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La souveraineté alimentaire dans les pays en développement – perspectives latino-américaines

La souveraineté alimentaire dans les pays en développement – perspectives latino-américaines
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Marine Raffray 21 août 2012

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La souveraineté alimentaire a connu de grandes avancées dans divers pays où elle est désormais entrée dans les textes de lois et de constitutions. Parmi ces pays, le Brésil est celui qui a parcouru le plus grand chemin en la matière. Toutefois, la situation peut encore être améliorée.

Ce rapport s’inscrit dans la démarche de la FGC de parvenir à davantage de cohérence entre le travail des organismes de coopération et les mouvements paysans autour de la souveraineté alimentaire. On peut en retenir plusieurs points qui aident à la compréhension de la relation des OP avec la stratégie Faim Zéro.

Tout d’abord, pour répondre à l’objectif de la FGC, l’étude s’est tournée vers des expériences latino-américaines (Brésil et Equateur) – les mouvements paysans étant très développés sur le continent. Ainsi, les auteurs ont rencontré au Brésil le Service de conseil aux organisations populaires (SASOP) et le Centre féministe du 8 mars (CF8).

Le SASOP a deux axes de travail : l’assistance technique et l’accompagnement des communautés rurales d’une part, le développement institutionnel et la participation aux programmes gouvernementaux d’autre part. Le SASOP est membre du CONSEA et appartient à différents réseaux d’organisations de la société civile. Le SASOP œuvre également pour informer les communautés rurales sur les programmes d’acquisition d’aliments (PAA) et d’alimentation scolaire (PNAE).

Le CF8 inscrit sa démarche sur trois dimensions : féminisme, organisation, formation. Son objectif est de renforcer les capacités des organisations de femmes dans les espaces sociaux. Il appartient lui aussi à divers réseaux. Le CF8 travaille notamment en lien avec le MDA (Ministère du développement agricole) pour la participation des organisations de travailleuses rurales aux politiques agraires.

Le rapport aborde également en détail la question de la production et de la commercialisation dans le travail de développement.

Il relève que le mouvement agroécologique brésilien a pris de l’ampleur. Le réseau national de l’agroécologie (ANA) a porté un projet de mise en place d’un programme de biodiversité agricole. Cette initiative a été soutenue par le CONSEA puis adoptée par le gouvernement en 2007. La mise en œuvre du programme est passée par une consultation publique coordonnée par l’ANA et le gouvernement.

Il semblerait que l’Etat brésilien encourage la production agroécologique. En effet, celle-ci est bonifiée de 30% lors des achats étatiques via le PAA et le PNAE.

Le rapport décrit justement de manière claire les rouages assez complexes du PAA. Qui en sont les bénéficiaires ? Des coopératives ou des groupes d’agriculteurs familiaux certifiés par le MDA. Qui sont les acheteurs des productions acquises ? Des municipalités. Le lien entre producteurs et acheteurs est souvent facilité par des ONG ou syndicats ruraux. Un contrat annuel est établi entre les deux parties prenantes : les agriculteurs doivent planifier les volumes et périodes de production sur l’année. Les décomptes ont lieu chaque semaine (les livraisons sont assurées par les producteurs eux-mêmes), et la rémunération est mensuelle. L’étude relève de nombreux impacts positifs du PAA sur le marché de l’agriculture familiale : amélioration des revenus des agriculteurs, assurance de revenus stables, ce qui favorise l’investissement dans l’amélioration de la production, adaptation des agriculteurs aux exigences de la commercialisation (qualité, santé) d’où l’ouverture de nouveaux canaux de distribution, alignement des prix sur ceux du programme. Toutefois, quelques retenues sont exprimées. Le PAA ne finance pas les coûts engendrés pour les OP, il est encore limité à un nombre restreints de productions, et des déficiences sont évoquées au niveau institutionnel.

Le rapport conclut sur diverses recommandations dont la suivante : « Le cas du Brésil démontre que les achats publics de produits paysans pour les programmes sociaux représentent un mécanisme stratégique dans la lutte contre la faim, le renforcement du rôle de l’Etat et la récupération de production paysanne des aliments ».

http://www.fgc.ch/carrefour2011/etude_francais.pdf


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