The content bellow is available only in French.

publié dans Revue Grain de sel le 7 décembre 2013

Comment financer des politiques en faveur des ruraux pauvres ?

Alain Sy Traoré/Éric Hazard/Frédéric Bontems/Moussa Kaboré/Roger Blein

Politique agricole et rurale nationaleSécurité alimentaire et nutritionnelle

Comment financer les politiques en faveur des plus démunis ? Les États disposent-ils de marges de manœuvre suffisantes ? L’aide internationale et le secteur privé offrent-ils des opportunités ? Plusieurs personnes de diverses institutions apportent quelques éclairages sur ces questions.

GDS : En 2003 à Maputo, les États africains se sont engagés à allouer au moins 10 % de leur budget à l’agriculture, afin de réduire de moitié l’extrême pauvreté et la faim d’ici 2015 ou 2020. Ces engagements ont-ils permis d’accroître les financements en faveur de la sécurité alimentaire ?

Alain Sy Traoré : Il y a eu des progrès en termes de quantité des investissements publics dans l’agriculture, mais on peut s’interroger sur leurs impacts sur la sécurité alimentaire. Les ressources comptabilisées dans la part des budgets alloués à l’agriculture ont-elles concrètement été investies dans les exploitations agricoles, en particulier familiales ? Ou ont-elles servi à acheter des véhicules, à financer des experts et à payer les salaires des fonctionnaires qui travaillent sur les questions agricoles et alimentaires ? Ensuite, la déclaration de Maputo dit bien « au moins » 10 %. On peut aller au-delà, même si tous les États n’ont même pas atteint cet objectif, 10 ans après Maputo.

Moussa Kaboré : Ces 10 % de Maputo ne doivent pas être une limite. Au Burkina Faso, nous avons mené une évaluation qui a montré qu’il faudrait doubler les dotations publiques actuellement allouées au secteur agricole (qui représentent aujourd’hui 14 % du budget total) pour atteindre un taux de croissance agricole de 6 %. Le problème, c’est que les ressources publiques sont sous contraintes. Il est donc important pour l’État de tirer au mieux parti de l’appui de ses partenaires et de l’implication du secteur privé. L’État ne peut pas tout faire seul.

GDS : Est-il possible de mobiliser davantage le secteur privé dans des politiques visant à lutter contre l’insécurité alimentaire des populations ?

AST : Il ne faut pas avoir peur de l’implication du secteur privé. Mais nous n’avons toujours pas trouvé les mécanismes permettant d’attirer les investissements privés dans l’agriculture vivrière et les exploitations familiales, pour qu’ils aient des impacts en termes de sécurité alimentaire.

GDS : La Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle, lancée par le G8 en 2012, peut-elle permettre d’impliquer davantage le secteur privé dans l’agriculture afin de lutter contre la faim, notamment des plus pauvres ?

AST : Globalement, je ne crois pas en l’existence d’un secteur privé philanthrope : le secteur privé n’a pas attendu la Nouvelle Alliance pour investir là où il est possible de faire des profits. Il investit pour le moment très peu dans les cultures vivrières et je ne vois pas comment la Nouvelle Alliance va changer cela.

Éric Hazard : La Nouvelle Alliance n’a pas été élaborée pour appuyer les petits producteurs et lutter contre la faim. Son objectif explicite est de créer un environnement des affaires favorisant le business en Afrique. Il n’y aucun indicateur relatif à la sécurité alimentaire. Elle ne se pose pas la question de comment sécuriser et améliorer l’accès à la terre, aux intrants et au crédit des petits producteurs. La Nouvelle Alliance est une stratégie commerciale de l’USAID visant à vendre le savoir faire des grosses compagnies américaines. Avec un risque : en précipitant certaines réformes, sur des questions aussi sensibles que le foncier, elle risque de créer des incohérences et des frustrations.

Roger Blein : Il y a une certaine confusion sur cette question des financements privés : qui sont ces investisseurs ? Que recherchent-ils en plaçant leurs investissements dans l’agriculture ? Dans quel segment des chaines de valeur sont-ils intéressés à le faire ? Quelle est la relation entre ces choix et les différentes dimensions de la sécurité alimentaire ? Dans la production, au-delà des petits producteurs qui investissent dans leurs exploitations, les privés ne vont pas aller soutenir les exploitations familiales, cela n’a aucun sens. Pour ce qui est des exploitations agro-industrielles, on est plutôt face à un risque d’éviction des petits producteurs vulnérables. Il est également difficile d’imaginer que le privé va financer les aspects non agricoles de la sécurité alimentaire (notamment les services sociaux de base, la protection sociale). Les impacts positifs peuvent être envisagés au niveau de l’amélioration des circuits d’approvisionnement en intrants, et au niveau de l’aval de la production, dans la chaine de transformation-distribution.

GDS : Comment mobiliser des financements pour les aspects non agricoles de la sécurité alimentaire ?

Roger Blein : La question du financement de la sécurité alimentaire appelle à questionner l’ensemble du budget de l’État, pas juste celui du ministère de l’Agriculture. Ce qui pose une question complexe : comment faire pour que l’ensemble des ministères impliqués dans les questions de sécurité alimentaire y accordent une partie de leur budget ? Le cas du Brésil est intéressant. Lorsque le programme « Faim zéro » a été adopté, le pays était dans une situation budgétaire difficile. Les différents ministères ne pouvaient engager en début d’année qu’une partie de leur budget. Le solde était libéré, ou non, en fonction de l’évolution de l’année fiscale et de la situation budgétaire du pays. Le Président Lula a décidé de sanctuariser la part du budget que chaque ministère affectait à « Faim zéro ». C’était une réelle incitation à accroitre leur contribution à cet objectif interministériel. Ensuite, si on réfléchit plus précisément au financement de la protection sociale, l’Organisation internationale du travail a estimé qu’il coûterait entre 2 et 6 % du PIB dans la plupart des pays les moins avancés. Dans le cas du Niger, on se situerait entre 60 et 190 milliards de CFA (120 à 360 millions de dollars). Or, les seules exportations annuelles d’uranium et de pétrole ont cru de plus de 500 millions de dollars depuis 2006 ! Comme le montre l’appel d’Olivier de Schutter pour un « Fonds mondial pour la protection sociale » (cf. encadré), les obstacles ne sont pas que financiers, ils relèvent aussi de la volonté politique des États.

Un Fonds mondial pour la protection sociale

Olivier de Schutter (Rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation) et Magdalena Sepúlveda Carmona (Rapporteuse spéciale des Nations unies sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme) ont proposé la mise en place d’un Fonds mondial pour la protection sociale, visant à lever les 3 obstacles majeurs au financement de programmes de protection sociale dans les pays pauvres : (i) un défaut de volonté politique ; (ii) des budgets publics insuffisants ; (iii) la crainte des États de ne pas pouvoir financer des programmes couvrant une large partie de la population en temps de crise. Ce Fonds mondial comporterait 2 volets : le « fonds » proprement dit, permettant aux pays pauvres qui souhaitent mettre sur pied un socle de protection sociale de recevoir un appui financier de la communauté internationale ; un volet de « réassurance », ouvrant aux pays pauvres la possibilité de s’assurer contre le risque de n’être plus en mesure de financer l’augmentation de la demande de protection sociale.

GDS : L’aide internationale peut-elle permettre de financer durablement des politiques de sécurité alimentaire dans la région ?

EH : Les limites de l’aide sont connues. Aujourd’hui, il me semble essentiel pour les États d’Afrique de l’Ouest de se départir de ce « marché du développement » : ces États ne peuvent accepter l’ensemble des opportunités de financement qui se présentent à eux, sans interroger leur alignement avec les priorités établies nationalement 1. Dans certains pays sahéliens, entre 70 et 80 % du budget des États alloué à l’agriculture provient de fonds des bailleurs. De fait, ces financements ne coïncident pas forcément avec les priorités des États. Ainsi, très peu de financements sont alloués à l’élevage, alors que tout le monde sait que c’est un secteur clé pour la réduction de la faim et de la pauvreté. Il importe donc pour les États de repenser la place de l’aide dans l’agenda politique nationale.

Frédéric Bontems : Ces dernières années, la communauté internationale a pris pleinement conscience de la complexité croissante des défis du développement ainsi que de leur interconnexion. Dans ce contexte, l’APD seule ne suffit pas. L’atteinte des objectifs du développement doit passer par la promotion d’une approche plus globale du développement et de son financement. La France joue notamment un rôle central dans la promotion des financements innovants pour le développement, qui sont à même de générer des volumes de ressources importants, stables et prévisibles. La taxe sur les transactions financières initiée en août 2012 en est le parfait exemple. Afin de créer les conditions endogènes d’un développement pérenne, la France soutient par ailleurs le renforcement de la capacité de mobilisation des ressources domestiques par les pays en développement.

GDS : Est-il possible de mobiliser d’autres sources de financements durables pour financer les différents aspects d’une politique de sécurité alimentaire ?

EH : Oui, il suffit d’être créatif et de ne pas s’arrêter à des enjeux politiques de court terme. Au niveau régional par exemple, augmenter un peu les prélèvements communautaires de la Cedeao permettrait de dégager quelques centaines de milliards de CFA par an.

RB : Il existe en effet des marges de manœuvre. Je n’arrive pas à penser que les États de la région ne puissent pas desserrer l’étau budgétaire, y compris en faisant un peu d’endettement. Par ailleurs, ces pays sont pour la plupart assis sur des ressources considérables. On est finalement au cœur du débat sur la réduction des inégalités et du financement de la solidarité au bénéfice des plus démunis. Et cette question se pose à différentes échelles. Au niveau des pays, elle touche aux politiques fiscales redistributives. Elle se pose notamment dans le débat sur les industries extractives. Comment les pays négocient-ils au mieux les revenus de ces ressources avec les multinationales et comment utilisent-ils ces revenus ? Au niveau régional, quelle forme de solidarité entre les pays côtiers, qui tirent mieux partie de la mondialisation, et les pays enclavés ? Enfin, la question de la solidarité se pose au niveau international, mise en avant en particulier par Olivier de Schutter, qui défend une vision de la sécurité alimentaire et de la protection sociale comme des biens publics mondiaux : tout le monde doit y contribuer, en fonction de ses revenus, de ses ressources et de ses capacités.

Restez informé⸱e !

Abonnez-vous à nos publications et bulletins pour les recevoir directement dans votre boîte mail.

Autres articles qui pourraient vous intéresser

Vous lisez un article de la publication "59-62 : Quelles politiques pour les populations rurales pauvres du Sahel ?".

Sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest : un renouvellement des approches ?
Inter-réseaux

En juillet 2003, les chefs d’État africains prenaient l’engagement d’accorder 10 % de leur budget à l’agriculture afin de favoriser la croissance agricole et réduire la faim. Dix ans plus tard, la situation de l’Afrique de l’Ouest et plus particulièrement du Sahel reste problématique. Des crises de forte ampleur se sont succédé : crise alimentaire et nutritionnelle grave au Niger en 2005, crise régionale liée à la hausse des prix en 2007/8, crises pastorales en 2009 et 2011,…

Lire PDF
Sécurité alimentaire, nutrition, résilience : quelques définitions
Inter-réseaux

Sécurité alimentaire, moyens d’existence, risques, résilience… Ce glossaire apporte des éléments de définition des principaux concepts utilisés actuellement dans le domaine de la lutte contre la faim. Le concept de sécurité alimentaire a été constamment élargi depuis sa première définition en 1974. Axé initialement sur la quantité de nourriture disponible, il a évolué notamment vers la notion d’accès des populations à l’alimentation. La définition la plus consensuelle aujourd’hui est celle du Sommet mondial de l’alimentation de 2009 :…

Lire PDF
Pauvreté et vulnérabilité en Afrique de l’Ouest : quelles évolutions ?
Mado Evrard Diakité

La pauvreté et la vulnérabilité à l’insécurité alimentaire ont connu des évolutions profondes au cours des dernières décennies dans les zones rurales ouest-africaines. Ces transformations nécessitent de renouveler les analyses ainsi que les outils de prévention et gestion des crises et de lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Une fragilisation progressive de l’environnement et des moyens d’existence. Ces dernières décennies, le Sahel rural a été globalement marqué par une dégradation progressive de l’environnement et des systèmes et moyens…

Lire PDF
Les travaux des OP sur les réalités des exploitations familiales
Marc Gansoré, Nadjirou Sall

Plusieurs organisations paysannes ouest-africaines réalisent actuellement des travaux de suivi des exploitations familiales, pour mieux comprendre leurs situations et cibler leurs besoins d’accompagnement. Ces travaux témoignent des réalités vécues par les agriculteurs ouest-africains, de leurs réussites, leurs difficultés et leurs perspectives. GDS : La CPF travaille actuellement à la mise en place d’un dispositif de suivi des exploitations familiales (EF) au Burkina. Pourquoi avoir lancé un tel travail ? Marc Gansoré (MG) : Le dispositif sur lequel la…

Lire PDF
Les exploitations familiales d’éleveurs à travers les enquêtes de l’Apess
Ibrahima Aliou, Loic Barbedette

L’Apess a récemment mené, avec le sociologue Loïc Barbedette, des enquêtes auprès des exploitations familiales d’éleveurs au Sahel. Ce travail apporte des éléments sur la situation de ces exploitations, les difficultés auxquelles elles sont confrontées, ainsi que les stratégies de sécurisation développées par les populations. GDS : L’Apess a réalisé des enquêtes sur les exploitations familiales (EF) d’éleveurs. Quels en étaient les objectifs et la méthode ? Ibrahima Aliou (AI) : L’Apess a mené en 2010 et en…

Lire PDF
Les Greniers de sécurité alimentaire au Burkina Faso
Dominique Lesaffre, Ganamé Amidou, Soré Adama

Au Burkina Faso, la Fédération nationale des Groupements Naam (FNGN) a mis en place depuis les années 1970 des banques de céréales qui ont connu ces dernières années une série d’évolutions leur permettant d’améliorer leur fonctionnement, de renforcer leur autonomie financière et de mieux répondre aux enjeux de la sécurité alimentaire. Les « banques de céréales » (BC) avaient été promues au Sahel dans les années 70, suite aux sécheresses qui ont sévi dans la région. Si les…

Lire PDF
Mooriben : des banques de céréales pour la sécurité alimentaire
Amadou Moussa Abdoulaye

Amadou Moussa Abdoulaye, Secrétaire exécutif de la Fédération des Unions de groupements paysans du Niger (FUGN-Mooriben), détaille la stratégie mise en place par son organisation face à des crises alimentaires de plus en plus récurrentes au Niger depuis le milieu des années 2000. GDS : Comment sont nées et ont évolué les banques de céréales (BC) de Mooriben ? Amadou Moussa Abdoulaye : Elles sont nées de la volonté des membres de lutter contre l’insécurité alimentaire, se protéger…

Lire PDF
Le warrantage paysan, un outil de protection des ressources
Andrea Ghione, Félicité Kambou, Gauthier Malnoury, Tristan Le Cotty, Élodie Maître d’Hôtel

Souvent présenté comme un outil de spéculation sur les fluctuations de prix et d’accès au crédit, le warrantage permet aussi aux producteurs de se protéger d’une pression sociale qui les pousse à ponctionner régulièrement une partie de leurs récoltes et peut mettre en danger la sécurité alimentaire de leur ménage en période de soudure. Le warrantage existe au Burkina Faso depuis 2005 et connaît un vif succès auprès des producteurs et des institutions financières. Les deux plus anciennes…

Lire PDF
Construire la résilience des ménages grâce à la gestion durable des terres
Edwige Botoni, Sébastien Subsol, mbadiao

L’ampleur de la dégradation des terres dans les pays ouest-africains nécessite de développer les techniques de gestion durable des terres, qui ont déjà prouvé leur efficacité. Cet article évalue les effets d’une telle mise à l’échelle sur la résilience des populations, ainsi que ses coûts et bénéfices pour les pays. Les pays sahéliens sont particulièrement sujets à la dégradation des terres. Au Niger, ce sont plus de la moitié des terres agricoles qui sont considérées comme dégradées, au…

Lire PDF
Niger : points de vue sur l’initiative 3N
Mamoudou Hassane, Moussa Tchangari

En avril 2012, le Niger a adopté une nouvelle politique de lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Reposant sur une approche décentralisée et multisectorielle, cette stratégie se veut résolument novatrice. Mamoudou Hassane (Haut commissariat à l’i3N) et Moussa Tchangari (Alternative Niger) exposent leur point de vue sur cette initiative. GDS : Dans quelle mesure l’initiative 3N (i3N) constitue- t-elle une approche novatrice pour lutter contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Niger ? Mamoudou Hassane (MH) : Pour rappel,…

Lire PDF
Burkina Faso : vers une nouvelle politique nationale de sécurité alimentaire
Stéphane Degueurce, Tinga Ramdé

Le Burkina Faso révise actuellement sa stratégie de sécurité alimentaire. Tinga Ramdé (Conseil national de sécurité alimentaire) et Stéphane Degueurce (Pam) évoquent les enjeux et objectifs de cette stratégie, ainsi que les outils développés par l’État pour lutter contre l’insécurité alimentaire. GDS : Pourquoi vous êtes-vous engagés dans une révision de la stratégie de sécurité alimentaire du Burkina Faso ? Tinga Ramdé : Cette stratégie était en place depuis plusieurs années et notre contexte évolue vite. Avant les…

Lire PDF
Filets sociaux en Afrique de l’Ouest : des outils en constante évolution
Inter-réseaux

Les filets sociaux sont largement utilisés pour lutter contre la faim en Afrique de l’Ouest. Ils ont connu de nombreuses évolutions au cours des dernières années, se diversifiant et visant des objectifs dépassant la simple réponse à une situation d’urgence. Les « filets de sécurité sociaux » (Traduction du terme anglais « social safety net ») sont des transferts de ressources non contributifs (aucune participation financière n’est demandée aux bénéficiaires) visant à venir en aide aux populations pauvres…

Lire PDF
Vers des filets sociaux « prévisibles » en Afrique de l’Ouest ?
Henri Leturque, Nathalie Jarno, Yoann Jolly

La récurrence des crises alimentaires et la prévalence de la faim en Afrique de l’Ouest ont conduit les partenaires au développement et les États à envisager des systèmes de transferts sociaux allant au-delà de la réponse ponctuelle d’urgence suite aux crises. Cet article s’intéresse à l’émergence de ces filets sociaux « prévisibles » en Afrique de l’Ouest. Filets sociaux : systèmes réactifs versus prévisibles En Afrique de l’Ouest, la plupart des filets sociaux existant sont de nature réactive…

Lire PDF
Soutenir et renforcer la résilience de l’élevage pastoral
Bernard Bonnet

Longtemps oubliés des politiques publiques, les systèmes pastoraux ont fait preuve de grandes capacités d’adaptation et de résistance, toutefois mises à mal par des facteurs de vulnérabilité croissants. La reconnaissance accrue de l’importance de ces systèmes pourrait permettre de renforcer les politiques publiques en leur faveur. Les sociétés pastorales des espaces saharo-sahéliens font preuve de longue date de capacités de résilience et d’un capital social exceptionnel, leur permettant de tirer parti d’un accès très aléatoire aux ressources vitales…

Lire PDF
Lutter contre la vulnérabilité et la faim à l’échelle régionale ?
Alain Sy Traoré, Ibrahima Aliou, Kalilou Sylla

Quelles initiatives la Cedeao a-t-elle initié pour faire face à l’insécurité alimentaire des populations de la région ? Avec quels succès et limites ? Quelles sont les priorités pour les années à venir ? Alain Sy Traoré (Cedeao), Kalilou Sylla (Roppa) et Aliou Ibrahima (Apess) apportent quelques éclairages à ces questions. GDS : Huit ans après son adoption, la politique agricole de la Cedeao (l’Ecowap) est-elle toujours adaptée aux enjeux auxquels l’Afrique de l’Ouest est confrontée ? Alain…

Lire PDF
L’Alliance « Agir » : une opportunité pour les populations vulnérables au Sahel ?
Hélène Berton, Jan Eijkenaar, Philippe Thomas, Zoltan Agai

L’Alliance globale pour l’initiative résilience — Sahel et Afrique de l’Ouest (Agir) vise l’éradication de la faim et de la malnutrition dans cette région d’ici 20 ans. À court terme, son objectif est de renforcer la résilience des ménages et communautés vulnérables. Entretien avec des responsables de la Commission européenne. GDS : Pourquoi l’alliance Agir a-t-elle été lancée ? Philippe Thomas & Zoltan Agai : Le Sahel a connu ces dernières années des crises alimentaires qui n’ont plus…

Lire PDF
Nutrition : enjeux et intégration dans les politiques publiques
Anne Bichard, Nanthilde Kamara

La malnutrition touche l’Afrique de l’Ouest avec une ampleur et des impacts considérables. Depuis peu à l’agenda politique, la vulnérabilité nutritionnelle nécessite des approches multisectorielles et intégrées, que les États de la région ont encore des difficultés à mettre en œuvre. L’Afrique de l’Ouest et le Sahel en particulier présentent des taux de malnutrition aiguë et chronique chez les enfants parmi les plus élevés au monde. Selon l’Unicef, 18 % des enfants de moins de 3 ans, soit…

Lire PDF
Lutter contre la malnutrition au Sénégal : les enjeux de la coordination
Abdoulaye Ka

Abdoulaye Ka est le Coordonnateur national de la Cellule de lutte contre la malnutrition, créée en 2001 au Sénégal. Il témoigne dans cet entretien de l’expérience sénégalaise en matière de coordination de la lutte contre la malnutrition. GDS : Pourquoi la malnutrition est-elle encore aussi répandue au Sénégal alors que des traitements efficaces et relativement peu coûteux sont connus ? Abdoulaye Ka : Si on sait ce qu’il faut faire contre la malnutrition, il est désormais crucial de…

Lire PDF
Quelles perspectives pour l’agriculture ouest-africaine ?
Sibiri Jean Zoundi

Quelles sont les perspectives démographiques de l’Afrique de l’Ouest d’ici 2050 ? Quelles sont les implications de ces transformations pour les agriculteurs et le monde rural ? Quelle est la responsabilité des pouvoirs publics face aux enjeux de demain ? Quelques questions auxquelles répond Sibiri Jean Zoundi dans cet entretien. GDS : Quelles sont les perspectives démographiques en Afrique de l’Ouest pour les années à venir et leurs implications pour la sécurité alimentaire ? Sibiri Jean Zoundi :…

Lire PDF
Intégrer la question de l’emploi dans les politiques publiques
Jérôme Coste

La question de l’emploi en Afrique est un enjeu crucial placé sous une triple contrainte : la population agricole continue d’augmenter, les terres disponibles sont de plus en plus rares et les créations d’emploi dans les autres secteurs demeurent lentes. Dans ce contexte, les solutions devront combiner les instruments de plusieurs politiques sectorielles. Au cours des 15 prochaines années, 330 millions de jeunes vont arriver sur le marché du travail en Afrique subsaharienne, dont 190 millions dans les…

Lire PDF
Poser la question de la démographie en Afrique de l’Ouest
Jean-Pierre Guengant, Liora Stührenberg

Enjeux cruciaux pour le développement et la sécurité alimentaire de l’Afrique de l’Ouest, les questions de population sont pourtant encore insuffisamment intégrées dans les politiques publiques des États. Accélérer la transition démographique et la maîtrise de la fécondité devrait constituer l’une des priorités majeures des pays. L’Afrique de l’Ouest est l’une des dernières régions du monde à ne pas avoir achevé sa transition démographique. Si la première phase de cette transition (baisse de la mortalité) est bien avancée,…

Lire PDF
Les transferts monétaires au Niger : des conditionnalités mal perçues et contournées
Jean-Pierre Olivier de Sardan

Il existe toujours des écarts entre une politique sur le papier et son application sur le terrain. La mise en œuvre des transferts monétaires (CT) au Niger est un exemple typique de l’imposition de normes externes contestées et contournées par les destinataires. Cet article décrit les perceptions et les stratégies des populations face à ces transferts. Cet article est la version longue de l’article du même auteur publié dans le numéro 59-62 de la revue Grain de Sel….

Lire PDF
Cibler les politiques de sécurité alimentaire sur les plus pauvres
Bakari Seidou

Les politiques de sécurité alimentaire mises en œuvre en Afrique de l’Ouest parviennent-elles à toucher les plus pauvres ? Comment les approches de ciblage ont-elles évolué ces dernières années ? Dans cet entretien, Dr Bakari Seidou témoigne des enjeux du ciblage des interventions en faveur de la sécurité alimentaire. GDS : Les politiques de sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest sont-elles ciblées sur les plus pauvres ? Bakari Seidou : Très peu, même si la situation commence à…

Lire PDF
L’aide internationale face aux enjeux de la sécurité alimentaire au Sahel
Alain Sy Traoré, Jean-Luc François, Éric Hazard

Les récentes crises alimentaires au Sahel ont conduit les partenaires au développement à revoir leurs modes d’action pour intégrer les « nouveaux » enjeux de la sécurité alimentaire. Cette évolution n’est pas sans poser plusieurs défis, dont témoignent dans ces entretiens Jean-Luc François (AFD), Éric Hazard (Oxfam) et Alain Sy Traoré (Cedeao). GDS : Les récentes crises alimentaires au Sahel ontelles conduit les partenaires au développement de la région à revoir leurs approches pour lutter contre l’insécurité alimentaire…

Lire PDF
La « résilience » : renouvellement des approches contre l’insécurité alimentaire ?

Le concept de « résilience » a envahi ces dernières années le champ de la réflexion et de l’action dans le domaine de la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest. Quelles avancées concrètes apporte-t-il ? Quels défis soulève-t-il ? Différents acteurs impliqués dans les questions de sécurité alimentaire s’expriment à ce sujet. GDS : Le concept de « résilience » évoque-t-il quelque chose de nouveau pour vous ? Alain Sy Traoré (Cedeao) : Le terme de résilience est…

Lire PDF
Comment financer des politiques en faveur des ruraux pauvres ?
Alain Sy Traoré, Frédéric Bontems, Moussa Kaboré, Roger Blein, Éric Hazard

Comment financer les politiques en faveur des plus démunis ? Les États disposent-ils de marges de manœuvre suffisantes ? L’aide internationale et le secteur privé offrent-ils des opportunités ? Plusieurs personnes de diverses institutions apportent quelques éclairages sur ces questions. GDS : En 2003 à Maputo, les États africains se sont engagés à allouer au moins 10 % de leur budget à l’agriculture, afin de réduire de moitié l’extrême pauvreté et la faim d’ici 2015 ou 2020. Ces…

Construire une vision partagée des enjeux ruraux ouest-africains
Roger Blein

Dans la conclusion de ce Grain de sel consacré à l’évolution du débat et des politiques concernant la sécurité alimentaire au Sahel, Roger Blein relève les avancées qui ont eu lieu ces dernières années. Il montre aussi que beaucoup reste à faire pour bâtir des stratégies de sécurité alimentaire durables et émancipées de l’aide extérieure. Ce numéro reflète l’évolution du débat et des politiques consacrés à la sécurité alimentaire au Sahel et en Afrique de l’Ouest. Il illustre…

Lire PDF
Le HEA au Sahel : Les enseignements tirés de 3 ans de travail de terrain
Jérôme Bernard

Les enquêtes HEA fournissent une description dynamique de l’économie alimentaire des ménages ruraux. 51 profils de référence utilisant le cadre d’analyse complet du HEA ont été réalisés à ce jour depuis 2010 dans sept pays du Sahel. Cet article détaille les enseignements tirés de 3 années de travail de terrain. Le cadre d’analyse de l’approche HEA (Household Economy Approach), ou Analyse de l’Economie des Ménages (AEM), a été développé par l’ONG Save the Children et le Food Economy…

Lire