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publié dans Ressources le 26 janvier 2009

La crise alimentaire : les voix paysannes vers les voies de la souveraineté alimentaire”

CNCR - Sénégal

Crise alimentaireOrganisations de producteurs et de productricesSouveraineté alimentaireSénégal

A l’initiative du CNCR, les fédérations membres ont mené du 22 au 30 décembre 2008 une réflexion large et approfondie sur la crise alimentaire, ses causes et conséquences et les voies paysannes vers la souveraineté alimentaire.

Le diagnostic, conduit dans ce cadre, établit des points de convergences entre tous les acteurs au niveau des exploitations familiales agricoles sur les causes, les conséquences et les solutions à envisager pour faire face à la crise alimentaire.

La crise alimentaire : les voix paysannes vers les voies de la souveraineté alimentaire” Dakar, 21-22-23 Janvier 2009 Déclaration finale

A l’initiative du CNCR, les fédérations membres ont mené du 22 au 30 décembre 2008 une réflexion large et approfondie sur la crise alimentaire, ses causes et conséquences et les voies paysannes vers la souveraineté alimentaire.

La synthèse des différents rapports a servi de document introductif à l’atelier international, tenu du 21 au 23 janvier 2009, à l’hôtel Faidherbe de Dakar.

Le séminaire a regroupé les représentants d’Organisations Professionnelles Agricoles, des Services Publics, du Secteur Privé, de la Société Civile, des Opérateurs Economiques, des Institutions Régionales et Internationales et des Partenaires au Développement.

Le CNCR remercie vivement les représentants de ces institutions pour leurs contributions très positives à la réflexion, à travers les cinq panels et les quatre groupes de travail qui ont tous connu des débats de haut niveau.

Le diagnostic, conduit dans ce cadre, établit des points de convergences entre tous les acteurs au niveau des exploitations familiales agricoles sur les causes, les conséquences et les solutions à envisager pour faire face à la crise alimentaire.

Comme les populations rurales, les populations défavorisées des villes vivent une situation alimentaire difficile et les mesures prises par l’Etat sont insuffisantes pour faire face efficacement et de façon durable à cette crise. Les OPA considèrent, que face à la hausse brutale et durable des prix des produits alimentaires importés, les pays de la sous-région et particulièrement le Sénégal n’ont d’autre choix que d’opter pour une politique ambitieuse qui va dans le sens de la souveraineté alimentaire.

Celle-ci est définie dans l’Appel de Niamey pour la souveraineté alimentaire, Nov. 2006 : comme étant : Le « droit pour tout pays ou ensemble de pays à définir sa politique agricole dans l’intérêt de ses populations, à développer et protéger ses productions et ses marchés afin que ceux-ci puissent satisfaire les besoins d’une alimentation saine, suffisante, culturellement et cultuellement acceptable et qu’ils soient également le socle pour une rémunération juste du labeur des exploitations familiales agricoles »

Cette souveraineté alimentaire suppose :

  • La reconnaissance du statut des producteurs et de leurs organisations ;
  • La reconnaissance du titre de propriété ;
  • La reconnaissance du droit de produire ;
  • La mise en place d’instruments d’appui adéquats.

C’est pour tout ceci que nous, participants au séminaire international sur la souveraineté alimentaire, initié par le CNCR, Recommandons à l’Etat du Sénégal et aux partenaires au développement de :

  • Favoriser une concertation entre tous les acteurs dans l’élaboration d’une politique agricole et alimentaire ;
  • Poursuivre l’effort de mettre la priorité sur le secteur agricole et particulièrement l’agriculture familiale dans l’allocation des ressources publiques ;
  • Prendre en compte dans les plans de relance du programme agricole, les volets relatifs à la commercialisation/ transformation, la gestion de l’offre et des opérations post récolte, l’organisation de la mise en marché, le stockage des produits agricoles, etc.
  • Créer un environnement favorable à l’investissement privé dans l’agriculture, en faveur de l’agriculture familiale comme entreprise moderne de production ;
  • Mettre en œuvre la loi d’orientation agro-sylvo-pastorale (LOASP), élaborée de façon consensuelle, notamment le respect des 52 engagements et les échéanciers retenus dans le cadre de cette loi ;
  • Promouvoir une réforme foncière concertée qui attribue des titres de propriété aux exploitations agricoles familiales sur les terres qu’elles détiennent ;
  • Renforcer les investissements dans l’adaptation aux changements climatiques, en mettant l’accent sur la promotion des savoir-faire paysans.
  • Mettre en œuvre la déclaration de Maputo, en consacrant au moins 10% du budget national à l’agriculture ;
  • Contribuer au niveau régional à l’accélération de la mise en œuvre de la politique agricole de la CEDEAO et de l’offensive régionale pour la production alimentaire et contre la faim :
  • Rendre disponible un « cadre commercial de précaution » (TEC, APE…) pour stimuler un secteur agricole et agro-industriel dynamique et des prix rémunérateurs aux producteurs. C’est également pour tout cela que nous nous engageons à :
  • Mobiliser nos membres pour contribuer à l’atteinte, dans les cinq (05) prochaines années, d’une souveraineté alimentaire et sommes disposés à contribuer à inverser la dépendance à 50% des importations pour nourrir les Sénégalais ;
  • Mettre sur pied un cadre de concertation entre tous les acteurs impliqués dans la production, la transformation et la commercialisation des produits agricoles pour favoriser la souveraineté alimentaire ;
  • Enfin, nous donnons mandat au CNCR de finaliser le plus rapidement possible les propositions paysannes pour une souveraineté alimentaire qui seront validées par ses membres pour les soumettre, au nom du mouvement paysan, à l’ensemble des acteurs intéressés par la souveraineté alimentaire : L’Etat, le secteur privé, les partenaires au développement.

Le CNCR remercie tous les participants et particulièrement ceux qui ont rendu possible la tenue du présent séminaire.

Fait à Dakar, le 23 Janvier 2009

Voir en ligne les nombreux documents de la rencontre :

http://www.cncr.org/spip.php?article184

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