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publié dans Ressources le 18 juillet 2008

Les OGM peuvent-ils nourrir le tiers monde ? par Marc Dufumier

Souveraineté alimentaire

Marc Dufumier – Professeur d’agriculture comparée et développement agricole Institut National Agronomique Paris-Grignon (INA-PG)

Les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont encore souvent considérés comme l’un des moyens les plus prometteurs pour résoudre les problèmes de la faim et de la malnutrition dans le Tiers-Monde. En permettant aux agriculteurs de désherber plus rapidement et plus efficacement leurs champs, les variétés de soja transgéniques porteuses d’un gène de résistance au glyphosate1, herbicide total, ne devraient-elles pas permettre aux agriculteurs d’accroître sensiblement leurs rendements en cette culture ? De même en ce qui concerne les cultivars de maïs dont l’un des gènes transférés leur fait contenir une toxine entraînant directement la mort des pyrales prédatrices : les agriculteurs ne disposeraient-ils pas ainsi d’un moyen spectaculaire d’éviter les ravages de cette chenille sans avoir désormais recours à des insecticides coûteux et polluants ? Mais l’exemple le plus fréquemment cité est celui du riz doré (golden rice) au sein duquel un gène de jonquille confère aux grains le pouvoir d’être riches en ðb-carotène, un précurseur de la vitamine A ; quand on connaît la prévalence de l’avitaminose A dans de nombreux pays d’Afrique et d’Asie, et les troubles de la vision qui en résultent sur les populations affectées par cette carence, ne devrions nous pas nous réjouir de voir apparaître un tel riz dans le futur ? Mais que peut-il en être exactement, compte tenu des conditions agro-écologiques et socio-économiques dans lesquelles travaillent les paysans du Tiers-Monde ? Les propos qui suivent tendent à montrer que la question alimentaire est loin d’être aussi simple et que les nations les plus pauvres du « Sud » n’ont sans doute pas grand chose à attendre des OGM ; sans doute devraient-elles même en craindre plusieurs des conséquences sur leur environnement. Rien n’indique par ailleurs que ce soit par le biais de nouveaux « progrès » en matière génétique qu’il deviendra possible de mettre fin à la faim et la malnutrition dans le Tiers-Monde.

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