Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur email

publié dans Revue Grain de sel le 18 juillet 2019

Les défis du conseil agricole pour les organisations paysannes à Madagascar

Gérard Andriamandimby

Conseil agricoleJeunesOrganisations de producteurs et de productricesMadagascar

À Madagascar, certaines organisations paysannes participent à l’élaboration, au suivi et à la mise en oeuvre des politiques de services agricoles. Cet entretien revient sur les nouveaux enjeux et rôles de ces organisations, bénéficiaires et fournisseurs de conseil agricole, dans un contexte de désengagement de l’État.

Grain de Sel (GDS) : Pouvez-vous revenir sur les spécificités de la politique de services agricoles à Madagascar ? Comment le conseil y est-il promu ?

Gérard Andriamandimby (GA) : Les orientations de la politique agricole malgache se retrouvent dans la stratégie de services aux agriculteurs (SSA) de 2009 dont l’objectif est de « Soutenir le développement d’exploitations agricoles familiales modernes, professionnelles, compétitives, aptes à tirer une rémunération juste de leur travail et de leurs investissements, à assurer la sécurité alimentaire, et soucieuse des générations à venir ». La SSA vise à assurer un accès équitable aux services agricoles et place clairement l’agriculteur au coeur de son action. Elle s’appuie sur les organisations paysannes (OP) et les centres de services agricoles (CSA) pour aider les paysans à identifier et mettre en oeuvre les services, et sur le fonds de développement agricole (FDA) mis en place en 2009 pour son financement.

Ce fonds couvre aujourd’hui 15 des 22 régions du pays et finance six types de services : appui à la production, structuration et renforcement des OP, accès aux facteurs de production, extension des services financiers, recherche, et renforcement des acteurs du service agricole. C’est à travers le service d’appui à la production que le FDA finance le conseil, que ce soit le conseil technique ou le conseil de gestion à l’exploitation familiale. Il peut être porté par des OP, mais aussi par des centres de formation, de recherche ou des prestataires de service qui bénéficient de renforcement de capacités pour améliorer la qualité de leurs conseils.

GDS : Quel a été le rôle des organisations paysannes dans la définition et le suivi de cette politique ?

GA : Le réseau SOA est une des OP nationales qui mène un plaidoyer en faveur des agriculteurs familiaux à Madagascar et participe à l’élaboration des politiques et stratégies agricoles, dont la SSA. Il a mis en place aux niveaux régional et national des espaces de concertation appelés « Regards paysans » dans lesquels sont débattues les questions de politique agricole. Cette approche conduit les paysans à préparer des propositions qu’ils porteront auprès des décideurs et des instances de pilotage des CSA et FDA.

Le Réseau SOA a défendu le principe de parité parfaite en termes de participation des paysans dans les dispositifs de financement du conseil (FDA) et dans les CSA, mais aussi les contrats-programmes pluriannuels. Ceux-ci leur permettent d’assurer sur le long terme le fonctionnement de l’organisation, de rémunérer et renforcer leur équipe technique, et leur réseau de paysans relais et in fine d’améliorer l’accès des paysans à des services de conseil technique et de gestion de proximité, adaptés, modernes et innovants.

GDS : Comment ont évolué les rôles des organisations paysannes en matière de conseil depuis 10 ans à Madagascar ?

GA : Au début les OP étaient simplement clients du conseil, maintenant elles en sont aussi fournisseurs. Elles disposent de techniciens salariés, de réseaux de paysans relais et d’outils efficaces (suivi de fermes de références, coûts de production, surface de cultures, etc.). Elles parviennent désormais à orienter le conseil en fonction du besoin des clients (choix des variétés et itinéraires techniques adaptés pour la production de semences, techniques agro-écologiques locales, etc.). En 10 ans, les OP ont formé leurs paysans formateurs, leurs techniciens et ont fait évoluer le conseil en fonction de leur stratégie et de leurs moyens. Elles ont aussi développé en parallèle de nombreux autres services complémentaires (accès aux intrants, commercialisation, stockage).

GDS : Quelles formes de conseil votre réseau proposet- il ? Pourquoi ?

GA : Les OP du Réseau SOA développent le conseil technique de production et le conseil de gestion aux paysans membres. Onze d’entre elles, avec l’aide du Réseau SOA, ont même développé un conseil spécifique pour les jeunes agriculteurs (au total ce sont 700 jeunes installés), cinq autres OP se sont spécialisées dans le conseil pour la production de semences, avec une collaboration étroite avec la Recherche.

Visite d’une Coopérative de transformation de fruits par des jeunes agriculteurs à Mahitsy, Antananarivo

GDS : Comment les organisations paysannes assurent- elles le financement du conseil ? Sont-elles en mesure d’assurer un conseil sur le long terme ?

GA : Un conseiller agricole accompagne 250 à 300 producteurs et coûte environ 1,2 millions d’ariary ou 300 euros par mois (soit 1,5 euros/producteur), soit environ 3 600 euros par an. Le conseil est essentiellement financé à travers des subventions à l’OP (par le FDA, les projets/programmes), et dans une moindre mesure par les fonds propres (et surtout pour les coopératives agricoles). Au sein du Réseau SOA, les membres qui arrivent à assurer le conseil sur le court/moyen terme sont ceux engagés sur la commercialisation de produits à forte valeur ajoutée (cacao, lait, semences).

GDS : Quelle est la valeur ajoutée d’un conseil offert par les organisations paysannes ?

GA : Les OP ont vocation à rester sur le territoire, elles ont donc intérêt à investir sur le renforcement des ressources humaines. De plus, elles connaissent leurs membres et peuvent identifier des dispositifs de paysans relais de manière plus efficace que des acteurs externes. Ces services de paysans relais offrent différents avantages en termes de coûts, de proximité et de disponibilité au niveau local (p. 25). Le conseil offert par les OP assure donc des relais locaux dans la diffusion des informations et des innovations, et permet d’être au plus près des besoins de la base.

GDS : Les organisations paysannes sont-elles en mesure de répondre au désengagement de l’État ? Qu’attendez- vous du gouvernement aujourd’hui ?

GA : Les OP sont en mesure de répondre au désengagement de l’État s’il les subventionne pour porter le conseil et soutenir le salaire et la formation des techniciens et paysans relais.

En fait, l’État n’a plus un rôle d’opérateur du conseil, confié aux chambres d’agricultures, aux OP, aux prestataires agréés (ONG, bureaux d’études, consultants privés, etc.) et aux centres de formation. Mais pour améliorer la fourniture du conseil, il doit favoriser le développement des OP sur la durée, aider à collecter des données et développer les infrastructures pour faciliter le travail des techniciens et des échanges paysans. Surtout, l’État devrait assurer la formation de techniciens compétents et apporter un appui effectif aux chambres d’agriculture. Ces structures touchent la plus grande majorité des paysans, elles pourraient s’engager dans du conseil d’entreprise (fournir du conseil stratégique d’aide à la décision), du conseil spécialisé et mettre à disposition des animateurs au niveau du territoire.

GDS : Diriez-vous que la politique de conseil va dans le bon sens ?

GA : Plusieurs éléments, comme la reconnaissance des organismes de conseil, laissent penser que la politique de conseil agricole reste fragile. La mise en oeuvre effective des contrats programmes par le FDA reste difficile, les paysans ne sont plus majoritaires dans les dispositifs de financement FDA. Les dispositifs portés par les OP touchent seulement 10% des paysans et ces OP n’ont toujours pas de moyens financiers et humains adaptés pour se développer de manière significative et augmenter leur capacité. Donc même si l’État travaille actuellement sur des référentiels métiers, sur le contenu et les orientations du conseil, il reste encore beaucoup à faire pour mettre en oeuvre la stratégie de services.

GDS : Quels sont les défis du conseil agricole pour les organisations paysannes à Madagascar ? Comment y faire face ?

GA : Avec l’évolution du contexte (le développement des filières, la mise en place de normes, les politiques pro-agribusiness, etc.) le conseil évolue. Il doit se diversifier et devenir de plus en plus pointu. Des pratiques agricoles innovantes, respectueuses de l’environnement et peu coûteuses sont nécessaires, ce qui suppose un conseil technique prenant en compte les enjeux environnementaux, de gestion technico-économique, de gestion en fiscalité, etc.

Outre le conseil technique, il serait intéressant de disposer de conseillers de gestion d’entreprise qui répondent davantage aux problématiques d’orientation et de conduite de l’exploitation. Ainsi, les OP doivent développer leur service de conseil pour répondre à des demandes pour un conseil de plus en plus personnalisé, stratégique et performant.

Gérard Andriamandimby (reseausoa@ orange.mg) est directeur du Réseau SOA à Madagascar depuis 10 ans. A ce titre, il travaille avec les élus régionaux et nationaux pour le renforcement de leurs organisations.

Le Réseau SOA (syndicat des organisations agricoles) fédère 25 organisations paysannes (OP), soit environ 30 000 paysans à Madagascar. Sa mission consiste à promouvoir les OP comme partenaires pour l’élaboration des politiques de développement et comme acteurs économiques.

Restez informé⸱e !

Abonnez-vous à nos publications et bulletins pour les recevoir directement dans votre boîte mail.

Autres articles qui pourraient vous intéresser

Vous lisez un article de la publication "Grain de Sel n°77 – Le conseil agricole a-t-il encore un sens aujourd’hui ?".

Edito : Un conseil à sens unique ?
François Doligez, Ninon Avezou

Un conseil à sens unique ? Le temps semble loin où, à de rares exceptions, le conseil agricole façon « training and visit », s’organisait comme une cascade ruisselant du « sachant », chercheurs et techniciens, vers les paysans afin de satisfaire les priorités de la planification de l’État et de ses partenaires financiers. Les politiques d’austérité budgétaire et d’ajustement structurel ont eu raison de la plupart des dispositifs étatiques qui organisaient ce conseil. Dès lors, de nombreux…

Lire PDF
Repères : Depuis 2010, un conseil agricole multiforme et participatif ?
Inter-réseaux

Évolutions d’une notion complexe La notion de conseil agricole étant complexe, cette définition tente de rendre compte de la pluralité des formes de conseil agricole qui interviennent en synergie et se renforcent mutuellement. « Un ensemble de démarches et dispositifs permettant d’apporter un appui aux exploitations agricoles (productions végétales, animales et halieutiques, transformation et commercialisation des produits) et à leurs organisations dans les domaines de la gestion de la production (choix des techniques, organisation du travail, etc.), de…

Lire PDF
Diversité des formes de conseil agricole en Afrique de l’Ouest et du Centre
Guillaume Fongang, Guy Faure, Patrick Dugué

Le conseil agricole est un service important pour renforcer les capacités des agriculteurs et les performances de leurs exploitations et organisations. La pluralité des démarches et des formes de conseil témoigne des nombreuses visions de l’agriculture portée par les acteurs des filières agricoles et des territoires. À l’échelle mondiale, les États ont massivement investi dans le conseil après 1945 pour moderniser l’agriculture. En Afrique, le conseil s’est développé à partir des années 1960 avec une approche d’encadrement. Jusqu’aux…

Lire PDF
Une transformation des services de conseil agricole grâce au numérique ?
Chloé Alexandre, Florentin Modeste Bationo

Cet article propose une analyse des services de conseil agricole mobilisant les technologies de l’information et de la communication (TIC) au Burkina Faso. Innovation de niche ou effet de mode, à quelles conditions ces outils numériques répondent-ils aux besoins en conseil agricole ? Dans les pays en développement, les technologies de l’information et de la communication (TIC) et le « D4Ag » (digital for agriculture) sont promus pour faciliter les activités de planification, production, transformation et commercialisation des…

Lire PDF
Les champs-école paysans, une approche novatrice de conseil agricole ?
Myriam Mackiewicz

Un des enseignements de l’expérience d’AVSF au Nord Togo en matière de champs-écoles paysan est que cette méthode de conseil agricole, certes consommatrice de temps et en ressources humaines, permet aux producteurs de rechercher par eux-mêmes les solutions à leurs problèmes et ainsi d’acquérir de nouvelles compétences. Le champ-école est une méthode d’apprentissage mutuel par l’action : un groupe de vingt à trente paysans issus d’un même village (dont des femmes) se constitue, questionne les pratiques agricoles locales,…

Lire PDF
Un réengagement de l’État dans le conseil agricole ? Le cas du Bénin
Ismail Moumouni

Après un désengagement du conseil agricole par les États d’Afrique de l’Ouest, ceux-ci semblent se réinvestir à travers des agences et des fonds nationaux de développement agricole. Le cas du Bénin, où le gouvernement opère une réforme du secteur agricole témoigne de ces changements institutionnels du conseil agricole. La libéralisation des services de conseil agricole au début des années 1990 a permis l’implication des organismes privés et des organisations paysannes, aussi bien dans le financement que dans la…

Lire PDF
Quels positionnements des bailleurs en matière de conseil agricole ?
Claude Torre, Mouldi Tarhouni

Traditionnellement, les bailleurs interviennent dans le financement de projets ou de stratégies sur le conseil agricole. Mais depuis quelques années, leurs rôles et stratégies semblent avoir évolué, notamment vers le soutien à des dispositifs de conseil privé. Grain de Sel (GDS) : En matière de conseil agricole en Afrique, comment ont évolué les rôles des bailleurs de fond ? Claude Torre (CT) – AFD : À partir de 2005, devant la faiblesse de l’aide publique au développement pour…

Lire PDF
Les défis du conseil agricole pour les organisations paysannes à Madagascar
Gérard Andriamandimby

À Madagascar, certaines organisations paysannes participent à l’élaboration, au suivi et à la mise en oeuvre des politiques de services agricoles. Cet entretien revient sur les nouveaux enjeux et rôles de ces organisations, bénéficiaires et fournisseurs de conseil agricole, dans un contexte de désengagement de l’État. Grain de Sel (GDS) : Pouvez-vous revenir sur les spécificités de la politique de services agricoles à Madagascar ? Comment le conseil y est-il promu ? Gérard Andriamandimby (GA) : Les orientations…

Nouveaux acteurs du conseil agricole en Afrique de l’Ouest : intérêts, limites et implications stratégiques
Patrice Djamen

La diversité des fournisseurs de conseil agricole en Afrique de l’Ouest depuis 20 ans, qui résulte de plusieurs facteurs, est une opportunité pour améliorer l’offre en conseil. Mais des défis apparaissent, exigeant une (re)définition des orientations stratégiques pour que le conseil agricole contribue à la transformation de l’agriculture. En Afrique de l’Ouest, les demandes en conseil agricole des producteurs se diversifient fortement depuis vingt ans. Cette diversification contribue au pluralisme des fournisseurs de conseil agricole avec des corollaires…

Lire PDF
Dispositif de conseil multi-acteurs autour de centres de collecte laitiers
Abdelmajid Ali Dandakoye, Christophe Rigourd

Cet article met en lumière un dispositif de conseil multi- acteurs autour de centres de collecte laitiers au Niger. Il témoigne des enjeux de l’implication croissante d’acteurs du conseil issus du secteur privé local (collecteurs de lait, vétérinaires privés et auxiliaires d’élevage, centre de prestation de services) pour la filière lait. Le système national de conseil agricole adopté au Niger en 2017 valorise une multitude de dispositifs de conseil de l’État, de la profession agricole et du secteur…

Lire PDF
Concurrence ou complémentarité des réseaux institutionnels de conseil agricole ?
Max Olupot, Nicole Aphing Kouassi, Rasheed Sulaiman V

Depuis 2010, les réseaux de conseil agricole se structurent aux niveaux mondial, continentaux et sous-régionaux. La multiplication de leurs échelles d’actions pourrait questionner la cohérence de leurs activités. Qu’en est-il ? Nous avons interrogé des représentants de ces différents réseaux. Grain de Sel (GDS) : Pouvez-vous présenter brièvement votre institution et pourquoi elle a été mise en place ? Rasheed Sulaiman V (RSV) – GFRAS : Le Forum Mondial pour le Conseil Agricole (GFRAS) a été créé sur…

Lire PDF
Les paysans relais : retour d’expériences
Amandine Schlur, Ando Ravoninahitra, Augustin Douillet, Ibrahim Sana

On les appelle producteurs pilotes, paysans formateurs, auxiliaires de santé animale ou paysans relais : depuis près de dix ans, au sein d’organisations de producteurs, des agriculteurs assument la fonction de conseil auprès de leurs pairs. Retour d’expériences au Burkina Faso, au Kenya et à Madagascar. Convaincues de l’importance d’un conseil agricole orienté par la demande, les organisations de producteurs (OP) ont développé dans les années 1990 des dispositifs reposant sur des techniciens salariés. Face à l’ampleur des…

Lire PDF
De nouveaux modèles de gouvernance pour le conseil agricole
Amadou Ndiaye, Kristin Davis, Modibo G Coulibaly

For the original English version, please read : here En Afrique de l’Ouest, le modèle de gouvernance des services de conseil agricole dominant reste celui d’un conseil porté par le secteur public. Mais depuis 10 ans, l’émergence de nouveaux acteurs affecte les modèles de gouvernance, qui deviennent plus complexes et multi-acteurs. En Afrique de l’Ouest, l’organisation des services de conseil agricole, traditionnellement prise en charge par les gouvernements, est de plus en plus assurée par divers acteurs (gouvernements…

Lire PDF
Financer les dispositifs de conseil agricole pour assurer leur pérennité
Cheikh Oumar Ba, Mélanie Moussours, Ninon Avezou

Le financement du conseil agricole est globalement insuffisant, non durable et non vertueux. Or, ces trois conditions doivent être satisfaites afin d’assurer la pérennité du service. Des mécanismes de financement dits innovants ont été élaborés, dont certains pilotés par la demande, s’appuient sur la contribution des producteurs et des filières. Le conseil coûte cher. Il faut financer les dispositifs de terrain, les salaires, les moyens logistiques, les investissements mais aussi les fonctions support aux niveaux national et régional…

Lire PDF
Séparer le conseil et la vente d’intrants ? Points de vue
Alain Herbinet, Emilie Duclos, Valentin Beauval

En 2019, la France s’apprête à promulguer une ordonnance sur la séparation de la vente de produits phytosanitaires et des activités de conseil agricole. Cette mesure, qui vise à rendre le conseil plus indépendant des objectifs de vente, pose aussi la question de la pérennité des modèles économiques des coopératives. Qu’en est-il ? Un levier efficace pour la transition agro-écologique La France est le premier utilisateur de pesticides en Europe. Mais les mesures décidées avec le premier «…

Lire PDF
Évaluer le conseil à l’exploitation familiale
Gifty Narh

Face au désengagement de l’État des services de conseil agricole, suivre et mesurer les impacts du conseil aux exploitations familiales est important. Cela suppose de s’intéresser aux méthodes d’évaluation employées, à leur portée et à leurs limites. Exemple au Burkina Faso. Un enjeu important du conseil agricole aujourd’hui est l’évaluation de ses impacts sur les exploitations agricoles, les familles et les communautés rurales. Alors que les ressources allouées à l’agriculture se raréfient, les évaluations qualitatives sommaires du conseil…

Lire PDF
Rénover les dispositifs de formation agricole
Frédéric Lhoste

La formation agricole, comme le conseil, vise à accompagner les producteurs et à les autonomiser dans la gestion de leurs exploitations. Elle répond aussi à de réels besoins pratiques et techniques. Pourtant, les rares formations existantes sont souvent inadaptées et concernent encore peu de personnes. Cet article propose des pistes de réflexions. Formation et conseil agricole visent à relever les mêmes enjeux pour le secteur agricole : produire, s’adapter aux évolutions de marché et aux changements climatiques, alimenter…

Lire PDF
Des services de conseil agricole inclusifs vecteurs de changement
Cécile Broutin, Mame Coumba Faye, Marc Petitdan

Un des défis du conseil agricole est la prise en compte de la dimension genre. Cet article revient sur une expérience de prise en compte du genre dans un service de conseil à l’exploitation familiale au Sénégal pour une gestion concertée de la production laitière, et en montre les défis. Pour permettre aux exploitations familiales (EF) d’élevage d’accroître leur production laitière et leur revenu, une démarche de conseil à l’exploitation familiale (CEF) spécifique à l’élevage laitier dans les…

Lire PDF
Regards croisés : le conseil agricole a-t-il encore un sens aujourd’hui ?
Bouba Moumini, Salifou Sare, Sow Yaye Mbayang Touré

Donner un sens au conseil agricole, aujourd’hui en Afrique de l’Ouest, suppose de regarder tout à la fois ses formes, les besoins des bénéficiaires auxquels il répond et les visions de l’agriculture qu’il soutient. Face aux défis à venir du conseil, les acteurs interrogés plaident pour des démarches participatives et globales. Grain de Sel (GDS) : Quels sont les impacts des reconfigurations actuelles du conseil agricole en Afrique de l’Ouest ? Salifou Sare – SS (DDC) : Depuis…

Lire PDF
Références : Du côté des membres d’Inter-réseaux
Inter-réseaux

Du côté des membres d’Inter-réseaux Plusieurs organisations membres d’Inter-réseaux publient régulièrement des ressources sur le conseil agricole. Nous vous invitons à les consulter sur leur site web. Agronomes et vétérinaires sans frontières (AVSF) est une association de solidarité internationale qui accompagne les producteurs sur divers projets en lien avec le conseil agricole, notamment dans des démarches de champs-écoles paysans et en faveur de pratiques agroécologiques : www.avsf.org Agriculteurs français et développement international (Afdi) est un acteur historique du…

Lire PDF
Acteurs privés dans le conseil agricole : le secteur maraîcher en Algérie
Nadhir Laouar, Patrick Dugué

Face au désengagement de l’État, les services de conseil agricole ont évolué en accordant une place importante au secteur privé. Cet article revient sur les implications d’une telle évolution pour le secteur maraîcher de Biskra, en Algérie, où fournisseurs et détaillants d’intrants sont les principaux opérateurs de conseil. Dans un contexte de retrait de l’État des services agricoles, les dispositifs de conseil en Algérie et en particulier dans la Wilaya (région) de Biskra sont dominés par les fournisseurs…

Lire PDF