Pour la quatrième fois en 8 ans les populations du Sahel doivent faire face à une crise alimentaire. Malgré les alertes et l’intervention précoce des agences humanitaires, et un démarrage correct de la nouvelle saison agricole, la période de soudure avant la prochaine récolte est extrêmement difficile pour plus de 18 millions de personnes (estimation des Nations Unies). Trois facteurs aggravants rendent difficile une sortie rapide de cette situation : la prolongation du conflit malien et les déplacements massifs de population qu’il génère, la grave menace d’une invasion de criquets pèlerins et le spectre d’une flambée mondiale des prix agricoles qui prend forme depuis les épisodes de sécheresse aux Etats-Unis et en Russie.
Début août, on assiste à une convergence des projections sur les évolutions de la crise dans les prochains mois. Tous les acteurs se félicitent de l’installation correcte de la campagne agricole suite aux bonnes pluies dans la plupart des pays. Néanmoins, OCHA reste sur une position très prudente, et met en avant les problèmes liés aux causes structurelles de la crise. Selon la FAO, la menace acridienne dans plusieurs pays sahéliens (la plus grave depuis 2005) constitue un risque sur la production agricole et la sécurité alimentaire et nutritionnelle d’environ 50 millions de personnes. Le système d’alerte précoce FEWSNET (USAID) semble, lui, adopter une position plus optimiste, et invite les agences d’aide à se concentrer sur les zones les plus lourdement touchées. Enfin, le centre Aghrymet rappelle qu’en dépit d’un démarrage favorable de la saison des pluies, il existe un risque d’arrêt précoce des précipitations, qui aurait des conséquences néfastes pour les cultures.
Pour consulter le bulletin de veille : Bulletin de veille spécial crise n°2




