C’est vrai, il y a une part de
mythe et d’idéologie qui accompagne
l’exaltation de la motorisation agricole
par les autorités politiques d’Afrique subsaharienne.
Mais au-delà de ce constat, la volonté de mécaniser n’est-elle pas également
le reflet d’un choix stratégique de « moderniser » l’agriculture africaine ?
Un choix implicite d’une transformation en profondeur de l’agriculture, qui va tendre
de la petite agriculture familiale vers une agriculture industrielle et commerciale ?
De ce point de vue, une série de questions émergent. Dans quelle mesure la mécanisation
et la motorisation sont-elles conciliables avec une petite agriculture familiale sur de faibles
surfaces et avec une main d’oeuvre familiale ? Le discours sur la mécanisation n’est-il pas un
argument pour promouvoir une agriculture, souvent appelée agrobusiness, caractérisée par de
très grandes superficies, fortement motorisée, utilisant une main d’oeuvre salariale qualifiée ? Le
mythe de la mécanisation peut être perçu sous cet angle comme le contre-pied d’une perception
que certains ont de notre agriculture ouest-africaine, qu’ils caractérisent par des exploitations
familiales incapables de se moderniser et de nourrir les populations croissantes.
Pourtant, la mécanisation peut aussi être perçue comme étant une voie de transformation et
de modernisation des exploitations familiales. Des analystes raisonnent sur la mécanisation
des exploitations en termes de trajectoires, le parcellaire s’adaptant en fonction du niveau
de mécanisation. En somme, il se pose la question du choix entre le laisser faire, l’intensification
écologique des agricultures familiales, et/ou l’encouragement des investissements
vers les agro entreprises.
Daouda Diagne
Nous remercions pour leurs contributions, tous les auteurs, et en
particulier M. Havard, V. Beauval, P. Delmas, P. Lhoste,
E. Deniel. Ce dossier a été coordonné par
N. Boquien.

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