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publié dans Bulletins de veille le 12 janvier 2012

Bulletin de veille n°187 – 12 janvier 2012

Veuillez trouver ci-dessous un nouveau bulletin de veille sur le développement rural.

Ce mois-ci, de nombreuses références autour des filières agricoles en Afrique de l’Ouest, des politiques agricoles et commerciales, du foncier, du G20, de l’agriculture familiale, etc.

N’hésitez pas à réagir par retour de mail à l’une ou l’autre de ces références, ce bulletin de veille est aussi l’occasion d’engager le débat au sein d’Inter-réseaux.

Vous pouvez également consulter ce bulletin sur le site web d’Inter-réseaux : www.inter-reseaux.org

Bonne lecture et meilleurs vœux pour 2012 !

L’équipe d’Inter-réseaux Développement rural

Sommaire

Filières agricoles

  • Grain de Sel n°54-56 : Les céréales au cœur de la souveraineté alimentaire en Afrique de l’Ouest (Publication)
  • Etude de marché sur le riz local au Burkina Faso (Etude)
  • Presse : Une Fédération nationale des professionnels semenciers en gestation (Article de presse)
  • Coton : l’Afrique de plus en plus dépendante de la Chine (Article de presse)
  • Publication « Quelles stratégies pour améliorer le pouvoir de marché des producteurs ? » (Publication)
  • Le CNCR signale une baisse de 60% sur la production céréalière (Article de presse)

Politique agricole et commerciale

  • La participation des organisations paysannes dans les processus d’élaboration et de négociation des politiques agricoles et commerciales en Afrique de l’Ouest (Publication)
  • Une nouvelle stratégie agricole nigériane pourrait avoir des implications commerciales importantes (Analyse)
  • Formation de journalistes sur la LOASP et les nouvelles orientations du secteur agricole
  • Résultats du colloque FARM sur le G20 (Colloque)

Foncier

 

  • Réforme foncière : Le CNCR dépoussière les propositions paysannes de 2004 (Article de presse)
  • Transactions foncières à grande échelle : la menace pèse sur les pauvres (Publication)
  • Libéralisation de l’agriculture et intégration économique en Afrique (Point de vue)

Agriculture familiale

  • L’agriculture familiale peut-elle nourrir la planète ? (Publication)
  • Pour comprendre les mutations agricoles et alimentaires, nous devons changer notre manière de regarder le monde (Point de vue)

Observation des agricultures

  • L’Observatoire des agricultures du monde sur les rails (Site web)

Alimentation

  • Quelles pistes pour une alimentation durable aujourd’hui et demain ? (Publication)
  • Comment adapter les systèmes agricoles pour répondre à une demande plus diversifiée ? (Colloque)

Environnement et changement climatique

  • 20 ans après Rio, un développement qui n’a rien de durable (Article)
  • Sécurité alimentaire : le changement climatique, les migrations et les conflits au Sahel (Publication)

Filières agricoles

Grain de Sel n°54-56  : Les céréales au cœur de la souveraineté alimentaire en Afrique de l’Ouest

Inter-réseaux, 15 décembre 2011

La crise alimentaire induite par la hausse des prix en 2007-2008 a mis en exergue les risques d’une trop grande dépendance alimentaire de l’Afrique de l’Ouest à l’égard des importations du marché mondial. Alors que l’économie productive régionale repose principalement sur l’agriculture, la région n’en importe pas moins une part importante de ses besoins alimentaires, surtout des céréales. Selon de nombreuses estimations liées notamment au boom démographique de cette région, elle va devoir au minimum doubler sa production céréalière pour répondre à la demande d’ici à 2030.
La promotion des filières céréalières locales constitue par conséquent un enjeu majeur tant en termes de sécurité alimentaire, d’amélioration de la balance commerciale agroalimentaire, de développement agricole et d’amélioration des revenus paysans, que de contribution à l’intégration régionale.
Ce dossier est consacré aux filières céréalières en Afrique de l’Ouest. Après avoir brossé à grands traits les principales évolutions en termes de production et de consommation céréalière dans la région, il analyse et décortique les enjeux spécifiques liés à la production, au marché et à la transformation des céréales en Afrique de l’Ouest. Articles de fond, expériences, initiatives d’OP et paroles d’acteurs rythment ces cinquante pages.
Tous les articles sont disponibles en ligne sur le site d’Inter-réseaux :
http://www.inter-reseaux.org/revue-grain-de-sel/54-56-les-cereales-au-coeur-de-la/article/grain-de-sel-no54-56-les-cereales

Etude de marché sur le riz local au Burkina Faso

Oxfam Intermom, UNPRB, avril 2011

 
Cette étude a été commanditée par Intermon Oxfam en partenariat avec l’Union nationale des producteurs de riz du Burkina (UNPR-B), dans le cadre du projet « Appui à la production et à la transformation du riz local » dans les plaines rizicoles de Bagré (province du Boulgou) et Niassan (province du Sourou). L’étude part du constat qu’en dépit d’une action résolue du gouvernement en faveur du développement de la filière locale, les producteurs sont confrontés à la concurrence des importations qui ont la préférence des consommateurs.
L’objectif de l’étude est de proposer un diagnostic du marché du riz local, à partir des recherches sur les opportunités, les contraintes et les débouchés du riz local et de proposer des stratégies adaptées de commercialisation du riz local. Au-delà de l’étude de marché, elle comprend un état des lieux de la production rizicole au Burkina Faso et quelques initiatives en lien avec le développement de la filière (variétés améliorées, mise en marché, étuvage, etc.). La conclusion offre une série de recommandations aux producteurs, afin d’améliorer la qualité et la quantité de la production et de faire face à la concurrence.
http://www.inter-reseaux.org/ressources-thematiques/article/riz-presentation-de-l-etude-de
L’étude (PDF, 68 p.) est disponible ici :

Une Fédération nationale des professionnels semenciers en gestation

Walfadjri (Sénégal), 19 décembre 2011

 
Une dizaine d’organisations intervenant dans la filière semencière ont mis sur pied, mi décembre à Kaolack (centre), un comité de gestion provisoire de 19 membres chargé de réfléchir sur la création de la Fédération nationale des professionnels semenciers (Fenapros). La création de cette fédération répond au manque d’organisation de la filière, qui a eu des conséquences négatives sur la qualité des semences distribuées. De plus, la filière, a indiqué le conseiller technique du gouvernement, est « infiltrée par des opérateurs attirés juste par la subvention ». En se regroupant, conformément aux recommandations de l’Afta (Fédération des associations de commerce de semence en Afrique), les producteurs seront en mesure de peser davantage et de produire des semences de qualité pour les producteurs sénégalais.
http://www.walf.sn/economique/suite.php?rub=3&id_art=77563

Coton : l’Afrique de plus en plus dépendante de la Chine

RFI, 29 décembre 2011

 
Lors de la réunion ministérielle de l’OMC, tenue la semaine du 12 décembre à Genève, un accord de coopération dans le domaine cotonnier a été signé entre la Chine et les pays regroupés au sein du C4 (Bénin, Tchad, Burkina Faso et Mali). Ce reportage de RFI, proche du billet d’humeur, déplore que la Chine, à l’image des Etats-Unis, n’ait accordé aucune garantie aux producteurs : « de Pékin qui subventionne tout autant ses producteurs [que Washington], ils auront des machines, des engrais, des formations et de bonnes paroles », estime le journaliste.
La Chine étant le premier producteur et consommateur de coton au monde, ce partenariat semble à première vue gagnant-gagnant. Cependant, conclut le journaliste, les réalités du commerce sont brutales, et des importateurs chinois ont récemment réduit une commande de 75 % : les producteurs africains ne risquent-ils pas de s’engager dans une dangereuse dépendance ?
Le reportage audio et sa retranscription sont accessibles ici :
http://www.rfi.fr/emission/20111222-coton-afrique-plus-plus-dependant-chine

Publication « Quelles stratégies pour améliorer le pouvoir de marché des producteurs ? »

CSA, 4 janvier 2012

 
Cette publication a été rédigée par le Collectif stratégies alimentaires (CSA), dans le cadre du second programme du Collectif EuropAfrique. EuropAfrique rassemble des plateformes sous-régionales d’organisations paysannes africaines et des ONG européennes. L’objet du rapport est de « fournir une base théorique et concrète aux producteurs agricoles pour la mise en place de stratégies permettant de renforcer leur pouvoir de marché », défini par la capacité à fixer les prix sur le marché agricole. Le constat de départ est que ce pouvoir est faible, notamment en raison de l’atomisation des agriculteurs face aux entreprises de l’agro-alimentaire, d’une volatilité accentuée par le contexte de libéralisation et de la pression des prix internationaux sur les marchés non régulés.
Le rapport aborde en détail cinq stratégies possibles pour accroître le pouvoir de marché des producteurs : (i) la gestion de l’offre ; (ii) la mise en marché collective ; (iii) la contractualisation ; (iv) la différenciation des produits ; (v) le rapprochement avec les consommateurs.
Le rapport conclut que ces stratégies se divisent en deux groupes. La différenciation des produits et le rapprochement avec les consommateurs modifient les rapports de concurrence entre les producteurs ; de plus, ce sont des stratégies à portée limitée car individuelles (elles n’ont pas vocation à modifier le pouvoir de marché de l’ensemble des producteurs). En revanche, la gestion de l’offre et la mise en marché collective sont à considérer plus attentivement car « d’une part, elles sont susceptibles de concerner l’ensemble des producteurs et, d’autre part, elles peuvent renforcer l’efficacité des stratégies individuelles ».
La mise en œuvre de ces stratégies, quelles qu’elles soient, passe nécessairement par une organisation des producteurs et par un soutien des pouvoirs publics.
Télécharger l’étude (PDF, 114 p.) :
http://www.csa-be.org/IMG/pdf_csa_StrategiesProdAgricoles_DEF.pdf

Le CNCR signale une baisse de 60% sur la production céréalière

APS, 8 janvier 2012

Le secrétaire national du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR), Modou Ngom, a annoncé une baisse de 60 % de la production céréalière au Sénégal. Cette annonce fait suite à une rencontre à Tambacounda avec les producteurs de la région, dans le cadre d’une tournée nationale d’échanges avec les populations rurales consacrée aux résultats de la campagne agricole 2011-2012, mais aussi à la commercialisation des productions, à la sécurité alimentaire en milieu rural et à la gestion du foncier.
Un producteur de Sinthiou-Malène, Mamadou Diang Diallo, avertit ainsi que la situation du monde rural est « critique, en ce sens que rien n’a été récolté. Pas de mil, ni de riz, de coton, encore moins d’arachide ». Le principal facteur de la mauvaise récolte est le retard pluviométrique ; quand les pluies sont arrivées, elles ont provoqué des inondations. Les conséquences se font déjà ressentir avec une hausse des prix du mil : 225 francs au kilo à Sinthiou-Malème, 250 francs dans la région de la Falémé.
Le reportage se conclut cependant sur une note positive : « l’espoir est permis avec l’horticulture » pratiquée dans la zone, a indiqué Moctar Bâ, président de l’Association pour la rénovation du Boundou (ARV) et lui-même producteur dans le département de Bakel.
http://aps.sn/spip.php?article88995

Politique agricole et commerciale

La participation des organisations paysannes dans les processus d’élaboration et de négociation des politiques agricoles et commerciales en Afrique de l’Ouest

Bureau Issala, Jade Productions, Lares, 5 janvier 2012
Ce rapport est une capitalisation d’expériences destinée à tirer les enseignements de la participation des OP à la définition des politiques agricoles et commerciales en Afrique de l’Ouest. Fédérées dans le Roppa (Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest), ces organisations « sont parvenues à définir une vision et quelques positions stratégiques, déterminantes sur le plan du modèle de développement agricole : la souveraineté alimentaire, l’exploitation familiale, la sécurisation foncière, la préférence régionale et l’intégration du marché, la protection à l’égard des incertitudes du marché mondial », note le rapport. Elles ont ainsi pu influer sur les négociations commerciales en cours, notamment l’APE.
En revanche, pour ce qui est de la mise en œuvre des politiques, les OP se sont heurtées aux décideurs, qui ont misé au cours des vingt dernières années sur l’agrobusiness plutôt que sur l’agriculture familiale, perçue comme facteur de retard économique.
Le rapport formule trois propositions :

  • les institutions politiques doivent mettre en place des processus plus prévisibles, une information plus transparente, des agendas en phase avec les capacités respectives des institutions et des OP  pour améliorer le dialogue et la participation des OP ;
  • les OP elles-mêmes doivent valoriser leurs ressources et leur expertise, et surtout tisser des alliances avec divers partenaires au niveau régional et international pour mieux peser sur les négociations ; elles doivent également hiérarchiser leurs priorités de plaidoyer pour renforcer leur crédibilité et améliorer la circulation interne et externe de l’information ;
  • les partenaires des OP, à la fois financeurs et acteurs du dialogue, doivent être vigilants face à la tentation de l’instrumentalisation de celles-ci.
    Lire le résumé synthétique :
    http://www.inter-reseaux.org/groupes-de-travail/dernieres-capitalisations-menees/article/la-participation-des-organisations
    Télécharger le rapport (PDF, 71 pages) :
  • http://www.inter-reseaux.org/IMG/pdf/Capi_OP_et_politiques_Issala_Lares_Jade_Final.pdf

Une nouvelle stratégie agricole nigériane pourrait avoir des implications commerciales importantes

Agritrade, 4 janvier 2012

 
Dans cet article assorti d’un commentaire éditorial, Agritrade présente un rapport publié par le département américain de l’agriculture (USDA) relatif à la stratégie agricole du gouvernement nigérian. Dévoilée en août 2011, cette nouvelle politique a pour objet de « diversifier l’économie en dehors du secteur dominant des oléagineux et de garantir la sécurité alimentaire ». Elle comporte plusieurs dimensions :

  • promouvoir l’autosuffisance en riz, ce qui pourrait se traduire, selon l’USDA, par une interdiction des importations ;
  • remplacer 10 % de la farine de blé produite dans le pays par de la farine de manioc, grâce à un effort de développement des capacités de production ;
  • multiplier la production de cacao par 2 et la production de coton par 5 d’ici à 2015 ;
  • supprimer le subventionnement des engrais à hauteur de 25 %, qui a engendré des distorsions dans les chaînes de distribution.
    Cette politique s’appuierait notamment sur un développement des partenariats public-privé et une approche holistique de la chaîne de distribution.
    Agritrade, dans son commentaire, note que la protection des productions nationales par des mesures tarifaires et non tarifaires pourrait « compliquer les efforts visant à obtenir un consensus régional dans la CEDEAO concernant l’approche à adopter dans les négociations d’APE », et compromettre l’intégration commerciale de ces pays en entraînant un développement de la contrebande. Au plan interne, Agritrade s’interroge sur la place dans cette politique des 80 % de petits exploitants, dont une grande partie ne produisent pas pour le marché. Agritrade doute également des capacités de l’appareil gouvernemental et administratif à réguler la chaîne de distribution.
    L’article comporte des liens vers trois rapports de l’USDA sur la politique agricole nigériane (en anglais) :
    http://agritrade.cta.int/fr/Agriculture/Sujets/Commerce-regional-ACP/Une-nouvelle-strategie-agricole-nigeriane-pourrait-avoir-des-implications-commerciales-importantes

Formation de journalistes sur la LOASP et les nouvelles orientations du secteur agricole

Ipar, 9 janvier 2012

Du 20 au 22 décembre à Mbour (Sénégal), s’est tenu un séminaire de formation des journalistes sur les enjeux et défis de l’agriculture organisé par l’Ipar, dans la perspective des prochaines élections présidentielles. Les présentations étaient destinées à informer et sensibiliser les journalistes sur les évolutions du monde agricole. Elhadj Abdou Gueye, ingénieur agronome au PCE, a ainsi axé son exposé sur les missions de l’agriculture, ses besoins, les principaux acteurs institutionnels. Ibrahima Hathie, directeur de recherches à l’Ipar, a traité des défis démographiques, de l’emploi et de la pauvreté dans le monde rural. Cheikh Oumar Ba est revenu sur l’historique des politiques agricoles au Sénégal de 1950 à 2010, déplorant une préférence pour la facilité et le court terme.
La plupart des questions qui traversent un monde agricole en pleine mutation ont été abordées, qu’il s’agisse de la mise en œuvre de la loi d’orientation agro-sylvo-pastorale, du rôle des bailleurs de fonds et des OP, de la modernisation de la société paysanne.
« Les principales problématiques retenues, conclut le résumé, s’articulent autour de la nécessité :

  • de revoir les missions de l’agriculture
  • de revoir les priorités de financement de l’agriculture,
  • de se pencher sur l’emploi et sous emploi en milieu rural et urbain
  • de poser les bonnes questions pour un traitement de fonds
  • de lutter efficacement contre la pauvreté en mettant l’accent sur le processus de création de richesse
  • de réfléchir sur les sources et rôle de la presse spécialisée. »
    Lire le compte-rendu de la séance, voir les vidéos des interventions (YouTube) et télécharger le texte des interventions (Zip) :
    http://www.ipar.sn/spip.php?article377

Résultats du colloque FARM sur le G20

FARM, 5 janvier 2012

 
La Fondation pour l’agriculture et la ruralité dans le monde (FARM) met en ligne la vidéo et la transcription de son colloque du 20 décembre, consacré aux suites du G20 agricole et au bilan des avancées en matière agricole en 2011. Après une introduction reprenant les conclusions du G20, deux séances ont été consacrées respectivement aux politiques de stockage et à la gestion des risques au sein des filières.
Signalons, dans chacune de ces parties, une intervention portant spécifiquement sur l’Afrique. La première est une présentation du projet pilote du Programme alimentaire mondial (PAM) sur les réserves alimentaires humanitaires d’urgence en Afrique de l’Ouest ; la seconde un exposé sur le fonds de lissage du coton au Burkina Faso comme exemple d’un dispositif interprofessionnel, par Jonas Bayoulou, directeur des études économiques et de la prospective à la Sofitex (Société burkinabè de fibres textiles).
Ces séances ont été suivies par une table ronde où des représentants d’organisations professionnelles agricoles ont exprimé leur point de vue sur le G20 agricole et leurs attentes pour l’avenir. L’un des intervenants était Ibrahima Coulibaly, président de la CNOP (Coordination nationale des organisations paysannes) du Mali.
Télécharger le texte des interventions ou regarder la vidéo du colloque :
http://www.fondation-farm.org/spip.php?article779

Foncier

Réforme foncière : Le CNCR dépoussière les propositions paysannes de 2004

Walfadjri (Sénégal), 3 janvier 2012

 
En vue des prochaines élections présidentielles, le CNCR (Cadre national de concertation des ruraux) a entrepris de réactualiser le programme de réforme foncière présenté en 2004 à la suite d’une longue concertation. Les candidats seront ainsi sondés quant à leurs intentions à cet égard.
Le principal problème auquel sont confrontés les paysans, note Walfadjri, est le fait que « le régime de la domanialité nationale prohibe le prêt, la location et la vente des terres. Elle ne favorise ainsi pas la mobilité foncière ». Les occupants du domaine national sont ainsi dans une extrême précarité, car l’Etat peut mettre fin à tout moment à leur « droit d’affectation » – en réalité une obligation de mise en valeur. Les paysans demandent donc la reconnaissance d’un droit d’usage aux titulaires actuels de ce droit d’affectation.
Une note de synthèse du CNCR sur la réforme foncière formule plusieurs propositions connexes, parmi lesquelles :

  • la création de marchés locaux de droits d’usage, qui seraient réservés aux résidents de la communauté rurale, pour éviter l’intrusion de détenteurs de capitaux ;
  • la possibilité, à tout moment, de transformer ces droits d’usage en bail ou en titres fonciers ;
  • la création de comités villageois de gestion de terroirs ;
  • la mise en place d’une taxe d’aménagement sur les terres ayant été aménagées sur fonds publics ;
  • le renforcement du pouvoir des conseils ruraux ;
  • la mise en place d’un cadastre de communauté rurale.
    http://www.walf.sn/economique/suite.php?rub=3&id_art=77868

Transactions foncières à grande échelle : la menace pèse sur les pauvres

Cirad, ILC, 15 décembre 2011

L’ILC (Coalition internationale pour l’accès à la terre) a publié le 14 décembre un rapport de grande ampleur sur les transactions frontières à grande échelle, dont les conclusions sont alarmantes. Entre 2000 et 2010, ces transactions ont porté sur plus de 200 millions d’hectares de terres, soit 8 fois la taille du Royaume-Uni.
Le rapport présente plusieurs conclusions inquiétantes :

  • les élites nationales ont joué un rôle très important dans ces acquisitions foncières ;
  • la production alimentaire n’est pas le principal objectif des transactions, où les agrocarburants se taillent la part du lion ;
  • les emplois promis ne se sont toujours pas matérialisés, or ces transactions représentent un coût d’opportunité important pour les gouvernements, qui se privent des revenus fiscaux liés à la location, et un coût net pour les occupants de ces terres qui se trouvent précarisés ;
  • la gouvernance économique manque à ses obligations envers les pauvres des zones rurales, les gouvernements accordant en priorité une protection juridique aux investisseurs internationaux.
    Par conséquent, les populations les plus vulnérables sont plus que jamais menacées par ces transactions pour lesquelles, souligne le rapport, « le terme d’accaparement des terres est largement justifié ». Cet état des lieux désolant s’explique en partie par le fait que les gouvernants ne voient pas d’avenir dans la petite exploitation agricole.
    En conclusion, le rapport demande que les gouvernements et investisseurs :
  • reconnaissent et respectent les droits coutumiers des populations rurales à la terre et aux ressources,
  • placent la production des petites exploitations au cœur des stratégies de développement agricole,
  • fassent en sorte que les droits humains internationaux s’appliquent aux pauvres,
  • fassent en sorte que le processus décisionnel sur les questions foncières soit transparent, inclusif et responsable,
  • assurent la viabilité environnementale dans les décisions sur les acquisitions et les investissements affectant les terres et les réserves en eau.
    http://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/communiques-de-presse/2011/transactions-foncieres-a-grande-echelle-etude-ilc-cirad-iied
    Rapport complet (PDF, 84 pages) :
  • http://www.cirad.fr/media/documents/actualites-doc/les-droits-fonciers-et-la-ruee-sur-les-terres-rapport-english
    Résumé de 12 pages :
  • http://www.landcoalition.org/sites/default/files/publication/1205/GSR%20summary_FR.pdf

Libéralisation de l’agriculture et intégration économique en Afrique

ICSTD, décembre 2011

Cet article publié par l’ICTSD (International Center for Trade and Sustainable Development) plaide pour une accélération de l’intégration régionale de l’Afrique, dans la perspective plus large des accords de libre-échange internationaux. En effet, ces accords ne peuvent avoir un effet bénéfique que s’ils s’accompagnent d’une libéralisation correspondante des échanges régionaux. Si les barrières régionales persistent, les producteurs se trouvent affaiblis par la concurrence des produits extérieurs à la région.
Pourquoi les diverses initiatives destinées à améliorer cette intégration régionale n’ont-elles pas été suivies d’effet ? L’auteur, Manitra A. Rakotoarisoa, explique que « la principale pierre d’achoppement de la libéralisation de l’agriculture et de l’intégration économique est la crainte de perdre à la fois les recettes douanières et la possibilité d’utiliser les politiques commerciales comme moyen de réponse aux difficultés socio-économiques ou politiques ». Les produits dits « sensibles » se trouvent ainsi soumis à des barrières tarifaires et non tarifaires (notamment les diverses lourdeurs frontalières) importantes qui frappent en premier les produits issus des pays de la région. Ces barrières sont, de plus, fréquemment contournées, comme le montre l’augmentation du commerce transfrontalier clandestin.
Or l’intégration économique régionale a des effets bénéfiques évidents, souligne l’auteur : « un secteur agricole dynamique au niveau régional permet de créer et de conserver des emplois et de la valeur ajoutée au sein de la région et d’améliorer l’accès aux produits alimentaires. L’épargne régionale issue de l’augmentation des revenus et d’une meilleure allocation des ressources se traduit par des investissements au niveau régional permettant d’accroître la compétitivité. »
http://ictsd.org/i/news/eclairage/121692/

Agriculture familiale

L’agriculture familiale peut-elle nourrir la planète ?

Revue Politique, décembre 2012

Dans son hors série n°18 intitulé « L’Agriculture familiale peut-elle nourrir la planète ? », la revue Politique s’attaque à ce terrible paradoxe : la majeure partie du milliard d’êtres humains sous-alimentés vivant dans les zones rurales sont eux-mêmes des producteurs de nourriture. Le sommaire est riche, avec 29 articles dont 6 sont accessibles en ligne :

  • « Souveraineté alimentaire et luttes paysannes », par Pascale Bodinaux, de Solidarité socialiste ;
  • « La sécurité alimentaire, un devoir d’Etat », par Lucien Bourgeois, économiste et membre de l’Académie d’agriculture de France ;
  • une interview de Mamadou Cissoko, leader paysan et membre du Comité pour la sécurité alimentaire mondiale de l’ONU ;
  • « Fairebel, du lait belge au goût d’ailleurs », par Benoît Frances, journaliste ;
  • « La répression des Guaranis », par FIAN Belgique ;
  • « Manifester nus pour obtenir des terres », par Vinciane Malcotte, sur une initiative originale de paysans expropriés dans la région de Veracruz.
    Dans son interview, Mamadou Cissoko revient sur les conséquences désastreuses des politiques d’ajustement structurel imposées par les Etats occidentaux, qui ont notamment entraîné un changement des habitudes alimentaires au profit des produits de ces derniers et au détriment des producteurs locaux. Mais il regrette également que les gouvernements africains n’aient pas suffisamment prêté attention au monde rural : « dans la plupart des négociations commerciales, nos chefs d’État donnent la priorité au développement urbain, au détriment du monde rural », souligne-t-il.
    http://politique.eu.org/spip.php?rubrique134
    Lire ici l’interview de Mamadou Cissoko :
  • http://politique.eu.org/spip.php?article2152

Sur ce thème, signalons également que 2014 a été déclarée « Année internationale de l’agriculture familiale (AIAF) » par l’Assemblée générale de l’ONU. Pour la première fois, cette décision fait suite à une campagne mondiale de la société civile. Le programme sera préparé par la FAO.
http://www.familyfarmingcampaign.net/

Pour comprendre les mutations agricoles et alimentaires, nous devons changer notre manière de regarder le monde

Agrobiosciences, 1er décembre 2011  

Dans cet entretien réalisé par la Mission Agrobiosciences, Patrick Caron, directeur du Cirad, revient sur le colloque « Agricultures et alimentations dans un monde globalisé », tenu à Cerisy fin septembre 2011 et consacré aux mutations du monde agricole. Patrick Caron souligne que, dans trois domaines, la recherche se trouve en retard sur les évolutions qui se déroulent actuellement dans le monde agricole.
En premier lieu, la traditionnelle division entre pays développés, pays en voie de développement et pays sous-développés apparaît obsolète, tout comme la division Nord-Sud : « on trouve des caractéristiques du Nord au Sud, et du Sud au Nord ».
En deuxième lieu, il existe des processus émergents dont la caractérisation est pour le moment difficile : ainsi de la financiarisation de l’agriculture, qui se traduit par des phénomènes désignés sous le nom d’accaparement ou d’appropriation des terres.
Enfin, Patrick Caron conteste la validité de la notion d’agriculture familiale, qui « ne rend plus compte des fortes recompositions de l’organisation du travail dans le monde professionnel agricole. Et persister à la mobiliser, c’est enfermer cette profession dans une image ancestrale et figée ».
Le colloque a donc conclu que les vieux modèles d’analyse n’étaient plus aptes à rendre compte du monde agricole d’aujourd’hui, ce qui a des conséquences qui dépassent le monde de la recherche : « face à cette complexité du réel, l’enjeu qui se pose désormais est d’apprendre à reconnaître et à gérer cette diversité, en termes politiques notamment ». La promotion d’un modèle agricole unique par les gouvernements n’est donc plus d’actualité.
Le colloque, rappelle Patrick Caron, a également travaillé sur la notion de terroir et de territoire, envisageant ce dernier comme « une institution à part entière capable de participer à la refondation de l’action publique », en prenant en compte la part non-marchande des échanges agricoles. D’autres pistes de réflexion ont été suggérées, notamment un retour sur le lien entre agriculture et alimentation, qui a tendance à s’estomper.
Lire ici l’entretien, assorti de liens vers des publications d’Agrobiosciences consacrées à la question :
http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=3255

Observatoire des agricultures

L’Observatoire des agricultures du monde sur les rails

Cirad, 15 décembre 2011

Le 20 octobre 2011 a été présenté, au siège de la FAO, l’Observatoire des agricultures du monde (OAM, WAW en anglais). L’objectif de cette initiative, issue d’une réflexion commune du Cirad et des ministères de l’Agriculture et des Affaires étrangères français, consiste à comprendre « les changements majeurs concernant les régimes fonciers, le développement de l’utilisation de la main d’œuvre salariée, le recours aux activités non agricoles, les modes d’intégration aux marchés, les nouvelles formes d’entreprises, etc. »
L’activité de l’observatoire consistera à « fournir des analyses comparatives à différentes échelles, en organisant un réseau d’observatoires nationaux prenant en compte les différents types d’agriculture, leurs dynamiques et leurs impacts en termes de développement durable ».
L’OAM a d’ores et déjà mis en place son propre site, qui présente les activités de l’Observatoire et ses production, ainsi que ses terrains de recherche (pour le moment, le Costa Rica, Madagascar, le Mali, le Niger et la Thaïlande).
Lire l’article de présentation sur le site du Cirad :
http://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/articles/2011/science/waw-oam-sur-les-rails
Le site de l’OAM :

Alimentation

Quelles pistes pour une alimentation durable aujourd’hui et demain ?

Cirad, 9 décembre 2011

Cet ouvrage publié le 15 décembre 2011 est le fruit des travaux de l’atelier de réflexion duALIne, lancé en 2009 par l’Inra et le Cirad, dont l’objectif était de « dresser un état des lieux des déterminants majeurs qui ont présidé aux évolutions passées des systèmes alimentaires, d’identifier les points critiques de ces systèmes, et enfin, de dégager des questions à la recherche pour de futurs programmes ».
Cette étude s’est en particulier intéressée à l’aval des systèmes alimentaires, jusqu’à la consommation et à l’élimination des déchets : les conséquences de l’augmentation des calories animales dans la consommation, l’impact des marchés internationaux sur la consommation, les insuffisances des méthodes d’évaluation font partie des sujets traités.
L’étude apporte un éclairage sur trois sujets :

  • l’évaluation de l’impact carbone des consommations alimentaires des Français fait apparaître que l’impact carbone est lié aux quantités consommées, mais pas à la qualité de l’alimentation, ce qui remet en cause une idée reçue ;
  • une remise à plat de l’organisation des filières alimentaires est nécessaire, pour intégrer les exigences environnementales et faire face à la variabilité accrue des prix ;
  • enfin, l’étude remet en question les avantages des circuits courts de distribution, car l’impact environnemental est le plus fort dans les cinq derniers kilomètres.
    http://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/communiques-de-presse/2011/alimentation-durable

Comment adapter les systèmes agricoles pour répondre à une demande plus diversifiée ?

Académie d’Agriculture de France, 14 décembre 2011

Le 7 décembre, l’Académie d’Agriculture de France a consacré l’une de ses séances à la question de l’adaptation des systèmes agricoles à la diversification de la demande. Ce thème a été motivé par la constatation suivante : « la banalisation du système alimentaire mondial est un processus contradictoire qu’alimente l’internationalisation des échanges et des firmes agroalimentaires, mais qui connaît de nombreuses résistances et contre tendances économiques et sociologiques ».
La séance s’est divisée en trois interventions. Jean-Louis Rastoin, auteur d’un ouvrage sur le système alimentaire mondial, s’est d’abord interrogé sur l’opposition entre une tendance à l’uniformisation et, symétriquement, une diversification des habitudes alimentaires. Bernard Roux, membre de l’Académie, a ensuite apporté un éclairage sur la capacité des exploitations agricoles à répondre à cette diversification. Enfin, Mathieur Pecqueur, membre de la Fédération internationale des entreprises du commerce et de la distribution, a abordé la position de la grande distribution face à ces évolutions.
http://academie-agriculture.fr/detail-seance_279.html

Environnement et changement climatique

20 ans après Rio, un développement qui n’a rien de durable

Mediaterre, 21 novembre 2011

Dans cet article issu de la Revue Liaison Energie-Francophonie, Lucien Chabason, expert sur les politiques de développement durable, dresse le bilan, vingt ans après, du sommet de Rio. Il revient en détail sur les principes affirmés à Rio et leur application dans les domaines politique, social et environnemental. Ses conclusions sont sévères : « les évolutions sont plus que préoccupantes en matière de climat, de biodiversité, d’environnement marin, d’utilisations des sols, de forêts et d’eau douce ». Paradoxalement, comme l’a reconnu le Secrétaire général de l’ONU dans son premier rapport pour Rio + 20, « le pilier environnemental est peut-être celui qui a connu les progrès les plus lents ».
Lucien Chabason souligne que « les pays émergents reproduisent les modèles de développement économique et territorial qu’on connus les pays riches, modèle que ceux-ci s’emploient à défendre avec acharnement », ce qui n’incite pas à l’optimisme.
Lire un extrait de l’article sur le site Mediaterre.org :
http://www.mediaterre.org/international/actu,20111121094956.html
Lire l’intégralité de l’article (PDF, 9 pages) :
http://www.mediaterre.org/docactu,ZmJyZXVpbC9kb2NzL2x1Y2llbi1jaGFiYXNvbg==,1.pdf

Sécurité alimentaire : le changement climatique, les migrations et les conflits au Sahel

PNUE, 8 décembre 2011

Ce rapport du PNUE présente les résultats d’une analyse de l’évolution du climat sur une période comprise entre 24 et 36 ans dans 17 pays, de la côte Atlantique au Tchad : les 9 pays du Cilss et 8 pays de la Cedeao. L’objectif est notamment d’examiner la relation entre les changements climatiques, les migrations et les conflits.
Cinq conclusions ont été déduites de l’étude :

  • une hausse globale de la température, des sécheresses fréquentes et graves, des inondations plus fréquentes et plus intenses et des précipitations en augmentation au cours des 40 dernières années ;
  • un impact de ces changements sur la disponibilité de certaines ressources naturelles indispensables et sur l’insécurité alimentaire, conduisant à des migrations et/ou à des conflits ;
  • des déplacements de population et de bétail qui, s’ils revêtent une dimension traditionnelle, sont aussi liés aux modifications de l’environnement ;
  • une compétition croissante autour des ressources naturelles rares (terres fertiles et eau), entraînant des tensions et des conflits entre communautés et catégories socioprofessionnelles ;
  • une faible prise en compte, dans les politiques menées, des liens entre conditions environnementales, migrations et conflits.
    Sur la base de ces conclusions, le rapport formule 7 recommandations :
  • réaliser des évaluations complémentaires grâce à une approche fondée sur les moyens d’existence ;
  • adapter des politiques d’adaptation au changement climatique tenant compte des migrations et des conflits ;
  • enraciner les stratégies d’adaptation dans « l’économie verte » ;
  • promouvoir la coopération environnementale régionale ;
  • renforcer l’action préventive, les droits d’accès et d’utilisation des ressources et la résolution des conflits ;
  • donner la priorité au recueil systématique de données et aux systèmes d’alerte précoce ;
  • utiliser les risques de conflit et/ou de migration pour susciter un engagement à long terme de bailleurs de fonds au Sahel.
    Lire la présentation du rapport (6 cartes) :
    http://www.unep.org/disastersandconflicts/Introduction/EnvironmentalCooperationforPeacebuilding/EnvironmentalDiplomacy/rapportsahel/tabid/55815/Default.aspx
    Télécharger le résumé (PDF, 9 pages) :
  • http://www.unep.org/disastersandconflicts/Portals/155/dnc/docs/sahel_maps/Executive_summary_Sahel_FR.pdf
    Télécharger le rapport complet (PDF, 122 pages) :
  • http://postconflict.unep.ch/publications/UNEP_Sahel_FR.pdf
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