fr Inter-réseaux Développement rural fr Inter-réseaux Développement rural

Accueil

Quelle perception de la variabilité climatique par les agriculteurs et les éleveurs ?

La variabilité climatique n’est pas chose nouvelle pour
les paysans et les éleveurs ouest-africains. Ils l’observent
depuis plusieurs dizaines d’années. Mais comment se manifeste-t-elle et que font-ils pour y faire face ? Regards croisés
d’un agriculteur au Bénin et d’éleveurs au Niger.

Entretien avec Christophe Kohonou
Didolanvi

Grain de sel : Pouvez-vous nous présenter
brièvement votre activité ?

Christophe Kohonou Didolanvi :
Mon nom est Christophe Kohonou
Didolanvi, je suis agriculteur sur la
commune de Zogbodomè, située à 100
km au nord de Cotonou au Bénin. Je
pratique l’agriculture depuis une vingtaine
d’année mais je me suis véritablement
installé en 1993. Je cultive le
maïs, le coton, le niébé, le palmier à
huile ; j’ai des arbres fruitiers et une
plantation de teck. Mon exploitation
a une superficie totale de 7ha.

GDS : Quelles sont vos observations
quant à la variabilité du climat depuis
vos débuts en agriculture ?

CD : Depuis 1990, j’ai constaté des
perturbations importantes dans le
calendrier agricole de notre zone
de production. Le Bénin est divisé
en 2 zones climatiques : le Nord au
climat quasi sahélien, avec une seule
saison des pluies ; le Sud (celle où je
me trouve) à deux saisons pluvieuses :
la première commence en mars/avril
et prend fin à la mi-juillet, la seconde
débute fin août et se termine fin novembre.
Aujourd’hui les paysans de
ma zone ne peuvent plus rien prévoir
en matière de pluviométrie. Parfois les
pluies sont totalement absentes, parfois
trop abondantes. Au cours de la
campagne agricole 2009, la deuxième
saison pluvieuse a été très chaotique,
avec une longue période de sécheresse.
La recherche agricole du Bénin est
également déboussolée et ne sait plus
quels conseils donner aux producteurs.
De plus, les pluies sont devenues très
localisées : lors d’une même campagne
agricole, sur un territoire aussi
restreint que la commune de Zogbodomè
qui ne fait que 65 km², certains
producteurs peuvent souffrir de périodes
de sécheresse au Centre alors
que ceux de l’Est sont bien arrosés. In
fine, le producteur est hésitant face à
l’incertitude des pluies et les récoltes
sont imprévisibles.

GDS : Comment faites-vous pour
pallier ces problèmes de variabilité
climatique ?

CD : Une partie de mon exploitation
est située en zone hydromorphe qui
bénéficie d’une retenue naturelle d’eau.
Inspiré par les riziculteurs de bas-fonds
de la zone, j’ai réalisé des infrastructures
hydroagricoles sur ma parcelle. Cela a
consisté en un drain de 1 mètre de profondeur
sur 40 cm de largeur contournant
le champs, et un canal central pour
gérer l’apport d’eau dans la parcelle en
fonction des aléas pluviométriques. J’ai
réalisé cet aménagement en 2008-2009,
il m’a coûté en tout 1 875 000 FCFA que
j’ai pu mobiliser grâce à des ressources
propres. Cela m’a permis de réduire les
conséquences des aléas pluviométriques
et aujourd’hui, les résultats sont très
satisfaisants : mes rendements en maïs
sont passés de 3 à 4 tonnes/ha (t/ha).
Quant au coton, je continue à obtenir
2 t/ha quand la moyenne nationale est
à 1,2t/ha. Par contre, certains voisins
ont vu leurs rendements diminués de
moitié au cours de la deuxième saison
des pluies.

Entretien avec Issa Chaïbou

GDS : Comment les éleveurs de la
commune de Diagorou perçoivent-ils
les changements climatiques ?

Issa Chaïbou : Globalement, l’ensemble
de la population estime que, ces dernières
années, la saison des pluies connaît
un raccourcissement, avec un début des
pluies de plus en plus tardif et, surtout,
un arrêt brutal et un peu plus précoce
avant la maturité complète des cultures.
Cette perception unanime de la population
peut s’expliquer par le fait qu’en
fin de saison des pluies, les impacts sur
les cultures et les ressources naturelles
sont plus palpables. Les récoltes et les
pâturages se dessèchent, les mares se
tarissent. Pour les éleveurs, les changements
observés concernent surtout
la baisse de production des fourrages
herbacés aussi bien en quantité qu’en
qualité. De plus en plus de sols perdent
leur couvert végétal. Certaines espèces
herbacées disparaissent progressivement
tandis que d’autres moins appétées colonisent
le milieu. Cette réduction des
disponibilités fourragères a des conséquences
importantes sur les systèmes
d’élevage. Les éleveurs soulignent notamment
une augmentation de l’âge
de la première mise bas tant pour les
bovins que pour les petits ruminants,
ainsi qu’un accroissement de la durée
entre deux mises bas. Mais c’est surtout
sur la production laitière que les
éleveurs de la commune de Diagorou
ont donné une seule et même réponse
« il n’y a plus de lait puisqu’il n’y a plus
de fourrages »
.

GDS : Comment les éleveurs tentent-ils
de s’adapter à ces changements ?

IC : Les réalisations en terme d’adaptations
demeurent faibles : dispositifs
anti-érosifs, reboisement, contrôle des
ligneux, mise en défens de pâturages,
délimitation d’espaces pastoraux ou
aménagements de points d’eau ne sont
pratiquement pas cités par les populations.
Par contre, en ce qui concerne
les adaptations propres aux exploitations
et chefs de famille, les réponses
sont souvent contradictoires. À titre
d’exemple, certains éleveurs estiment
« qu’avant », les jeunes enfants
pouvaient suivre les animaux, alors
que maintenant, les distances ayant
augmenté et les risques étant plus importants,
il faut mobiliser un adulte.
Pour d’autres, c’est maintenant que les
petits s’occupent des animaux car les
adultes sont obligés de faire d’autres
activités pour compléter les revenus
de la famille. Des réponses différentes
qui viennent de situations d’exploitations
différentes. Une certitude, la
vie des éleveurs de cette commune a
connu des changements importants,
liés aux modifications du régime des
pluies ces 25 dernières années et des
impacts que cela a entraînés.

  • Réagir :
  • Partagez :


1 commentaire

  • saizonou gaston 18 avril 2010 13:34:30

    Nous sommes une société de commercialisation de machines agricoles et d’installation de fermes.Nous vendons des outils polyvalents,qui peuvent aider les agriculteurs et agricultrices a produire en grande quantité et a moindre cout,et aussi réduire les charges liés a la mécanisation de l’agriculture(cout de production et main d’oeuvre).vous pouvez nous contacter au (229)97477347/(229)95228636.O5BP799 cotonou BENIN STE GLOBE CONTROL SARL LE GERANT:SAIZONOU GASTON Email:[email protected]




Réagir à cet article


1 commentaire

  • saizonou gaston 18 avril 2010 13:34:30

    Nous sommes une société de commercialisation de machines agricoles et d’installation de fermes.Nous vendons des outils polyvalents,qui peuvent aider les agriculteurs et agricultrices a produire en grande quantité et a moindre cout,et aussi réduire les charges liés a la mécanisation de l’agriculture(cout de production et main d’oeuvre).vous pouvez nous contacter au (229)97477347/(229)95228636.O5BP799 cotonou BENIN STE GLOBE CONTROL SARL LE GERANT:SAIZONOU GASTON Email:[email protected]

Restez informé(e) !

Vous pouvez vous abonner à nos publications et bulletins pour les recevoir directement dans votre boîte mail. Vous pouvez également créer des bulletins personnalisés pour recevoir les dernières informations publiées sur les thématiques de votre choix.

  •  

    Site réalisé avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie et de l’Agence française de Développement

  • AFD OIF
  • COMMENT PARTICIPER ?

    De nombreuses possibilités existent pour participer à la vie du réseau. Vous pouvez vous abonner à nos publications et créer des bulletins personnalisés.

    Abonnez-vous à nos publications

  • Vous pouvez aussi vous abonner à nos flux RSS et nous suivre sur les réseaux sociaux

  • Envoyez-nous vos contributions et vos suggestions en nous contactant !

  • CONTACTEZ-NOUS