Les pâturages représentent 54 % de l’ensemble des terres de la planète; jusqu’à 50 % d’entre eux sont dégradés, mettant en péril 1/6 de l’approvisionnement alimentaire de l’humanité, 1/3 du réservoir de carbone de la Terre. Le dernier rapport de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) donne des pistes pour restaurer et améliorer la gestion des pâturages et exhorte à protéger le pastoralisme.
Les 60 experts de plus de 40 pays ayant contribué au nouveau rapport de la CNULCD conviennent que les estimations antérieures de la dégradation des pâturages dans le monde, environ 25 %, « sous-estiment considérablement la perte réelle de la santé et de la productivité des pâturages » et pourraient atteindre 50 %. Les conséquences de ce problème sont notamment une baisse de la fertilité et des nutriments du sol, l’érosion, la salinisation, l’alcalinisation et le compactage du sol qui entrave la croissance des plantes. Tout cela contribue à la sécheresse, aux fluctuations des précipitations et la perte de biodiversité, tant en surface qu’en profondeur.
Le problème est dû en grande partie à la conversion des pâturages en terres cultivées et à d’autres changement dans l’utilisation des terres résultant de la croissance démographique et de l’expansion urbaine, mais aussi l’augmentation rapide de la demande de denrées alimentaires, fibres et carburant, du pâturage excessif et de politiques qui encouragent la surexploitation.
Le rapport détaille une approche conceptuelle novatrice qui permettrait aux décideurs politiques de stabiliser, de restaurer et de gérer les pâturages.
La nouvelle approche s’appuie sur une expérience détaillée d’études de cas de presque toutes les régions du monde, tirant des enseignements importants des succès et des échecs dans la gestion des pâturages.
Une recommandation essentielle : il faut protéger le pastoralisme, un mode de vie en mouvement remontant à des millénaires, centré sur l’élevage d’ovins, caprins, bovins, chevaux, chameaux, yaks, lamas ou autres herbivores domestiques, ainsi que d’espèces semi-domestiquées telles que le bison et le renard.




