La période actuelle, avec ses modifications des marchés et ses évolutions du
contexte institutionnel, semble propice
aux réflexions sur l’avenir des agricultures
africaines.
Ainsi, l’augmentation des cours des produits
agricoles et les tensions qui en découlent
conduisent les responsables politiques
à réexaminer leurs stratégies alimentaires au
niveau de leur pays, de leur région et de leur
continent. Ensuite, les négociations commerciales
en cours reposent la question des liens
entre commerce et développement agricole.
Enfi n, les inquiétudes sur les évolutions environnementales
amènent à s’interroger sur
l’exploitation des ressources naturelles et le
type d’agriculture, d’élevage et de foresterie
à promouvoir.
En parallèle, des États africains (par exemple
le Maroc) établissent des scénarios sur
l’avenir de leur agriculture et des bailleurs de
fonds (comme la Banque mondiale) se reposent
le problème du rôle de « l’agriculture au
service du développement ». Des colloques
abordent des thématiques plus sectorielles,
comme par exemple, début décembre à Paris
celui consacré à la question suivante : « Quelle
microfi nance pour l’agriculture des pays en
développement ? ».
Une nouvelle période s’ouvre qui pourrait
être plus favorable à une prise de responsabilité
partagée face à l’ampleur des défi s à relever.
Après les indépendances, on était dans la période
du tout État appuyé par l’aide publique
au développement, avec une administration
omniprésente cherchant à encadrer les producteurs,
des banques de développement censées
apporter les financements nécessaires. Face
aux difficultés rencontrées, les organisations
de Bretton Woods poussèrent à la libéralisation
et à l’ajustement structurel en limitant
au maximum le rôle de l’État. Aujourd’hui, on
est passé à la recherche d’un jeu plus équilibré
entre acteurs ; on parle de « mieux d’État », de
politiques publiques concertées, de partenariat
public/privé, de responsabilisation des organisations
professionnelles agricoles, de services
financiers adaptés à la diversité des besoins des
divers types d’agriculteurs, de programmes
d’aide négociés avec les intéressés.
La question reste posée de ce qui va sortir
des réflexions et négociations en cours comme
éléments concrets permettant aux agriculteurs
d’envisager les mutations de leurs unités familiales
en entreprises agricoles capables de
relever les défi s avec confiance. D’où l’importance
de politiques agricoles sécurisant leurs
activités, thème qui fera l’objet du prochain
Grain de sel.

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