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_ Le secteur rural emploie 86% de la population au Burkina Faso et le secteur primaire représente 42% du PIB. Dans le détail, 25% du PIB provient du secteur agricole, 12% de l’élevage et 3% du secteur forêt et pêche.

Les années 90 ont été marquées par une succession de Plans d’ajustement structurel (PAS), le plan pour l’agriculture (PASA) intervenant en 1992. Il vise trois objectifs :

  • modernisation et diversification de la production ;
  • amélioration de la sécurité alimentaire ;
  • amélioration de la gestion des ressources naturelles.

Le PASA a été mis en œuvre par la Lettre de politique de développement agricole (LPDA). Il s’est traduit par l’assainissement des filières sucre et coton, la libéralisation des prix et du commerce et la réorganisation des services agricoles. La Lettre d’intention de politique de développement humain (LIPDH) de 1995 centre la stratégie de développement du pays sur le concept de sécurité humaine et donne entre autre pour objectif la sécurité alimentaire par l’accès à l’alimentation de base, eau potable y compris.

En 1998, le Document d’orientation stratégique (DOS) est élaboré afin de dépasser la période d’ajustement et mettre en cohérence l’ensemble des politiques agricoles. Il vise aussi à donner un cadre pour l’agriculture burkinabé à l’horizon 2010. Parmi les orientations stratégiques qui y sont développées, citons :

  • une croissance agricole soutenue de 5 à 10% par an ;
  • une croissance des revenus par exploitant agricole de 3% par an ;
  • responsabilisation des acteurs.

Toutes les orientations stratégiques développées dans le DOS sont opérationnalisées via le Plan stratégique opérationnel (PSO) mis en place en 1999, qui permet d’identifier les filières stratégiques et d’élaborer des plans d’actions.
La Lettre de développement rural décentralisé (LDRD), rédigée en 2002 dépasse le DOS, en ce sens qu’elle développe une vision du monde rural, et non plus du simple secteur agricole, au Burkina Faso à l’horizon 2010. Le DOS s’intègre donc à la LDRD. En 2002 a également été adopté la loi 034-2002 portant orientation relative au pastoralisme, pour un « développement durable, paisible, et intégré des activités pastorales ».

De multiples politiques d’amélioration de la sécurité alimentaire mises à mal par la crise de 2008

En outre, comme beaucoup d’autres pays, le Burkina Faso a mis en place un Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) dès 2000, révisé de façon triennale dès 2003. Ce cadre n’a pas vocation à se substituer aux stratégies sectorielles, notamment sur le plan agricole. En revanche, le CSLP doit influer sur les objectifs et la mise en œuvre des stratégies.

Ainsi, la SNSA, Stratégie nationale de sécurité alimentaire à l’horizon 2015, définie en 2003, intègre largement, dans sa définition, les enjeux de réduction de la pauvreté. La SNSA pose cinq objectifs qui doivent permettre de construire les conditions d’une sécurité alimentaire durable, en réduisant structurellement les inégalités et la pauvreté au Burkina. Ces cinq objectifs sont :

  • augmenter le niveau de production alimentaire et sa valeur ajoutée ;
  • renforcer le marché afin que chacun y ait accès ;
  • améliorer les conditions économiques et nutritionnelles des populations vulnérables ;
  • améliorer le dispositif de prévention et de gestion des crises ;
  • renforcer les acteurs et promouvoir la bonne gouvernance.

Dans le même temps, le gouvernement du Burkina Faso a élaboré un Document stratégique de développement rural à l’horizon 2015 (DSDR). Il constitue le cadre de référence pour l’ensemble des interventions publiques en faveur du développement rural (la SNSA s’y intègre). Appliqué, il doit permettre l’essor d’une croissance soutenue sur le long terme. Le DSDR définit ainsi une vision du monde rural à l’horizon 2015 : « un monde rural moins pauvre, jouissant d’une sécurité alimentaire durable grâce à :

  • l’accroissement des productions agricoles, halieutiques, forestières, pastorales et fauniques, basé sur l’amélioration de la productivité ;
  • une augmentation des revenus due à une plus grande intégration de l’économie de marché et à une diversification des activités économiques en milieu rural ;
  • la modernisation de l’agriculture familiale ;
  • la diversification et à la spécialisation régionale des productions ;
  • une gestion durable des ressources et des écosystème ».

Décrets et lois permettant sa mise en œuvre sont adoptés peu à peu. Aujourd’hui, une loi sur les interprofessions est en cours de validation. Cette loi doit permettre l’émergence de filières agricoles bien intégrées aux marchés.

A partir de 2007, la hausse des prix agricoles et la crise alimentaire qui se profile, obligent le gouvernement à reconnaître l’échec, au moins partiel, des politiques de développement agricole et rural. Le président annonce alors une réforme de grande ampleur, avec la mise en place d’une Révolution Verte au Burkina Faso (DGRV Document guide de la révolution verte). Ce projet constitue le pan agricole de la politique globale de développement national du président, intitulée Le Progrès continu pour une société d’espérance. Le DGRV reprend les grands axes de la politique définie par le DSDR, en tenant compte des engagements régionaux et internationaux du pays. La Révolution Verte a un coût global de 916 Mds FCFA pour la période 2008/2015. Cet investissement massif doit permettre de faire du secteur agricole le moteur du développement burkinabé en assurant la sécurité alimentaire pour la population et en instaurant une réelle gestion durable des ressources. La filière riz est ainsi concernée par une « Initiative riz » qui doit permettre d’augmenter la production nationale de 90 000 t en 2007-2008 à 235 000 t en 2008-2009 pour une demande intérieure de 0.5 Mt. A cela s’ajoute l’approvisionnement en intrants subventionnés, la reprise en main du conseil agricole, la fixation d’un prix plancher du riz (115 F CFA/kg) et l’achat d’une partie de la production de chaque producteur.

Vers une Loi d’orientation agricole?

En outre, une problématique essentielle pour le développement agricole au Burkina Faso mobilise la classe politique et toute une partie de la société civile concernée. Il s’agit de la question foncière. L’insécurité foncière est un problème majeur pour les agriculteurs du pays et les la Raf (Réforme agraire et foncière) de 1984, révisée en 1991 et 1996 ne régla pas les problèmes. Le gouvernement se ressaisit de la question en 2007 en annonçant un Programme national de sécurisation foncière en milieu rural (PNSFMR), qui se traduit par l’adoption en juin 2009, d’une loi portant régime foncier rural. Cette loi doit permettre :

  • d’assurer un accès équitable aux terres rurales pour l’ensemble des acteurs ruraux ;
  • la promotion des investissements et la croissance de la productivité ;
  • de favoriser une gestion rationnelle et durable des ressources naturelles
  • de contribuer à la préservation et à la consolidation de la paix sociale. Ambitieuse, cette loi s’appuie largement sur la décentralisation pour mettre en place des instances locales de gestion de la réforme. Mais cette loi demeure largement critiquée, notamment sur la possibilité laissée aux investisseurs étrangers de s’approprier des terres, dans la mesure où il n’est pas nécessaire d’être Burkinabé pour prétendre à l’achat de terres rurales.

Enfin, le gouvernement burkinabé a lancé en 2009, à la demande des OP, un processus d’élaboration de Loi d’orientation agricole (LOA) nécessitant la tenue d’états généraux de l’agriculture, prévus début 2011.

Les dossiers de politiques agricoles en ligne :

Régime foncier au Burkina Faso
Document stratégique de développement rural (DSDR)
Processus de Révolution verte
Stratégie Nationale de sécurité alimentaire (SNSA)
Stratégie de croissance accélérée et de développement durable 2011-2015
Guide méthodologique d’élaboration des politiques sectorielles
Dernières actualités de politiques agricoles au Burkina Faso

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