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publié dans Revue Grain de sel le 18 juillet 2005

5. Demba Keïta, secrétaire général de l’Apran, interviewé par Bernard Lecomte (Grad)

Vous lisez un article de la publication "31 : Le monde rural dans les conflits".

1. La réflexion et l’étude de 1999

BL : Qu’est-ce que cela veut dire : « Bien comprendre une situation avant de se lancer » ?

DK : On a utilisé ce principe en 99 : mieux comprendre et analyser le conflit casamançais. Il y a des conflits qui ont plusieurs sources. En regardant comment les choses ont fonctionné jusqu’en 99, l’intervention des acteurs, les intérêts de chacun, les problèmes culturels traditionnels, nous nous sommes dit qu’il valait mieux s’arrêter et faire une évaluation nous permettant de mieux connaître les éléments qui structurent le conflit, avant d’agir.

BL : Vous avez fait cela vous-même ?

DK : Non, on a demandé à des historiens et des gens de presse, des médias des gens qui ont beaucoup côtoyé les ONG de nous faire un travail nous permettant d’avoir des informations. Nous aussi, nous avons un minimum d’informations sur le conflit parce que nous sommes nés dans cette région, on a vu démarrer le conflit et on l’a côtoyé

Donc, il faut nous arrêter et regarder de très près sur le plan culturel et traditionnel. Comment les populations se sont-elles engagées à soutenir un mouvement comme celui-là ? Qu’est-ce qui les motive ? Quelles sont les revendications primaires de ces populations, revendications qui ne sont pas toujours étalées sur la table. Ce qui est étalé politiquement, c’est l’indépendance de la Casamance. Mais nous avons voulu prendre du recul pour avoir les éléments structurants c’est à dire connaître les tensions, les frustrations des populations. Comment ont-elles contribué à soutenir financièrement, matériellement ce conflit (jusqu’à envoyer même des enfants dans le conflit).

Cette étude nous a permis de comprendre aussi les motivations politiques du mouvement. Quelles sont les revendications politiques de ces dirigeants là ? Quels sont les pas franchis en termes de négociations, de recherche de solutions de sortie de crise entre le mouvement et l’Etat du Sénégal ? Et comment les autres acteurs ont contribué à rapprocher ou à aider ces deux parties à retrouver la paix ? Quels sont ceux qui ont envenimé le conflit ? Quelles sont les contraintes qui n’ont pas permis de trouver une solution définitive ? Quels sont les jeux des différents acteurs dans cette affaire ? Parce que pour nous, un conflit de 18 ans n’est pas un conflit de 18 jours.

BL : L’Etat était probablement l’acteur que vous connaissiez le moins bien.

DK : C’est normal. Lorsqu’on intervenait en 99, ce qu’on pouvait savoir de l’Etat était sur le plan politique, les initiatives entreprises par les différents missionnaires pour la recherche de la paix. Vous savez que là, on parle de sécurité. Pour des raisons d’Etat, ce n’est pas n’importe qui approche l’information de l’Etat.

2. Le choix de la démarche

DK : Nous avons pris l’option de contourner les deux parties en conflit, de nous s’appuyer sur les populations et de prendre celles-ci comme alliées pour la recherche d’une paix définitive. Avant, ceux qui parlaient de paix ont développé des slogans, des vœux, des théories de paix mais sans effet et 18 ans de conflits ont appauvri ces populations et ont créé la faim.

La paix ne doit pas seulement être un discours : pour que l’on t’écoute lors des réunions de réconciliation ou de paix, il faut que celui qui écoute ait quelque chose à se mettre sous la dent ! S’il a faim, il ne peut pas m’écouter. En même temps que l’on développe des stratégies de paix, on aide les populations à se prendre en charge sur le plan de l’alimentation.

De même quand les combattants sont dans le maquis, ils vivent de braquages.

BL : Votre idée est de bien prendre en compte les intérêts de chacun même quand ils sont contradictoires, par exemple entre autochtones et gens qui reviennent ?

DK : Si on ne tient pas compte des intérêts des uns et des autres, s’il n’y a pas d’équilibre, on créé des frustrations. S’il y a des frustrations, les gens ne peuvent se repositionner pour trouver la dynamique de paix. Ce qu’on a essayé de faire c’est de rassurer tous les acteurs et de les aider à se prendre en charge pour entrer dans la dynamique.

BL : Quand vous réfléchissez sur le passé, est-ce qu’il y a des moments où vous vous dites : « On aurait pu commencer cela plus tôt. Qu’en fin 99 ? »

DK : Vu la nature et la durée de ce conflit, on ne pouvait pas brûler les étapes. Jusqu’en 1999, les deux belligérants n’ont pas donné de place aux populations. Deuxième point, les deux belligérants n’ont pas donné les conditions de sécurité aux populations, surtout la libre-circulation. La troisième chose c’est que c’était une région qui était complètement abandonnée ; il n’y avait aucune mesure d’accompagnement des populations. Il fallait au moins deux ou trois ans pour créer la sécurité, le renforcement de la confiance, montrer que les exactions étaient terminées et qu’enfin, les populations travaillent pour la paix.

3. La place cruciale des familles rurales

DK : Pour l’Etat, la nouveauté dans la gestion de la crise casamançaise était de dire : « négocions avec les casamançais ». La population. Mais il faut alors s’appuyer sur les notables, les chefs religieux, les gens, les femmes. Et aussi travailler directement avec les combattants qui sont dans la forêt et, en même temps, traiter des questions politiques avec Diamacoune et son entourage, avec les cadres casamançais qui sont dans le pays et aussi l’aile extérieure en France pour rencontrer l’aile extérieure.

BL : Est-ce que le fait que vous soyez réellement « dans la population », et faibles (une petite bande de paysans grosso modo) a été un atout ?

DK : C’est un grand atout pour nous parce qu’en fait l’APRAN, en 99, c’était comme un morceau de sucre dans un puits. On ne faisait pas peur, on n’avait aucun poids, on était à peine connu. Il faut comprendre qu’en 99 le mouvement associatif était mort ; quelques organisations seulement vivotaient. Et voilà, comme subitement, en 2003 une organisation apparaît. Cela veut dire que quelque part on a survécu depuis 2000 parce qu’on a eu le soutien de la population. 90% de nos interventions ont concerné les populations qui sont fatiguées et s’adressent d’abord à l’APRAN. BL : Est-ce qu’il y a eu une série de facteurs favorables dans cette fameuse année 2000 ?

DK : Oui. Il faut dire qu’il y avait des facteurs qui créent des conditions d’une paix. J’en précise trois. D’abord les populations (pour lesquelles les gens se battent …), elles, elles étaient fatiguées à l’intérieur du Sénégal, fatiguées comme exilées en Gambie et en Guinée Bissau. En Guinée Bissau on les transformait en ouvriers agricoles, ils défrichaient une forêt, ils cultivaient la première année, la 2ème année c’était arraché. En fait, tout ce qu’ils récoltaient après était volé. La 2ème chose c’est que les combattants qui sont dans le maquis commençaient aussi à laisser la kalachnikov dans la forêt et revenir ; parce qu’ils avaient des difficultés pour trouver un repas par jour, et quel repas ! Des difficultés pour boire

3ème chose : l’Etat aussi était fatigué. Il y avait d’autres priorités au Sénégal que de mettre l’argent pour le fonctionnement de l’armée en Casamance. Et enfin, je pense que le MFDC aussi était à l’époque presque inexistant à part le chef charismatique, donc l’aile politique était divisée on ne peut pas dire en combien de morceaux.

En conclusion, tous étaient lassés de gérer une économie de guerre. Les combattants dans la forêt, ils s’accrochaient à une activité pour survivre … par la guerre. Les responsables politiques du MFDC s’accrochaient à l’Etat du Sénégal pour pouvoir survivre, avec les petits fonds de médiation. La population a compris qu’il fallait prendre les devants, créer une action populaire pour imposer cette paix.

4. Le retour des ex-combattants

BL : Dans les réunions APRAN, quand vous apprenez qu’untel va revenir, qu’il veut retrouver son village, préparez-vous quelque chose pour lui ?

DK : Oui. L’APRAN c’est le lieu où tous défilent. Par exemple, des combattants qui sont revenus, ou des sympathisants, on les a aidés à les ramener chez eux, à couvrir leur maison. « On » c’est à dire tel membre, animateur d’APRAN. Si on amène un sympathisant ou un combattant, la première personne à qui on le confie c’est le chef de village. On le lui présente comme quelqu’un qu’il avait administré, qui a fui et qui est là.

BL : Il le connaît, bien entendu.

DK : Oui, bien sûr. Alors on le lui confie. Il faut qu’il retrouve sa terre. S’il construit, on lui donne les tôles. Tout le monde le connaît.

BL : On fait une fête ?

DK : Deux choses : les gens dansent et les gens pleurent. C’est émotionnel. Quand « quelqu’un de chez nous » revient, c’est la fête. Les proches pleurent parce qu’ils n’avaient plus d’espoir de les revoir. Les pleurs et la danse, car le village s’agrandit.

BL : Dans chaque village, il y a encore des gens de chaque côté ?

DK : Dans chaque village, il y a toujours des sympathisants du MFDC et des gens qui sont contre le mouvement. Certaines familles sont complètement déchirées ; tu vois, dans une famille où il y a deux frères, un soutient la rébellion et un ne la soutient pas ou qui est militaire ; un dans la forêt, un dans l’armée, chien et chat. Et il y a eu beaucoup de meurtres dans le passé, au sein des familles.

BL : Tu connais des gens qui sont rentrés, qui sont revenus dans la famille alors qu’on les considérait comme des meurtriers ?

DK : Oui, et les premiers jours étaient très difficiles pour les populations qui sont restées. Quand les gens voient le meurtrier revenir, ils ont peur et se cachent.

Ils ont encore peur de ces gens qui ont fait des meurtres ou, à un moment donné, menacé les populations.

BL : Mais c’est une responsabilité terrible pour le chef de village ? Comment réagit-il à cela ?

DK : Il est très content ; par exemple, un village où il y avait 50 concessions, avec le conflit, ils se retrouvent à 10. Alors quand quelqu’un revient ! Avec les chefs de village, la plupart des situations rencontrées sont des situations de joie. Cela n’empêche qu’il y ait des dérapages. Quand on amène des gens qu’on confie au chef de village, au même moment, on les amène vers les cantonnements militaires, dans le village, pour les présenter au chef du cantonnement militaire le plus proche des militaires. Ces gens sont partis pour plusieurs raisons : il ne faut pas que d’autres personnes mal intentionnées fassent le tour pour aller dire aux militaires qu’il y a des rebelles armés qui sont revenus dans le village et qu’on commence à les pourchasser. Donc, à partir du moment où on les confie au chef de village, on les confie en même temps aux militaires qui sont là pour que ces retournés se trouvent en sécurité.

5. Le rôle de la culture

BL : Revenons sur la question de la culture : on parle toujours de la culture. « Nous avons réussi parce que vous avez tenu compte de la culture ». Que veux-tu dire par là ?

DK : Il fallait développer d’autres stratégies pour résoudre le conflit, c’est à dire passer par les populations pour construire la paix tout en nous appuyant sur leurs valeurs culturelles et traditionnelles. Quand on a analysé le conflit, quelque part, il ressort que le maquis a été alimenté par les populations mais à travers les associations culturelles et traditionnelles. Ce que ces associations essayaient de faire, c’est de bénir les combattants du MFDC, leur donner des idoles, des choses qui pourraient les protéger dans le maquis, surtout lors des combats avec l’armée sénégalaise. Partant de ces éléments, nous nous sommes dit qu’il fallait aller vers ces associations et mettre en avant la culture et la tradition car il fallait dénouer. Si on a fait des prières pour les protéger et les rendre un peu invisibles, qu’on refasse les mêmes prières afin qu’ils reviennent au bercail. Si on a approché des bois sacrés, qu’on reparte vers ces bois sacrés pour refaire la même chose, pour que ces enfants puissent avoir la conscience tranquille.

BL : D’une part, ils étaient, d’une certaine façon, bénis ? Comme des messagers ?

DK : On les a bénis. Ils ont pris des engagements avec les fétiches, les associations traditionnelles et culturelles dans les bois sacres pour renforcer ce conflit. Il fallait faire le chemin inverse et les ruraux ont alors commencé à approcher les bois sacrés. De plus en plus, on voit des sacrifices de bœufs, de porcs dans les bois sacrés, des prières dans les mosquées et les églises ou carrément des femmes qui se retrouvent sur la route ou dans un village pour utiliser leurs capacités mystiques pour « enlever des choses ». Par exemple près du pont à Ziguinchor des centaines de femmes sont entrées dans la mangrove, elles ont enlevé des choses, elles se sont assises sur la route. Mais il faut être un « voyant » pour découvrir ce qu’elles font exactement ! A certains endroits de Ziguinchor, elles ont même campé ; elles ont enlevé beaucoup de choses mystiques qui se sont développées partout à l’intérieur de la Casamance. Mais ce qui est important c’est de faire marche arrière, de détruire tout ce qu’elles ont fait pendant les années 80 comme activités pour renforcer le conflit.

BL : Spécialement des femmes ? DK : Il y a eu beaucoup plus de femmes. En tous cas pour ces questions mystiques, elles sont plus engagées mais je sais que les hommes ont beaucoup prié dans les mosquées et les églises.

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