Dans la Basse Vallée de l’Ouémé, plus de 8 pesticides sur 10 utilisés par les producteurs et productrices proviennent de circuits informels, largement alimentés par des importations en provenance du Nigeria et ne sont pas homologués au Bénin. Plusieurs matières actives interdites ailleurs sont largement présentes dans ces produits pesticides. Le paraquat, interdit en Europe depuis 2007 et classé parmi les herbicides les plus toxiques au monde, reste largement employé. Menée auprès de 809 producteurs et productrices entre 2021 et 2022, cette étude montre que 92 % des personnes interrogées associent leur usage de pesticides à des problèmes de santé, dans un contexte où formation et équipements de protection font largement défaut. Face à ces constats, ce travail plaide pour un renforcement des contrôles réglementaires, mais surtout un renforcement des acteurs à améliorer leurs connaissances des dangers liés aux pesticides de synthèse et à prendre des dispositions adéquates pour se protéger en cas d’utilisation. Des alternatives agroécologiques à l’emploi de ces pesticides dangereux, interdits ou sévèrement réglementés ailleurs sont également à mobiliser afin de favoriser une transition vers des pratiques plus sécurisées pour le bien de l’environnement et la santé des producteurs et consommateurs.
Un travail soutenu par SOS Faim Luxembourg.
Ouvrage, Pascal Gbneou, Association Agroécologique d’Action Communautaire (AAGAC), 2024