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publié dans Ressources le 25 mai 2009

Systèmes d’information de marché, coordination et gestion des risques dans les filières agricoles : Cas des produits maraîchers

Idrissa Wade

Commercialisation - MarchésFruits et légumesSystèmes d'Information sur les Marchés (SIM)Sénégal

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Idrissa WADE / Thèse présentée à Montpellier SupAgro – 2009, 235 p.

Extraits de la conclusion générale :

Apports et perspectives de la thèse

Cette recherche contribue à la réflexion sur la régulation des marchés par les SIM. Jusque qu’à présent, dans les travaux qui se sont intéressés aux SIM comme outil de politiques publiques, le comportement individuel des acteurs face aux problèmes d’incertitude liés à l’information imparfaite n’avait pas été étudié et pris en compte dans l’analyse. En l’intégrant et en tenant compte des spécificités de l’agriculture qui font qu’il est nécessaire d’introduire le temps et l’espace dans l’analyse, nous avons élaboré une grille d’analyse qui montre que la coordination des marchés agricoles recouvre principalement deux dimensions, quand lesquelles se posent des problèmes d’information imparfaite différentes mais interdépendantes. La première dimension est relative au problème d’incertitude radicale au moment des décisions de production, lié à l’inexistence de l’information sur le prix futur de la récolte. C’est un problème d’action collective qui se pose lors de la prise de décision de production. L’offre qui sera présente sur le marché dépend des actions des autres producteurs. Pour les produits agricoles périssables, cette dimension est particulièrement importante car les maraîchers ne disposent pas la possibilité de recourir au stockage comme dans le cas des céréales. S’agissant d’un problème d’action collective, un SIM seul est d’une utilité moindre pour sa résolution. Nous avons montré qu’une concertation entre les agents concernés peut aider à le résoudre. Nous avons vu que pour fonctionner efficacement, le dispositif de concertation a été couplé à un SIM permettant de suivre l’évolution des effets des accords. Le SIM donne ici l’information nécessaire pour un accord entre les différentes organisations professionnelles en négociation et le contrôle de ces effets. Il n’a pas pour viser de diffuser une information instantanée aux acteurs en vue de leur prise de décisions concernant les transactions.

La seconde dimension est liée au problème d’asymétrie d’information entre les différents acteurs économiques au moment de l’échange. Le SIM intervient sur cette dimension. Mais, nous avons montré que l’utilisation de l’information diffusée par les SIM est fonction des dispositifs de coordination qu’adoptent le producteur dans un contexte où se pose à la fois des problèmes d’asymétrie mais aussi d’incertitude sur l’écoulement de sa production et sur le prix de vente. Or, si dans la majorité des cas les formes de coordination adoptées qui visent justement à régler ces problèmes, elles ne sont pas pour autant directement substituables par les SIM, parce qu’elles répondent également à d’autres contraintes (avance en intrants, avance de trésorerie à la commercialisation, surveillance des produits sur le marché, risques liés à l’écoulement…).

Est-ce à dire alors que les SIM, même s’ils sont techniquement performants (en termes de collecte et de diffusion de l’information), sont peu utiles à la régulation des marchés ?

La grille d’analyse que nous avons développée pour analyser l’interaction entre les dispositifs de coordination et l’utilisation de l’information prix diffusée par les SIM, montre que les producteurs auraient besoin de cette information pour une utilisation différente selon les formes de coordination existantes. En effet, les producteurs en relation directe avec les bana-banas ont besoin de cette information pour leur décision de vente. Ceux qui passent par les coxers peuvent quant à eux en avoir besoin pour contrôler l’action de ces derniers. Mais, l’absence de standard permettant de relier le prix d’un produit donné à une qualité spécifique ne le permet pas. La standardisation permettrait de plus la vente à distance des produits. Une amélioration de l’information prix diffusée par les SIM devrait s’accompagnée d’une action sur la standardisation des produits. Ceci rendrait ces dispositifs d’information complémentaires aux dispositifs mis en place par les acteurs pour faire face aux problèmes liés à l’information imparfaite.

D’autre part, l’expérience de Manobi, bien que ne nous permettant pas de conclure sur l’efficacité ou non des SIM de seconde génération, nous a confirmé qu’une information ciblée et disponible était utile aux acteurs. Cette expérience montre l’intérêt de l’utilisation des NTIC pour les fonctions d’information sur le marché. Elle la nécessité pour un tel dispositif d’être accompagnée par la formation des producteurs.

Il découle de tout ceci qu’une politique de régulation des marchés nécessite l’articulation de plusieurs dispositifs traitant des problèmes d’incertitude liés à l’information imparfaite.

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