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Revue Alternatives Economiques : dossier année internationale de l'agriculture familiale

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Alternatives economiques , CFSI 8 septembre 2014

Thèmes :

L
es agricultures familiales
emploient aujourd’hui
près de 40-% des actifs
dans le monde et four-
nissent à l’humanité près
de 70-% de son
alimentation.
On ne saurait les disquali-
fier au nom de la « -moder-
nité- ». Celle-ci ne provoque-
t-elle pas des exclusions
paysannes massives- ? Des
dégradations alarmantes
de l’environnement- ? Ne se
montre-t-elle pas incapable
d’apporter des réponses
convaincantes au drame de
la faim qui frappe près d’un
milliard de personnes- ?
Mais si les agricultures
familiales sont le pilier de
la sécurité alimentaire du
monde d’aujourd’hui, qu’en
sera-t-il demain, quand les
défis de l’alimentation, de
l’emploi et de l’environne-
ment seront plus difficiles
encore à relever- ?
C’est pour répondre à
cette question que l’Assem-
blée générale des Nations
unies a décidé de dédier
l’année-2014 à l’agriculture
familiale. Il s’est dégagé
des débats suscités à cette
occasion un avis concor-
dant- : oui, du fait de leur
multifonctionnalité, seules
les agricultures familiales
peuvent répondre aux
trois défis majeurs qui se
dressent devant nous. Ceci
est clair pour la production
agricole, du fait d’impor-
tantes marges de progression des
rendements des petites exploitations
au Sud. Ceci est clair pour l’emploi,
du fait de villes de moins en moins
capables d’offrir des perspectives
pour les jeunes ruraux qui arrivent
sur le marché du travail. Ceci est clair
pour l’environnement, du fait de la
connaissance fine qu’ont les paysans
de la bonne gestion de leur terroir.
Mais il ne s’agit que d’un poten-
tiel. Car la plupart des agricultures
familiales se débattent aujourd’hui
dans un environnement
qui leur est défavorable.
Faute d’être protégées et
soutenues, elles dégagent
des revenus trop faibles.
La pauvreté de la grande
majorité des paysans leur
interdit d’investir. Cette
situation n’est pas de leur
fait. Ils ont au contraire
su écrire des histoires
agraires adaptées à la
diversité des géogra-
phies du monde et aux
performances respec-
tables. Leurs maux sont
liés pour l’essentiel à
l’absence de politiques
publiques, voire à des
politiques franchement
anti paysannes. Au Sud
comme au Nord, là où il
y a une sécurisation de
l’usage du foncier, un
investissement dans des
infrastructures publiques,
une organisation d’un
crédit agricole, une régu-
lation des marchés et un
accompagnement des
producteurs, là où ces
politiques ont été négo-
ciées avec des organisa-
tions professionnelles,
les dyna miques de dé-
veloppement agricole
émergent et leur caractère
familial devient un atout.
Que 2014 fasse prendre
conscience de l’urgence de construire
un environnement favorable pour les
paysans... et pour la sécurité alimen-
taire de tous les hommes


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