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Création de revenus par une production durable de café au Kenya

Des coopératives de producteurs de café au Kenya bénéficient
d’un financement carbone à travers le Fonds Biocarbone
de la Banque mondiale. Le financement rémunère la
réduction d’émissions de gaz à effet de serre liée à l’adoption
de pratiques de gestion durable des terres agricoles.

Dans la région du mont Kenya, le
développement économique est
étroitement lié au cours du café.
Lorsque les cours du café ont chuté en
1997, les paysans ont délaissé les itinéraires
techniques recommandés, entraînant
ainsi une diminution du rendement
et de la qualité. Depuis 2007, les cours
du café sont remontés mais seules les
grandes plantations kenyanes ont pu
faire les investissements nécessaires
pour en tirer parti.

Les pratiques de gestion durable des
terres, un potentiel de puits de carbone
important.
La coopérative des petits
producteurs de Komothai, près du mont
Kenya, produit du café depuis des générations.
La majorité des 9 000 membres de
la coopérative possède environ 0,3 hectare
de café et environ 0,3 hectare pour
l’agriculture de subsistance dominée par
le maïs. Le président de l’association de
producteurs est convaincu que l’adoption
de pratiques de gestion durable des terres
(GDT), qui amélioreraient la productivité
et la qualité du café, est la voie la plus
prometteuse de développement pour les
petits planteurs de café kenyans.
Les techniques de GDT — l’agroforesterie,
le paillage, les techniques de
conservation des sols et de l’eau — visent
à prévenir la dégradation des terres,
restaurer les terres dégradées et réduire
le besoin de nouvelles conversions de
forêts naturelles. Elles permettent aux
agriculteurs de diminuer les émissions de
gaz à effet de serre (GES) et d’accroître
la séquestration de carbone et le maintien
des stocks de carbone à la surface
et dans les sols tout en améliorant également
leur production alimentaire et
leurs conditions de vie.


Session de
formation sur
le suivi carbone
au Kenya

Ouverture de l’accès au marché mondial
du carbone pour les petits exploitants.
Le
gouvernement du Kenya a approché la
Banque mondiale pour accéder au marché
du carbone sur la base d’activités de
GDT. En effet, à travers son Fonds Biocarbone,
la Banque mondiale dispose d’un
outil de financement de l’atténuation
des émissions de GES pour l’agriculture
familiale de cette zone de production. La
société Ecom Agroindustrial Corp (EAC),
négociant international de café, s’est impliquée
dans ce projet innovant de financement
carbone en partenariat avec la
Coopération technique allemande (GTZ).
EAC apporte un appui à la coopérative
des producteurs de Komothai et à deux
autres coopératives pour passer d’un
café de faible qualité, issu de la culture
en plein soleil, à un café sous ombrage.
La GTZ appuie EAC pour la certification
de ce café produit selon un système de
culture qui permet de réduire la vulnérabilité
des paysans face aux changements
climatiques grâce à la GDT. La Banque
mondiale, à travers le Fonds Biocarbone,
prévoit d’acheter les réductions
d’émissions basées sur l’adoption de
ces pratiques.
L’adoption des pratiques de GDT réduira
les émissions de 3,5 tCO²éq/ha/an B,
soit plus de 30 000 tCO²éq/an dans toute
la zone du projet. Les producteurs de carbone
certifié pour le marché volontaire
du carbone perçoivent actuellement 3
à 5 dollars US/tCO²éq. Dans le cadre du
Mécanisme de développement propre
(MDP), la séquestration de GES liée aux
modes d’utilisation des terres agricoles
n’est pas éligible au titre de réductions
d’émissions et l’échange n’est possible
que sur le marché volontaire du carbone.
Philip Valentine, agronome d’EAC, s’attend
à ce que les pratiques de GDT augmentent
le rendement de 1,5 à 5 kilogrammes
de cerises mûres par arbre sans ajout
d’engrais minéral. Ces pratiques peuvent
aussi améliorer la capacité d’adaptation
des systèmes de productions agricoles
aux variabilités du climat. Par exemple,
les pratiques d’agroforesterie réduisent
la pression sur la ressource en eau tandis
que les techniques de paillage améliorent
la capacité de rétention d’eau des sols.

Développement d’une méthodologie de
comptabilisation du carbone.
Le caractère
pilote de ce projet amène à concentrer les
efforts sur sa réussite et sa reconnaissance
technique. Il faut ainsi définir une méthodologie
scientifiquement reconnue,
permettant de comptabiliser et suivre
l’évolution des stocks de carbone. Dans
le domaine agricole, le principal potentiel
d’atténuation réside dans la séquestration
de carbone par le sol. Quantifier ces
réductions d’émissions ne nécessite pas
forcément des techniques de mesures du
carbone du sol très coûteuses. Le projet
applique une approche d’auto-évaluation
de la part des paysans, basée sur le
suivi de l’adoption des pratiques de GDT
et sur une vérification indépendante par
un tiers. La quantité de carbone séquestrée
est calculée à l’aide de valeurs par
défaut des changements de stocks de
carbone en fonction des zones agro-écologiques
et des types de sols. Le modèle
Century est largement utilisé pour développer
ces valeurs par défaut. La méthodologie
sera soumise au Voluntary
carbon standard (VCS) pour accord. Par
la suite, elle pourra être utilisée par tout
autre promoteur souhaitant dupliquer le
projet, d’autant plus que ce pilote vise à
montrer que les réductions d’émissions
dans le secteur agricole sont réelles et
mesurables et peuvent contribuer à un
apport intéressant de revenus pour les
petits exploitants.

Cet article
est la synthèse
et la traduction
de la version
anglaise
« Harvesting
agricultural
carbon in
Kenya », écrite
par Johannes
Woelcke, agroéconomiste
au sein de
la direction
Agriculture
et développement
rural
de la Banque
mondiale,
et Timm
Tennigkeit,
associé
principal de
« Unique
forestry
consultants »
en Allemagne.

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