L’intégration régionale bénéficie de longue date du soutien des dirigeants et des élites économiques de l’Afrique, ainsi que de celui de la communauté internationale. Elle a pris son essor au cours de la période postindépendance, et a culminé avec la création en 1991 de la Communauté économique africaine, qui vise explicitement à la création d’une union douanière à l’échelle du continent (et donc également d’une zone de libre-échange) d’ici 2020, et d’un marché commun africain d’ici 2023. [1] Comme souvent néanmoins, la réalité est bien éloignée de la rhétorique officielle, et malgré une multitude d’accords commerciaux au niveau régional, le niveau des échanges intra-africains reste l’un des plus faibles au monde. Tout au long de la dernière décennie, la part des exportations de marchandises destinées au marché régional a oscillé autour de 10 pour cent en Afrique, contre 19 pour cent environ en Amérique centrale et Amérique du Sud, et jusqu’à 46 pour cent dans l’Asie en voie de développement.




