux

Sécurité alimentaire et nutritionnelle 2008-2018 : permanences et mutations La sécurité alimentaire et nutritionnelle existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique, social et économique à une nourriture saine dont la quantité consommée et la qualité sont suffisantes pour satisfaire les besoins énergétiques et les préférences alimentaires des personnes, et dont les bienfaits sont renforcés par un environnement dans lequel l’assainissement, les services de santé et les pratiques de soins sont adéquats, le…

Lire PDF
La crise alimentaire 10 ans après, qu’est-ce qui a changé ?
Mamadou Goïta, Nicolas Bricas

Crise de production, signe d’une pénurie alimentaire mondiale, crise spéculative… Différentes analyses (parfois contradictoires) ont été faites de la crise alimentaire de 2008 en Afrique de l’Ouest. Cet article revient sur les facteurs de hausse des prix et plaide en faveur de systèmes alimentaires durables pour que la région ne soit pas confrontée à une nouvelle crise. Une évolution des fondamentaux du marché. Les crises des prix de 2007-08 puis de 2010-11 n’ont pas une cause unique comme…

Lire PDF
Zoom sur l’instabilité des marchés agricoles depuis 2008
Philippe Chalmin (Université Paris Dauphine)

La crise alimentaire de 2008 serait liée, pour certains, à un mouvement spéculatif ayant entrainé la hausse du cours des matières premières agricoles. Pour d’autres, dont l’auteur de cet article, le mouvement de flambée des prix était avant tout imputable à de mauvaises récoltes. Retour sur l’instabilité des marchés agricoles depuis 2008. Il y a dix ans, en juin 2008, se tint à Rome une conférence alimentaire mondiale organisée par la FAO dans le contexte de marchés mondiaux…

Lire PDF
Émergence de mouvements sociaux urbains face à la crise : le cas du Niger
Mohamadou Magha

En 2005, puis en 2008, la hausse des prix des produits alimentaires a entrainé une série de manifestations dans les centres urbains ouest-africains. La structuration de ces mouvements dépend en fait du contexte et de la convergence des intérêts des organisations de la société civile et des politiques. Qu’en retenir au Niger ? Depuis la grande sécheresse de 1969-73, le Sahel est reconnu comme une zone extrêmement vulnérable à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition. Périodiquement, la situation…

Lire PDF
Les politiques agricoles depuis 2008 : entre vulnérabilités et retour à l’agenda
Dr. Ibrahima Hathié

En 2008, face à la hausse des prix des biens alimentaires, les gouvernements ouest-africains ont d’abord pris des mesures immédiates dans le but d’en juguler les effets. Progressivement, des politiques plus élaborées ont été proposées pour prendre en charge les questions structurelles révélées par la crise. Cet article propose une analyse de ces mesures. La crise alimentaire de 2007-2008 a été à la fois un révélateur de la vulnérabilité des pays d’Afrique de l’Ouest et un déclencheur du…

Lire PDF
De nouveaux opérateurs de l’économie rizicole ouest-africaine depuis 2008
Frédéric Lançon, Guillaume Soullier, Patricio Mendez

La hausse du prix du riz en 2008 a contribué au déclenchement de mouvements sociaux importants contre la hausse des prix de biens vitaux et remis le développement rizicole en haut de l’agenda politique. Cet article interroge les implications de cette dynamique en termes de politiques et d’émergence d’acteurs. L’Afrique de l’Ouest importe la moitié de sa consommation de riz (14 % de la ration alimentaire en calories). Le triplement du prix du riz sur le marché international…

Lire PDF
Les agricultures familiales au défi de la crise de 2008
Diery Gaye

La crise alimentaire de 2008 a-t-elle constituée une opportunité pour les paysans ? Une chance de repenser les modèles de production et de consommation, d’aller vers des organisations paysannes mieux structurées ? Diery Gaye propose quelques pistes de réflexions et plaide en faveur de politiques agricoles fortes. Grain de Sel (GDS) : Quel a été l’impact de la crise de 2008 sur les modes de vie des paysans ? Diery Gaye (DG) : La crise a eu une…

Lire PDF
Ce que la crise de 2008 a changé pour les paysans en Afrique
Deogratias Niyonkuru

La crise alimentaire de 2008 a touché les populations les plus vulnérables d’Afrique. Cet entretien donne la parole à un acteur de terrain pour interroger les facteurs, les incidences et les spécificités de cette crise, notamment pour l’Afrique centrale. Grain de Sel (GDS) : Dans votre ouvrage, vous analysez les causes de la pauvreté rurale en Afrique. Comment peut-on expliquer la récurrence des crises alimentaires ? Déogratias Niyonkuru (DN) : Les facteurs de crise n’ont pas beaucoup changé….

Lire
Évolutions du suivi de la sécurité alimentaire depuis 2008 : le cadre harmonisé
Sébastien Subsol

Depuis le début des années 2010, le cadre harmonisé est l’outil de référence pour mesurer le niveau d’insécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest. Il permet d’évaluer les besoins d’assistance alimentaire, de concevoir des plans nationaux de réponse aux crises et de déclencher les interventions de la Réserve régionale de sécurité alimentaire. Le cadre harmonisé a permis de moderniser le suivi de la sécurité alimentaire, basé depuis la fin des années 80 sur le suivi de la campagne agricole…

Lire
Après 2008, faire de la protection sociale un instrument de lutte contre la faim
Mado Evrard Diakité

Les crises successives en Afrique de l’Ouest et au Sahel ont favorisé l’émergence d’initiatives visant à réduire les facteurs structurels de la vulnérabilité des populations à l’insécurité alimentaire et à renforcer leur résilience. Cet entretien revient sur la contribution de la protection Sociale en la matière depuis 2008. Grain de Sel (GDS) : Que recouvre la notion de « protection sociale » en Afrique de l’Ouest ? Et pour le secteur de la sécurité alimentaire et nutritionnelle ?…

Lire PDF
Filets sociaux de sécurité alimentaire au Sahel : où en sommes-nous ?
Ismaël Ardho Boly, Oxfam

Après la crise alimentaire de 2008, et afin de mieux lutter contre l’insécurité alimentaire au Sahel, différents acteurs du développement agricole ont poussé pour la mise en place de filets sociaux de sécurité alimentaire. Cet article dresse un bilan de ces instruments de prévention et de réponse à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans la région. L’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) définit les filets sociaux de sécurité alimentaire (FSSA) comme « des programmes de transfert…

Lire PDF
Quels changements la crise de 2008 a-t-elle impulsés dans la politique des bailleurs de fonds ?
Jean-Luc François, Jean-Philippe Audinet, Philippe Thomas, Stefan Schmitz

La crise alimentaire de 2008 semble avoir redéfinit les modalités de l’aide publique au développement consacrée au secteur agricole, en Afrique de l’Ouest. Il y aurait eu un regain d’investissements dans le secteur de la part des bailleurs de fonds internationaux. Qu’en est-il effectivement, et quelles évolutions peut-on constater dans leurs pratiques depuis ? GDS : Est-ce que l’aide publique au développement en Afrique de l’Ouest a changé depuis 2008 ? Diriez-vous que les donateurs réinvestissent dans l’agriculture…

Lire PDF
L’état du commerce agro-alimentaire en Afrique de l’Ouest 10 ans après la crise
ECDPM, Fabien Tondel, Sayouba Ouédraogo

Le commerce alimentaire en Afrique de l’Ouest a évolué depuis 2008. La région est restée déficitaire pour son solde alimentaire, important toujours plus de denrées, et ses relations avec l’UE et les pays émergents se sont renforcées. Cet article revient sur ces aspects et plaide pour un rééquilibrage des relations commerciales. Bien qu’étant géographiquement éloignée des sources principales de la crise des prix alimentaires de 2008 (voir pages 6-9), l’Afrique de l’Ouest (AO) en a subi les conséquences…

Lire PDF
Entretien avec le Commissaire de la Cédéao : quelles solutions régionales à la crise ?
Cedeao, Sékou Sangaré

Dans un entretien exclusif, monsieur le Commissaire de la Cédéao revient sur l’impact de la crise alimentaire de 2008 sur le renforcement de la politique agricole de la région en faveur de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Il évoque aussi les outils développés pour y faire face, comme la Réserve régionale de sécurité alimentaire. Grain de sel (GDS) : Dans quelle mesure les questions liées à la sécurité alimentaire et nutritionnelle et à la vulnérabilité des ménages sont-elles…

Lire PDF
Regards Croisés : L’Afrique de l’Ouest a-t-elle les moyens de répondre à la prochaine crise alimentaire ?
Diery Gaye, Mahalmoudou Hamadoun, Paloma Duran Y Lalaguna

Dix ans après la crise alimentaire de 2008, l’environnement socio-économique a évolué, de nouvelles préoccupations ont émergé (changement climatique, enjeux sécuritaires) et ont une incidence sur la sécurité alimentaire. Il est alors intéressant de se demander si l’Afrique de l’Ouest est désormais mieux préparée face au risque de crise ? Grain de Sel (GDS) : En 2009, Oliver de Schutter, alors rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, déclarait «…

Le virage entrepreneurial des politiques de sécurité alimentaire depuis 2008
Arlène Alpha

La crise de 2008 a conduit à l’émergence et à l’implication croissante du secteur privé (SP) dans les politiques agricoles d’Afrique de l’Ouest. Cet article, à travers une étude de cas sur le Burkina Faso, se demande en quoi cette dynamique rompt avec les politiques antérieures et interroge la capacité du SP à assurer la sécurité alimentaire de la région. La crise alimentaire de 2008 a amené les États d’Afrique de l’Ouest (AO) à prendre des mesures d’urgence…

Lire PDF