Ce troisième dialogue ministériel porte sur l’alignement des politiques, la planification de l’usage des terres et le financement de la restauration des pâturages. Le PNUE rappelle que les parcours couvrent 54 % de la surface terrestre, font vivre environ deux milliards de personnes et fournissent 16 % de la production alimentaire ainsi que 70 % de l’alimentation animale, et plaide pour un pastoralisme bien gouverné reconnu comme stratégie de conservation, une gouvernance foncière inclusive et des paiements pour services écosystémiques ; il note que 13 millions d’hectares de terres pastorales sahéliennes sont désormais sous gestion durable. La FAO propose de mesurer la restauration autrement que par les hectares (qualité du fourrage, santé animale, bénéfices pour les femmes et les jeunes) et invite les Parties à répondre aux dix orientations de la Déclaration d’Oulan-Bator 2026.
Les délégations sahéliennes et d’Afrique centrale défendent la mobilité pastorale comme solution d’adaptation et facteur de paix : le Cameroun promeut la campagne « Mobility Matters » et une plateforme sous-régionale associant Tchad, RCA, Niger, Nigeria et Burkina Faso ; le Sénégal s’appuie sur son code pastoral de 2023 et annonce un mécanisme pilote d’investissement dans les pâturages ; le Mali fait état de 21 plans de gestion couvrant plus de 248 000 hectares ; le Burkina Faso vise 200 000 hectares de zones pastorales restaurées (stratégie 2026-2028) ; le Tchad et la Mauritanie insistent sur la sécurisation des couloirs et points d’eau et l’accès direct au financement climatique. Le Nigeria présente à l’inverse un plan national de transformation de l’élevage orienté vers la sédentarisation et la réhabilitation de 470 réserves de pâturage classées. Le Kenya, le Pakistan, la Namibie, le Zimbabwe et l’Inde défendent la sécurisation des droits coutumiers et la participation des communautés ; l’Union européenne, la France et l’Espagne mettent en avant la sécurité foncière, l’égalité femmes-hommes (Année internationale de l’agricultrice) et la valorisation de la transhumance. Une demande récurrente traverse les interventions : des financements prévisibles, accessibles et parvenant directement aux communautés pastorales, ainsi que la création d’une Journée internationale des pâturages et des éleveurs pour prolonger l’Année internationale 2026.
Une version française de certaines interventions est disponible ici.
Transcription de dialogue ministériel, Nations Unies, août 2026, en anglais