
Faire la différence en défendant les droits des femmes
et l’égalité femmes-hommes
L’agriculture familiale et paysanne est à l’origine de
la production de 90 % de la nourriture en Afrique et
d’environ la moitié de la nourriture mondiale1. Dans
les pays dits « du Sud », les femmes représentent
entre 60 et 80 % de ces agriculteurs2. Or la majorité
des personnes souffrant de la faim dans le monde
sont des femmes et des filles3. Ce sont donc ces
mêmes femmes qui produisent notre nourriture qui
sont le plus susceptibles de souffrir de la faim.
Ceci - en grande partie – parce que les politiques
agricoles ne soutiennent pas l’agriculture
familiale et paysanne. Même lorsque ces
agriculteurs-trices sont soutenu-e-s, la différence
entre ce que les femmes obtiennent par rapport
aux hommes reste colossale. Les femmes
paysannes ont moins accès aux ressources
productives et à l’aide gouvernementale que les
hommes, alors qu’elles représentent la majorité
des paysans. Le tableau 1 montre, par exemple,
que dans de nombreux pays dits « du Sud », les
femmes ne bénéficient que de 5 % des services
de vulgarisation des techniques agricoles (NDT :
traduction du terme « extension services »). Ceci
entrave fortement la capacité des femmes à vivre
de manière émancipée et à jouir de leurs droits
humains fondamentaux.
Même si elle constitue un problème de justice
et de droits humains à part entière, l’inégalité
femmes-hommes vis-à-vis de l’APD agricole a
aussi un impact dévastateur sur la pauvreté, la
faim et l’économie dans les pays dits « du Sud ».
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation
et l’agriculture (FAO) a récemment estimé que si
le niveau de rendement de la terre cultivée par
les femmes atteignait le niveau atteint par les
hommes, la production agricole des pays dits
« du Sud » augmenterait de 2,5 à 4 %, réduisant
ainsi le nombre de personnes souffrant de la
faim de 12 à 17 %, soit au moins 100 millions de
personnes.
Malgré ce constat, presque toutes les politiques
agricoles présupposent que les agriculteurs
sont des hommes. Une analyse récente de la
répartition des ressources agricoles confirme
que l’inégalité femmes-hommes et le faible
soutien aux femmes constituent bien une
règle plutôt qu’une exception. Pourtant, des
alternatives existent
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