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publié dans Ressources le 9 février 2015

Faciliter la mobilité du bétail en Afrique de l’Ouest dans l’espace et dans le temps. Les différentes étapes d’un dispositif de sécurisation de pistes

Acting For Life

Pastoralisme

Arnaud FRANCOIS, Marie AARNINK et Cédric TOUQUET

L’élevage de ruminants en Afrique de l’Ouest se caractérise par son extensivité. Longtemps considérée comme archaïque et dévastatrice pour l’environnement, il faudra attendre les années 1980-90 pour voir des auteurs tels que Horowitz (1979), Sandfords (1980), Scoones (1994) démontrer, tout au contraire, que cette extensivité est indispensable et parfaitement adaptée au climat structurellement instable en Afrique de l’Ouest.
Stratégie optimale pour accéder aux différentes ressources en eau et en pâturage disséminées ici ou là en fonction des pluies, la mobilité est garante de la survie des troupeaux, d’un accroissement de la productivité (Thébaud, Corniaux, 2011).
Cette mobilité est donc un élément-clef de fonctionnement des systèmes tant pour les mouvements saisonniers des éleveurs que pour la commercialisation du bétail (Thébaud, Corniaux, 2012). Bien que de plus en plus reconnue et protégée par la plupart des législations (exemple de la Charte pastorale malienne), la mobilité des animaux est néanmoins confrontée à de nombreux obstacles tels que l’extension des superficies cultivées au détriment des ressources pastorales, la mise en culture des bas-fonds et la réduction des couloirs de passage.
Face à ces enjeux, de nombreux programmes de développement ont axé leur intervention sur une sécurisation du foncier pastoral en réalisant des aires de pâtures et de repos, des points d’eaux (barrage, puits à usage pastoraux) et en balisant des pistes à bétail. Le travail de balisage des pistes est donc relativement commun pour qui veut intervenir sur la filière agropastorale et les différentes étapes marquant ce processus renvoient généralement à 3 phases : (I) l’identification/diagnostic, (II) la sécurisation et le balisage et (III) la légalisation des ressources à travers la prise d’arrêtés par les autorités compétentes (communes ou tribunaux administratifs selon les textes en vigueur).
Si ces trois premières étapes assurent une matérialisation dans l’espace de ces couloirs, elles ne permettent pas leur pérennisation. L’étape 3 de légalisation est importante mais pas suffisante surtout lorsqu’on connait le pluralisme normatif et juridique existant en Afrique de l’Ouest. Dès lors, bien souvent de nouveaux programmes de développement balisent et sécurisent des couloirs qui l’avaient été par des programmes antérieurs. Afin de limiter cet éternel recommencement, il nous semble primordial d’ajouter une quatrième phase au dispositif de sécurisation de pistes : la phase de suivi. En nous basant sur les leçons tirées des différents projets concernant l’agropastoralisme mis en oeuvre par Acting For Life depuis 20102, nous détaillerons, dans un premier temps, les trois premières phases du processus de sécurisation de pistes puis, dans un second temps nous définirons les modalités de fonctionnement tant au niveau organisationnel que budgétaire (coût du suivi et possibilités de financement) de cette quatrième phase indispensable pour entrevoir une inscription à la fois dans l’espace et dans le temps d’un foncier pastoral sécurisé.

Lire le document (11p.)
http://www.inter-reseaux.org/IMG/pdf/article_AFL.pdf

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