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publié dans Ressources le 23 juin 2016

Opinion : les clefs d’intervention pour l’aide au développement face à Boko Haram

ideas4development

Conflits, insécuritéJeunesCamerounNigerNigeriaTchadAnalyse, synthèse

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Olivier Ray, responsable de la cellule crises et conflits à l’AFD, livre dans cet article quelques pistes d’action face à Boko Haram. La soudaine montée en puissance de Boko Haram illustre les risques sécuritaires induits par des situations de sous-développement chronique. La situation est complexe, mais il est établi qu’au moins cinq fragilités structurelles forment le terreau de l’insurrection : le désarroi d’une jeunesse sans perspective d’insertion sociale ; la marginalisation des communautés et des territoires de la région du lac Tchad ; les tensions locales pour l’accès aux ressources naturelles ; l’inadéquation des institutions étatiques ; et les déplacements massifs de populations causés par la crise, qui engendrent des tensions entre populations hôtes et réfugiés. Les programmes d’aide ciblent prioritairement ces facteurs de fragilité. Mais dans la mesure où ces actions s’inscrivent dans un terrain mouvant, elles comportent des difficultés, voire le risque de nuire à la situation, du fait de leur impact sur les rapports sociaux ou de leur articulation avec d’autres types d’intervention, notamment militaires. Les professionnels de l’aide doivent mesurer ce risque sans renoncer à agir pour autant. Ils disposent d’au moins trois clefs d’intervention. Premièrement, ils doivent répondre dans la durée à l’enjeu du déplacement des centaines de milliers de réfugiés qui fuient la crise. Deuxièmement, le problème de la jeunesse nécessite une approche intégrée, axée non seulement sur les opportunités économiques mais sur l’éducation et la participation politique. Troisièmement, le besoin de rééquilibrage territorial exige un investissement prioritaire dans les régions touchées par le conflit, longtemps marginalisées par la puissance publique. Les institutions d’aide au développement doivent adapter leurs modes d’action aux enjeux des régions où elles interviennent, car elles peuvent ainsi agir sur les fragilités dans lesquelles les mouvements terroristes prennent racine. Elles ne sont cependant pas une alternative à la lutte militaire contre le terrorisme, ni une réponse sur le terrain idéologique. Mais ne pas agir scellerait le sort de populations prises en otage, car si la grande pauvreté ne cause pas le radicalisme, elle le favorise indéniablement.

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