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publié dans Bulletins thématiques le 28 juillet 2008

N°132 – Spécial OGM

CotonOGM

OGM Voici le bulletin de veille spécial sur les OGM.

Les organismes génétiquement modifiés (OGM), dits aussi « transgéniques » : un sujet très discuté, polémique et controversé, au Nord comme au Sud, avec des informations et références très nombreuses sur le web et évidemment des avis très tranchés : une technique n’est jamais neutre, et pour les OGM, c’est encore plus flagrant ! A travers ce bulletin, Inter-réseaux vous propose une sélection d’articles qui vous donnera – nous l’espérons – des portes d’entrées pour poursuivre vos réflexions en matière d’OGM.

Vous trouverez d’abord des informations générales sur les OGM : vous verrez (en particulier grâce à la conférence filmée de Christian Vélot) que les OGM ne constituent pas un bloc homogène : les OGM en recherche, les OGM en médecine et les OGM dans l’agroalimentaire présentent des objectifs, enjeux et risques de natures et d’ampleurs très différentes. Les références suivantes se focalisent sur les OGM dans l’agroalimentaire, OGM appelés aussi PGM (Plantes génétiquement modifiées). Là encore, des distinctions sont à faire suivant les PGM considérées (PGM résistant aux herbicides type soja, PGM pesticide type maïs ou coton Bt, PGM « riche » en vitamine type riz doré…), mais aussi suivant les contextes et pays. Vous trouverez donc des articles reprenant des grandes questions, enjeux et débats autour des PGM, avec des prises de position différentes suivant les acteurs, les plantes et les pays. Un focus final rappelle quelques sources relatives au coton GM.

Peter Brabeck, président de Nestlé, se «lâche» dans une interview accordée au Financial Times : les OGM « sont une des technologies les plus sûres que nous ayons jamais vues, bien plus sûres que les aliments bio et que tout ce qui est à la mode en Europe », dénonce-t-il.
Trends.be, 26 juin 2008
Inf’Ogm réalise un travail de recueil et de traitement de l’information sur la situation des OGM en France et dans le monde, en s’efforçant de ne pas prendre position dans le débat autour des dangers et avantages des PGM et en essayant de donner aux lecteurs l’information la moins orientée possible. De très nombreux articles sont en ligne sur ce site, avec des mises à jour régulières et une lettre d’information à laquelle chacun peut s’inscrire.
L’International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications (ISAAA) est une organisation internationale non gouvernementale, créée en 1991 avec comme objectif de favoriser le développement des biotechnologies, en particulier des organismes génétiquement modifiés (OGM), dans les pays en développement. Elle produit des statistiques et publie des rapports annuels sur l’usage et les superficies plantées en OGM dans le monde. Elle est financée par les industries du génie génétique.

http://www.isaaa.org/

(15 pages – 615 ko)

Soja transgénique porteur d’un gène de résistance au glyphosate pour accroître les rendements? Maïs avec un nouveau gène transféré permettant de tuer des pyrales, un moyen spectaculaire évitant insecticides coûteux et polluants? Riz doré au gène de jonquille et riche en ðb-carotène (précurseur de la vitamine A), solution pour les troubles de la vision des populations de pays pauvres? Le texte montre qu’il n’y a pas de réponses simples à une question compliquée (la question alimentaire), et que les nations les plus pauvres n’ont pas grand chose à attendre des OGM, mais plutôt même à craindre plusieurs des conséquences sur leur environnement. Pour l’auteur, la réponse à la faim et la malnutrition dans le Tiers-Monde ne viendra pas de nouveaux «progrès » en matière génétique.

http://www.inter-reseaux.org/IMG/pdf/OGM_Dufumier.pdf (PDF – 200 ko – 18 pages)

Maître de conférences en génétique moléculaire et directeur d’une équipe de recherche à l’Institut de génétique et microbiologie d’Orsay, Christian Vélot a donné pendant 4 ans des conférences sur les OGM à destination du grand public. Très pédagogique, claire et précise, la vidéo de cette conférence est tout simplement … incontournable, car elle permet de comprendre enfin de quoi on parle! Elle est composée de 2 parties : la première sur les OGM en général, en médecine et en recherche ; la seconde sur les OGM dans l’agroalimentaire (à partir de 40 mn). (durée totale : 85 mn, à regarder vraiment !)
Les auteurs émettent de sérieux doutes sur le fait que les OGM représentent la solution magique aux problèmes de sous-nutrition dans notre monde. Entre risques avérés et de nombreuses incertitudes liés à la culture de ces OGM, il convient, disent-ils, d’avancer avec sagesse sur ces questions d’une grande complexité…
Le monde (via pacte-ecologique.org), M. Dufumier, PH Gouyon, Y. Le Maho, février 2008
Deux questions sont ici principalement pointées: celle des pollutions liées aux OGM et celles de la dépendance (des producteurs et pas seulement) aux firmes agro-semencières. Un livre et un documentaire brossent le portrait de ce géant de l’agrochimie, inventeur de quelques-uns des pires polluants de la planète. Aujourd’hui, le vrai danger vient de la croissance exponentielle des cultures OGM, qui ont couvert quelque 100 millions d’hectares en 2007, dont 90% correspondent à des caractéristiques génétiques brevetées par Monsanto. Les cultures OGM peuvent imposer un nouvel ordre agricole mondial en assurant l’hégémonie de quelques firmes agro semencières.
Libération, E. Patriarca, février 2008
Un dossier très didactique et illustré de vidéos, cartes, photos et dessins, qui fournit un premier panorama sur les OGM : état des cultures OGM dans le monde, effets recherchés avec les OGM, risques et impacts des OGM sur l’environnement, la biodiversité et la santé, et principales questions sous jacentes aux OGM.
Cité des Sciences et de l’Industrie, Juillet 2008
Un débat intéressant, bien structuré, et éclairant sur les positions des “pour” et des “contre”… entre PH Gouyon (un des plus grands généticiens français sur le monde végétal) et l’AFIS (Association française pour l’information scientifique, officiellement chargée de donner un avis sur cette technologie). PH Gouyon critique la volonté affichée de « défendre la nécessité de la séparation du champ de l’expertise scientifique de celui des considérations économiques, politiques ou sociales ». Il regrette de fait la non prise en compte des domaines de l’écologie, de la génétique des populations, de l’économie, du droit… “Tant qu’on ne sait rien, on y va ?” Il rappelle que la biologie est une science empirique et que “une telle science permet de comprendre le réel mais pas de prévoir les situations nouvelles”.
Afis, 2008 (Signalé par A.Gouyon, de BeCitizen)
Lettre ouverte de défenseurs des droits des consommateurs L’Association des consommateurs du Burkina (ACB), la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB) et l’Organisation des consommateurs du Burkina (OCB) ont publié une déclaration à travers laquelle ils disent un « non » catégorique aux organismes génétiquement modifiés. Une initiative destinée à marquer la Journée mondiale des consommateurs, qui s’est tenue mercredi 16 mars 2005
Afrik.com, 16 mars 2005
Un des cas les plus célèbres de procès entre cultivateurs et firmes multinationales : en tenant Schmeiser responsable de la contamination de ses champs, sans avoir prouvé qu’il avait sciemment semé du canola appartenant à Monsanto, les tribunaux inférieurs laissent entendre que les cultivateurs devraient être capables de contrôler la nature et d’empêcher la pollinisation croisée, les semences portées par le vent et autres phénomènes météorologiques.
Conseil des Canadiens, novembre 2006
Le Burkina Faso s’est lancé il y a 5 ans dans l’expérimentation du coton bt. Pour le ministre burkinabé de l’Environnement, « La question n’est plus de savoir en ce qui concerne les organismes génétiquement modifiés, si nous nous engageons ou pas. Nous avons opté de les adopter, nous devons poursuivre en prenant nos dispositions pour réduire les risques. ».
Sidwaya, 15 juillet 2008
Les OGM (organismes génétiquement modifiés) n’en finissent pas de faire débat. Pour la première fois en 2008, 15 000 ha de coton OGM seront semés au Burkina Faso, et certaines personnes ne cachent pas leurs inquiétudes.
Gaëlle Dupont, Le Monde, juin 2008
Depuis quelques années, la Fondation africaine pour les technologies agricoles (AATF) s’est engagée dans un processus de développement du niébé Bt en vue de permettre aux petits agriculteurs d’avoir des semences de « benga » transgéniques résistant à l’action du Maruca. Aux dires des scientifiques, le Nigéria, le Ghana et le Burkina Faso pourraient disposer de cette variété d’ici 6 à 8 ans.
L’observateur Paalga, 11 juin 2008
Comment des systèmes de culture OGM et non OGM pourraient-ils coexister au sein de régions agricoles européennes ? La réponse dépend principalement du seuil admis pour la présence accidentelle d’OGM dans les récoltes non transgéniques, de l’espèce cultivée, de la structure des parcellaires, du climat et des pratiques agricoles. Bref, l’étanchéité entre cultures OGM et cultures non-OGM est loin d’être évidente…

Le rapport complet (en anglais) : http://www.inra.fr/content/download/8445/115518/version/1/file/eur22102en.pdf (PDF – 2,46 Mo – 116 pages)
Inra, novembre 2006

Le ministre délégué chargé de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle a annoncé le démarrage de la culture industrielle du coton Bt cette année, suite au consensus trouvé entre la firme Monsanto et la partie burkinabè sur la fixation des prix de la semence et le partage des royalties… Ainsi, près de 70 % des bénéfices reviennent au Burkina, aux paysans semenciers, à la recherche, aux sociétés cotonnières, car si la technologie Bt a été développée par la firme américaine qui en détient le brevet, le cotonnier sur lequel il a été mis est breveté Burkina. Combien vont payer les paysans, le ministre ne semble pas l’avoir précisé…
Site le Faso.net, L’Observateur, Cyr Payim Ouédraogo, 21 février 2008
Confrontée à un déficit chronique, la société se lance dans la culture de coton transgénique à grande échelle. Une première, qui n’est pas sans risques.
Jeune Afrique – 4 mai 2008
En 2004, le Comité Permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (Cilss) dresse l’état des lieux de la réglementation et des directives pour l’autorisation de la circulation des OGM dans le Sahel. Il s’agit pour les dirigeants de ces Etats de combler le retard technologique et de préciser l’apport de la biotechnologie pour les pays d’Afrique de l’Ouest. (PDF – 600 ko – 28 pages)
Cilss – Institut du Sahel, mai 2004
Dans le but d’apporter une information juste et objective sur la question de la vulgarisation de cultures transgéniques et du brevetage du vivant au Burkina et dans la sous région, la COPAGEN / Burkina a organisé en février 2008 une caravane d’information, de sensibilisation et de partage d’expériences entre paysans de l’espace UEMOA et de Guinée Conakry. (PDF – 159 ko – 7 pages)
Copagen Burkina, février 2008
Ce texte en anglais pose le problème de l’accès au marché des PGM: “si les PGM ont le potentiel d’augmenter la productivité agricole en Asie, les PGM sont aussi associées au risque de perte d’accès aux marchés de pays importateurs sensibles” (pays qui ne souhaiteraient pas importer de produits GM)”. Selon ces auteurs, en Asie, le gain de productivité compenserait toutes pertes de marché. http://www.ifpri.org/pubs/dp/IFPRIDP00740.pdf (PDF – 425 ko – 60 pages)
Hortense Dodo, spécialiste des OGM et en poste auprès de l’Université de Cocody (Abidjan), recommande à la Côte d’Ivoire d’adopter les OGM d’urgence en prévision à une crise alimentaire future. Pour ce faire, elle propose le vote de la loi sur les biosécurités : « La solution de la crise alimentaire aujourd’hui, c’est la biotechnologie ».
Abidjan.net, mai 2008
La Kenya Biodiversity Coalition, qui regroupe des organisations paysannes et des associations écologistes, a découvert des traces de MON810, une variété de maïs génétiquement modifié de la firme Monsanto, dans des semences commercialisées par une société sud-africaine.
RFI, avril 2008
Autre série de questions : à qui appartiennent les semences ? quels conditions et coûts d’accès, quelle dépendance de la recherche et des producteurs ? Une analyse des conditions d’accès aux matériels biologiques, aux innovations et aux marchés, quel que soit le statut des ressources génétiques, et leurs conséquences sur les activités de recherche et de développement dans le domaine des biotechnologies agricoles. (PDF – 129 ko – 14 pages)
Michel Trommetter, Ecole Polytechnique, octobre 2006
Quelques passages du livre de Marie Monique Robin (« Le monde selon Monsanto ») qui relatent, principalement l’expérience indienne du coton Bt de Monsanto.
abcBurkina, avril 2008
Déposé le 8 février dernier au Sénat, le projet de loi visant à transposer en droit français deux directives européennes sur la dissémination des OGM dans l’environnement provoque l’indignation de nombreux citoyens. Opacité, arbitraire administratif, refus de consultation des collectivités, déresponsabilisation des semenciers visent en fait à masquer l’évidence : la coexistence des OGM avec d’autres cultures est impossible.
Par Robert Ali Brac de la perrière et Frédéric Prat, réseau Semaines Paysannes
En juin 2005, a été organisée à Bamako la Conférence ministérielle des pays de l’espace CEDEAO sur la biotechnologie. Ibrahima Coulibaly a assisté à cette conférence où il représentait le Réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA) : « Nous ne refusons pas le progrès. Mais les enjeux sont bien différents entre OGM et biotechnologies. Ceux qui veulent imposer les OGM créent volontairement la confusion entre le terme OGM et le terme plus général de biotechnologie. Il faut cesser cet amalgame. » (PDF – 150 ko – 3 pages)
Entretien avec Ibrahima Coulibaly, SOS Faim, 2006
Lire en particulier les parties sur les flux génétiques (p14-17 : les gènes sont disséminés !) ; la biodiversité (p18-19: pression sur la diversité génétique des maïs, sur les végétaux et animaux présents dans les champs de maïs et sur les écosystèmes avoisinants). Voir aussi le passage sur les aspects socioculturels (p22-25 : parce qu’il ne s’agit pas que de grains de maïs !). Au Mexique, il n’a « pas été expressément démontré que les caractères génétiques introduits dans les actuelles variétés de maïs transgénique, qui confèrent une résistance aux herbicides et aux insectes, sont avantageux pour les campesinos mexicains ». ( PDF – 4 mo – 51 pages)
Commission de coopération environnementale (CCE), novembre 2004
La crise alimentaire doit-elle être la porte ouverte pour l’introduction des OGM dans l’agriculture et l’alimentation au Bénin et en Afrique? Le réseau national pour une gestion durable des ressources génétiques, dénommé Jinukun répond non, non et non.
Conférence publique du Réseau Jinukun, juin 2008
Le Programme Régional de Biosécurité (PRB) de l’UEMOA va être lancé prochainement. L’objectif environnemental du Programme Régional de Biosécurité de l’UEMOA est de protéger la biodiversité régionale contre les risques potentiels associés à l’introduction des Organismes Vivants Modifiés en Afrique de l’Ouest. Plus concrètement, il s’agit de la mise en œuvre d’un cadre juridique régional de biosécurité devant permettre aux Etats membres de l’UEMOA de faire face à leurs obligations vis-à-vis du Protocole de Cartagena sur la prévention des risques liés aux Organismes Vivants Modifiés.

Règlement portant adoption du Programme Régional de Biosécurité de l’UEMOA : http://www.izf.net/upload/document/JournalOfficiel/CM06042007/Regl_03_2007_CM_UEMOA.pdf (texte du règlement – PDF – 4 pages)

http://www.izf.net/upload/document/JournalOfficiel/CM06042007/AnnexeRegl_03_2007_CM_UEMOA.pdf (pour l’annexe présentant le PRB 2 – PDF – 6 pages)

Michel Fok, agent du CIRAD et spécialiste du coton, est l’auteur de nombreuses publications sur le coton GM, en particulier en Chine et en Afrique du Sud. Ses publications sont régulièrement mises en ligne. Voir en particulier : Diffusion du coton génétiquement modifié en Chine : leçons sur les facteurs et limites d’un succès (2005) Conditions, résultats et perspectives d’utilisation du coton génétiquement modifié (coton Bt) dans les PED (2006) Diffusion du CGM dans une filière instable en Afrique du Sud et les leçons pour l’Afrique Zone Franc (2006)
Site du CIRAD
Le jeudi 12 juin 2008, la Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Africain (COPAGEN – Mali) composée d’organisations de la société civile dont la CNOP (Coordination nationale des organisations paysannes du Mali) a organisé une séance d’écoute à l’Assemblée nationale du Mali afin d’informer les députés du danger du projet de loi intitulé « Sécurité en biotechnologie ». Près d’une trentaine de députés et leurs assistants se sont déplacés pour assister à cette séance.
CNOP Mali, Juin 2008
Le gouvernement du Bénin vient de décider ce mois de reconduire pour cinq nouvelles années le moratoire sur l’importation, la commercialisation et l’utilisation des organismes génétiquement modifiés (OGM) ou leurs dérivés. Le premier moratoire était en vigueur de 2002 à 2007.
J. Zoundjihékpon, 2008
Ce numéro spécial du IJBT (en anglais) s’intéresse aux impacts économiques de l’utilisation des OGM à l’échelle des exploitations agricoles, à leurs effets possibles au niveau des économies nationales, aux considérations des consommateurs à leur égard, à l’influence des institutions et des politiques et à leurs effets sur la biodiversité, au Nord et au Sud.
International Journal of Biotechnology (IJBT), 2008
Autre problème, la pression sur l’environnement et la sélection d’individus résistants du fait des PGM. Pour la première fois, un insecte est parvenu dans la nature à développer une résistance à une toxine produite par une plante génétiquement modifiée pour l’éradiquer. Helicoverpa zea, une noctuelle ravageuse du coton, vient d’administrer aux Etats-Unis une démonstration brillante de la théorie de l’évolution : quand une population est soumise à une pression de sélection, la survenue de mutations peut favoriser sa perpétuation. Les premières chenilles de papillon résistantes au coton Bt ont été détectées à partir de 2003, dans des champs de l’Arkansas et du Mississippi.
Le Monde (via Monde Solidaire), 8 février 2008
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