Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on whatsapp
Share on email

publié dans Revue Grain de sel le 18 janvier 2019

Évolutions du suivi de la sécurité alimentaire depuis 2008 : le cadre harmonisé

Sébastien Subsol

Accès aux donnéesCrise alimentaireRésilienceSécurité alimentaire et nutritionnelleAnalyse, synthèse

Depuis le début des années 2010, le cadre harmonisé est l’outil de référence pour mesurer le niveau d’insécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest. Il permet d’évaluer les besoins d’assistance alimentaire, de concevoir des plans nationaux de réponse aux crises et de déclencher les interventions de la Réserve régionale de sécurité alimentaire.

Le cadre harmonisé a permis de moderniser le suivi de la sécurité alimentaire, basé depuis la fin des années 80 sur le suivi de la campagne agricole et les bilans céréaliers. Il a évolué vers une méthode plus holistique, incluant des données sur la nutrition, les marchés, et l’économie des ménages.

Vers une méthode plus holistique de suivi. Jusqu’à la fin des années 2000, le suivi de la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest était basé sur une série de paramètres clé (production agricole et pastorale en lien avec les chocs climatiques), avec une prise en compte progressive de la situation nutritionnelle, suite à la crise alimentaire et nutritionnelle du Niger en 2005.

Le cadre harmonisé est une adaptation de la méthode internationale IPC (integrated food security phase classification), qui combine des informations sur la sécurité alimentaire, la nutrition et les moyens de subsistance pour l’Afrique de l’Ouest. Cette méthode enrichit les analyses notamment grâce à la prise en compte de données sur les ménages. Le développement du cadre harmonisé a été porté par un partenariat multi-acteurs associant le Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (Cilss), le Programme alimentaire mondial (Pam), la FAO, et des ONG régionales comme Save the Children, Action contre la faim et Oxfam. La recherche était aussi présente, avec le Joint Research Centre (JRC) de l’Union européenne, et le processus a été soutenu politiquement par la Cédéao, l’Uemoa et le Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.

Le cadre harmonisé, désormais employé dans l’ensemble des pays de la Cédéao et du Cilss, se base sur le croisement systématique de données socio-économiques et bio-physiques, comme les scores de consommation alimentaire, le niveau de malnutrition aiguë des enfants, ou encore les différentiels de prix des aliments, l’évolution de la biomasse pastorale dans le temps, etc. Il permet aussi de projeter la situation à six mois, en proposant des scénarios. Cela rend possible une classification des zones administratives en cinq classes d’insécurité alimentaire, cartographiées selon une charte de couleur allant du vert au rouge foncé (voir encadré).

Proposition d’une méthode pour quantifier les contingents. Le cadre harmonisé exploite également les analyses sur l’économie des ménages, méthode dite household economy analysis (HEA). Ceci a permis de quantifier les contingents par zone considérée comme relativement homogène, en tenant compte des caractéristiques des ménages allant de « très pauvre » à « aisé ». Ces catégories se distinguent par la taille du ménage, les capitaux de production (terres, bétail), les équipements, les sources de revenus, et la structure des dépenses.

La prise en compte des prix des denrées (différence à la moyenne sur 5 ans) et les cartes de biomasse pastorale (qui donnent également la différence à la moyenne), sont des paramètres fondamentaux pour faire des projections. Ces indicateurs donnent les signaux précoces sur les conditions de la soudure agricole et pastorale.

Au niveau des pays, les analyses sont faites en octobre et en mars, en associant autour de la table tous les services et acteurs pourvoyeurs de données, sous l’égide de l’entité en charge du suivi de la sécurité alimentaire. Des équipes mixtes Cilss-Pam-FAO-ONGJRC sont présentes pour animer le processus d’analyse et appuyer les participants sur la méthodologie.

La mobilisation constante de nouveaux outils. Une des caractéristiques du cadre harmonisé est la possibilité d’intégrer de nouvelles données, comme les cartes de biomasse ou encore les projections de précipitations pour l’année en cours, qui peuvent être déterminantes pour la fin de la soudure pastorale. Ces outils servent à établir des scenarios sur le niveau d’insécurité alimentaire à venir, suivant les cinq phases décrites plus haut. Le principal défi est alors de trouver le bon équilibre entre les informations quantitatives, issues de dispositifs d’information et d’enquêtes éprouvées, et les informations qualitatives ou « à dire d’experts ». En effet, certaines informations qualitatives, comme l’accès à des revenus complémentaires (exode, orpaillage), ne doivent pas être sur-interprétées. Au fil des semaines, le suivi rapproché de la situation permet d’affiner le scénario et de confirmer ou non la situation, notamment pour la période cruciale de soudure (juillet-septembre).

Après une première phase de formation et de déploiement dans les pays du Sahel, le cadre harmonisé a été vulgarisé dans les pays côtiers du Golfe de Guinée, dans un contexte où les données de production sont moins robustes et systématiques. Pour compenser, des données basées sur la télédétection se sont révélées très utiles, notamment pour la partie Nord de ces pays, la zone de savane. Les prix des produits de rente (cacao, huile de palme) et de produits importés comme le riz, y constituent également des indicateurs clef.

La qualité des analyses du cadre harmonisé réside donc dans la capacité des systèmes d’information nationaux et régionaux à fournir des données fiables et régulières sur de multiples paramètres (production, revenus, marchés, etc.). Leur soutien et leur renforcement sont ainsi des points primordiaux.

Le rôle du RPCA pour prévenir les crises. Le cadre harmonisé est désormais utilisé comme référence par les agences des Nations unies (Pam, FAO et Unicef principalement) et sert au montage des plans de réponse. Le lien avec la Réserve régionale de sécurité alimentaire de la Cédéao (voir pages 30-32) est également fait, celle-ci pouvant être mobilisée sur requête des pays, à partir de la phase 3 dite « de crise ».

Au niveau international, il faut également souligner le rôle du Réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA), présidé par la Cédéao et l’Uemoa et co-animé par le Secrétariat du Club du Sahel (logé au sein de l’OCDE) et le Cilss. Les concertations biannuelles permettent en décembre et avril d’établir un diagnostic régional partagé sur la base du cadre harmonisé et de mobiliser les donateurs. Ainsi, lors des dernières années, le RPCA a contribué à un meilleur ciblage des aides et des actions, en ne se focalisant pas seulement sur les zones sahéliennes soumises à de multiples stress (dont l’insécurité), mais aussi sur les zones d’insécurité nutritionnelle et de tensions sur les marchés. Une nouvelle interface web accessible sur le site du Club du Sahel donne facilement accès à toutes les cartes et bulletins d’analyse, avec les tableaux des populations dans chacune des 5 phases d’insécurité alimentaire. Au cours des dernières années, le RPCA s’est considérablement élargi et constitue désormais un forum inclusif de l’ensemble des parties prenantes de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Le RPCA réunit des décideurs ouest-africains et des responsables de la communauté humanitaire internationale. Il a consolidé une fonction d’alerte qui permet notamment aux instances idoines de la Cédéao et de l’Uemoa de décider des mesures à prendre.

Vers une meilleure utilisation du cadre harmonisé. Le cadre harmonisé a permis deux avancées majeures : l’une concerne le cadre d’analyse des crises alimentaires, et l’autre le consensus qu’il permet de construire sur le diagnostic. Il faut toutefois remarquer le lien inachevé avec les catégories de réponse face au risque de crise alimentaire. En effet, les plans de réponse à l’insécurité alimentaire au Sahel pourraient être affinés s’ils tenaient plus compte des différents indicateurs collectés et croisés pour chaque zone administrative. Une prise en compte croissante de la richesse des résultats pour calibrer la réponse pourrait donc être recherchée.

Par ailleurs, certains pays disposent maintenant de presque 10 ans de cartes et d’analyses basées sur le cadre harmonisé. Aussi, des analyses pluriannuelles en lien avec l’insécurité alimentaire chronique et la résilience pourraient être menées pour nourrir davantage encore les politiques structurelles de lutte contre l’insécurité alimentaire. Ce travail est amorcé avec la collaboration de la communauté de travail sur l’IPC.

Sébastien Subsol (sebsubsol@yahoo.fr) était chef de pôle « Sécurité alimentaire, nutrition et agriculture durable » au MEAE, il est désormais expert en changement climatique au Fonds international de développement agricole (Fida). Auparavant, il a travaillé plusieurs années auprès du Comité interÉtats de lutte contre la sécheresse au Sahel (Cilss) et a fait partie de l’équipe en charge du développement du cadre harmonisé.

Restez informé⸱e !

Abonnez-vous à nos publications et bulletins pour les recevoir directement dans votre boîte mail.

Autres articles qui pourraient vous intéresser

Vous lisez un article de la publication "N°76 – Dix ans après 2008, l’Afrique de l’Ouest est-elle mieux préparée face aux crises alimentaires ?".

Edito : On a faim ! Dix ans après 2008, l’Afrique de l’Ouest est-elle mieux préparée face aux crises alimentaires ?
François Doligez, Ninon Avezou

L’ampleur des mobilisations partout dans le monde et les émeutes dites « de la faim » qui se sont multipliées au printemps 2008, touchant notamment l’Afrique subsaharienne (Sénégal, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Cameroun) ont surpris les observateurs. Selon la FAO, la hausse des prix en 2007 et 2008 a accru de façon considérable la facture alimentaire des importations céréalières des pays les plus pauvres et aggravé l’insécurité alimentaire des populations. Elle aura eu, toujours selon l’agence onusienne, «…

Lire PDF
Repères : Sécurité alimentaire et nutritionnelle 2008-2018 : permanences et mutations
Inter-réseaux

Sécurité alimentaire et nutritionnelle 2008-2018 : permanences et mutations La sécurité alimentaire et nutritionnelle existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique, social et économique à une nourriture saine dont la quantité consommée et la qualité sont suffisantes pour satisfaire les besoins énergétiques et les préférences alimentaires des personnes, et dont les bienfaits sont renforcés par un environnement dans lequel l’assainissement, les services de santé et les pratiques de soins sont adéquats, le…

Lire PDF
La crise alimentaire 10 ans après, qu’est-ce qui a changé ?
Mamadou Goïta, Nicolas Bricas

Crise de production, signe d’une pénurie alimentaire mondiale, crise spéculative… Différentes analyses (parfois contradictoires) ont été faites de la crise alimentaire de 2008 en Afrique de l’Ouest. Cet article revient sur les facteurs de hausse des prix et plaide en faveur de systèmes alimentaires durables pour que la région ne soit pas confrontée à une nouvelle crise. Une évolution des fondamentaux du marché. Les crises des prix de 2007-08 puis de 2010-11 n’ont pas une cause unique comme…

Lire PDF
Zoom sur l’instabilité des marchés agricoles depuis 2008
Philippe Chalmin (Université Paris Dauphine)

La crise alimentaire de 2008 serait liée, pour certains, à un mouvement spéculatif ayant entrainé la hausse du cours des matières premières agricoles. Pour d’autres, dont l’auteur de cet article, le mouvement de flambée des prix était avant tout imputable à de mauvaises récoltes. Retour sur l’instabilité des marchés agricoles depuis 2008. Il y a dix ans, en juin 2008, se tint à Rome une conférence alimentaire mondiale organisée par la FAO dans le contexte de marchés mondiaux…

Lire PDF
Émergence de mouvements sociaux urbains face à la crise : le cas du Niger
Mohamadou Magha

En 2005, puis en 2008, la hausse des prix des produits alimentaires a entrainé une série de manifestations dans les centres urbains ouest-africains. La structuration de ces mouvements dépend en fait du contexte et de la convergence des intérêts des organisations de la société civile et des politiques. Qu’en retenir au Niger ? Depuis la grande sécheresse de 1969-73, le Sahel est reconnu comme une zone extrêmement vulnérable à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition. Périodiquement, la situation…

Lire PDF
Les politiques agricoles depuis 2008 : entre vulnérabilités et retour à l’agenda
Dr. Ibrahima Hathié

En 2008, face à la hausse des prix des biens alimentaires, les gouvernements ouest-africains ont d’abord pris des mesures immédiates dans le but d’en juguler les effets. Progressivement, des politiques plus élaborées ont été proposées pour prendre en charge les questions structurelles révélées par la crise. Cet article propose une analyse de ces mesures. La crise alimentaire de 2007-2008 a été à la fois un révélateur de la vulnérabilité des pays d’Afrique de l’Ouest et un déclencheur du…

Lire PDF
De nouveaux opérateurs de l’économie rizicole ouest-africaine depuis 2008
Frédéric Lançon, Guillaume Soullier, Patricio Mendez

La hausse du prix du riz en 2008 a contribué au déclenchement de mouvements sociaux importants contre la hausse des prix de biens vitaux et remis le développement rizicole en haut de l’agenda politique. Cet article interroge les implications de cette dynamique en termes de politiques et d’émergence d’acteurs. L’Afrique de l’Ouest importe la moitié de sa consommation de riz (14 % de la ration alimentaire en calories). Le triplement du prix du riz sur le marché international…

Lire PDF
Les agricultures familiales au défi de la crise de 2008
Diery Gaye

La crise alimentaire de 2008 a-t-elle constituée une opportunité pour les paysans ? Une chance de repenser les modèles de production et de consommation, d’aller vers des organisations paysannes mieux structurées ? Diery Gaye propose quelques pistes de réflexions et plaide en faveur de politiques agricoles fortes. Grain de Sel (GDS) : Quel a été l’impact de la crise de 2008 sur les modes de vie des paysans ? Diery Gaye (DG) : La crise a eu une…

Lire PDF
Ce que la crise de 2008 a changé pour les paysans en Afrique
Deogratias Niyonkuru

La crise alimentaire de 2008 a touché les populations les plus vulnérables d’Afrique. Cet entretien donne la parole à un acteur de terrain pour interroger les facteurs, les incidences et les spécificités de cette crise, notamment pour l’Afrique centrale. Grain de Sel (GDS) : Dans votre ouvrage, vous analysez les causes de la pauvreté rurale en Afrique. Comment peut-on expliquer la récurrence des crises alimentaires ? Déogratias Niyonkuru (DN) : Les facteurs de crise n’ont pas beaucoup changé….

Lire
Évolutions du suivi de la sécurité alimentaire depuis 2008 : le cadre harmonisé
Sébastien Subsol

Depuis le début des années 2010, le cadre harmonisé est l’outil de référence pour mesurer le niveau d’insécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest. Il permet d’évaluer les besoins d’assistance alimentaire, de concevoir des plans nationaux de réponse aux crises et de déclencher les interventions de la Réserve régionale de sécurité alimentaire. Le cadre harmonisé a permis de moderniser le suivi de la sécurité alimentaire, basé depuis la fin des années 80 sur le suivi de la campagne agricole…

Après 2008, faire de la protection sociale un instrument de lutte contre la faim
Mado Evrard Diakité

Les crises successives en Afrique de l’Ouest et au Sahel ont favorisé l’émergence d’initiatives visant à réduire les facteurs structurels de la vulnérabilité des populations à l’insécurité alimentaire et à renforcer leur résilience. Cet entretien revient sur la contribution de la protection Sociale en la matière depuis 2008. Grain de Sel (GDS) : Que recouvre la notion de « protection sociale » en Afrique de l’Ouest ? Et pour le secteur de la sécurité alimentaire et nutritionnelle ?…

Lire PDF
Filets sociaux de sécurité alimentaire au Sahel : où en sommes-nous ?
Ismaël Ardho Boly, Oxfam

Après la crise alimentaire de 2008, et afin de mieux lutter contre l’insécurité alimentaire au Sahel, différents acteurs du développement agricole ont poussé pour la mise en place de filets sociaux de sécurité alimentaire. Cet article dresse un bilan de ces instruments de prévention et de réponse à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans la région. L’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) définit les filets sociaux de sécurité alimentaire (FSSA) comme « des programmes de transfert…

Lire PDF
Quels changements la crise de 2008 a-t-elle impulsés dans la politique des bailleurs de fonds ?
Jean-Luc François, Jean-Philippe Audinet, Philippe Thomas, Stefan Schmitz

La crise alimentaire de 2008 semble avoir redéfinit les modalités de l’aide publique au développement consacrée au secteur agricole, en Afrique de l’Ouest. Il y aurait eu un regain d’investissements dans le secteur de la part des bailleurs de fonds internationaux. Qu’en est-il effectivement, et quelles évolutions peut-on constater dans leurs pratiques depuis ? GDS : Est-ce que l’aide publique au développement en Afrique de l’Ouest a changé depuis 2008 ? Diriez-vous que les donateurs réinvestissent dans l’agriculture…

Lire PDF
L’état du commerce agro-alimentaire en Afrique de l’Ouest 10 ans après la crise
ECDPM, Fabien Tondel, Sayouba Ouédraogo

Le commerce alimentaire en Afrique de l’Ouest a évolué depuis 2008. La région est restée déficitaire pour son solde alimentaire, important toujours plus de denrées, et ses relations avec l’UE et les pays émergents se sont renforcées. Cet article revient sur ces aspects et plaide pour un rééquilibrage des relations commerciales. Bien qu’étant géographiquement éloignée des sources principales de la crise des prix alimentaires de 2008 (voir pages 6-9), l’Afrique de l’Ouest (AO) en a subi les conséquences…

Lire PDF
Entretien avec le Commissaire de la Cédéao : quelles solutions régionales à la crise ?
Cedeao, Sékou Sangaré

Dans un entretien exclusif, monsieur le Commissaire de la Cédéao revient sur l’impact de la crise alimentaire de 2008 sur le renforcement de la politique agricole de la région en faveur de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Il évoque aussi les outils développés pour y faire face, comme la Réserve régionale de sécurité alimentaire. Grain de sel (GDS) : Dans quelle mesure les questions liées à la sécurité alimentaire et nutritionnelle et à la vulnérabilité des ménages sont-elles…

Lire PDF
Regards Croisés : L’Afrique de l’Ouest a-t-elle les moyens de répondre à la prochaine crise alimentaire ?
Diery Gaye, Mahalmoudou Hamadoun, Paloma Duran Y Lalaguna

Dix ans après la crise alimentaire de 2008, l’environnement socio-économique a évolué, de nouvelles préoccupations ont émergé (changement climatique, enjeux sécuritaires) et ont une incidence sur la sécurité alimentaire. Il est alors intéressant de se demander si l’Afrique de l’Ouest est désormais mieux préparée face au risque de crise ? Grain de Sel (GDS) : En 2009, Oliver de Schutter, alors rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, déclarait «…

Lire PDF
Le virage entrepreneurial des politiques de sécurité alimentaire depuis 2008
Arlène Alpha

La crise de 2008 a conduit à l’émergence et à l’implication croissante du secteur privé (SP) dans les politiques agricoles d’Afrique de l’Ouest. Cet article, à travers une étude de cas sur le Burkina Faso, se demande en quoi cette dynamique rompt avec les politiques antérieures et interroge la capacité du SP à assurer la sécurité alimentaire de la région. La crise alimentaire de 2008 a amené les États d’Afrique de l’Ouest (AO) à prendre des mesures d’urgence…

Lire PDF