Alors qu’au moins 1,5 milliard de personnes souffrent aujourd’hui de la faim dans le monde, de nombreuses voix soutiennent qu’il faudra mettre plus de terres en culture pour que l’offre alimentaire puisse répondre aux besoins de l’humanité.
L’existence de vastes surfaces de terres « sous-utilisées » permettrait de répondre à ce défi, si des investissements de grande ampleur dans le secteur agricole se mettaient en place, et ce, sans présumer des structures de production les mieux à même d’y produire le plus possible. Dans de nombreux pays, de grandes entreprises ont pris le contrôle de millions d’hectares au cours des dernières années, à un rythme beaucoup plus rapide que celui de l’expansion des terres cultivées pendant les décennies antérieures. Si ces phénomènes suscitent de nombreuses résistances locales et une préoccupation croissante, ils n’ont pas pour le moment donné lieu à des conflits de grande ampleur. Cela semble venir du fait que les espaces concernés sont souvent soit couverts de forêts ou de savanes avec de très faibles densités de population, soit d’anciennes terres agricoles en friche. Leur «mise en culture» peut toutefois poser des problèmes environnementaux majeurs (accélération des changements climatiques et destruction de la biodiversité), violer les droits des populations autochtones, et/ou s’accompagner d’un accroissement des inégalités et du chômage, pouvant ainsi contribuer sur le long terme à mettre en danger la survie de l’humanité.




