
La population du Sahel est victime d’une insécurité alimentaire chronique. Une série de crises
successives (en 2005, 2008, 2010 et 2012) a fragilisé les ménages et considérablement réduit leurs
capacités à affronter les crises ultérieures. Aujourd’hui, en juillet 2012, les Nations Unies estiment à 18
millions le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire et/ou nutritionnelle dans cette partie
de l’Afrique. Deux événements viennent assombrir encore les perspectives de résolution de cette crise :
les turbulences causées par le conflit malien et les tensions sur les prix mondiaux suite à plusieurs
graves épisodes de sécheresses tels que ceux connus aux Etats-Unis.
Concernant les évolutions possibles de la crise, deux perspectives semblent se dégager :
l’une, plus alarmante, qui insiste sur l’importance de mobiliser davantage de fonds pour
soutenir les actions de réponse humanitaires, de renforcement de la résilience des plus
vulnérables, et prévenir une flambée possible des prix (cf OCHA) ;
l’autre, plus encourageante, pour laquelle la situation alimentaire au Sahel devrait
s’améliorer en raison des pluies abondantes qui ont touché les pays à partir de la deuxième
décade de juin, ce qui aurait permis une installation normale de la campagne agricole, avec
notamment la récolte des cultures de contre-saison, et le rétablissement des pâturages (cf
FAO, Agrhymet, AVI).
Le système d’alerte précoce FewsNet, (USAID), semble adopter une position médiane, selon laquelle,
tout en reconnaissant des tendances positives dans le secteur agropastoral, il faudra prolonger les
actions d’aide en cours face à l’afflux massif des réfugiés provenant du Mali et à la possible
augmentation des prix vers la fin de la période de soudure. Au delà du pic de la crise en cours, le
relèvement des populations affectées semble déjà préoccuper de nombreux acteurs, qui réfléchissent
aussi aux enjeux de la résilience.
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