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Le potentiel de développement des micro et petites entreprises agro-alimentaires

Si elle ne prend pas en compte le secteur de la transformation
qui la connecte aux marchés, l’agriculture vivrière
commerciale ne sera pas en mesure de relever les défis de sécurité
et de souveraineté alimentaires des pays ouest-africains.
Tour d’horizon du potentiel du secteur agro-alimentaire et des
effets de leviers à activer pour son développement.

Le rôle de l’agriculture vivrière
commerciale est essentiel
pour dynamiser les marchés locaux
et prémunir les populations contre
les hausses des prix alimentaires sur
les marchés internationaux. Ce secteur
concerne, au-delà des millions de
producteurs agricoles à sa source, des
milliers de personnes exerçant des activités
qui assurent la connexion entre
ces producteurs et les consommateurs
(transformation agro-alimentaire,
commercialisation et distribution des
produits, restauration). Ces derniers
assurent l’adaptation des produits à
la demande, leur transport, stockage
et distribution. C’est aussi par leur
intermédiaire que les incitations du
marché sont transmises aux producteurs,
en termes de quantité, de qualité
et de prix requis.
Le secteur de l’agro-alimentaire est
donc central pour valoriser les produits
locaux sur les marchés ouest-africains.
En première ligne se trouvent
les micro activités agro-alimentaires et
petites entreprises pilotées en grande
majorité par les femmes, dont le rôle
économique est sous-estimé, et qui
sont souvent peu reconnues. Ainsi,
malgré leur essor et leur importance
dans la connexion entre l’offre et la
demande, elles demeurent délaissées
par les politiques de développement,
du côté des États comme des bailleurs
de fonds. Présentation d’un secteur à
fort potentiel économique mais aussi
social (insertion professionnelle et
reconnaissance des femmes et des
jeunes).

Les dispositifs de transformation
agro-alimentaire en AO.

En Afrique
subsaharienne, on trouve dans le
paysage des opérateurs de la transformation
agro-alimentaires une grande
majorité de micro et petites entreprises
agro-alimentaires (MPEA), quelques
moyennes entreprises plus rares, mais
émergentes, et un nombre très restreint
de grosses entreprises industrielles.
Dans l’étude Alpa, les auteurs définissent
le secteur des MPEA comme
exerçant des activités à l’échelle individuelle
ou collective (groupements),
consacrées à la transformation physique
et à la commercialisation des
produits agricoles, de l’élevage et de
la pêche. Y sont intégrées les activités
commerciales de préparation de repas
(restauration) et le micro-commerce
de produits, bruts, transformés, voire
prêts à consommer.
Les petites entreprises qui se situent
entre l’ensemble diffus des micro
entreprises et celui des quelques
grandes entreprises industrielles, se
rapprochent à la fois de l’artisanat, en
raison de leur taille réduite et de leur
équipement, et des caractéristiques
du secteur industriel, compte tenu des
efforts de rationalisation des activités
qui y sont réalisés.
Le secteur de l’industrie agro-alimentaire
s’est développé au travers
de quelques grosses entreprises industrielles
transformant des matières
premières ou semi-transformées importées
(brasseries, minoteries, usines
de reconstitution de produits en
poudre, etc.) ou assurant un premier
conditionnement de produits locaux
(café, cacao, huile de palme, arachide,
canne à sucre, poissons) destinés à
l’exportation. Si ce secteur demeure
embryonnaire (dans l’espace Cedeao,
l’industrie manufacturière, dominée
par l’agro industrie, ne représente que
7,36 % du PIB de 2006), son niveau
de développement varie fortement
entre les pays : avec les « géants » de
la sous-région, le Nigéria mais aussi le
Cameroun, le Ghana, la Côte d’Ivoire,
et le Sénégal, principalement sur la
transformation de matières premières
importées.
Certaines filières sont davantage
investies par le secteur industriel, sur
la base d’une matière première locale
ou importée, et cela varie en fonction
des filières concernées. Mais la part du
secteur des MPEA dans la valorisation
des produits locaux est dominante.
C’est pourquoi nous centrerons la
suite de l’article sur leurs atouts et leur
potentiel de développement.

Les micro et petites entreprises
agro-alimentaires, un secteur important
de valorisation des produits
locaux.

Le secteur des MPEA
contribue à la sécurité alimentaire et
à la réduction de la pauvreté à travers
différents facteurs. Il est ainsi considéré
comme clé à plusieurs titres.

Valoriser le potentiel économique et
social d’un secteur clé.
L’un des intérêts
de la transformation agro-alimentaire
est qu’elle permet de conserver les aliments
plus longtemps et de réduire les
pertes. Elle contribue ainsi largement
à la régulation du marché atténuant
les variations saisonnières de prix. Par
exemple, le spectaculaire développement
des cossettes d’igname séchées
au Nigeria et au Bénin a permis de
réduire les fluctuations de prix d’un
facteur de 1 à 2 au cours de l’année,
alors qu’il est de 1 à 6 pour les tubercules
frais périssables.


Tableau 1 : Quelques exemples de produits alimentaires transformés du secteur des MPEA en Afrique subsaharienne
Source : Etude Alpa

Par ailleurs, l’agro-alimentaire, en
grande majorité artisanal, représente
aujourd’hui une diversité de métiers
et des milliers d’emplois, en particulier
féminins, et génère d’importants
revenus. Étant à l’interface entre production
et consommation, ce secteur
génère notamment des opportunités
de revenus pour les millions de paysans
qui les approvisionnent.
Enfin, l’intérêt de ces activités de
transformation est qu’elles représentent
des opportunités d’emploi en
milieux rural et urbain. Les investissements
de départ en capital financier
et en compétences sont limités pour
ce qui concerne les micro-activités,
qui peuvent être considérées comme
des « prolongements marchands »
d’activités domestiques. L’équipement
peut être celui du ménage. Le
savoir-faire peut être acquis auprès
des aînées de la famille. Les jeunes,
et plus particulièrement les femmes,
peuvent donc assez facilement s’insérer dans ce secteur.
En revanche, les petites entreprises
nécessitent un investissement initial,
financier ou en termes de compétences,
qui est plus élevé. Le potentiel d’emplois
y est également important pour
la gestion de l’entreprise, la conduite
de machines (moulin, presse), le tri et
le nettoyage de la matière première,
certaines opérations de transformation
(roulage), la vente. Ce potentiel nécessite
cependant le développement d’une
offre de formation professionnelle,
pratiquement inexistante aujourd’hui,
car l’acquisition des compétences par
l’apprentissage intergénérationnel ne
suffit plus.

Offrir des produits diversifiés, issus de
filières variées, adaptés et à la portée
des consommateurs.

Les activités des
MPEA mobilisent en Afrique subsaharienne
des millions de femmes
qui interviennent dans pratiquement
toutes les filières. Le tableau 1 présente
un échantillon des types de produits
transformés issus des MPEA et disponibles
sur les marchés.
Par ailleurs, les femmes innovent
en proposant de nouveaux produits
adaptés aux modes de vie citadins et
s’avèrent particulièrement réceptives
à toute idée nouvelle. La principale
tendance d’évolution des styles
alimentaires liée à l’urbanisation de
l’Afrique subsaharienne est la diversification
des produits et des pratiques.
Si les produits importés comme le riz
ou le pain jouent un rôle dans cette
diversification, ils n’en n’ont pas l’exclusivité.
Les femmes transforment et
vendent une grande diversité de produits
vivriers, provenant de diverses
origines géographiques et culturelles.
C’est ainsi que l’on voit des aliments
typiques de certaines régions se diffuser
depuis une vingtaine d’années bien
au-delà de leurs territoires d’origine,
et traversant les frontières (produits
du manioc par exemple).
De plus, dans la mesure où des milliers
de femmes réparties en zones
urbaines comme rurales sont mobilisées
dans la transformation agroalimentaire,
on observe une grande
accessibilité des produits : ils sont
vendus partout et surtout à des prix
et sous des formes adaptés aux contraintes
des plus pauvres (par petites
quantités).

Valoriser les savoir-faire et les compétences
des femmes.

Bien souvent, les
activités de transformation agro-alimentaire
mobilisent au démarrage des
savoir-faire et des outils de la cuisine
domestique, et sont conduites par les
femmes. En devenant des activités
partiellement, puis entièrement commerciales,
et en changeant progressivement
d’échelle, ces activités de
transformation peuvent devenir de
véritables entreprises, intégrant alors
des innovations dans les techniques utilisées
(mécanisation), l’organisation du
travail (chantiers collectifs d’entraide,
salariat, entreprises de prestations de
services) voire l’approche marketing
(produits conditionnés ou véritables
nouveaux produits). Il ne s’agit donc
pas seulement d’activités de survie, de
refuge pour les femmes qui n’ont pas
accès à une activité du secteur formel.
Certaines activités, même menées à
très petite échelle, sont considérées,
par les femmes elles-mêmes, comme
de véritables métiers, susceptibles
alors d’évoluer vers la constitution
de petites entreprises.

Une dimension sociale non négligeable.
L’analyse des modes de réinvestissement
des revenus issus des MPEA
révèle l’intérêt social fort de cette activité.
Ainsi, lorsqu’ils sont redistribués
hors du ménage, ces revenus sont
souvent réinvestis dans d’autres activités
économiques de taille modeste confiées à des personnes du réseau
familial ou social. Cette redistribution
correspond d’une part à une stratégie
de diversification des risques et, par
ailleurs, elle se base aussi sur le tissage
ou l’entretien de réseaux sociaux.
Ceux-ci permettent notamment aux
femmes d’acquérir plus de mobilité,
d’autonomie et de renforcer quelque
peu leur pouvoir.
De plus, parce que très largement
dominées par les femmes, ces activités
génèrent des revenus qui sont,
davantage que ceux des hommes, investis
dans l’éducation et la santé des
enfants.


Tableau 2 : Comparaison du chiffre d’affaire de produits artisanaux à celui de produits industriels homologues dans quelques pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre
Source : Bricas N., Tchamda C., Thirion MC, 2012. Le marché alimentaire des pays d’Afrique de l’Ouest, du Cameroun et du Tchad. Editions AFD, à paraître.

Malgré un poids économique important,
le secteur demeure en mal
de reconnaissance institutionnelle
et politique.

Un secteur au potentiel économique
méconnu.

Des recherches récentes ont
montré que pour certaines catégories
de produits locaux, le chiffre d’affaire
des MPEA est bien supérieur à celui
de leurs homologues « industrialisés »
(cf. tableau 2).

Des activités « visibles » mais pourtant
faiblement représentées dans les instances
de décision, ni considérées par les
politiques.

Relevant du secteur dit « informel
 », les activités des MPEA sont
à la fois très visibles sur les marchés,
dans les rues et dans les villages, mais
quasiment invisibles dans les chiffres
officiels. Elles ne sont pas recensées et
ne disposent que rarement d’instances
de représentation (peu d’organisations
professionnelles au niveau national et
régional). À l’heure des programmes
de développement participatifs, elles
ne peuvent donc pas être facilement
mobilisées pour faire valoir leurs intérêts
ou leurs besoins.
Par ailleurs, le secteur agro-alimentaire
fut longtemps le parent pauvre
de l’aide publique au développement,
alors que la priorité a longtemps été
donnée à la production agricole. De
la même manière, la très faible importance
de la recherche agro-alimentaire
dans les systèmes nationaux de
recherche agronomique ou à la FAO
en témoigne encore aujourd’hui. Enfin,
les politiques alimentaires ont été
longtemps dominées par l’idée que la
qualité était une préoccupation des
sociétés des pays développés alors que
la quantité était le principal problème
des pays pauvres. Au mieux, ce secteur
a été reconnu comme pouvant contribuer
à augmenter la disponibilité
alimentaire en réduisant les pertes
post-récolte.

Les causes de ce discrédit.
Parce que
ces activités sont féminines et se sont
constituées à partir des savoir-faire domestiques,
elles ne sont pas véritablement
reconnues comme des métiers à
part entière. Parce qu’elles sont menées
à très petite échelle, individuelle pour
la plupart, le plus souvent à domicile
et qu’elles fournissent au départ des
revenus d’appoint, elles ne sont pas
considérées comme apportant une
valeur ajoutée significative et donc dignes
d’apparaître dans la comptabilité
nationale et les politiques de développement.
Souvent jugées archaïques et
peu performantes parce que relevant
de tâches manuelles, elles apparaissent
d’ailleurs plutôt comme des produits
du sous-développement et par conséquent
comme des activités appelées
à disparaître avec l’industrialisation
du secteur agro-alimentaire. Ainsi,
ces femmes sont de fait exclues des
programmes de formation (l’offre de
formation professionnelle existant
dans ce secteur est d’ailleurs très faible)
et leur capacité d’investissement
est limitée du fait des difficultés à accéder
au crédit.
Seules les petites entreprises mécanisées
dont les responsables sont capables
de dialoguer avec des services de
l’État, des opérateurs de programmes
de développement et d’en jouer les jeux,
font l’objet d’un début de reconnaissance
et d’attention. Elles commencent
ainsi à pouvoir accéder au crédit, aux
conseils, aux expérimentations techniques,
aux formations, même si ces
appuis restent encore très timides.

Jean Baptiste Cavalier, CFSI
"Dans le cadre de notre programme “Promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest” conduit en partenariat avec la Fondation de France (cf. interview page 45), nous avons mis en place des outils de capitalisation pour permettre aux bénéficiaires d’échanger sur leurs pratiques de valorisation des produits locaux pour l’alimentation des villes. Cela nous a permis d’identifier les principales difficultés que les acteurs de terrain rencontrent, notamment la question du prix. En effet, le prix doit être rémunérateur pour les paysans et les transformateurs, mais il doit également prendre en compte le pouvoir d’achat des consommateurs pour rendre les produits accessibles. La transformation et l’amélioration de la qualité peuvent avoir un effet “négatif ” dans le sens où elles accroissent le coût du produit et n’augmentent donc pas nécessairement les débouchés. Les coûts occasionnés par la transformation peuvent également réduire la valeur ajoutée dégagée sur le produit. "

Vers des défis complexes qui appellent
des politiques fortes.

Le défi des
filières agro-alimentaires est d’arriver
à répondre à la demande croissante et
de plus en plus urbaine en valorisant
la production locale et régionale.
Au regard des éléments décrits ci-avant,
le développement actuel de ces
filières, basé sur un tissu dense de
MPEA, peut être un levier de création
de revenus et d’emplois, notamment
féminins et donc avoir un meilleur
impact sur la pauvreté dans un contexte
où les opportunités d’emplois
pour les très nombreux actifs sont
limitées (20 à 30 000 jeunes/million
d’habitants qui arrivent sur le marché
de l’emploi).

En somme, le principal défi est d’arriver
à concilier trois enjeux :
- répondre aux attentes des divers
types de consommateurs (diversité
de produits, qualité, goûts) ;
- rester à la portée d’une population
majoritairement à faible revenu ;
- être rentable et rémunérateur pour
les acteurs des MPEA et les agricultures
familiales auprès desquelles ils
s’approvisionnent.
Mais ce secteur a avant tout besoin
de sérieux encouragements de la part
des politiques publiques nationales et
des bailleurs de fonds pour prendre
son envol, à l’heure où la tendance
est à ne miser presque exclusivement
sur une industrialisation du secteur
via les grandes entreprises et la promotion
d’un modèle agricole correspondant.
Quelles évolutions du secteur de
la transformation agro-alimentaire
souhaite-t-on alors en Afrique pour
engendrer un « cercle vertueux » de
modernisation qui puisse satisfaire
autant les producteurs, les transformateurs
que les consommateurs ?

Les idées clés à retenir

- le secteur des MPEA est majoritaire dans le
paysage des opérateurs de la transformation
agro-alimentaire en Afrique de l’Ouest ;
- ce secteur crée des milliers d’emplois, avant
tout féminins et dispose d’un potentiel
économique et social important ;
- le poids macroéconomique du secteur est
important, mais peu connu (les données statistiques
ne sont souvent pas disponibles pour
mener des évaluations quantitatives) ;
- enfin ce secteur est aujourd’hui pénalisé
par un manque de reconnaissance (secteur
informel, non reconnaissance de ses
métiers) et d’appuis qui pourraient pourtant
engendrer un « cercle vertueux » de
modernisation pouvant satisfaire autant
les producteurs, les transformateurs que
les consommateurs.

Produits locaux transformés par les MPEA ou adaptation industrielle des produits traditionnels ?
Caractéristiques des 2 types de produits qui se complètent. Les produits bruts et transformés du secteur MPEA sont souvent caractérisés par leur fraîcheur et leur côté « naturel » et authentique, mais aussi par leur « typicité », c’est-à-dire ce qui les distingue des autres produits, souvent en lien avec un terroir et un savoir faire en matière de transformation. La salubrité, la régularité, la stabilité sont plutôt associés aux produits industriels. On ne constate pas de tendance d’évolution de la demande alimentaire vers l’une ou l’autre de ces caractéristiques. Elles ne s’opposent pas mais se complètent et c’est au travers des combinaisons de produits, dans la cuisine et dans l’organisation des repas, associant des plats domestiques et les aliments de rue, que se construisent les styles alimentaires.

Une diversité de produits locaux issus des
MPEA bien appréciée des consommateurs.

Au contraire des produits industriels, souvent
standardisés car produits en masse, les
produits artisanaux se caractérisent par une
grande diversité de formes et de goûts. Par
exemple, au Bénin, plus de quarante produits
artisanaux à base de maïs sont couramment
vendus en ville. Ceci explique l’importance
de la consommation de cette céréale dans ce
pays et le recours limité aux importations
alimentaires.

Divers cas d’échecs commerciaux de l’industrialisation
de produits traditionnels
. Plusieurs
échecs commerciaux de produits traditionnels
industrialisés s’expliquent par une qualité
des produits jugée insuffisante par la clientèle.
En Guinée, par exemple, la qualité de
l’huile de palme industrielle ne correspond
pas aux attentes des consommateurs et les
commerçants doivent la mélanger aux huiles
artisanales pour parvenir à la vendre. De la
même façon, les tentatives d’industrialiser
la production d’aliments fermentés (comme
l’attiéké de manioc, le couscous de mil ou le
lait caillé) sont rarement parvenues à une
maîtrise suffisante du procédé pour égaler
le savoir-faire des artisanes.

Le handicap majeur des produits locaux : leur
qualité sanitaire
. Les risques qu’ils font courir
à la santé des consommateurs sont atténués
par les procédés eux-mêmes (fermentation,
salage, séchage) et par les délais très courts
entre transformation et consommation, les
circuits de commercialisation courts et les
pratiques culinaires.

Pour conclure, dans la perspective d’une reconquête
des marchés urbains par les produits
vivriers domestiques, il faut veiller à ne
pas opposer de façon simpliste le secteur des
micro-activités et le secteur industriel comme
si le second allait supplanter le premier.
L’importance de chacun de ces secteurs dans
les filières ne tient pas seulement à des facteurs
technico-économiques (performances
techniques, prix, économies d’échelles, etc.).
Elle est également liée à des préférences des
consommateurs et à leur plus ou moins grand
attachement à certaines caractéristiques (ou
« attributs ») des produits que seuls certains
secteurs sont susceptibles de proposer ou de
rendre crédibles.
Le maintien ou le nouveau développement,
dans nombre de pays industrialisés et pour
certaines filières, de produits de terroir, à forte
typicité, basés sur des savoir-faire traditionnels
et commercialisés au travers de circuits
courts, est le témoignage de cette particularité
du secteur agro-alimentaire à maintenir un
pluralisme de ces types d’entreprises.

Cet article est
rédigé sur la base
de l’étude
suivante :
Agro-alimentaire
et lutte contre la
pauvreté en
Afrique
subsaharienne
(Alpa) - Le rôle
des micro et
petites
entreprises, Cécile
Broutin (Gret) et
Nicolas Bricas
(Cirad), décembre
2006. Éd. Gret.

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