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publié dans Ressources le 9 octobre 2006

Étude sur les instruments de régulation des importations commerciales de riz au Bénin – Rapport final – Mai 2006

RizBénin

Cette étude a été réalisée à la demande du Comité de concertation des riziculteurs du Bénin par Erick H. ABIASSI et Sèdjro D. ECLOU (72 pages + annexes).

Le Bénin a un potentiel de plus de 322 000 ha de terres propices à la riziculture, dont 205 000 ha de bas-fonds et 117 000 ha de plaines inondables. Cependant moins de 8% de ce potentiel sont actuellement exploités et la production nationale ne couvre pas les besoins de consommation. Ceci rend nécessaire le recours aux importations de riz. Les importations de riz entraînent sur le marché local des distorsions telles que la perte de part de marché par les producteurs nationaux, la mise à mal de l’efficacité des actions de promotion de la filière par l’Etat et l’accroissement du déficit de la balance commerciale.

Face à tout ce qui précède, deux exigences s’imposent : (i) trouver les voies et moyens pour protéger le riz local en réduisant progressivement les quantités de riz importées ; (ii) accroître le volume et la qualité de la production locale de riz pour prendre occuper les segments de marché libérés par la réduction des importations. La présente étude s’est fixé trois principaux objectifs : simuler l’impact socio-économique de différents scénarii tarifaires sur l’évolution des prix, des quantités, ainsi que des pertes et profits pour les différents acteurs; proposer sur la base des résultats des simulations, des instruments de régulation des importations commerciales de riz au Bénin; élaborer des stratégies en vue de l’amélioration quantitative et qualitative de la production locale. Pour atteindre ces objectifs, une méthodologie en trois volets a été utilisée et comporte essentiellement une synthèse bibliographique, des entretiens avec les acteurs de la filière et la simulation à l’aide de modèles conçus à cet effet (modèle économétrique et modèle BENSIMURIZ) .

Les résultats ont montré que l’élasticité de la demande des importations du riz par rapport au prix est de -0,677 à court terme et de -1,053 à long terme. Ces différentes élasticités expriment qu’à court terme, une augmentation des tarifs sur le prix des importations de 10% entraînerait une baisse du volume des importations de 6,77% toutes choses égales par ailleurs et qu’à long terme cela se traduirait par une baisse des importations de 10,5%. Par ailleurs, les simulations ont révélé qu’une augmentation du tarif appliqué au riz importé permet à la production locale de devenir plus compétitive. Cependant, les perspectives de mise en oeuvre d’une augmentation du TEC au delà de 20% dans l’environnement sous-régional actuel sont assez difficiles.

Sur la base des résultats de l’étude, certaines recommandations ont été formulées. Ainsi au plan national, le CCR et ses partenaires devront vulgariser les résultats de la présente étude auprès des décideurs politiques pour leur faire comprendre que le libéralisme ne doit pas se faire au mépris des impératifs de développement à long terme et de l’intérêt national. Au niveau sous-régional (UEMOA, CEDEAO), une campagne de sensibilisation et de lobbying doit être menée pour convaincre les structures exécutives des institutions sous-régionales qu’un trop grand degré d’ouverture sans protection des secteurs sensibles et fragiles de l’économie équivaut pratiquement à un « suicide collectif ». A moyen terme, il faudra mener des actions pour la création d’une 5ème bande tarifaire au sein du TEC de la CEDEAO avec un taux d’imposition de 50% et classer le riz dans cette catégorie tarifaire. A long terme, la part des importations dans la satisfaction de la demande nationale de riz devra être inférieure à 25%.

L’augmentation des taxes sur le riz importé pourrait contribuer significativement à améliorer la compétitivité du riz local. Mais pour un développement réel de la production rizicole on doit accélérer l’aménagement et la réhabilitation des périmètres rizicoles et en confier la gestion à des groupements de producteurs ou à des privés sous contrat de location ou de cession définitive. De plus, il faut dynamiser la recherche agronomique nationale afin qu’elle puisse non seulement poursuivre les activités de recherche adaptative mais aussi améliorer la fertilité des bas-fonds après leur mise en culture. Il est également indispensable d’encourager la consommation du riz local en facilitant aux acteurs de la filière les conditions d’acquisition d’équipements performants et adaptés permettant de produire à moindre coût et d’obtenir des produits de bonne qualité et donc plus compétitifs. Par ailleurs, il faudra renforcer la capacité des producteurs par le biais des formations et d’un appui à l’organisation. La mise en place d’un système de financement souple et adapté aux besoins et aux capacités de remboursement des producteurs est également une action souhaitable.

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