Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur email

publié dans Revue Grain de sel le 5 septembre 2009

Enjeux et contraintes des filières porcines en Afrique de l’Ouest

Vincent Porphyre

PorcAfrique de l’Ouest

En Afrique de l’Ouest, les cheptels porcins connaissent des croissances de l’ordre de 5 à 10 %. Bien que pratiqués majoritairement de façon extensive, on assiste toutefois à une certaine intensification des systèmes de production, se heurtant à des contraintes d’ordre économique, environnemental et sanitaire.

L’élevage porcin est en pleine expansion en Afrique de l’Ouest, avec selon les pays des croissances des cheptels de l’ordre de 5 à 10% (FAO, 2007). La production de viande de porc en Afrique subsaharienne est d’environ 800 000 tonnes, soit 1% de la production mondiale. Le Burkina Faso, le Nigeria et le Cameroun sont les principaux pays producteurs. Seul le Ghana montre une légère décroissance des effectifs. La viande de porc, qu’elle soit cuite au four comme au Burkina Faso ou à la braise comme au Cameroun, est très appréciée des populations non musulmanes, et de nombreux restaurants spécialisés se développent dans les centres urbains.

Des systèmes de production variés.
L’élevage porcin représente une source de protéines animales de qualité pour les foyers africains et surtout de revenus pour les paysans. La plupart des élevages porcins sont assurés par des petites unités familiales, selon des modes de production très diversifiés allant de l’élevage extensif jusqu’au mode de production industriel hors-sol.
L’élevage extensif où les porcs sont laissés en divagation dans les villages représente une activité de subsistance. Ces animaux jouent le rôle de compte d’épargne ou de police d’assurance en cas de besoins d’argent (par exemple pour acheter des semences ou des fertilisants, rembourser des soins médicaux, payer les frais de scolarité des enfants, faire face à une mauvaise récolte, ou lors des fêtes coutumières). Ce mode d’élevage requiert un minimum d’intrants et de travail, et très peu d’argent est investi dans l’alimentation ou les vaccins ; la productivité apparaît donc faible mais en contrepartie le risque financier l’est également. On estime à 400 000 t, soit 50% de la production totale de l’Afrique subsaharienne, la production de viande de porc issue de ce mode d’élevage. Au sud du Tchad et au Nord Cameroun, zones préservées de la peste porcine africaine, ce système d’élevage extensif a su prendre de l’importance en constituant la base des filières d’approvisionnement en viande de porc des villes du sud du Cameroun. La divagation pose cependant de nombreux problèmes notamment au niveau du contrôle des pathologies animales, de la transmission de maladies dangereuses pour l’homme, de la destruction des cultures ou des accidents que les animaux peuvent occasionner.
L’élevage paysan en système clos permet de mieux maîtriser les conditions d’élevage et de sécuriser les revenus. Cet élevage semi intensif fournit environ 40% de la production totale. Les porcs, qui permettent de valoriser les déchets ménagers (eaux grasses), les résidus de cultures (sons de riz, fruits) et les sous-produits des activités de transformation agroalimentaire (drèches, tourteaux) sont intégralement dépendants de leur propriétaire, en majorité des femmes, qui les nourrissent et les maintiennent dans des porcheries rustiques, construites à l’aide de matériaux locaux (banco). Les manipulations des animaux et les soins (vaccination, traitements) s’en trouvent facilités. Ces animaux, élevés parfois pour les besoins de la famille, sont surtout destinés à la vente.
Les élevages porcins de type hors sol industriels demeurent relativement rares en Afrique de l’Ouest. Ces systèmes se développent en ville ou à leur périphérie pour bénéficier de la proximité des centres urbains. Mais à cause du faible pouvoir d’achat des populations urbaines, la taille du marché reste faible. Ils fournissent à peine 10% de la viande produite.

Vers une intensification de l’élevage porcin…
Avec une demande en hausse en viande porcine, on assiste à un regain d’intérêt pour le développement de la production porcine en Afrique. Les programmes pour la sécurisation alimentaire, comme on a pu le voir au Burkina Faso, cherchent à soutenir l’intensification des systèmes artisanaux par l’amélioration de la génétique et de l’alimentation, la maîtrise des techniques d’élevage et le contrôle des maladies.
Sur le plan génétique, des croisements assez performants entre races porcines européennes (Large White, Landrace) et porcs locaux permettent d’améliorer les performances de croissance et de prolificité, et de bénéficier de la souplesse alimentaire des porcs locaux (bonne tolérance aux aliments volumineux et pauvres). Des animaux reproducteurs améliorés et de la semence congelée sont ainsi importés à grands frais, mais le réel défi consiste à proposer (et à financer) une politique nationale cohérente, accessible aux petits producteurs dans la durée.
Les performances des animaux sont en partie liées aux modes d’élevage et d’alimentation auxquels ils sont soumis. L’amélioration de l’alimentation avec des apports protéiques et énergétiques adaptés aux besoins physiologiques des animaux doit permettre à terme d’aboutir à une croissance plus rapide des animaux et à l’amélioration de la qualité des carcasses. Des efforts sont faits de la part du secteur de la recherche pour identifier et valoriser des matières premières bon marché et disponibles localement, mais souvent mal connues.
Dans ce processus d’intensification, les techniques d’élevage (déparasitage des animaux, vaccinations, etc.) évoluent et conduisent à mieux valoriser le potentiel des animaux et à garantir la pérennité de l’élevage par une bonne gestion financière et une bonne maîtrise de l’état sanitaire des troupeaux. Il s’accompagne ainsi d’une augmentation de la production, d’une rentabilisation de l’emploi d’intrants plus coûteux, d’une professionnalisation des éleveurs et de l’émergence de groupements de producteurs ; ceux-ci, outre l’intérêt d’acheter en commun et donc moins cher les matières premières alimentaires, sont une force de négociation face aux autres acteurs de la filière (abatteurs, commerçants) et aux services publics ; ces groupements coopératifs et interprofessions existent par exemple au Burkina Faso, au Cameroun ou à Madagascar, avec des résultats très variables.

… faisant face à de multiples défis.
De nombreuses contraintes pèsent sur ce processus d’intensification, notamment les problèmes de pollution par les effluents d’élevage, les ruptures d’approvisionnement et les problèmes de qualité des intrants, les pathologies, mais aussi les fluctuations des prix des intrants et la forte concurrence des viandes importées. Les capacités d’investissements sont encore faibles et l’organisation des filières se heurte aux difficultés économiques et sociales de pays largement affectés par la crise mondiale.
Face à ce constat et pour que ces filières en voie d’intensification puissent perdurer, il faut qu’elles soient performantes, protégées ou que les coûts de production soient faibles. La question est alors de savoir comment faire, en Afrique de l’Ouest, pour soutenir les éleveurs de porcs quand on importe la génétique, une bonne partie des matières premières, le matériel d’élevage, les médicaments vétérinaires et que l’agriculture n’est pas subventionnée. Favoriser la création d’entreprises (provenderie, fabricant de matériels) et l’installation de services à l’élevage (techniciens d’élevage, vétérinaires) s’avère essentiel, alors que les services de vulgarisation compétents dans le conseil et l’appui à l’élevage porcin restent encore rares.
Dans les zones périurbaines, même si elles demeurent loin des situations extrêmes que l’on peut rencontrer par exemple en Asie avec 1 400 habitants par km² dans les deltas, le manque de place et la croissance démographique pénalisent le développement ou la modernisation des bâtiments d’élevage. La présence de ces élevages porcins est déjà remise en question du fait des nuisances et des problèmes sanitaires dus à la concentration anarchique des élevages, des insuffisances en terme de biosécurité et de santé animale, d’autant que les pays d’Afrique de l’Ouest se trouvent confrontés à la perspective d’une réapparition de la peste porcine africaine. Au cours des dernières années, cette pathologie a été observée au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, au Togo, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Nigeria ou encore au Sénégal où elle a décimé 66% du cheptel en 1996. Avec une mortalité de près de 100% dans les troupeaux, l’impact économique pour les éleveurs et l’ensemble du secteur de l’élevage porcin a été dramatique. Le renforcement des mesures de biosécurité dans les élevages s’avère donc essentiel.
En aval de la filière, les structures d’abattage, de contrôle sanitaire et de transformation de la viande demeurent insuffisantes. La qualité des viandes ainsi que l’hygiène à l’abattage sont encore faibles. La confiance des consommateurs africains vis-à-vis de la viande de porc reste à renforcer alors que les toxi-infections alimentaires ou la cysticercose sont fréquemment observées dans les populations africaines, notamment chez les enfants.
À moyen terme, on peut douter que de forts investissements et de nouvelles installations de porcheries industrielles viennent modifier radicalement le secteur porcin en Afrique de l’Ouest. Il apparaît plus vraisemblable que son développement sera progressif et se basera sur la professionnalisation des petits producteurs ainsi que sur l’émergence d’organisations coopératives et interprofessionnelles. En dehors de ces voies classiques de renforcement des filières d’élevage, des initiatives existent en Afrique et en Asie pour réfléchir à un accompagnement de la transition des éleveurs porcins au travers d’une valorisation alternative face aux produits importés de qualité standardisée. Sans négliger l’importance de proposer un produit sûr pour le consommateur, des expériences proposent de baser le développement des filières sur l’amélioration de la qualité des produits et la mise en place de guides de bonnes pratiques reconnaissant le savoir-faire des producteurs africains, ou encore par une meilleure considération de ces systèmes localisés, souvent économes en intrants et en énergie. Voilà autant d’initiatives qui constituent des pistes originales pour sécuriser ces filières porcines encore fragiles mais pourtant bien actives en Afrique de l’Ouest.

Restez informé⸱e !

Abonnez-vous à nos publications et bulletins pour les recevoir directement dans votre boîte mail.

Autres articles qui pourraient vous intéresser

Vous lisez un article de la publication "46-47 : Répondre aux évolutions alimentaires, un défi majeur pour l’élevage africain".

Rural tourism development, between dreams and realities
Mascha Middelbeek

Livelihood diversification has become an important issue in rural areas for farmer organizations, donors and developing countries governments. Not surprisingly, since global surveys suggest that non-farmer sources account for 30-45% of average rural household income with the majority coming from local rural sources rather than urban migration . One popular non-farm sector, both in rural areas in developing as in western countries – is tourism development. Rural tourism has potential to combine economic development and acknowledgment of rural…

Lire
Entretien avec Dodo Boureima (version longue)
Dodo Boureima

Grain de sel : Pour répondre à la demande croissante en produits animaux, on entend de plus en plus parler de la nécessité d’une « révolution de l’élevage ». Qu’est ce que cela signifie ? Est-elle nécessaire selon vous et comment doit-elle être menée ? Dodo Boureima : Il y a quelques années encore, le pastoralisme, qui est le système d’élevage dominant en Afrique, était ignoré et banalisé. Mais aujourd’hui, on assiste de plus en plus à une…

Lire
Entretien avec Issoufou Daré (version longue)
idare

_ GDS : Quelles sont les actions et les politiques mises en place par l’Uemoa pour répondre au défi de la croissance de la demande en produits animaux ? Issoufou Daré : L’Uemoa a mis en chantier un certain nombre de programmes qui permettront à terme d’accroître la production animale. La première des initiatives que nous avons prise est de faire en sorte de réduire la mortalité et la morbidité des troupeaux en luttant contre les maladies qui…

Lire
Entretien avec Tamini Josué (version longue)
Tamini Josué

GDS : On parle de plus en plus de révolution de l’élevage. Est-elle nécessaire ? Si oui, en quoi consiste-t-elle selon vous ? Tamini Josué : Nous pensons effectivement qu’il faut une révolution de l’élevage pour pouvoir répondre à la hausse croissante de la demande en produits animaux. Pour nous, la révolution de l’élevage consiste à pouvoir augmenter la productivité à travers l’amélioration génétique, à faciliter les conditions d’accès à l’alimentation du bétail de sorte qu’elle soit disponible…

Lire
Un nouveau regard sur les relations élevage et environnement
Bernard Faye

Selon un récent rapport de la FAO , l’élevage est rendu responsable de bien des désordres environnementaux, allant de la dégradation des parcours à l’émergence de nouvelles maladies dangereuses pour l’homme en passant par la désertification, la pollution par les effluents et la contribution à l’effet de serre, sans parler de la participation des produits animaux aux risques sanitaires d’origine nutritionnelle, à tel point que seuls fruits et légumes sont aujourd’hui recommandés pour un meilleur bien-être. Pourtant, cette…

Lire
Qualité et risques des denrées alimentaires d’origine animale
Bassirou Bonfoh

Déterminants de la qualité et de la sécurité sanitaire des denrées animales et d’origine animale En Afrique subsaharienne, l’offre et la demande croissante en protéines animales (viandes, lait, œufs et produits dérivés…) entraînent des changements dans les habitudes alimentaires et contribuent de façon significative à modifier les systèmes de production et de distribution des Denrées animales et d’origine animale (DAOA). La qualité et le prix y apparaissent comme les principaux facteurs de compétitivité sur les marchés formels et…

Lire
Accès au marché et commercialisation de produits agricoles

Accès au marché et commercialisation de produits agricoles. Valorisation d’initiatives de producteurs et enseignements d’une démarche de réflexions collectives. Groupe de travail « Accès au marché et commercialisation de produits agricoles » Présenté par A. Lothoré, P. Delmas. Inter-réseaux, CTA, AFD, 2009, 160 p + annexes Recension par Dominique Gentil : En Afrique subsaharienne, les paysans rencontrent des difficultés pour vendre leurs produits agricoles et en tirer un revenu : manque de débouchés, prix peu élevés et volatils,…

Lire PDF
Entre nous GDS 46-47

Inter-réseaux se mécanise… Inter-réseaux a réalisé en avril 2009 un bulletin de veille (BDV) thématique sur un sujet remis au goût du jour par l’actualité : la mécanisation agricole. Avec la crise alimentaire, des initiatives pour mécaniser les opérations culturales, améliorer la productivité du travail et augmenter la production ont fleuri dans tous les pays d’Afrique subsaharienne. Mais au-delà des déclarations des autorités ouest-africaines, qu’en est-il réellement ? Où vont les nombreux tracteurs indiens et chinois ? Quelles…

Lire PDF
L’Afrique subsaharienne arrivera-t- elle à nourrir ses habitants ?
Jean-Claude Devèze

De nombreux ouvrages et colloques traitent des problèmes cruciaux de l’alimentation de la population mondiale, de la nécessité de consacrer plus d’attention à cet enjeu majeur et donc de faire du développement agricole une priorité, en particulier en Afrique. Un point de vue sur ce sujet pour continuer ce débat… L’afrique subsaharienne est la région du monde où la part de la population agricole est, en proportion, la plus importante (près des deux tiers), mais où la ration…

Lire PDF
Vers une plateforme panafricaine des organisations paysannes
Mamadou Cissokho

Grain de sel : Pouvez vous présenter la plateformepanafricaine des organisations paysannes ? Mamadou Cissokho : La Plateforme panafricaine des organisations paysannes n’existe pas encore officiellement, elle est en cours de création. Elle fait suite au processus de structuration des organisations paysannes (OP) en Afrique, qui a débuté avec la naissance du Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest (Roppa) et d’autres réseaux dans les régions africaines — la Fédération des agriculteurs est africains…

Lire PDF
Kiosque GDS 46-47

Nourrir le monde, vaincre la faim Sylvie Brunel Dans un livre destiné d’abord aux futurs professeurs, l’auteure, géographe, aborde sans tabous ni idées reçues les problèmes de l’alimentation et de la population croissante de notre planète. Elle rappelle que ce n’est que lorsque le monde craint de manquer de nourriture qu’il se préoccupe de l’agriculture vivrière. Dans les situations de paix, rares sont ceux qui se préoccupent des malnutris. Pire, la légitime vague des préoccupations écologiques risque d’ancrer…

Lire PDF
Repères : La définition du Tarif extérieur commun de la Cedeao : le pari du moyen terme
Anne Wagner

La décision d’étendre le Tarif Extérieur Commun (Tec) de l’Union économique monétaire ouest africain (Uemoa) aux États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao B) a été prise par les Chefs d’États et de Gouvernements de la Cedeao le 12 janvier 2006. La définition d’une protection tarifaire commune aux frontières de l’espace Cedeao est une étape importante de l’approfondissement du processus d’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. La région dispose du potentiel de…

Lire PDF
Développement du tourisme rural, entre rêves et réalités
Mascha Middelbeek

Depuis quelques années, le tourisme rural semble représenter une réelle opportunité de diversification des revenus en milieu rural. Comment les paysans peuvent-ils s’intégrer dans le développement de ce tourisme ? Comment les accompagner dans cette démarche ? Un point de vue de l’organisation Agriterra. Les organisations paysannes, les bailleurs de fonds et les gouvernements des pays en développement s’intéressent de plus en plus à la diversification des moyens de subsistance dans les zones rurales. En effet, plusieurs enquêtes…

Lire PDF
L’élevage africain, source possible d’une révolution alimentaire attendue ?
Philippe Lhoste

L’élevage ouest africain parviendra t-il à nourrir une population en constante hausse ? Le chemin à parcourir est encore long, mais les initiatives sont nombreuses et encourageantes pour permettre aux éleveurs de répondre à ce défi. Les institutions internationales attiraient fortement notre attention, à la fin du XXème siècle, sur les évolutions très rapides de la consommation et de la production animales, avec une étude prospective qui a fait date : « L’élevage d’ici 2020 : la prochaine…

Lire PDF
Quel avenir pour le pastoralisme ? Des acteurs s’expriment…
Dodo Boureima, Tamini Josué, idare

Le pastoralisme est le système d’élevage dominant en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Quand on envisage son avenir et sa capacité à répondre à une demande en viande en hausse constante, les avis divergent… Trois interviews, trois points de vue, illustrant la complexité de cette problématique. Entretien avec Dodo Boureima Grain de sel : Qu’est ce que le pastoralisme ? Dodo Boureima : Le pastoralisme est un système de production basé sur la mobilité des éleveurs et…

Lire PDF
Développer la pisciculture en Afrique tropicale humide pour renforcer la sécurité alimentaire
Isabelle Hanquiez, moswald

La pisciculture est un secteur important de l’économie rurale en Afrique tropicale humide. Nécessitant peu de moyens de production, elle pourrait contribuer considérablement à l’alimentation des populations. Alors que la demande en produits animaux ne cesse d’augmenter au niveau mondial, en Afrique une stagnation voire une diminution de la consommation de protéines d’origine animale par habitant est un cas fréquent : dans maints endroits, les faibles niveaux de consommation engendrent des carences nutritionnelles sévères. Selon la FAO, en…

Lire PDF
Enjeux et contraintes des filières porcines en Afrique de l’Ouest
Vincent Porphyre

En Afrique de l’Ouest, les cheptels porcins connaissent des croissances de l’ordre de 5 à 10 %. Bien que pratiqués majoritairement de façon extensive, on assiste toutefois à une certaine intensification des systèmes de production, se heurtant à des contraintes d’ordre économique, environnemental et sanitaire. L’élevage porcin est en pleine expansion en Afrique de l’Ouest, avec selon les pays des croissances des cheptels de l’ordre de 5 à 10% (FAO, 2007). La production de viande de porc en…

Contraintes et défis de l’aviculture en Afrique de l’Ouest : Cas du Bénin
guezolionel

L’aviculture est un secteur en plein essor en Afrique de l’Ouest. Au Bénin, grâce à l’accompagnement des autorités, on assiste au développement de cette filière, qui fait toutefois face à de nombreuses contraintes, liées notamment aux conditions d’accès au crédit, à la concurrence des importations et aux enjeux fonciers. L’aviculture en Afrique de l’Ouest est une activité complexe dont l’importance varie d’un pays à l’autre. Au Bénin, pays de plus de 7 millions d’habitants, deux grands types d’aviculture…

Lire PDF
La fête du mouton, des moutons pour la fête. Enjeux économiques de la Tabaski au Sénégal
Olivier Ninot

La Tabaski ou fête du mouton donne lieu à une grande effervescence sur le marché ovin au Sénégal. Durant cette période, où la consommation de viande de mouton atteint des pics exceptionnels, on assiste au développement d’une véritable « économie de la Tabaski », à laquelle les autorités étatiques portent une attention particulière. L’Aïd El Kabir, appelé Tabaski en Afrique de l’Ouest, est un événement majeur au Sénégal et dans les autres pays sahéliens. La « grande »…

Lire PDF
Nord Cameroun : pour une utilisation concertée des ressources entre pasteurs sédentarisés et agroéleveurs
Aimé Landry Dongmo, Philippe Lhoste

Au Nord Cameroun, la sédentarisation des pasteurs et l’introduction de l’élevage chez les agriculteurs ont entraîné des conflits sur la gestion des ressources et des espaces agropastoraux. Pour y remédier, l’accompagnement des producteurs avec des instruments innovants de gestion et de valorisation de la biomasse s’avère nécessaire. Comme dans diverses régions d’Afrique subsaharienne, la population va doubler au Nord Cameroun dans les 20 prochaines années. Accroître la production est désormais urgent pour répondre à la demande croissante en…

Lire PDF
Les systèmes de collecte du lait en Afrique de l’Ouest : échec ou espoir ?
Cécile Broutin, Guillaume Duteurtre, djibydia

Après l’échec de l’industrialisation laitière en Afrique de l’Ouest, de nombreuses mini laiteries se sont développées avec plus ou moins de réussite et ont permis une meilleure valorisation de la production locale. Mais celles ci ont besoin d’améliorer leurs dispositifs de collecte et de distribution pour être plus performantes. Depuis les années 90, les filières laitières sont une des priorités des programmes de développement de l’élevage en Afrique de l’Ouest. Pourtant, les grands projets industriels des années 60…

Lire PDF
Consommation urbaine de viandes en Afrique de l’Ouest : l’exemple de Dakar
Andrien Mankor

En Afrique de l’Ouest, les habitudes alimentaires des populations sont en pleine mutation, surtout en zone urbaine. Dans la mégalopole de Dakar où le marché de la viande est en pleine explosion, on assiste depuis quelques années à un changement dans les modes de consommation des produits d’origine animale. Sous l’effet conjuguée de l’urbanisation, de la croissance des revenus et des nouvelles attentes socioculturelles des populations, on assiste, dans les pays du Sud, à l’émergence d’une demande croissante…

Lire PDF
Afrique de l’Ouest : la révolution de l’élevage aura-t-elle lieu ?
Guillaume Duteurtre

Le secteur de l’élevage en Afrique de l’Ouest est à un tournant. Diversification des systèmes alimentaires et croissance de la population se joignent pour doper la demande en produits animaux. Des mutations qui questionnent la capacité des systèmes d’élevage locaux et des filières à s’adapter à une demande exigeante. Depuis 50 ans, l’essor des villes africaines a induit une transformation profonde du modèle alimentaire. Comme dans les autres pays en développement, le secteur de l’élevage a été particulièrement…

Lire PDF
Introduction du dossier

L’élevage joue un rôle central dans les économies ouest africaines : il contribue à près de la moitié du PIB agricole (en incluant la traction animale et la fumure organique) et constitue une source importante d’emplois et de revenus. Cette région se caractérise aussi par un faible apport dans l’alimentation humaine des produits d’origine animale. Avec une croissance annuelle estimée à 4%, la demande de produits d’origine animale est appelée à augmenter en Afrique subsaharienne, et notamment en…

Lire PDF
Des conventions locales pour gérer ensemble les ressources naturelles ?
Philippe Lavigne-Delville

Comment gérer durablement des ressources naturelles soumises à des pressions croissantes ? Avec des règles partagées, légitimes et appuyées par des instances locales et par l’État. Les « conventions locales » peuvent être des outils pour cela, permettant de concilier règles coutumières et règles de l’État. À certaines conditions… La compétition croissante sur l’espace et les ressources naturelles, les carences des dispositifs de régulation, provoquent une surexploitation des ressources et des conflits : les réserves forestières sont défrichées,…

Lire PDF
Le commerce des produits agricoles à Nouna : au-delà des prix
Quentin Stoeffler

La région de Nouna au Burkina Faso connaît ces dernières années d’importants changements dans les conditions de commercialisation des produits agricoles. Culture emblématique de ces évolutions, le sésame en dit long sur les blocages de la zone ainsi que sur les décisions et attentes des producteurs. Nouna, décembre 2008. Les récoltes viennent de s’achever dans les villages entourant cette petite ville enclavée à l’Ouest du Burkina Faso. Les agriculteurs engrangent leur mil et leur sorgho, ainsi que les…

Lire PDF
Enjeux et défis de l’introduction des agrocarburants au Burkina Faso
Elodie Hanff, Garance Faugère, Joël Blin, Nathalie Weisman, marie-helenedabat

Au Burkina Faso, les ressources énergétiques sont rares, et l’énergie importée coûte cher du fait de l’enclavement du pays. Dans ce contexte, le développement de la culture d’agrocarburants ne pourrait-elle pas être un levier pour le développement du pays et de son agriculture ? Le renchérissement de l’énergie fossile entraîne, pour les populations du Sud, une perte de compétitivité ainsi qu’une augmentation du coût de la vie. Soucieux de sa dépendance énergétique et de l’augmentation de sa facture…

Lire PDF
L’invitée de Grain de sel : Edwige Botoni
Edwige Botoni

Edwige Botoni est experte en gestion des ressources naturelles, chargée du suivi des conventions environnementales au Comité permanent inter États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (Cilss, www.cilss.bf). En 2009, le Cilss a publié un rapport intitulé « la transformation silencieuse de l’environnement et des systèmes de production au Sahel : Impacts des investissements publics et privés dans la gestion des ressources naturelles » : www.cilss.bf/ spip.php?article58 Grain de sel : Vous venez de publier un…

Lire PDF
Editorial : Vers une réhabilitation de l’élevage ?
Ludovic Larbodière

Les productions animales semblent revenir au goût du jour dans les débats. Est-ce dû à la crise alimentaire, aux statistiques alarmistes de la FAO sur la faim et la malnutrition ? Peu importe, on revient aux solutions simples, aux valeurs sûres et on ne peut que s’en réjouir. Car il est temps de reconnaître que l’élevage peut jouer un rôle central pour relever les grands défis auxquels sont confrontés les pays du Sud : l’insécurité alimentaire d’un milliard…

Lire PDF
Grain de sel n°46-47 : Répondre aux évolutions alimentaires, un défi majeur pour l’élevage africain

L’élevage joue un rôle central dans les économies ouest africaines : il contribue à près de la moitié du PIB agricole (en incluant la traction animale et la fumure organique) et constitue une source importante d’emplois et de revenus. Cette région se caractérise aussi par un faible apport dans l’alimentation humaine des produits d’origine animale. Avec une croissance annuelle estimée à 4%, la demande de produits d’origine animale est appelée à augmenter en Afrique subsaharienne, et notamment en…

Lire
Actualité d’Inter-réseaux (GDS46-47)

_ Idrissa Moumouni Idrissa Moumouni, Plate-forme Paysanne du Niger Conseil d’administration d’Inter-réseaux Il s’est réuni le 16 juin 2009. Le débat a principalement porté sur la question suivante : « Comment améliorer les outils d’Inter-réseaux (site internet, Grain de sel, bulletins de veille électroniques, groupes de travail) et leur synergie pour augmenter leurs diffusions et leurs impacts ? ». Des tentatives intéressantes de liens entre ces supports ont été notées : un bulletin de veille sur la mécanisation…

Lire PDF