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Quelques perspectives pour la mécanisation agricole en Afrique subsaharienne

Avec une démographie et une urbanisation croissantes,
l’Afrique subsaharienne doit relever le défi d’améliorer
la productivité des sols et du travail, tout en tenant compte
des enjeux écologiques du xxi e siècle. Dans cette perspective,
de nouvelles formes de coopération et de recherche
sont à espérer.

Depuis l’origine, l’histoire de
l’agriculture est celle d’une
co-évolution des sociétés
humaines, des systèmes agricoles et
de leurs équipements sous la pression
de l’évolution démographique. C’est
particulièrement vrai en Afrique subsaharienne
où, jusqu’à la seconde guerre
mondiale, les campagnes sont caractérisées
par de faibles densités démographiques,
sauf dans quelques régions
privilégiées comme sur les hauts plateaux
volcaniques d’Afrique centrale.
En conséquence, l’agriculture y a été
longtemps extensive et son équipement
très rudimentaire.
Mais depuis une cinquantaine
d’années, la croissance démographique
exceptionnelle de l’Afrique subsaharienne
est en train de provoquer
des changements très rapides des
systèmes agricoles et donc de leurs
équipements.
En outre, comme dans toutes les
régions du monde, l’agriculture familiale
africaine doit relever le défi
de l’amélioration de la productivité
des sols et du travail, non seulement
pour satisfaire des marchés de plus en
plus urbains, mais aussi pour survivre
en assurant à la fois sécurité alimentaire
et revenus. De ce point de vue, le
passage d’une agriculture manuelle à
de nouveaux systèmes d’exploitation
ayant un niveau plus performant de
mécanisation/motorisation est un
processus incontournable.
Or du fait de son histoire mais aussi
de ses caractéristiques géographiques
et écologiques, la mécanisation des
pratiques agricoles a été et est encore
particulièrement difficile en Afrique
subsaharienne : la structure très hétérogène
des sols, les conditions sanitaires,
les modes de gestion du foncier
et les systèmes de cultures complexes,
notamment dans les zones forestières,
constituent des contraintes difficiles
à surmonter. Des appuis techniques
et des systèmes de financement lacunaires
ainsi qu’un environnement économique
peu sécurisé n’ont pas non
plus favorisé l’accès des paysans aux
équipements. Pourtant dans les régions
soudaniennes, là où des productions
de type commercial, comme le coton
ou le riz, ont été mises en place avec
succès, on constate un développement
remarquable de la traction animale qui
a permis d’augmenter durablement la
productivité du travail dans les exploitations
familiales.
Sans tomber dans un béat optimisme,
les perspectives de la mécanisation
agricole en Afrique subsaharienne
devraient pouvoir bénéficier de l’augmentation
de la demande en produits
agricoles, liée à la croissance démographique
très rapide des agglomérations
(en 2050 plus de 50% de la population
sera urbaine contre 37% aujourd’hui).
Ce levier des marchés urbains sera
d’autant plus efficace que des politiques
novatrices en matière de foncier
et d’incitation à la consommation de
productions locales pourront être mises
en place pour accompagner l’évolution
des agricultures familiales.
D’autre part, l’agriculture africaine
devrait bénéficier des efforts poursuivis
dans différents pays pour mettre au
point une nouvelle agriculture susceptible
de relever les défis écologiques du
XXIième siècle prenant en compte la fin de
l’ère des ressources fossiles abondantes
et à bas prix, et la nécessité de développer
des pratiques s’insérant mieux
dans la dynamique des écosystèmes
tout en préservant encore mieux la
santé des consommateurs. Le développement
des systèmes de culture
sous couverture végétale qui connaît
un vif succès dans les régions tropicales,
au Brésil notamment, et qui a
fait émerger de nouveaux équipements
agricoles, constitue une première étape.
Une autre voie d’avenir est constituée
par l’agroforesterie qui fait l’objet de
nombreux travaux.
Lorsqu’on s’efforce d’imaginer ce que
pourrait être une agriculture à basse
consommation énergétique, d’engrais
et de produits chimiques, le modèle des
cultures associées, fondé sur la valorisation
des synergies entre différentes
espèces végétales en matière de fertilisation
et de protection sanitaire, et
pratiqué depuis longtemps par toutes
les agricultures traditionnelles, notamment
en région tropicale, devient une
référence incontournable. Mais pour en
améliorer de façon significative la productivité
du travail, des technologies
nouvelles devront être développées. On
peut donc espérer que, dans l’avenir,
de nouveaux systèmes de culture et
d’équipements agricoles adaptés aux
cultures associées vont émerger.
Dans cette perspective, agriculteurs,
techniciens et chercheurs du Nord et
du Sud ont un intérêt à coopérer pour
mettre au point de nouveaux systèmes
de mécanisation adaptés aux évolutions
rendues nécessaires du fait de la pression
démographique, des évolutions
économiques et sociales et des aléas
climatiques. C’est le vœu que nous
pouvons tous former en conclusion
de ce précieux dossier.

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