Résolution UNHR du 24 septembre 2012.
Présentant le projet de résolution sur la promotion des droits de l’homme des paysans et autres personnes vivant dans les zones rurales (A/HRC/21/L.23 amendé), la Bolivie a indiqué que ce texte reflète correctement les conclusions du rapport du Comité consultatif sur ce sujet. Le Comité consultatif y montre l’extrême vulnérabilité des populations rurales, en particulier les producteurs vivriers qui souffrent le plus du manque d’accès aux ressources nécessaires à leur développement. Le Comité consultatif a recommandé l’adoption d’une déclaration sur les droits des paysans et autres personnes vivant dans les zones rurales, pour améliorer leurs conditions de vie et encourager la lutte contre l’insécurité alimentaire et la faim. En outre, en renforçant le rôle déterminant de celles et ceux qui nourrissent une bonne partie de la population humaine, cette Déclaration permettrait de freiner l’exode rural, voire l’émigration.
Les États-Unis ont dit accorder la plus grande importance aux difficultés que rencontrent les personnes vivant en milieu rural, difficultés auxquelles il convient de remédier en améliorant les infrastructures et l’équipement agricoles ainsi que le transport et le stockage des récoltes. Il reste qu’il est prématuré de créer un groupe de travail sur la question, d’autant que le Comité consultatif avait outrepassé son mandat en traitant de cette question sans fournir aux États la possibilité de donner leur avis. Le Conseil devrait d’abord engager le débat sur cette question, notamment par le biais de tables rondes et d’ateliers. Cette démarche graduelle a permis, dans le passé, d’appréhender des thèmes complexes et d’arriver à un terrain d’entente. Les États-Unis sont en outre préoccupés par les implications financières du projet.
Cuba a rappelé qu’elle faisait partie du groupe d’États extrêmement intéressés par ce projet de résolution qui concerne directement des millions de personnes. Il est regrettable que certains pays émettent des réserves à son sujet, alors qu’ils recourent eux-mêmes aux travailleurs agricoles de pays voisins pour assurer leur propre production. Cuba a rappelé les effets désastreux pour les paysans de l’invasion des pays en développement par des produits agricoles importés de pays industrialisés. Le Conseil doit garder à l’esprit que la misère tue.
L’Autriche, au nom de l’Union européenne, a déploré que les membres du Conseil ne puissent parvenir au consensus sur cette question. Mais l’Union européenne regrette, une fois de plus, que le Comité consultatif ait outrepassé son mandat. Les États de l’Union européenne qui sont membres du Conseil voteront contre ce texte.
Le Mexique a assuré que le projet se contente de réaffirmer un certain nombre de droits, sans en créer de nouveaux. Par contre, il est vrai que le contenu d’une éventuelle déclaration devrait recevoir l’assentiment de tous les États, au terme d’un processus de consultation étendu, et non sur la seule base du texte ici présenté. Par ailleurs, en raison des incidences financières d’une adoption de la résolution, le Mexique a décidé de revoir sa position et de s’abstenir lors du vote.
La Norvège a regretté que les États n’aient pu parvenir à un consensus sur ce projet de résolution. La Norvège s’abstiendra lors du vote, en dépit de l’importance qu’elle accorde à la question des droits de paysans.
Le Sénégal a estimé que tout devrait militer en faveur d’une démarche prudente, graduelle et consensuelle qui favorise un degré de maturité et un résultat suffisant garantissant la promotion des personnes visées par le projet. Le Sénégal se heurte malheureusement à des difficultés, notamment d’ordre procédural et technique, en relation avec le statut du document du Comité consultatif.
La Thaïlande, pays à forte population rurale, a pris des mesures tous azimuts en vue de l’amélioration des conditions de vie et de travail des paysans. En l’absence d’une définition clairement acceptée au niveau international du terme «paysan», il importe de discuter davantage au sein du Conseil, en sollicitant les points de vue de tous les États.
Pour voir la résolution finale : http://daccess-dds-ny.un.org/doc/RESOLUTION/LTD/G12/170/33/PDF/G1217033.pdf?OpenElement




